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Articles avec #archives - tribulations d'une caissiere

N'en faites pas tout un fromage

26 Octobre 2008, 22:30pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de Marjolaine Roller - son blog)

Monique est à l'accueil du magasin. Toujours joviale, elle aime être disponible et plaisanter avec les clients. Des années qu'elle travaille ici Monique. Elle commence à bien connaître les comportements des clients et ne s'étonne plus de grand chose. Et comme elle aime le répéter, elle est là pour rendre service aux gens. Alors, qu'ils soient grognons, timides, indifférents ou aimables, elle répond à leurs demandes avec son sourire : « Vous savez, mon sourire, il est gratuit » qu'elle répond, mutine, aux clients désagréables.
Mais, parfois il arrive qu'un client laisse une empreinte dans sa journée, celui qui, par un geste ou une parole, va marquer durablement Monique.
Et des clients étranges autant que désagréables, elle en rencontre pourtant assez régulièrement Monique. Mais ce jour-là, ce client a franchi une nouvelle limite. Il est arrivé en hurlant ce client. Il a commencé à vociférer contre le magasin, le patron et tous les employés. Monique lui a demandé avec son sourire accroché aux lèvres si elle pouvait l'aider à résoudre son problème.
Il lui a crié dessus le client, sans arrêter de gesticuler ses bras et son sac plastique. Il s'estimait lésé par son achat qui se ballottait dans tous les sens. Il criait tellement fort le client que Monique ne comprenait pas très bien ce qu'il disait.
Elle garde toujous son sourire Monique et elle continue d'essayer de rendre service à ce client, visiblement très en colère.
Au bout de quelques minutes, elle finit par comprendre Monique que ce client avait acheté un fromage qui n'était pas bon. Son camembert qui se balançait dans son sac n'avait pas tenu ses promesses et il venait pour se le faire rembourser.
Monique toujours avec son sourire demande au client ce qui ne lui convenait pas. Le client, ulcéré, répond que son fromage était bien trop coulant. Et pour appuyer ses dires, le client sort l'objet, source de cette crise aiguë, du sac. Il le déballe, le montre à Monique et l'écrase avec force sur le comptoir de l'accueil. Le client l'étale et apparemment enfin satisfait de son coup d'éclat s'en va, triomphant.
Oubliant le remboursement, les cris, l'attroupement des clients curieux de comprendre l'origine des éclats de voix, le client sort. Il a le sourire aux lèvres.
Et Monique, elle, elle l'a perdu son sourire en découvrant son comptoir maculé de fromage coulant et odorant à souhait. Monique commence le nettoyage avec de l'essuie-tout et découvre qu'au lieu d'enlever le camembert, elle l'étale de plus belle...
Monique a perdu son sourire : le spectacle de son comptoir, l'odeur qui embaume l'accueil, les yeux ronds des gens font qu'une larme perle aux bouts de ses cils. Elle ne sourit plus Monique, elle rit aux éclats, des larmes de fou rire aux coins des yeux.
Et entre deux hoquets de rires, Monique prend son micro et annonce :
- Le service nettoyage est demandé de toute urgence à l'accueil. Le service nettoyage. Merci

Monique, son sourire elle l'offre à tous les clients et certains tentent de le lui voler, sans succès, car des sourires, Monique en a plein ses poches...

---
A relire la fable : Le Corbeau et le Renard de La Fontaine, c'est de circonstance...

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute."
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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vos histoires de caisse (22)

17 Octobre 2008, 22:10pm

Publié par Miss pas touche


(extrait de la bande dessinée  Les Gendarmes)

22 v'là le nouvel épisode de vos histoires de caisse (et de magasin).


Calpurnia

Côté client
C'était encore l'époque des F. Je fais les courses avec les filles 15 et 12 ans. La grande se maquille, pas la cadette (scandale !).
Je lui prends donc son mascara habituel, sans regarder le prix, et nous voici à la caisse.
Panique de l'hôtesse : le mascara passe à 250 F tout rond. Elle annule, repasse : 250 F s'affiche. Elle fait le code barre à la main : 250 F encore.
Elle appelle un chef qui part scanner ou je ne sais quoi, le code barre à l'endroit ad hoc. Fille ainée file vérifier : pas de prix mentionné pour son mascara préféré.
En théorie, si c'est pour moi, je laisse tomber. Mais là, fille aînée sans mascara ce n'est pas possible, je suis bonne pour une poussée d'urticaire et vétupérations dans la voiture.
On appelle un autre chef. C'est toujours 250 F.
J'ose l'ironie, ça dure depuis 15 minutes, et ça s'impatiente derrière.
"C'est gratuit alors". Je sais que c'est entendu régulièrement, mais là, il doit y avoir un vrai problème et le chef du chef scrute une liste de prix en tirant la tronche.
"Ben oui" finit-il par me dire, "c'est gratuit."
Et là fille aînée ne se démonte pas sous l'oeil consterné de tout le monde (dont moi)
"Puisque c'est comme ça, je vais en prendre un deuxième".
Ce qu'elle a fait. Deux mascaras pour le non prix d'un... Aventure sans doute rare... Nous n'avons perdu que du temps...
Celui de ranger les courses dans la voiture.
Curiosité oblige, je reviens un peu plus tard sur les lieux du forfait. Tous les mascaras sans prix avaient disparu...
J'adore la réaction de la fille aînée ! Il fallait y penser...


Stéphanie

Je suis caissière. Voilà une histoire qui m'est arrivé avec un client il y a quelque temps. Un homme passe à ma caisse, je scanne ses articles. Il avait un sandwich, de l'eau et 2 crèmes au chocolat. (je précise qu'elles se vendent par 4, et non à l'unité)


- Monsieur, vous avez trouvé les yaourts comme ça en rayon ? (Je pensais qu'elles avaient été cassées et qu'il les avaient pris comme ça).
- Non, c'est moi qui les ai cassé, car j'en ai besoin que de 2.
- Je ne peux pas vous les vendre par 2 puisqu'elles se vendent par 4, il faut prendre les 2 autres.
- Non, j'en ai besoin de 2 j'en prends que 2. Allez, donnez-les moi, insiste t'il.
- Non je ne peux pas vous les laisser par 2
 Je les mets de côté et lui annonce la somme qu'il doit.
- Je ne partirai pas sans mes yaourts.
- Je ne peux pas en prendre la responsabilité, je vais vous appeler la responsable de l'accueil, et vous allez vous expliquer avec elle.
Ma chef, lui explique la même chose que moi, mais notre homme n'en démord pas en nous disant qu'il est dans son droit.
Vue son insistance, ma chef retourne en rayon avec lui, pour lui montrer que l'on vend des yaourts à l'unité, qu'il peut choisir ceux là éventuellement, mais lui refuse tout net en insistant sur le fait qu'il connait les lois, et qu'il ne veut que 2 yaourts de cette marque et rien d'autre.
Je crois que ma chef à bout de nerfs préfère céder à sa demande en lui précisant que heureusement tous les clients ne faisaient pas comme lui car ce serait ingérable !!!!
Une petite précision suite à cette histoire. C'est généralement rentré dans les moeurs le fait d'acheter par lot les articles proposés en magasin. Mais légalement, vous avez le droit de ne prendre qu'un article du lot, que ce soit piles ou rouleau de papier toilette même si en pratique, c'est difficilement gérable pour un magasin.

(un sketch de Pierre Desproges qui traite de ce sujet)

Quelques remarques intéressantes en commentaires que je remets ici :
Anath :
La vente par lot est liée au conditionnement.
Elle ne concerne pas la plupart des yaourts (vendu par 2, 4, 6, 8, 16 etc) qui ne sont vendus que sous cette forme. Pour dire qu'il y a vente par lot, il faut que le produit soit proposable à la vente individuelle.

Par contre, quand il s'agit de sur-emballage évident il s'agit de vente liée (Les petites briques de crème liquides vendues par lots de 3, tout comme les conserves de mais)

Frédéric :
Il n'est pas possible d'acheter deux yaourts dans un paquet (article L. 420-2 du Code de commerce donc exception les produits composant le lot sont identiques ou différents mais que le lot peut être considéré par les usages du commerce comme un produit autonome ne pouvant être scindé.
Exemple. : vente d'œufs à la douzaine, vente de yaourts, de bière, lot de casseroles de taille différentes…)

Et je rajouterai que pour les bières, dans le magasin où je bossais, on les vend aussi à l'unité (une exception de l'exception ?)

Gwenaelle

un jour que je me trouvais mon poste au SAV, les vigiles arrêtent un homme un brin éméché et pas très frais. Le local d'interpellation se trouvant proche de ma boutique, l'agent vient me demander de lui donner le prix de l'article volé par l'individu. Il s'agit d'un paquet de crêpes (eh oui on est en Bretagne !!) et vu qu'il est tout plié, je n'arrive pas à scanner le code barre...
J'insiste en passant bien la main sur le paquet pour l'aplatir. le vigile me regarde avec un petit sourire. le prix s'affiche enfin sur la caisse et en récupérant le fameux paquet de crêpes, il me lance : - Devine où il l'avait caché? Dans son pantalon.
Et là, c'est un grand moment de solitude et une étrange sensation au bout des doigts...



Marina

*Dans un magasin de chaussures*
Je suis assez bordélique, mais j'aime bien quand les produits sont posés droits (une sorte de TOC, je crois que je suis légèrement toquée). Donc je me balade dans l'allée du magasin quand je vois une chaussure posée en plein milieu.
Je me dirige vers elle, je la prends et je cherche la boîte sur laquelle elle est censée être posée. Dans ma recherche visuelle (en plus je suis myope, alors je devais avoir l'air très fin avec la chaussure à la main), j'entends un
- Hé ! C'est ma chaussure.
Une cliente était assise, elle essayait une paire de chaussures et avait enlevé un de ses souliers pour faire l'essayage. La honte... Je lui ai rendu sa chaussure, bredouillé un pardon et vite déguerpi du magasin, en ayant viré rouge écrevisse. N'empêche que pendant 10 minutes, je me marrais toute seule dans la galerie en repensant à ça !

*Dans une librairie*
On retourne quelques mois en arrière : c'est le premier avril. Il est un peu plus de 18h, et avec ma meilleure amie, on décide d'aller à la Librairie pour regarder un peu ce qu'il y a. On achète quelques bricoles, et c'est à mon tour de payer.
La caissière : ça vous fera 6,50 euros
Moi: *cherche cherche* heuuu.... j'ai oublié mon porte-monnaie...
La caissière: ah... comment on fait ?!
Moi, n'en pouvant plus: ... mpfffrrr... POISSON D'AVRIIIIIIL (et je lui donne un billet de 20 euros)
La caissière, surprise: ... *rires* et finalement votre BD est passée à 20 euros !!
Moi: poisson d'avriiiil hi hi hi

Je pense qu'elle a dû avoir quelque chose à raconter à ses collègues ou le soir chez elle. Et ma meilleure amie, qui savait que j'allais faire ce coup-là, a préféré m'attendre dehors pour ne pas avoir honte pour moi...



Clémentine

Il y a quelques temps, j'étais allée acheter deux ou trois bricoles dans un petit supermarché de ville. Il y avait peu de monde. Après avoir pris ce que je voulais, je regarde un rayon tout en me dirigeant vers la caisse. Alors que je ne suis plus qu'à quelques mètres de la caisse, une forte odeur de vieille urine me saute aux narines et je me dis par réflexe "Mais, y a quelqu'un qui a pissé là, il est dégueulasse ce magasin !", j'étais persuadée que ça venait du rayon devant lequel je me tenais. Je bouge vers la caisse et l'odeur devient insoutenable, à tel point que je suis obligée de m'éloigner de la caisse pour pouvoir respirer... Je finis par comprendre que cela vient d'un client qui était à la caisse. Je ne peux que compatir pour la caissière qui était juste en face de lui, à 50 cm, et qui devait faire comme si elle ne sentait rien... alors que moi-même, j'étais obligée de me tenir bien à l'écart tout en sentant quand même l'odeur... Ce fut très long, le monsieur mettant un temps infini à ranger son unique article dans un sac, à nouer les anses, à les passer autour de son poignet, à s'assurer que le sac tenait bien à sa main... Une fois qu'il fut enfin sorti du magasin, la caissière était presque à l'agonie et s'est dépêchée d'aérer autant qu'elle pouvait et de vaporiser du déodorant partout. Les regards qu'on s'est échangés quand je suis passée à la caisse en disaient long... c'est la première fois que j'ai eu de la sympathie pour une caissière et que j'ai vraiment réalisé ce qu'elles devaient parfois endurer...

Et vous voulez savoir ce qu'avait acheté le client ? De l'eau de Cologne !



Patricia

Un soir , juste avant la fermeture du magasin, un client se pointe à la caisse pour se faire rembourser un saucisson soi-disant pas bon du tout.
Je lui dis "
- Ah il n'est pas bon ? donnez-moi le reste du saucisson et le ticket de caisse
Ce qu'il fit sans hésiter, mais lorsqu'il me tend le fameux saucisson, je le regarde d'un air surpris,
- Mais il ne reste que 7 cm environ, ça va pas être possible monsieur, qu'avez-vous fait des 43cm manquant.
et la tout peinard, il me sort sur un ton un peu surpris :
- Mais on l'a mangé.
je pensais en moi qu'il ne devait pas être aussi mauvais que ça pour en avoir mangé plus des 3/4 du saucisson.
"Je lui ai donc répondu, qu'il m'était impossible de le rembourser, qu'il aurait dû au moins me rapporter les 3/4 du saucisson si celui-ci était à ce point immangeable.
Il est reparti sans faire d'histoire mais cela nous avait bien fait rire après coup.


Certains d'entre vous m'ont demandé comment participer à cette rubrique.
Rien de plus simple, un mail avec pour titre : "anecdote de caisse" à envoyer à l'adresse indiquée sur la colonne de gauche du blog.
Il faut être un peu patient par contre, car la publication des histoires est décalée dans le temps...

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Mon amie l'Égoïste

11 Octobre 2008, 08:28am

Publié par Miss pas touche

égoiste

La caisse, lieu de toutes les incivilités, lieu où l'égoïsme de chacun ressort comme si tout à coup notre vie dépendait de ces trois minutes d'attente.
Que celui  ou celle qui croit encore en la gentillesse, l'amabilité et la sincérité désintéressée du client suivant me jette le premier ticket de caisse car ici il n'existe plus qu'un seul mot d'ordre : « moi d'abord, les autres ensuite ».
Ce blog regorge d'histoires qui vont dans ce sens. Oui, il y a en a aussi qui prouvent le contraire (vous pouvez arrêter le jet de tickets de caisse bouchonnés) et heureusement. Il existe encore des bulles de bonheur qui nous offrent quelque répit et cette lueur d'humanité qu'on cherche souvent avec tant d'espérance se distille entre deux grincheux...

Un constat néanmoins. La plupart du temps, on oublie qu'un mot, un geste ou une maladresse peut avoir de lourdes conséquences sur son prochain. Il paraît que l'homme est son plus grand prédateur. À croire qu'il aime chercher à s'autodétruire (la crise financière mondiale de ces derniers jours serait un exemple en la matière ?).
Cette grande amie l'Égoïste se pointe partout, à tous les étages et à n'importe quel moment. Elle vous saute au cou en oubliant toute retenue et s'empare de vous en laissant tomber celles et ceux qui vous entoure.

  • Votre amie l'Égoïste vous pousse à prendre votre téléphone portable et à parler très fort dans la file d'attente, histoire que tout le monde profite de votre conversation.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous, au moins, vous savez partager votre intimité avec vos voisins de caisse.
  • Votre amie l'Égoïste vous propose un chewing-gum et vous l'acceptez avec un plaisir non feint. Vous commencez à mastiquer consciencieusement, la bouche grande ouverte.

  • On vous traite d'égoïste et de malpropre ? Répondez que vous, au moins, vous partagez vos amygdales avec tout le monde parce que cette partie de votre anatomie, en réalité très sexy, est trop rarement mise en avant.
  • Votre amie l'Égoïste revient à la charge en vous poussant à ne pas dire bonjour, encore moins merci et au revoir.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous permettez aux gens de faire l'économie de mots qui écorchent trop facilement la bouche.
  • Votre amie l'Égoïste vous invite à insulter les clients et employés sous couvert de n'importe quel prétexte : un regard de travers, un article passé devant le scanner de manière indélicate, une proposition de carte de fidélité ou l'odieuse demande de pièce d'identité. Vous avez alors la possibilité et la chance d'utiliser des noms d'oiseaux qu'on n'entend que trop rarement dans la vie courante. La joie de pouvoir traiter l'autre de (censure) est un moment unique en son genre.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous mettez en application ce que vous lisez dans le dictionnaire et offrez leur donc quelques mots supplémentaires. Mettez bien l'accent sur le partage de la langue française (si vous en avez la possibilité, vous pouvez d'ailleurs élargir aux langues étrangères, les insultes en chinois ou en indien seront très appréciées).
  • Votre amie l'Égoïste vous propose de laisser tous vos papiers gras, sales, vos fonds de poche au bout de la caisse ? N'hésitez plus. Faites même un peu zèle et ajoutez le fond de votre sac qui doit bien contenir quelques morceaux d'emballages de chewing-gum, bonbons ou cigarettes.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que grâce à votre geste, vous permettez à la caissière de réviser ses cours sur le recyclage...
  • Votre amie l'Égoïste vous tend une cigarette alors que vous faites encore la queue en caisse ? Prenez la tout de même et dès que vous avez passé les portiques anti-vol, allumez-la avec un vrai plaisir. Envoyez donc quelques bouffées à vos voisins immédiats.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez qu'au contraire, vous au moins, vous partagez tout, même le cancer.
  • Votre amie l'Égoïste vous propose de laisser quelques articles dont vous n'avez plus envie au bout d'un rayon ? Posez de préférence des surgelés, de la viande ou des fleurs coupées (un autre article périssable fera tout aussi bien l'affaire). Grâce à votre geste, vous créez un nouveau challenge aux employés qui verront alors le magasin comme un grand jeu de piste avec des articles à trouver dans un temps imparti très court.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que grâce à vous, les employés vont pouvoir se promener dans tous les rayons au lieu de rester bêtement dans les réserves ou assis derrière leur caisse.


(liste non exhaustive)


Égoïste ? Vous ? N'avez-vous pas plutôt un grand coeur et la volonté de tout partager ?



Et rien que pour le plaisir :


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Petites définitions
:

- Egoïste : Qui rapporte tout à soi.

- Ironie : Moquerie particulière par laquelle on dit le contraire de ce que l'on veut faire entendre.


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Ticket de caisse bis : dimanche 12, je suis au salon du livre du Mans, stand de la librairie Thuard.
(plus d'infos ici)

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Concours - résultats, suite & fin

3 Octobre 2008, 17:40pm

Publié par Miss pas touche


J'espère que vous avez eu le temps de découvrir les premiers textes. Voici les cinq autres gagnants du concours.
Au final, nous avons décidé de ne pas mettre d'ordre de préférence.

Bonne lecture !


Je suis désolée pour ceux qui ne se trouvent pas parmi les gagnants, il y avait d'autres très bonnes histoires.
Merci encore à tous d'avoir si bien joué le jeu.
Ce fut un vrai plaisir de découvrir toutes vos histoires.



Rappel du thème du concours :
Imaginez que les supermarchés soient une invention aussi vieille que votre imagination vous guide (époque au choix : au temps des dinosaures, des chevaliers ou de l'an 3000...) et décrivez le quotidien d'une caissière.



Anne HD

Du bonheur en petites doses

Dans le haut-parleur, la voix mécanique du droide-vendeur annone « Une promotion est actuellement en cours sur la « bonne humeur du matin ». Pour la « bonne humeur du matin », une injection de 2 jours achetée, une offerte. Venez en profiter à au rayon « bonheur », allée 18. Et n’oubliez pas : une injection bien choisie est une journée réussie»

Laurence C4 soupire en consultant l’écran digital de sa caisse. Encore 8 heures de travail. Elle essaie de souffler calmement. Son injection de « Stakhanovisme concentré » la drogue qui fait fureur chez les travailleurs manuels, est récente, pourtant elle se sent déjà fatiguée.




Frédérique

Une journée dans la vie d' Ysande


Le jour se lève et l'air est déjà chaud. Ysande avance à grands pas en direction du pont-levis. Un bref signe de tête à l'adresse du poste de guet et la voici à l'intérieur de la forteresse.
Ce 18 juillet 1498, c'est jour d'exécution publique. La foule est dense, attirée de loin, parfois bien au-delà des limites des terres de Monsieur le Baron.
Ysande joue des coudes pour remonter la rue poussiéreuse jusqu'à la place publique. C'est là que se trouve le Grand-Marché, propriété de Monsieur le Baron.
L'exécuteur est arrivé hier et ses valets ont installé avec diligence le bûcher, à quelques pas seulement de l'entrée du magasin.




Martine

La rentrée

Elle scrute le bataillon derrière les grilles, comme si elle était en pleine jungle, et qu'elle venait d'apercevoir l'oeil du tigre en face d'elle ; à bonne distance mais...
Hier, c'était le baptême du feu de la petite Suzy, et pour son premier jour chez Schmilblick, elle a été gâtée. À un certain moment, même, elle a eu peur ! Elle n'osait plus rien dire à sa cliente; la dame était tellement énervée ! Elle a cru qu'elle allait recevoir une gifle.
Il est vrai, que chez Schmilblick, le client est roi. On lui a assez dit quand elle s'est présentée. Oui, mais elle n'a pas fait psy, Suzy, avant !



Nicolas (son blog)

La caissière préhistorique


Allocution de Mr. Francis Pomme, historien amateur, à l’occasion du colloque sur « La caissière à travers les âges » :

« Avant de commencer, je tiens à dire que ce discours a été réalisé sous contrôle scientifique rigoureux et que six éminents spécialistes de la préhistoire ont donné leur feu vert à cette intervention. Trois d’entre eux sont d’ailleurs des maîtres de conférences certifiés, Pierre Kiroul, Namass Pamouss et Bernard Spéculos. 



Adrien (son blog)

Les caissières de supermarché






SI VOUS NE PARVENEZ PAS A LIRE LES FICHIERS PDF, VOUS POUVEZ LIRE LES TEXTES DANS LEUR INTEGRALITE ICI !

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Concours - premiers résultats

2 Octobre 2008, 21:50pm

Publié par Miss pas touche

Bonjour à tous,

Souvenez-vous. Cet été, j'avais lancé un concours sur ce blog.

Le thème était :

Imaginez que les supermarchés soient une invention aussi vieille que votre imagination vous guide (époque au choix : au temps des dinosaures, des chevaliers ou de l'an 3000...) et décrivez le quotidien d'une caissière.


Déjà, bravo à tous pour vos nombreuses participations et pour votre imagination. Vous allez voir, vous allez voyager un peu à toutes les époques. J'ai adoré ces escapades à travers le temps et l'espace.
Ensuite, merci pour votre patience, car le concours s'est terminé il y a déjà un mois et les résultats se sont fait attendre...

Forcément, ce choix est subjectif, nous avons été plusieurs à lire toutes vos contributions et voici donc les dix finalistes.

Dans ce premier post, je vous propose de découvrir 5 premiers gagnants. Pour une meilleure lisibilité, je n'ai mis que les premiers paragraphes de chaque texte, pour lire la suite, il suffit de cliquer sur... "lire la suite" (qui va vous ouvrir un fichier pdf pour un meilleur confort de lecture).
- si vous ne pouvez pas lire les fichier pdf, téléchargez Adobe Reader)

Si le choix s'est avéré difficile, il y a un texte qui a tout de même fait l'unanimité, c'est celui d'Arzhel.


Arzhel

Alpha 3

Je me présente, je m'appelle Alpha 3. Je suis un androïde alpha, la troisième édition des robots-caissières. Je travaille au Méga-Marché 10 dans la zone B-Sud. Cela fait huit ans que mon programme a été activé.

Chaque matin, je commence le travail à 5h. En arrivant, je me rends en caisse centrale pour charger l'intégralité des codes-produits du magasin, ce qui me permet de connaître instantanément le libellé exact de chaque produit, son poids, sa taille, son prix, et les éventuelles promotions qui lui sont appliquées. Je connecte mon scanner, mon lecteur de carte bancaire et de carte fidélité, et à 8h, je me place à la caisse que m'indique mon logiciel pour être opérationnel à l'ouverture fixée à 8h30.

Notre clientèle est très variée. J'aime bien voir arriver les différentes tranches de la population au fil de la journée. Les premiers, ce sont les robots domestiques, et les mères humaines. Les robots domestiques sont capables d'effectuer toutes les taches du quotidien, mais ce sont des produits encore couteux que seules les familles relativement aisées peuvent s'offrir.




Stéphane (son blog)

La caissière de Tolkien

Bienvenue dans la plus grande superéchoppe de la Terre du milieu ! Ici vous trouverez l’herbe à pipe la plus fine de la comté, les chevaux les plus robustes du Rohan, la dentelle la plus douce de Bree, les vins les plus épicés du Gondor et bien d’autres articles encore !

  Je m’engouffre sous l’enluminure du portique, direction les vestiaires. Je slalome entre les paquets de foule s’attardant devant les lettres « les plus magnifiquement calligraphiées de la contrée », selon Bilbon Sacquet, le grand patron. En chemin je croise, Galagilel, une elfe de Fondcombe qui n’a jamais trouvé de travail dans le tissage de la soie, et qui a dû provisoirement prendre une place ici. Elle vient de finir son service.

  — Méfie-toi, me lance-t-elle de sa voix claire. Il y a beaucoup de touristes aujourd’hui, ils sont particulièrement difficiles...





Isabelle (son blog)

Un métier physique


Il y a bien longtemps, le monde comme nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. Il n’y avait pas la Terre, le soleil et les planètes, il n’y avait même pas la voie lactée pleine d’étoiles.
Il y avait le vide, et dans un coin du vide, un point. Un point tellement minuscule qu’il
n’existait presque pas.
Dans un coin du point, il y avait le magasin.
Quand j’ai commencé, les rayons étaient plutôt limités. Il n’y avait qu’une caisse et qu’une
caissière. C’est qu’il n’y avait pas beaucoup de place dans le point minuscule. Je ne vendais que des électrons, des neutrons et des protons. Je les rangeais par genre. Les neutrons étaient lourds et amorphes. Les protons, tout aussi lourds, étaient un peu plus positifs. Les électrons, quand à eux, étaient du genre surexcités et incontrôlables, ils ne faisaient que des bêtises.





Nadia

Futuroshop

« Fini le temps où la caissière devait payer de sa personne à la caisse, aujourd’hui c’est le client qui paie l’addition. Depuis qu’on a été racheté par Flingomaniac, spécialiste du scanner automatique à distance, j’en ai dressé des clients et pas que des faciles : radins, dépressifs, branleurs, aguicheurs, aristos, bobos ou mémère à chien-chien, je fais pas dans la dentelle, moi…j’irradie ! Être debout à la sortie du magasin avec ce scanner géant, rechargeable instantanément avec une portée de dix mètres, ça me rassure totalement. Je me sens presque virile et pourtant je suis pas encore ménopausée. Dès le matin, je m’échauffe avec quelques étirements basiques et je m’entraîne en scannant le chien du gardien pour voir si le matériel fonctionne bien et si j’ai encore des réflexes.





Marie-Laure (son blog)

Le Nazar’ Marketh


Mon ventre me pèse. Le bébé ne devrait pas tarder. Joseph voudrait qu’on parte ce soir, juste après la fermeture du magasin. Mais les clients sont encore si nombreux que je ne vois pas arriver la fin de la journée.

Depuis que Monsieur Kharoufh a eu l’idée de créer le Nazar’ Marketh, le magasin ne désemplit pas. Au début certains commerçants avaient crié à la mort du petit commerce. « Comment voulez-vous qu’un seul magasin puisse rassembler tous les étals de viandes, de fruits, de légumes et d’artisanat sous un même toit ? Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? » Mais monsieur Kharoufh a su les convaincre :

-  Croyez-moi, ça fonctionnera comme un marché traditionnel, mais en mieux. Ce sera un genre de Super Marché. Vous ne serez plus obligés de passer toute la journée bloqués devant vos étals pour vendre vos produits.





EDIT  : SI VOUS NE PARVENEZ PAS A LIRE LES FICHIERS PDF, VOUS POUVEZ LIRE LES TEXTES DANS LEUR INTEGRALITE ICI !


Et demain, j'aurai le plaisir de vous faire découvrir les 5 autres gagnants du concours.

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vos histoires de caisse (21)

29 Septembre 2008, 23:00pm

Publié par Miss pas touche

(extrait d'une photo de V. Herlemont)

Le grand roman de la grande distribution continue avec toujours autant de rebondissements, d'histoires incroyables et de retournements de situation.

Mais pour bien démarrer ce nouveau billet, nous allons commencer par un passage à la caisse d'un péage sur l'autoroute. Un haut lieu de rencontres et d'histoires surprenantes... Mais lisez plutôt !

Valérie

Je travaille depuis 15 ans à la caisse d'un grand péage lyonnais. 900 personnes par jour en moyenne, ça laisse le temps d'analyser la nature humaine! Je passe sur les gens qui m'assurent qu'ils ne sont pas sur l'autoroute, ceux qui m'affirment qu'ils ne sont pas passés devant les bornes qui distribuent des tickets! (16 bornes qui disparaissent quand-même!), ceux qui arrivent en me disant "où j'vais?" ou "j'suis où là?", bref, tous les jours, une bagarre quotidienne pour rester zen, très zen...
Heureusement parfois, on arrive a aggrémenter nos journées de bons moments comme celui-ci: pour la cinquantième fois de la journée une cliente me tend le ticket en découvrant qu'elle est a deux mètres de ma caisse:
- Oups je suis un peu loin!
D'humeur badine je lui réponds :
- Oh, ce n'est pas grave madame. Vous savez depuis le temps que je travaille ici j'ai le bras gauche qui a rallongé de 15cm!
Stupéfaite, elle me regarde les yeux ronds et me dit :
- Ben dites- donc ma pauvre dame, ca doit pas etre pratique !!!
J'ai souvent eu l'occasion d'etre très étonnée par la cupidité des mes clients mais celle-là restera un de mes meilleurs souvenirs!


Alexya

Un soir peu avant la fermeture du magasin, un couple de personnes d'une cinquantaine d'années passe à ma caisse avec leurs articles. La dame passe devant les portiques d'antivols qui se mettent à sonner. La cliente me regarde d'un air assez hautain en me disant qu'elle n'a rien volé. Je lui demande donc de repasser devant les portiques et ceux-ci sonnent à nouveau. La cliente se jette alors à plat ventre sur le sol et je remarque dans le miroir (nous disposons d'un miroir aux passages des caisses afin de voir le caddie) que cette femme sort quelque chose de la poche de sa veste et le jette sous ma caisse...
Puis elle se relève, repasse fièrement devant les portiques et me dit
- Vous voyez je ne sonne plus, vos portiques ne fonctionnent pas, ils sonnent vraiment pour rien..!


Guillaume

Je travaille en caisse en grande surface et c'était un jour de deuxième démarque des soldes. Un couple de clients arrive avec des vêtements soldés. Je scanne le premier et la cliente me demande aussitôt :
- vous avez bien fait les 50%?"
Je regarde alors l'article et m'aperçois qu'il n'y a pas de prix initial mais simplement une étiquette - 20% puis une autre - 50%.
Moi : Je ne sais pas du tout puisque sans avoir le prix de base il m'est impossible de dire si une remise a été effectuée.
la cliente : Bah pourtant c'était marqué moins 50% !
Moi : Mais écoutez madame, si ça se trouve, la remise a été faite si à la base le prix était supérieur à celui qui s'affiche ici. Avez vous vu un prix en rayon ?
La cliente : Non mais il y avait marqué – 50% !
Là je me suis demandé comment j'allais pouvoir m'en sortir. Quand un client ne comprend pas ce principe c'est très difficile de lui expliquer et surtout de lui faire comprendre comment fonctionnent les remises. Mais à ce moment là son mari intervient et Ô joie ! me dit de laisser tomber, que ce n'était pas grave et qu on n'allait pas s'éterniser là-dessus. Je passe l'article suivant (également un vêtement) et rebelote! La client me demande si les 50% ont été déduits!
Au final, les clients sont allés voir les collègues de l'accueil pour exiger une remise supplémentaire puis une personne du rayon puisqu'ils n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient ; en vain. J'ai appris par la suite que la cliente était coutumière de ce genre de chose et que c'est elle qui enlève les étiquettes avec le prix pour essayer de grapiller quelques euros.


Nadine

J'ai été caissière 2 mois pendant mes vacances universitaires, expérience courte mais édifiante !
Chaque jour, un couple de personnes très âgées venait faire ses courses : une petite dame toute menue, d'une élégance surannée et son mari, un béret éternellement vissé sur la tête. Ils passaient leur temps à se disputer (mais étaient charmants avec les autres !). Le contenu de leur panier était toujours le même et leur ressemblait : un lait entier et un écrémé, deux bouteilles d'eau minérale de 2 marques différentes et deux tranches de viande différentes aussi. Parfois un paquet de gâteaux complétait le tout et la dame disait, d'un air excédé, en montrant son mari :
- Il ne pense qu'aux gâteaux !
Quelques semaines après avoir terminé ce travail, je les rencontrai dans la rue et leur annonçai mon mariage prochain : la dame prit un air épouvanté et me dit :
- Ne faites surtout pas ça ! Je vous en prie, dites non !
(naturellement, je n'ai pas suivi son conseil ...)
Ils étaient touchants, ces gens-là et 20 ans plus tard, je pense souvent à eux, bien qu'ils nous aient quittés depuis sans doute bien longtemps.


Virginie

Caissière en grande surface, pendant la période des fêtes, une petite fille s'approche avec un ballon gonflé à l'hélium. je lui dis gentiment de faire attention qu'il ne s'envole pas... Son père me répond avec mépris que ce ballon ne peut pas s'envoler (sachant que le plafond est tapissé de ce genre de ballons...) puis s'adresse à sa fille en lui disant:
- Tu vois, si tu ne travailles pas à l'école, tu seras bête comme la dame.
Sentant mon sang bouillir, je lui réponds :
- On en reparlera quand elle aua une licence d'anglais en poche. Je suis étudiante monsieur et j'exerce ce métier pour financer mes études!
Il me dit alors, toujours sur ce ton méprisant et si énervant:
- Peut-être, mais c'est pas écrit sur votre front...
Touchée dans mon amour-propre, je n'ai pû m'empêcher de rétorquer:
- C'est vrai, mais votre bêtise ne se lit pas sur le vôtre.
Fière de ma répartie, je lui ai souhaité une excellente journée et offert mon plus beau sourire!!!


Aurélia

Je ne suis pas totalement caissière, je suis vendeuse. Mais j'ai quand même des anecdotes de caisse... Un jour, une cliente arrive en caisse avec un vêtement et me demande
- Vous croyez que je devrai rester avec Miguel ?
J'avoue que sur le coup je n'ai pas compris. Je me dis que peut-être elle a voulu dire "Il fallait que je prenne taille L". Dans le doute je lui demande de répéter. Et elle me sort la même chose. Autant dire que je suis un peu gênée... Je lui dis que je ne sais pas. Mais sans ma réponse elle ne sortira pas du magasin... Je lui dis que tout dépend si ce "Miguel" est gentil avec elle. Elle me répond :
- De toute façon, c'est le seul qui veuille bien coucher avec moi.
Sentant que la conversation déviait dangeureusement, je lui ai demandé son moyen de paiement, elle a réglé, et je suis vite partie chercher une autre activité...


Morgane

En tant que jeune caissière, il nous arrive parfois d'avoir les clients râleurs, ceux de mauvaise humeur! Il y a aussi le bon côté de ce métier. C'était un samedi en fin de journée, quand tu as hâte de finir la semaine et d'être enfin en week-end! Une maman fait ses courses avec son petit de 8 ans à peine. Le petit s 'approche de moi et me dit:
- Je sais que je sui trop petit pour être ton amoureux mais je pourrais attendre d'avoir ton âge parce que moi je t'aime beaucoup.
Et il m a offert une joli fleur que je garde toujours en souvenir! Ah si tous les jours pouvaient ressembler à ce moment la! Ça ferait vraiment plaisir.


Sandrine

C'était il y a 7 ans. J'étais enceinte mais ça ne se voyait pas beaucoup avec mon pull ample. J'étais mince avec un "petit bidon". Je faisais quelques courses pendant mon heure de déjeuner pour m'avancer. Il n'y avait pas trop de monde mais comme je devais reprendre mon service, je me présente aux caisses "femmes enceintes-handicapés" avec le sourire aux lèvres d'une future maman. La caissière sans me dire bonjour avec un air peu aimable me détaille et me demande ma carte. Je lui dis gentiment que je suis désolée mais que la CAF ne me l'avait toujours pas envoyée. Je lui confirme que je suis enceinte et que c'est le début ! Elle se penche vers moi et me dit,
Je ne vous crois pas vous n'êtes pas grosse.
Stupéfaite je perds mon sourire et je lui dis qu'avant de devenir grosse il faut laisser le temps au bébé de grandir ! Elle ne me laisse toujours pas passer. je lui rétorque alors sèchement,
Vous voulez que je vous montre mon échographie pour que vous me croyiez? Appelez moi un responsable,
Elle se rassoit en grognant et jette brutalement chaque article sur le tapis. Je lui demande de se calmer car sinon ça allait mal finir. J'ai pris mes achats et suis partie sans lui dire au revoir. Moi qui était gaie au départ , je suis retournée travailler stressée et vexée. J'avais envie de pleurer par la colère car j'étais de bonne foi et polie.


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Puisque c'est écrit...

22 Septembre 2008, 10:14am

Publié par Miss pas touche

Il n'est pas dit que toutes les caissières sont des anges et savent manifestement avoir l'esprit commercial. Comme chez les clients, la caissière peut aussi avoir parfois quelques réactions plutôt surprenantes.
Il arrive même qu'elle soit carrément désagréable. Après tout, nous sommes tous humains et nous avons des jours « avec » et des jours « sans »... Certains ont la fibre commerciale et d'autres pas. Et là, on doit se dire qu'être hôtesse de caisse, c'est un métier, un vrai.

Un petit exemple pour étayer ces propos ?
C'était pendant la période de fête de fin d'année. Un peu avant Noël, l'ambiance en magasin est toujours un petit peu différente, les petits mots sympas, les sourires sont plus nombreux et les clients sont parfois même plus enclins à blaguer un instant avec la caissière.
L'esprit de Noël existe encore.

La scène : en caisse, on doit être à une semaine de Noël, il y a du monde mais c'est gérable.
Deux personnages :
la caissière (elle a oublié de mettre un sourire) – un client (qui lui a mis un charmant sourire)

- Bonjour mademoiselle.
- Bonjour.

Scannage des articles (oufff... elle est rapide la caissière ! Les articles défilent à grande vitesse et s'entassent vite au bout de la caisse)

- vous avez la carte de fidélité ?
- Oui, voici.
- Vous pouvez taper votre code.
- Ça vous fera 23,30€
Le client tend un billet, l'hôtesse lui rend sa monnaie.

... (les échanges verbaux sont réduits au minimum)

- Merci mademoiselle, au revoir et joyeux Noël.
- Mh, au revoir.
- (surpris) vous ne me souhaitez pas de bonnes fêtes ?
- Pourquoi faire ? C'est écrit sur votre ticket de caisse.

ticket de caisse

Le SBAM+ ne passera pas...

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Petite minute culturelle :
Qu'est-ce que le SBAM ?
SBAM : Sourire - Bonjour - Au revoir - Merci
Certaines enseignes mettent en application ce service clientèle. Et dans les enseignes qui ne l'utilisent pas officiellement, c'est une consigne implicite que la grande majorité des employés de caisse appliquent.
Le vice va d'ailleurs jusqu'au : SBAM + ou le "+" inclue la formule de politesse qui fait la différence (Bonne journée, Joyeuses fêtes, bon week-end...)
Tous ces échanges sont en fin de compte bien codifiés...

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ticket de caisse bis :
je traîne pour les résultats du concours... oui, c'est honteux...

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Caisses automatiques : relançons le débat

16 Septembre 2008, 17:57pm

Publié par Miss pas touche



Bonjour à tous,

Un article un peu particulier aujourd'hui.
Je souhaite vous faire part d'une étude qui a été publiée ce matin et à laquelle j'ai été invitée à participer.
Le but était d'avoir un retour réel sur l'utilisation des caisses automatiques en grandes surfaces.

Je vous joins le communiqué (en son entier) qui a été préparé pour rendre compte des résultats de cette enquête.

Pour cet article, je serais vraiment intéressée d'avoir votre retour  dans les commentaires (en précisant si vous travaillez comme hôte ou hôtesse de caisse ou si c'est un point de vue côté client).
Je précise aussi que j'ai accepté de m'associer à cette étude parce que pour une fois, le point de vue des employés de caisse a été mis au même niveau que celui des patrons.

Les caisses automatiques améliorent
les conditions de travail des hôtesses de caisse


Résultats de deux enquêtes croisées menées par Anna Sam auprès d’hôtesses de caisse et par Wincor Nixdorf  (leur site) auprès de décideurs de la grande distribution



91% des décideurs de la grande distribution placent l’amélioration des conditions de travail en tête de leurs préoccupations pour l’évolution du métier d’hôtesse de caisse lorsqu’ils mènent un projet de transformation du magasin.
44% des hôtesses de caisse n’ayant jamais utilisé de caisses automatiques pensent qu’il y a un risque de suppression d’emploi…
Alors que 81% de celles qui travaillent dans un magasin équipé de ces systèmes sont positives et mettent en avant l’amélioration de leurs conditions de travail !



Aujourd’hui les technologies comme les caisses automatiques en grandes surfaces se déploient progressivement mais sont entourées de nombreuses fausses idées chez les consommateurs comme, et c’est plus sensible, chez les personnels qui auront à les utiliser.
Qui sait par exemple que les caisses automatiques que nous commençons à voir dans nos supermarchés ne sont pas conçues pour remplacer les caisses « charriot » mais uniquement les caisses « panier » qui ne représentent qu’un faible pourcentage des transactions d’un magasin. Ce premier élément, ajouté aux résultats des enquêtes ici présentés devrait enfin permettre de ne plus opposer caisse automatique, liberté de choix du consommateur et conditions de travail des hôtesses de caisse, bien au contraire…

Wincor Nixdorf, fournisseur majeur de solutions dédiées au marché de la distribution, a interrogé plus de 800 décideurs du secteur de la distribution sur l’importance de la fonction encaissement dans les projets de transformation des magasins (enquête en ligne auprès de responsables d’enseignes, directeurs et responsables de magasins, responsables informatiques et projets – juin et juillet 2008).

De son côté, Anna Sam, ex-caissière, auteur du blog http://caissierenofutur.over-blog.com et du best-seller « Les tribulations d’une caissière » a interviewé un échantillon d’une centaine de caissières d’enseignes et de régions différentes (entretiens face à face - août et septembre 2008) pour recueillir leurs sentiments et attentes sur l’introduction des caisses automatiques. Certaines travaillent dans des magasins équipés de ces systèmes alors que d’autres n’en ont qu’entendu parler.



Confrontation de points de vue :
91% des décideurs de la grande distribution placent l’amélioration des conditions de travail en tête de leurs préoccupations pour l’évolution du métier d’hôtesse de caisse lorsqu’ils mènent un projet de transformation du magasin.

Lorsque l’on interroge les décideurs de la grande distribution sur leurs projets de transformation du passage en caisse, ils sont très clairs. Ceux-ci sont menés pour 2 raisons principales : avoir un personnel plus disponible et réduire l’attente des clients.

Ces projets ont bien entendu des incidences sur l’évolution du métier d’hôtesse de caisse et là encore leurs objectifs prioritaires sont sans équivoque : amélioration des conditions de travail à 91 %, suivi par l’amélioration de la productivité et la revalorisation des fonctions.

Même si la quasi-totalité des décideurs interrogés reconnaissent que l’hôtesse de caisse est essentielle au bon fonctionnement de l’enseigne, 61% d’entre eux reconnaissent que le stress est un problème et qu’il faut améliorer cette situation.

Enfin, pour ceux d’entre eux qui ont mis en place des solutions d’encaissement libre-service (soit la moitié des répondants), Wincor Nixdorf a souhaité en savoir plus sur les impacts :
# 80 % ont enregistré une réduction de l’attente en caisse,
# 42 % ont constaté une revalorisation du poste d’hôtesses de caisse,
# 38 % ont observé une amélioration des plannings pour les hôtesses,
# 35 % considèrent que la mise en place de ces solutions à permis une réduction du stress.

Les solutions d’encaissement libre-service inquiètent les hôtesses de caisse qui ne les ont jamais utilisées mais satisfont celles qui travaillent avec…

Sur les préoccupations majeures pour l’amélioration du passage en caisse, les hôtesses se montrent toutes en phase avec les décideurs : avoir un personnel plus disponible et réduire l’attente des clients.

Ceci étant, lorsqu’Anna Sam a mené ses entretiens auprès d’hôtesses de caisses sur l’introduction des systèmes libre-service, elle a tout de suite noté deux types de réactions selon si elles travaillaient dans un magasin utilisant de tels systèmes ou non.

44 % des hôtesses qui n'ont jamais utilisé de caisses automatiques pensent que cela risque de supprimer des emplois et 33% ont peur d’une perte de relation avec la clientèle.

En revanche, 81% de celles qui travaillent dans un magasin utilisant des solutions d’encaissement libre-service se déclarent en faveur de ces systèmes et mettent en avant de nombreux bénéfices :
# 56% affirment « mon travail évolue et mes responsabilités également »,
# 50% « le client est plus autonome » ou « attend moins »,
# 44% reconnaissent « j’ai plus de disponibilité pour mes clients »,
# 38% jugent leur travail « moins stressant » qu’auparavant,
# et pour 31% « mon planning est optimisé ».


Je précise tout de même une petite chose, ce n'est pas une étude réalisée par un institut de sondage officiel, mais les résultats qui se dégagent sont tout de même parlants.

Je serais également bien incapable de dire comment le métier d'hôtesse de caisse va évoluer à long terme, mais  ce que l'on peut voir c'est qu'un réel effort au niveau social (le mieux vivre au travail en somme) est un argument mis en avant par les décideurs et une réelle attente des hôtesses de caisse.

A noter aussi qu'il n'est pas ici question de voir les caisses automatiques comme ce qui a été fait dans une grande surface à Rennes (40 caisses automatiques - 8 caisses traditionnelles) qui n'est pas, à mon humble avis, la solution que les consommateurs attendent (plus d'infos ici).
Nous parlons ici de magasins qui mettent en place des ilôts de quelques caisses automatiques mis à disposition des clients à la place des caisses express / caisses moins de 10 articles.


Et vous ? Les caisses automatiques : Pour ou contre ? Et surtout pourquoi ?


Chronique passée sur Europe 1 le 16/09 :

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vos histoires de caisse (20)

15 Septembre 2008, 14:27pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


En cette période de rentrée littéraire, je pourrais bien vous parler de certaines nouveautés qui valent le détour, qui sont autant de romans à découvrir, à apprécier, autant de textes qui sont là pour s'interroger sur nous-mêmes. Il y en a quelques-uns que je vais aller découvrir avec un véritable intérêt (comme Lacrimosa de Régis Jauffret qui m'intrigue beaucoup! - cf article du Monde) mais pour le moment, je vous laisse la place avec vos nouvelles histoires en grande surface.

Marianne

Toutes les semaines, un couple d'une cinquantaine d'années vient faire son "plein". Qu'il y ait une deux ou trois caisses d'ouvertes, ce charmant monsieur et sa femme choisissent tout le temps la caisse de ma collègue. Prenant leur mal en patience, ils attendent leur tour patiemment...
- Monsieur, madame bonjour.
Grand sourire de ma collègue, petits échanges sur le temps, les prix qui augmentent... Rien de particulier à ça me direz-vous... Toutes les semaines, le même scénario.
Jusqu'à ce fameux jour.
- Monsieur, madame bonjour.
Les formules d'usage... Et le hic...
Le monsieur :
- Dites moi, ça vous dirait de se connaitre un peu plus?
Silence
- Excusez moi, je n'ai pas compris.
- Ne dites pas ça, ma femme ne vous plait pas ?
Alors là, silence complet de la part de ma collègue dont le rouge monte aux joues mais qui continue tant bien que mal son travail
- Vous êtes très aimable depuis des semaines et la façon dont vous nous regardiez, nous pensions que...
- Excusez moi, mais là je pense qu'il y a un léger souci...
Et le client franchement sans se démonter et surtout sans discrétion
- Et ben nous pensions que vous étiez interéssée par une partie à trois !!!
- Euh non...Vraiment pas.
- Vous êtes sûre?
 Au cas où ma collègue aurait des doutes...
Tétanisée par la honte et pas l'incroyable de la situation:
- 98,20€ s'il vous plait. Encaissement, formule d'usage
- Bonne journée monsieur, dame.
Le client derrière mort de rire, ma collègue rouge écarlate.
Fermeture de la caisse et pause obligée.
Comme quoi, quand les hotesses de caisse sont trop gentilles, voilà où ça mène!

PS:Nous n'avons plus revu ce charmant couple qui a dû aller "chasser" ailleurs...


Marie

Certains magasins semblent conçus pour rendre le client (moi en l'occurence) un peu dingue : les rayons sont complètement mélangés, avec les conserves à côté des couches-culottes par exemple. Résultat des courses : les clients qui n'ont pas l'intention d'acheter tout le magasin, mais seulement ce dont ils ont besoin, arrivent en caisse bien énervés... et la caissière a des chances de s'en prendre plein la tête.
De plus, dans le supermarché en question, les caisses sont réparties aux deux extrêmités du magasin. Si elles sont suremcombrées à l'une des sorties, il faut repartir dans le labyrinthe des rayons dans l'espoir que les files soient moins longues à l'autre bout.
Ce soir-là l'inverse se produit : du côté où je me présente, il ne reste qu'une seule hôtesse de caisse qui est justement en train de fermer. Le vigile me fait signe, donc, d'aller vers l'autre sortie mais l'hôtesse de caisse m'a vue. Elle me demande en souriant combien j'ai d'articles, voit que je n'en ai que quelques-uns. Et, toujours souriante, rouvre le passage devant sa caisse qui était déjà fermé, et me fait passer.
Cela ne vous semble peut-être pas si incongru que ça. Pour ma part, j'ai été surprise de la voir réagir en vraie commerçante, prête à faire un effort pour le client dans la mesure de ses possibilités.
J'aurais très bien compris qu'elle soit juste pressée de fermer. Et ça ne m'aurait pas tué de prendre le temps de retraverser ces f... rayons.
Mais je profite de cette anecdote pour dire Bravo et merci aux hôtesses de caisse qui savent prouver ainsi qu'elles font un vrai métier, qui ne les transforme pas forcément en machines - quelle que soit la pression que leur mettent patrons et clients.


Marie-Ange

J'étais en caisse. Un client arrive, il portait autour de son cou un écriteau avec écrit dessus :
client Marc (souligné en rouge)
« Je ne possède pas la carte U et ne désire pas l'acquérir »

Après l'avoir lu, je me suis dit, autant ne rien demander. Au moment de lui annoncer le montant de ses achats, il me dit
- Vous ne me posez pas la question ?
Je lui reponds
- C'est écrit noir sur blanc alors pourquoi la poser ?
Il me dit :
- Posez-la quand même.
J'ai sorti mon plus beau sourire et :
- Avez-vous la carte U s'il vous plaît ?
il me répond froidement
- Vous ne savez pas lire ou quoi ?
je lui repond gentillment
- Bien sûr que si.
sur ces mots, il me reèle le montant de ses achats et part sans même me dire au revoir.
Il y a vraiment des cas...


Christine

Je suis hôtesse de caisse depuis une bonne vingtaine d'années. Il y a quelques mois, une cliente me dit :
- Vous savez, je ne suis pas raciste envers les gens comme vous.
Je m'étonne de cette remarque car je suis comme elle, rien visiblement ne me différencie de cette dame...
- Pardon?
- C'est vrai, je ne suis pas raciste envers LES GENS COMME VOUS !!! ... J'ai une amie qui fait la même chose que vous et pourtant elle a un BAC + 4 !

Elle voulait dire les CAISSIERES ! Elle n'était pas raciste envers les CAISSIERES... Et elle ne pouvait visiblement même pas prononcer le nom CAISSIERE ou HOTESSE.
J'ai étouffé un fou rire et je lui ai répondu :

- Mais pas de problème madame, ne vous inquiétez pas. Nous sommes comme vous, nous savons parler, écrire et même compter !
Cette dame était vraiment persuadée que les Hôtesses de caisse étaient uniquement des potiches plus ou moins jolies que l'on posait derrière une caisse...
Je suis certaine qu'elle est encore fière de ce qu'elle m'a dit car nous devons lui faire pitié...


Aurélie

J'étais toute jeune, à peine 19 ans, et je travaillais dans un discount alimentaire... Le genre de magasin où les clients viennent faire leurs courses parce que ce n'est pas cher... Et où il faut bien économiser quelques part, sur les employés par exemple.
J'ai été embauchée en tant que caissière réassortisseuse, c'est-à-dire que j'étais en caisse et quand il y avait des temps morts, je mettais en rayon et je faisais le ménage. Bien sûr, les caisses n'avaient pas de tapis roulant... et il fallait donc récupérer les articles, rares sont les clients qui nous aidaient : ils paient donc ils estiment qu'ils n'ont pas à vous aider... C'est ce que m'a dit un client!
Comme j'étais la plus jeune et peut-être la plus patiente, on m'envoyait toujours certains clients, un couple de sourds-muets, très gentils, auxquels j'avais écrit sur des petits papiers le fameux « bonjour », « vous réglez comment », « votre pièce d'identité s'il-vous plaît », « merci »....
Ils passaient exprès à ma caisse pour que je leur "parle".
Je devais aussi parler plusieurs langues: anglais et roumain (la fac, ça aide!!)...
Bref, le discount alimentaire est un drôle de monde dans lequel les salariés sont souvent traités comme des machines avec l'habituel :
- Ah bon, tu t'en vas maintenant ? Y'a du monde, tu restes encore un peu.
et bien sûr, le "peu" n'était pas payé! J'ai changé de boulot depuis, et je peux dire que là où je suis je suis mieux considérée! Quant aux caissières, je suis toujours aimables avec elle, je n'oublierai jamais que j'en étais une moi aussi!


Gulwen

Le client est-il roi? Tout dépend de la façon de demander...

Un jeune homme peu aimable passe à ma caisse à un moment calme de la journée. Après l'avoir encaissé, je regarde devant mon tapis : il allait partir en laissant son chariot à paniers (ces trucs métalliques à roulettes sur lesquels on peut poser deux paniers) en plein milieu de mon allée. Moi qui ne me démonte jamais et qui garde toujours un grand sourire dans toutes les situations, je lui dis :
- Monsieur, veuillez remettre le chariot où vous l'avez trouvé s'il-vous-plaît.
- Non, c'est pas mon boulot, puis j'ai pas le temps.
- S'il-vous-plaît, il ne va pas rester en plein milieu, les gens ne pourront plus passer, veuillez le remettre où vous l'avez trouvé. De plus, vous passez devant c'est à côté de la sortie..
- Et puis quoi encore ? C'est votre boulot non ? Vous ètes payée pour ça. Ou demandez à un vigile, il n'a rien à faire lui !
- Non monsieur, je suis caissière et il n'y a personne de payé pour ranger les chariots, c'est à vous de le faire.
- Mais des fois y'en a à la caisse qui trainent !
- Oui, ils ont dû etre laissés par des personnes pas malignes, car c'est au client de les ranger.
- Quoi? Vous m'avez dit quoi? Je suis client moi!

Sur ces mots, il part en laissant le chariot en plan. Vu qu'il n'y avait personne après lui, je ferme ma caisse et vais le ranger, et lui me regarde à travers la baie vitrée en rangeant ses courses dans sa voiture. Pendant ce temps, une collègue compatissante me fait part de son avis, comme quoi c'est inadmissible de se comporter comme ça. Je retourne à ma caisse

Quelques instants plus tard, le type revient en trombe pour m'insulter, me dire que c'est "pas à lui de ranger ces merdes", qu'il ne vient pas passer le balai chez moi etc... Il a fallu que le vigile puis le directeur viennent pour le calmer et le faire partir. Meme si j'ai gardé ma cordialité et mon sourire tout le long, j'en tremblais encore de rage 1h après.


Autre scène.

Une petite dame toute frêle, qui peine à ranger ses courses et qui a du mal à avancer discute un peu avec moi. (j'adore les mamies, la plupart sont très enjouées et drôles, pour peu que l'on prenne le temps de papoter avec elles!). Puis elle me demande d'une petite voix :
- Dites moi mademoiselle, je ne me souviens plus où j'ai pris mon chariot, vous pourriez me dire de quel côté je dois le ranger?
Personne après elle, je regarde si personne ne s'avance à ma caisse.
- Ne vous embêtez pas, madame, je vais le faire, et passez une bonne journée.
- Oh! mais vous ètes bien aimable ! Merci ! Merci beaucoup! Et bonne journée à vous! merci! Au revoir!


Comme quoi, lorsque c'est demandé poliment, une caissière peut bien faire une bonne action hors contrat!


Nathalie

Je suis caissière dans un hypermarché et tous les jours nous recevons beaucoup de bons de réduction. Ainsi, dans les barquettes de margarine le bon de réduction se trouve à l'intérieur, donc quand vous le sortez, il est plein de margarine....
Et donc, une cliente achète sa margarine et me donne un bon de réduction plié en deux. Quelle ne fut pas ma surprise en le dépliant de découvrir qu'il était encore barbouillé de margarine, Logiquement, j'en ai eu plein les doigts, la cliente faisait comme si de rien n'était et me voilà en train de m'essuyer avec entrain car j'en avais évidemment mis partout, les doigts, les rouleaux et le dessus de ma caisse.
Ma cliente est partie sans me dire au revoir car elle a dû attendre que je lui rende sa monnaie après avoir nettoyé un peu, mais le fait d'avoir laissé la margarine ne l'avait par contre pas gêné du tout.
Cela fait 20 ans que je suis caissière, mais "ça" c'est la première fois que ça m'arrive. Comme quoi...


Coralie

J'ai travaillé cet été dans un magasin de chaussures (en libre service). Comme le magasin est petit, nous n'avions qu'une seule poubelle (je parle des gros conteneur) et la patronne m'avait donc mise en garde sur le fait que beaucoup de clients ne veulent pas garder les boîtes de chaussures mais que malheureusement, je ne pouvais pas les accepter vu le manque de place.
Un jour, pendant les soldes, un client arrive avec environ 4 paires de chaussures en me disant :
- Sympa les boites. (enfin, c'est ce que j'avais compris)
Et j'ai répondu :
- oui oui, avec un sourire.
Lorsque j'ai commencé à mettre les boîtes contenant les chaussures dans le sac, le monsieur s'énerve en me disant :
- Mais, vous comprenez rien, j'ai dit : sympa les boîtes.
À ce moment là, je le regarde en ne comprenant pas ce qu'il veut dire, un tour d'horizon sur les clients suivants qui ont l'air aussi surpris que moi... Bref je finis par comprendre qu'en fait il ne veut pas des boîtes. Je lui dis que je ne peux pas les garder. À ce moment précis, j'ai bien failli me prendre une claque! Je tente d'expliquer au monsieur que, lorsqu'il va dans une grande surface acheter un kilo de sucre, il emmène le carton d'emballage et qu'ici c'est pareil... En vain.
Le client repart sans les boîtes qu'il m'a jeté à la figure. Dans l'après-midi, je le vois revenir. Il fait son tour dans le magasin et revient à la caisse avec 4 nouvelles paires de chaussures... Je décide de m'excuser pour ce qui s'était passé le matin et là, il me lance :
- C'est pas grave, on peut pas en vouloir aux gens qui comprennent rien.

??? et si les clients apprennaient à s'exprimer correctement ???


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Ticket de caisse bis :
Les résultats du concours se font attendre, mais je vais devoir vous demander encore un peu de patience...

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Inventaire, inventaire. J'ai l'air d'un inventaire ?

9 Septembre 2008, 16:18pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


Un des grands moments dans l'année et dans votre vie de caissière est la splendide journée de l'inventaire. Quand vous travaillez dans une grande surface, il est bien difficile de se soustraire à cette grand-messe de la consommation.
Chaque année, à la même période, vous aurez le privilège d'investir TOUT le magasin pour compter et recompter, placer et déplacer, soulever et poser, pousser et tirer & même dépoussiérer...
Vous avez vaincu les chaînes qui vous reliaient à votre caisse ? Non... Vous avez été choisie pour participer à l'inventaire...
En un mot comme en mille, vous aurez le privilège incroyable de tripoter avec vos petites mimines, vous et vos collègues tous (oui, oui! Tous !) les articles en vente dans le magasin. Une expérience inoubliable que vous renouvèlerez au moins une fois par an. D'ailleurs, à cette occasion, vous allez pouvoir expérimenter la zen-attitude.

Tout commence déjà plusieurs jours avant, c'est le branle-bas de combat dans les réserves. Il devient urgent de tout ranger et de compter ce qui se trouve à l'abri du regard des clients. Les employés libre-service effectuent ce travail de fourmi avec force conviction. Généralement, tout est répertorié avant le jour J et vous découvrez avec plaisir (ou pas...) que les rayons ont été remplis jusqu'au bord de l'asphyxie. C'est la grande orgie qui débute...


Vous avez quand même de la chance car aujourd'hui c'est samedi et il y a du monde à faire ses courses. Les rayons se vident sensiblement. Parfois, c'est la crise car certaines références ne sont plus disponibles. Et là, c'est la catastrophe car si la rupture de stock peut être innocemment évoquée au client, ce dernier sera rarement content de devoir se rabattre sur un autre produit. S'il y a un employé dans les rayons, celui-ci sera très content de récupérer la hargne du dit-client, mais rassurez-vous, s'il n'y a personne, le client déversera son mécontentement sur vous lors de son passage en caisse... Petite veinarde !

Bon gré, mal gré, la journée avance et vous parvenez à contenir le flux de clients à coups de « bonjour » et de « vous avez la carte de fidélité? ».
Zen-attitude.

Une petite subtilité cependant. Aujourd'hui, le magasin va exceptionnellement fermer ses portes un peu plus tôt pour avoir plus de temps pour effectuer l'inventaire. A grand renfort d'affiches criardes scotchées aux quatre coins du magasin depuis plusieurs jours, d'annonces dans les hauts-parleurs passés bien avant la fermeture afin de prévenir au mieux les clients, la plupart de ceux-ci ne se rendent pas compte que le magasin va vraiment fermer une heure plus tôt.
Quelle horreur ! Le caddie n'est pas encore plein et les grilles du magasin se baissent pour inciter les clients à se diriger vers les caisses.
À un moment ou à un autre, il va bien falloir désengorger toute cette foule avide de consommer encore un peu... Les agents de sécurité les invitent à rejoindre les caisses. Il y a bien quelques récalcitrants qui tentent de s'échapper dans les rayons mais ils finissent tout de même par rejoindre la sortie, régler leurs achats et filer ranger leurs commissions dans le coffre de leur voiture.
Comme tous les ans, la fermeture annoncée à 20 heures, aura en réalité été plus proche de 20h30...
D'ailleurs, comme d'habitude, vous avez commencé le travail de comptage alors qu'il y avait encore des clients dans le magasin.
Et comme d'habitude, ils viennent prendre des articles dans le rayon que vous venez de compter et vous êtes quitte pour recommencer une fois le client parti.
Zen-attitude.


Pendant ce temps-là, l'armée d'intérimaires est arrivée dans le magasin. Ça papote, ça rigole aussi. Un responsable passe et calme aussi sec leurs ardeurs : « Le travail d'inventaire c'est sérieux, ce n'est pas le moment de rigoler ! »
« Rabat-joie » chuchote l'un des intérimaires.
Et chacun se voit attribuer un rayon.
Des fiches sont distribuées pour expliquer comment s'effectue un inventaire. On nous y explique comment compter (si, si !), où noter le nombre d'articles identiques trouvés (ce soir, ce sera la fête du post-it) et comment se servir du Telxon (réservé à l'élite des volontaires... ou pas).

Ce soir, vous avez été affectée au rayon liquide. Vous riez sous cape en pensant que vous allez compter des dizaines de litres de pastis, de whisky et autres bouteilles de Malibu. Rassurez-vous, vous ne devriez que compter, Dans un inventaire, on ne goûte pas à tous les produits. Les risques de finir bourré avant la fin de la soirée sont  donc très limitées... Mais vous n'êtes pas à l'abri de découvrir caché au fond du rayon une bouteille vide d'alcool fort (un client particulièrement assoiffé sans doute...).
Zen-attitude.

Vous suivez la procédure à la lettre. Vous démarrez tout en haut du rayon à gauche, vous comptez tous les articles identiques et vous collez un post-it à côté du code barre du premier article de la rangée (code-barre du produit positionné face à vous).
En 10 secondes, vous avez assimilé votre tâche pour la soirée. Avouez que vous vous trouvez super performante!
Allez, passez à l'étage en-dessous, puis celui encore en-dessous...
Au bout de dix minutes, vous découvrez que vos mains sont déjà pleines de crasse (ça promet pour le reste de la soirée) et vous n'êtes pas au bout de vos peines.
Tout au fond du rayon, vous découvrez une bouteille visiblement collée à l'étagère, on dirait que du liquide a séché et a collé l'objet à la structure métallique. En plus, la bouteille est toute collante. Ça donne envie ! Vous évitez de trop la toucher et la comptabilisez avec les autres bouteilles.
Vous post-itez le tout et vous changez d'étagère.
Entre deux comptages, vous échangez quelques mots avec votre collègue de boisson pour ce soir.
Un responsable vous entend papoter :
- Hé ! Vous deux, un peu de silence. Vous allez faire des erreurs !
Vive l'ambiance du samedi soir... Vous soupirez intérieurement et vous changez de nouveau d'étagère.
Zen-attitude.

Il est 23h et ça fait déjà 3 heures que vous comptez. Vous n'aurez pas le droit de telxoner ce soir, c'est un autre du rayon qui a récupéré l'appareil (c'est pas juste ! Parce que vous adorez ce petit appareil digne d'un TJ Laser...)
Vous continuez donc votre tâche et à 23h15, ravie, vous découvrez avec bonheur que le rayon liquide est terminé (du pack de bière au Citror, chaque produit est compté et étiqueté).
Mais... Mais alors, vous allez pouvoir rentrer un peu plus tôt que prévu ? Au lieu de finir à minuit, vous allez gagner ¾ d'heure ? Ce ne serait pas de refus, surtout que vous avez commencé votre journée à 9h ce matin... et vos 9h de caisse commencent à bien se faire sentir à cette heure avancée de la soirée.
Un chef passe et vous voit inactive.
- Ah ! Vous là, allez donner un coup de main au rayon textile, il sont  à la bourre !
- Ah, heu... oui (vous pensez tout bas : et meeeerde)

Et pendant près de 45 minutes, vous vous retrouvez à compter des fringues qui sont presque toutes différentes. Le rayon ressemble au final plus à un champ de bataille qu'à un linéaire de supermarché. Heureusement, vous êtes avec votre collègue de boisson du soir et le temps passe assez vite. Les habits défilent, les références des articles se multiplient. Au final, vous êtes obligée d'étaler par terre une partie des habits pour permettre à ceux qui vont comptabiliser avec le Telxon de pas oublier une partie du stock.
Minuit moins 5, vous avez carburé et vous avez même terminé. Vous parvenez enfin à vous approcher de la sortie et à quitter le magasin. Vos mains sont noires et vos ongles ont gagné un tout nouveau genre de vernis.
Vous avez passé une sacrée soirée et ne rêvez que de deux choses: une douche et votre lit...
Le magasin se vide. Tout le monde (employés et intérimaires) se dirige vers la sortie d'un pas nettement moins actif qu'en début de soirée.
Et si vous tirez le rideau pour votre participation à l'inventaire, lundi matin dès 5 heures, d'autres viendront terminer, il reste parfois des articles à comptabiliser avec le fameux telxon et surtout il va falloir remettre de l'ordre pour qu'à l'heure d'ouverture, le magasin soit nickel.
Bon courage car la valse du post-it est loin d'être achevée...


Et dans certains magasins, l'inventaire général a lieu deux fois par an... ou tous les mois... (doublement bon courage à eux !)


La chanson de circonstance pour ce genre de boulot.... Zen ;o)

Découvrez Zazie!

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Le Telxon, c'est ça :

cet appareil sert à lire les codes-barres et à comptabiliser le nombre d'articles.
D'ailleurs, on voit régulièrement des employés utiliser ces engins dans les supermarchés.



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Ticket de caisse bis :
On est toujours en délibération pour le concours, le choix est assez difficile, vos participations sont vraiment chouettes !

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