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Douche express

30 Août 2009, 18:00pm

Publié par Miss pas touche

Quand votre cliente arrive dans son magasin préféré et qu'elle prend négligemment un panier sous le bras, avant de glisser à ses côtés celui qui l'accompagnera tout au long de ses courses, votre cliente y jette un œil averti avant de se décider.

- J'en veux un rouge, un bleu, un jaune...
                            Couleur au choix.

- J'en veux un à roulettes.
                            Non disponible partout mais en voie d'extension.

- J'en veux un en fer.
                            Plus lourd, mais plus solide.

- J'en veux un neuf.
                            Avec de la chance, c'est encore jouable.

- J'en veux un propre
                            …

Ah, la sentence est tombée, aiguisée comme un lame de rasoir, ne vous laissant aucune manœuvre d'évitement possible. Le panier pour votre cliente sera propre ou elle ne sera pas cliente.

Voilà un challenge à la hauteur de votre compétence pensez-vous... Oui, peut-être... ou peut-être pas. Il faut bien se l'avouer, les paniers ne sont pas lavés tous les soirs, encore moins tous les matins. Tous les deux jours ? Non plus. Une fois par semaine alors... Hem...
Dès que possible, ils sont vidés, extirpés des saletés qui les jonchent, séparés de ces feuilles de salades fanées, de ces vieux chewing-gum collés, de ces papiers gras usagés, de ces listes de courses chiffonnées. Ne reste plus dans ces paniers prêts à accueillir vos victuailles que quelques reliquats collants, traces de noirs (gris, marron, rouge, verte... ou autre couleur salissante – le choix est vaste –) ou toute autre substance glissante, huileuse...

Ça vous est sûrement déjà arrivé de reposer un panier (plusieurs d'affilée dites-vous ?) avec dégoût parce que vous n'imaginez pas un seul instant y déposer quelque article dans ce bouillon de culture ? Comme je vous comprends... (je fais pareil)
Mais savez-vous comment se passe le nettoyage de ces contenants en coulisse du supermarché ?
Si vous imaginez de grandes machines à laver comme un immense lave-vaisselle ou une machine avec tambour, c'est râpé... Vous êtes carrément à côté de la plaque.
Ce n'est pas non plus une machine à rouleaux comme pour laver les voitures...

Une méthode artisanale existe et en voici la composition :
Prenez un employé (une caissière fera tout aussi bien l'affaire), une brosse à poils durs, un jet d'eau / tuyau d'arrosage et de l'eau (froide de préférence, ça réveille les sens de l'employé qui pourrait autrement s'endormir s'il a l'impression de prendre un bain chaud).
Voilà votre machine à laver les paniers dernière génération est prête à se mettre en service.

Comme beaucoup d'autres, j'ai déjà été préposée au lavage de paniers, j'en ai gardé quelques souvenirs. Je me souviens avoir été assignée avec une collègue (oui c'est quand même plus sympa à deux) à ce travail en plein été, il y avait peu de monde dans le magasin et au moins, ça nous occupait.
Nous nous étions retrouvées en réserve en plein canicule à manipuler brosse, paniers par dizaines et jet d'eau glacée. Évidemment, nous n'avions ni bottes ni cirées. Bien sûr, nous avions notre tenue de travail toute propre (au début de l'opération du moins) et des chaussures légères (il faisait chaud dehors). Nous avions tout de même eu le droit de porter par-dessus nos vêtements une blouse de protection qui avaient servi aux collègues que nous venions remplacer. Elle étaient déjà bien humides (si c'est de la transpiration, ça donne vraiment très chaud de laver les paniers pourriez-vous pensez, mais la vérité est ailleurs...).

Ma collègue et moi nous installons. On pose notre premier panier, on prend notre brosse et le tuyau d'arrosage dans les mains.
Première tentative et... c'est le drame. La pression de l'eau est tellement forte que nous sommes trempées en cinq secondes... La blouse de protection ? Elle n'a même pas le temps de comprendre ce qui se passe, encore moins de retenir quoi que ce soir : l'heure de la douche a sonné. Une fois la surprise passée, le fou-rire n'est pas loin et finit par éclater.
Ceci dit, trempées pour trempées, c'est avec entrain que nous lavons ces paniers en plastique.
Le tas de paniers sales s'amenuise au fur et à mesure que grandit notre satisfaction.
On découvre même que les traces les plus récalcitrantes s'en vont presque toutes, y compris ces vieux auto-collants qui semblaient s'être incrustés dans le plastique. Il ne reste plus un seul chewing-gum ni même une trace collante. Un boulot simple, basique mais qui apporte une satisfaction, simplement parce que c'est utile et que les clients (même s'ils ne voient pas quand c'est propre... par contre, ils le remarqueront systématiquement quand les paniers sont dégueulasses. Attitude normale d'ailleurs, nous tous voyons plus souvent ce qui cloche que ce qui fonctionne).

Au bout d'une bonne heure, la tâche est accomplie. Les paniers propres (encore humides) s'en vont déjà reprendre leur place à l'entrée du magasin, rejoignant leurs frères à des degrés de propreté divers et (a)variés.
Et déjà les clients se jettent dessus. Il faut dire qu'ils sont propres, rutilants comme un sou neuf et donnent envie d'être baladés dans les rayons. Les paniers piaffent d'impatience (si, si, un panier est impatient de remplir ses fonctions, surtout quand il est tout propre).
Une cliente se faufile rapidement pour attraper le panier tout en haut de la pile, mais elle a mal calculé son coup, la pile est trop haute, la cliente est trop petite. Et ce qui devait arriver arriva. La boîte d'œufs qu'elle voulait déposer dans le dit-panier du haut de la pile glisse de ses mains et s'éventre tout là-haut, laissant échapper un liquide qui dégouline sur... les paniers propres...

Pour qui le prochain « nettoyage paniers » ? Vous ? Ah non, vous venez de finir votre journée...



Note : les commentaires seront désormais fermés sur le blog, si vous souhaitez discuter, merci de passer par le forum (lien disponible en haut du blog).

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Caissière oui mais pas que...

15 Août 2009, 07:30am

Publié par Miss pas touche

A tous ceux qui croient encore (il y en a encore qui y croient sur ce blog ?) que caissière est un métier basique, facile, avilissant, ingrat, sans intérêt et sans aucune qualification, lisez donc cette synthèse écrite par Veerle (partagé sur le forum il y a peu).

Parfois, je remarque la réaction des gens quand on dit qu'on est caissière. On dirait que c'est une tare ou qu'on est stupide et ça a le don de m' énerver ! Alors à tous ces gens je leur dis : caissière oui mais... on est plus que ça!! Derrière une caisse on fait plusieurs métiers.

* Agent de banque : on gère notre caisson, on donne et on prend l'argent etc.

* Agent de renseignement : dire où se trouvent les produits quand les clients sont trop fatigués de regarder les panneaux.

* Agent administratif : des papiers à remplir comme la garantie, erreur prix etc.

* Gendarme / Policier : surtout aux caisses conflits (moins de 10 articles, priorité handicapés, femmes enceintes, carte magasin) et dire que pour certaines on n'a même pas la taille requise pour être gendarme.

* Avocat : on fait parfois des plaidoirise dignes d'un avocat, surtout à l' accueil mais en caisse aussi pour prouver qu'on on a bien raison.

* Vendeuse / Commerciale : surtout pour faire prendre la carte de fidélité.

* Conseillère : au choix dans différent branches et rayons.

* Nounou : quand la maman a oublié un article et laisse tout son petit monde en caisse.

* Psychologue : on écoute certains clients nous raconter leur vie (même si ça nous regarde pas)

* Agent téléphonique.

Maintenant les sports de haut niveau:

* Coureur de fond : chercher les prix et ranger les articles.

* Skieur mais sans les skis : faire du slalom entre les clients pour arriver jusqu'à sa caisse ou la caisse centrale en jouant des coudes.

* Punchingball : les clients qui passent leurs nerfs ou leur colère sur nous.

Je suis sûre que j'en oublie quelques-uns mais tout ça fait de nous ce que nous sommes.
Et fiére de l'être et avec le sourire en plus



Même si l'inventaire proposé ci-dessus n'est pas tout à fait exhaustif, il donne déjà une bonne approche du métier.
Si vous en voyez d'autres, n'hésitez pas à proposer vos ajouts en commentaires. La liste pourrait s'allonger encore un peu.

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vos histoires de caisse (29) - spéciale côté clients

10 Août 2009, 09:00am

Publié par Miss pas touche

Une petite envie de remplir votre caddie dans votre supermarché préféré ?
Et si au passage, vous preniez quelques minutes pour observer vos contemporains derrière leurs caddies, vous pourriez bien rencontrer ces quelques situations : sens de la répartie, leçon d'humanité, les grandes surfaces sont un lieu social bien vaste...


Pascal


Il y avait du monde à attendre en caisse, j'arrive avec mon caddie et attends mon tour pour passer.
Une cliente sans doute particulièrement pressée me passe devant sans un mot, simplement au forcing.
Moi :
- Non mais, faut pas vous gêner !
Elle me lance :
- Ah, mais ici, c'est la jungle et je passe si je veux.
Et moi de répondre :
- Ah bon ? Alors, c'est vous Sheeta ?

Elle est repartie comme elle était venue...



Elise


Le vendredi soir, je fais toujours mes courses dans un petit supermarché avec ma fille autiste. L'essentiel pour nous est de faire nos courses le plus discrètement possible et que tout se passe au mieux en caisse.
Ce jour-là, en même temps que nous il y a dans le supermarché un papa avec sa fille d'une dizaine d'années avec un léger handicap mental. Le papa n'est pas à l'aise, il n'a pas l'habitude des regards en coin, des commentaires.
Nous arrivons en caisse après lui, il y a juste une femme d'une cinquantaine d'années entre nous.
Sa fille parle très fort, elle est de très bonne humeur et raconte tout un tas de trucs qui me font rire, elle gesticule beaucoup. Le papa est complètement décomposé et lui fait de grands signes pour qu'elle se taise. Moi, pour une fois, je suis sereine, ma fille est très calme et attend patiemment.
La femme d'une cinquantaine d'annéesse penche vers moi et me chuchote :
- Je crois bien que la gamine qui est avec son père est cinglée !
Et là, je me penche à mon tour vers cette femme et lui dit tout haut :
- Vous êtes cernée, ma fille aussi est cinglée.

Petit moment de jubilation, la femme ne sait plus où se mettre et essaye de trouver du soutien auprès des autres clients. Je rassure le papa en lui expliquant tout haut que nos filles différentes perturbent un peu la clientèle. La caissière ne peut certainement pas se permettre de prendre partie, mais elle sourit à nos filles et s'adressent à elles !




Ophélie


C'était en plein mois de janvier. J'attendais patiemment à la caisse avec ma mère car la caissière avait un problème avec un jeu vidéo. Après 10 minuts d'attente ma mère me tapote dans le dos et me dit "regarde". Je tourne alors la tête vers ma droite et me rends compte qu'un homme était en train de déballer son chariot. Ce n'est pas le fait qu'il déballe mais plutôt ce qu'il déballait, il y avait au moins une cinquantaine de paquets de serviettes périodiques. J'étais sidérée et euphorique à la fois comme tous les autres clients qui observeraient la scène. Mais bien sûr la gêne se lisait sur le visage de cet homme pendant que tous s'esclaffaient. c'est alors que ma mère a osé élever la voix et a dit, en fixant un des clients :
- Vous l'auriez fait vous ?

Quand je repense au regard que cet homme a coulé vers elle, il était empreint de gratitude. Mais personnellement , je n'ose et n'oserai surement jamais faire ce qu'il a fait. Je mets toujours ces articles au fond du caddie au milieu afin que personne ne les voient et à la caisse, ils se retrouvent souvent en dessous des chips !


Emily


Je suis passée aux caisses "scan-express", où l'on doit scanner ses articles à l'aide d'une petite scannette au fur et à mesure qu'on met nos articles dans le caddie et où l'on donne simplement la scannette à l'hôtesse de caisse. C'est ce que j'ai fait : pas de relecture, tous mes articles restent dans mon sac que j'avais rempli à la va-vite tellement il y avait de monde dans le magasin.
En relisant le ticket de caisse, je me suis rendue compte que j'avais oublié de scanner un article dans la hâte : je passe donc à l'acceuil régler cet oubli. La demoiselle de l'acceuil m'a alors expliqué qu'elle ne pouvait pas encaisser d'argent à cette caisse-là, m'a félicitée de ma démarche "très honnête" et... m'a fait cadeau de mon paquet de beurre!
- Prenez votre beurre, je vous l'offre!

Je n'en reviens toujours pas et remercie encore cette demoiselle de son geste généreux.




J'ai reçu cette contribution de la part de Béatrice il y a déjà quelques mois...
Cette lectrice avait écrit ces textes après la lecture des "tribulations" en se mettant du côté cliente.


Les Tribulations d’une cliente de supermarché


Suite aux tribulations de la caissière, la cliente se devait bien de raconter ses propres aventures. Je m’appelle Béatrice, j’ai un diplôme universitaire de littérature et quelques années d’expérience dans les rayons d’un supermarché.

La recherche des articles

Je vais toujours dans le même supermarché, vous comprenez les habitudes. Il faut bien que je puisse faire mes courses rapidement.
En plus, comme j’ai choisi le soutien scolaire pour payer mes études, j’ai la joie de finir, généralement, vers 20 heures. Fatiguée d’avoir essayé de faire comprendre à une élève de première en quoi il était drôle que l’avare de Molière porte « une fraise à l’antique » en passant par une comparaison avec Astérix pour revenir aux seules bases qu’elle comprenne, il faut bien que je puisse rapidement trouver de quoi manger le soir même avant de réenchaîner sur une journée cours-soutien-dodo.
Alors, je débarque dans le supermarché de mon quartier. Mais, malheur à moi, la direction a, visiblement, eu l’idée de réagencer les rayonnages. S’en suit une quête désespérée des quelques produits qu’il me fallait pour ce soir.
Je cherche de la crème fraîche, bon je trouve les yaourts ça doit être pas loin. Eh bien, non, le rayon s’arrête sur de la faisselle, il y a d’autres rayons réfrigérés là-bas, ça doit être là. Jambon, lardons, croque-monsieur, saucisses en tous genres… bah, non, ça n’est pas là non plus… Peut-être je n’ai pas bien regardé le rayon des yahourts, j’y retourne par acquis de conscience, j’arpente de nouveau le rayon toujours rien. Bon, un peu lasse et pour en rajouter à tous les pas que je fais aujourd’hui pour aller de cours en cours, la meilleure solution me semble être d’arpenter méthodiquement les rayons un peu par un… La technique finit par être payante. En effet, la crème fraîche se trouvait derrière les croquettes pour chiens et chats. Logique ? euh… je sais pas, mais bon l’essentiel est d’avoir trouvé !
Maintenant, il me faut des filtres pour ma cafetière, ça me semble pas bien compliqué, près du café, ça, c’est gagné d’avance… Eh bien, pas tout à fait, pas de filtres… il n’y en aurait plus ? bizarre quand même… Mais, où peuvent être les filtres dans un supermarché ? Près des cafetières ? Pffff, elles sont à l’autre du magasin, l’alimentaire et les appareils électroménagers occupant en général les deux extrémités du bâtiment qui abrite le temple de la consommation. Ouf, ils sont là…
Vive la réorganisation méthodique des supermarchés !

Les produits en promotion


    En tant qu’étudiante, il est vrai que souvent je saute sur les produits en promotion, produits souvent au bord de la date de péremption, mais bon on va les manger rapidement, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas mangeables, et puis les industriels mettent de bonnes marges pour ne pas avoir d’ennuis… en fait, je n’en suis plus tout à fait sûre…
    Le poulet : chouette, un poulet à trois euros, je vais le faire cuire ce soir, on en mangera encore demain midi, c’est une bonne affaire, deux repas pour deux pour deux jours, ça vaut le coup. Sauf, une fois l’emballage ouvert. Une odeur immonde se répand dans mon appartement, je crois qu’il faut le rendre, je le mets dans un sac plastique, je retourne au supermarché, seulement un quart d’heure après mon achat, je supporte le regard des clients qui se retournent en grimaçant sur mon passage. Bon, le seul point positif, c’est qu’une fois arrivé à la caisse centrale et face à l’odeur, on n’hésite pas à me rembourser.
    Les bonnes affaires, euh, faut voir, c’est peut-être juste le moyen de se mettre au régime, il faut marcher pour aller le rendre, et une fois rentré chez soi, on a plus faim, l’odeur est tenace !

La caisse prioritaire

    Je n’ai aucune raison d’être prioritaire, mais bon, c’est vrai quand il n’y a personne, je suis prête à aller à cette caisse, tout en assumant le fait que je doive laisser ma place si quelqu’un a besoin de passer avant moi. Sauf qu’on peut me le dire poliment.
    Entre la personne, tout à fait vive, qui brandit une carte en disant : « j’ai le droit de passer avant vous », alors qu’en vous le demandant, tout à fait, poliment, vous auriez, bien volontiers, accepté de la laisser passer. Entre, la grand-mère qui vous donne un bon coup de coude dans les côtes pour prendre votre place. Entre la personne en fauteuil roulant électrique qui vous roule sur les pieds avec son engin de 180kgs pour bien vous faire comprendre qu’elle a le droit de passer avant vous, je crois que je vais définitivement abandonner cette caisse.

La conversation des caissiers

    Parfois, c’est vrai les clients ne sont pas aimables, et moi aussi, parfois, j’ai répondu au téléphone à la caisse, parfois aussi, j’aurais peut-être pu être davantage souriante, être moins râleuse quand c’est le mauvais prix qui passe à l’écran. Peut-être, en effet, que j’ai eu trop tendance à oublier que la caissière ou le caissier n’était pas invisible.
    Mais, parfois, c’est le client qui semble invisible quand deux caissiers côte à côté discutent ensemble. Quand, ils parlent des vacances, c’est sympathique, on se dit que c’est bien normal, que c’est l’été et la période des congés pour tout le monde.
    Mais, il y a des conversations quelque peu, plus embarrassantes. Le récit des derniers exploits sexuels du week-end par exemple ou une discussion bien surprenante sur la sodomie. Là la cliente gênée que je suis se demande, d’abord si elle a bien compris puis en voyant l’air gêné du caissier qui écoute, elle se dit que non, elle ne rêve pas et finit par regarder ses chaussures.
    Et aussi, la cliente attend parfois en vain le machinal « aurevoirbonnejournée » qui n’arrive pas. Une fois, je le dis, deux fois je me répète, trois fois j’hausse un peu le ton, au final j’abandonne.

Le caissier dragueur


    Avant quand je faisais mes courses, il était rare que je m’habillais bien. Eh oui, on est déjà tirés aux quatre épingles quand on va travailler, quand on est en famille, alors la journée des courses, c’était pour moi, aussi, la journée du relâchement. Alors je portais souvent des T-shirts basiques, achetés pas chers avec des inscriptions du genre « Je suis parfaite » ou encore « 30% intelligente, 50% mignonne, 20% coquine ». Mais bon si le caissier pouvait éviter de me demander si mon côté coquin se limitait seulement à 20% ça me ferait plaisir. Depuis, je m’habille plus avec ce genre de T-shirts. Un passage pivoine à la caisse m’a suffi.

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Vos histoires de caisse (28)

5 Août 2009, 07:30am

Publié par Miss pas touche

Après un long moment d'absence, vos histoires reviennent sur le blog.
Oui, il était temps...
Afin de commencer août sur les chapeaux de roues, je vous laisse en compagnie de ces histoires, qui, une fois encore montre toute l'étendue de la nature humaine...



Nadège


je suis caissière dans un magasin de bricolage de proximité et comme je suis en seconde caisse il m'arrive de remplacer mes collègues vendeuses. Les premières fois, j'étais très stressée...

Un jeune homme très agréable se présente à moi et me demande des renseignements sur la manière de retraiter une boiserie. Je ne suis pas formée pour répondre à ces questions mais j'en ai fais moi-même alors j'ai commencé à lui expliquer qu'il faudrait commencer par retirer la première couche de peinture écaillée sauf que nerveusement,  j'ai contracté cette expression et je me suis entendu lui dire de retirer la première COUILLE de peinture...
Le client un brin gêné m'aide comme il peut et me dit :
- Peut être vouliez-vous dire la première couche...
- Euh oui oui.

Je me sauve alors très vite après l'avoir salué pour me cacher dans un coin... rouge comme une tomate. Quelques instants plus tard, je suis demandée en caisse, j'arrive encore toute chamboulée et là je vois mon jeune homme qui se présente à ma caisse autant vous dire que je me suis faite petite, toute petite...



Magyarlili


Une jeune femme, un jour, m'a regardé bizarrement parce que je lui disais "bonjour", alors qu'elle mettait des articles en rayon ! Je lui ai demandé alors si elle faisait partie des meubles ... elle m'a dit « non » de la tête, médusée ! J'ai alors expliqué que je trouvais tout à fait normal de la saluer, car après tout, quand je rentre dans un magasin, je salue la ou les commerçants, non ? Elle a souri et nous avons engagé un petit dialogue duquel il est ressorti que ces gondolières, comme on dit, sont transparentes aux yeux des clients ... sauf s'ils ont besoin d'une aide quelconque !

Du coup, je ne résiste pas à vous raconter cette petite anecdote, du temps où je travaillais, moi aussi, dans la grande distribution, il y a très, très, longtemps...

De 1973 à 1980... je n'étais pas à la caisse mais au « bureau » : nous étions deux, ma chef et moi dans une pièce de 10 m² en parpaings bruts, très froid l'hiver et très chaud l'été... et comme c'était en Provence, je vous laisse imaginer le « très chaud » !

Je voulais juste vous raconter l'histoire d'une de mes collègues caissières qui était très « rouge » (en idées politiques, j'entends...) et très bonne caissière, la meilleure en fait, mais avec un caractère bien trempé.

A l'époque, il fallait vérifier si le chèque (tout nouveau mode de paiement...) et la pièce d'identité du client était conforme !

Or, le monsieur qui passait en caisse s'appelait Hubert de France, duc de xxx, un des nombreux enfants du Comte de xxx, héritier du trône ! Il était marié avec la fille d'une famille de petite noblesse : Aliénor de xxx. Or, sur sa carte d'identité, son nom était Hubert de xxx et sur son chéquier Hubert DE FRANCE ! Il faut bien dire que le monsieur était un tantinet hautain avec les caissières ...

L'occasion était trop belle ! Elle lui a fait gentiment mais fermement remarquer que la carte d'identité et le chèque ne correspondaient pas ! Il a voulu lui faire un cours sur la généalogie de la grande noblesse française !

Sûre d'elle, elle lui a demandé de laisser ses courses là ... et d'aller chercher du liquide pour les régler ! Le monsieur, tout noble qu'il était... a bien dû s'exécuter !

Si le patron avait su ça ... même en étant sa meilleure caissière... elle aurait entendu parler du pays !

Mais nous, nous avons bien ri ! Une autre version de la Carmagnole !
Note : pour cette anecdote, les noms sont volontairement modifiés et tronqués... Vous vous en étiez déjà doutés.


Annelore


Je devais apprendre à créer un prix via l'informatique. C'était un samedi. Mon chef de rayon qui devait me former, n'était pas très concentré... Il me disait de taper « je ne suis plus quoi » et « flèche ». On ne parlait pas de la même flèche. Il m'a dit de faire « entrée ». J'ai fait.
Évidemment, ça m'a dit code erroné. Mon chef me dit que j'ai dû mal taper et me fait recommencer. Mais on ne se comprenait toujours pas.
J'hésitais à valider. Il me demande ce que j'ai tapé, sans regarder. Je lui dis. Il me dit que c'est bon. Je valide.
Code erroné.
Je le lui dis. Il me dit que tout doit être en minuscule. Je ne l'avais pas fait. Alors je le fais. Il me dit de valider, toujours sans regarder l'écran. Je lui demande s'il est sûr. Il dit que oui. Je valide. Et le quiproquo restait dans notre incompréhension mutuelle.
Code erroné.
Et ce qui devait arriver arriva : réseau informatique bloqué... Un samedi...

Mais moi, je ne savais pas qu'au bout de 3 essais, ça bloquait! Et il m'avait dit de valider...
Le résultat c'est que l'hypermarché a fonctionné tout le samedi sans pourvoir corriger des erreurs de prix, etc.
Ca a mis la m... Les "informaticiens" m'a-t-on dit, ne travaillent pas le samedi.



Linda

J'étais hôtesse de caisse dans une grande surface, un matin le patron nous convoque pour nous donner de nouvelles consignes :  tous les packs d'eaux des clients doivent dorénavant être posés sur le tapis de caisse car il y a trop de vols : trop d'articles sont « oubliés » entre les packs laissés dans le caddie.
Tout le monde exécute cette nouvelle consigne.
Le soir arrive, c'est la fermeture : 21H. Une cliente habituée des fermetures passe à ma caisse. Dans son chariot, il y avait pas grand choses mais surtout 2 packs d'eaux différentes. Aimablement, je lui demande si elle peut sortir les packs du chariot. Elle me dit « non ».  Je lui répond gentiment que ce sont les nouvelles consignes du patron.
- Mais, vous êtes payée pour ça alors levez votre cul de votre chaise et venez chercher mes packs d'eau
Je lui dis que non, je ne peux pas porter de choses lourdes.
Elle devient rouge de colère et me dit bien haut et fort
- Vous n'êtes qu'une mal baisée.
Droit dans les yeux je lui ai répondu que tout allait bien de ce côté là.



Marie


Je travaillais dans un discount alimentaire : super ambiance, bonne équipe beaucoup de délire mais un travail de dingue!! polyvalence et tout.
Un vendredi, je passe les articles d'un couple de jeunes avec un bébé et je papote avec eux tout en encaissant. Machinalement, j'annonce le prix 130€ le monsieur me regarde halluciné paye tout de même en me disant que « ça fais cher! » Et c'est vrai qu'il avait presque rien!!
Je me rends compte de l'erreur j'avais tapé trop vite en multipliant un pack de lait, j'avais encaissé plus de 50 litres !!! Gros fous rire avec les clients!
Le lendemain je raconte ma mésaventure à ma responsable entre deux clients. On en rit quand machinalement j'annonce un prix exorbitant à ma cliente... J'avais cette fois encaissé 60 litres de jus d'orange au lieu de 6...



Bertrand
 

Entendu à la caisse :
une caissière: Ah bon, elle a Alzheimer?
La cliente: Oui, c'est difficile à vivre vous savez, il faut tout le temps la surveiller.
La caissière: Mais moi au moins je mords pas (sic!).

Moralité: (en 2 mots?): Nobody is perfect (quoique, aurait rajouté Raymond Devos).
 


Hélène


J'étais tranquillement en train de faire mes courses avec mon fils de 4 ans quand j'ai commencé à être barbouillée et de plus en plus mal au point d'avoir une violente nausée. Que faire? Le caddie est à moitié plein, mon fils est assis dedans. Vomir en plein magasin, ça fait plutôt tâche... Je fonce à la caisse le plus près des toilettes version caddie/F1 et supplie la caissière de bien vouloir surveiller mon fils et le caddie en lui disant que vraiment je ne me sens pas bien puis pique un sprint... Ouf j'arrive à temps ! Je l'ai bien remercié après... Parfois ça urge vraiment !!!



Vava


Je bipe les articles d'une cliente et je sens une projection d'eau sur mes mains, je regarde autour de moi et ne vois rien. Je reprends mon speed car beaucoup de monde attendait. Je vois les clients de la queue commencer à s'agiter, regarder au plafond, sur les côtés, et à nouveau ce mini jet d'eau me retombe dessus.
 
La cliente suivante s'empare de sa bouteille d'eau pétillante posée sur le tapis de caisse et dit
- Ah, ça venait de là!
La bouteille soulevée a donné un jet tout fin mais perçant, la bouteille s’était percée d'un tout petit trou et la cliente paniquait car n'arrivait pas à arrêter le jet, malgré sa main dessus, même en la retournant. Son copain à ses côtés ne savait pas quoi faire, me demandant si je n'avais pas un seau...

A la caisse, on était tous entre rire franc et rire gêné, les clients alentour se prenaient des projections d'eau eux aussi!! Le couple qui tenait la bouteille trouée étaient eux plutôt gênés et ne savaient comment réagir dans ce « jeu d'eau à la supérette »...
Du coup j'ai pris la bouteille en la tenant penchée, j'ai quitté mon poste pour courir la jeter dans l'évier de l'arrière boutique et revenir à ma caisse!
A mon retour les gens souriaient, et moi amusée :
- Ça y est, on est en sécurité.
J’ai repris mon scannage d'articles... au sec cette fois.


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