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L'évolution du métier - petite rétrospective

29 Février 2008, 16:03pm

Publié par Miss pas touche

caisse ancien temps(illustration de Abe : son site)

En quelques décennies, le métier de caissière a beaucoup changé : de l'épicerie à l'hypermarché, l'apparition du self-service, du code barre, du lecteur optique, de caisses de plus en plus perfectionnées, du tapis roulant, des sacs plastiques...
Toutes ces évolutions ont modifié notre comportement, nos façons de faire nos courses et notre rapport avec la caissière, devenue un beau matin « hôtesse de caisse ». Qu'est-ce qui a donc tant changé ?

Revenons quelques années en arrière.
Si au début du vingtième siècle, lorsque les gens achètent de la nourriture, ils passent par les boutiques de détail (boucher, boulanger, épicier...), les années 40-50 vont faire passer un cap décisif dans la manière de faire nos courses.
(Rétrospective : ici)
Tout à coup, on va pouvoir centraliser nos achats sur un seul point de vente. Couplé à une vie de plus en plus tournée vers le travail (les femmes ont aussi un emploi) et où l'on court toute la journée, ce concept d'hypermarché séduit les consommateurs.
Aujourd'hui, on trouve de tout dans un hyper : de la salade au lustre, de la tablette de chocolat aux boucles d'oreilles en diamant, du sucre en poudre à la télé Plasma, les rayons des grandes surfaces n'arrêtent pas de s'élargir. Le rapport consommateur / employé a lui aussi évolué avec la taille des hypers et l'ouverture à tous types de produits de consommation.
(Pour plus d'infos sur l'évolution des hypers : ici)

Avant l'apparition des supermarchés, la caissière n'avait pas qu'une seule fonction, elle était l'épicière, la boulangère. Elle servait les clients, les conseillait, leur faisait crédit, les connaissait et surtout un respect mutuel existait entre les deux partis. Tenir la caisse équivalait à tenir la boutique et c'était tout à fait respectable. Puis lorsque les supers et hypermarchés ont vu le jour, que le self-service s'est généralisé, la relation client – employé a aussi beaucoup changé.
Dans les rayons déjà, les employés libre-service (comprenez ceux qui font la mise en rayon et qui les rangent) se sont spécialisés dans un type de rayon et resteront dans le même coin du magasin tout au long de leur journée de travail (passant de la réserve au rayon pour remplir encore et toujours ces linéaires qui se vident aussi vite qu'ils se remplissent).
Je suis sûr que vous avez pesté au moins une fois quand, cherchant un produit introuvable vous demandez à un employé du magasin le précieux renseignement et que celui-ci vous répond :
- Je sais pas, c'est pas mon rayon. Demandez à l'accueil.
C'est le reflet aussi de la catégorisation des divers métiers et que chacun est assigné à une tâche et pas une autre...

Et le passage à la caisse ne déroge pas à la règle.
Si d'un point de vue social, la caissière est devenue une sorte d'« extension » de sa caisse, elle en a perdu au fil des ans son statut de personne. Reflet très certainement de la déshumanisation des grandes surfaces où la grandeur du magasin va de pair avec la sensation d'être seul face à tous ces produits de consommation. L'hôtesse de caisse qui devrait être le dernier rempart d'humanité dans l'hyper est elle aussi confrontée à cette déshumanisation, peut-être parce qu'elle se fond dans le décor ou parce qu'elle finit par elle aussi se croire être une extension de son outil de travail ? Les gestes automatiques, les paroles 1000 fois répétées finissent par semer parfois le doute...
A contrario, cela renforce très généralement la cohésion de groupe entre collègues, un moyen pour récupérer son statut d'humain qu'on oublie derrière les bip récurrents? Un moyen de se protéger aussi contre le non-regard des clients ?
Les causes doivent être multiples et certainement plus complexes que cela.


Comment a évolué le métier derrière la caisse depuis l'apparition des hypers ?


Il y a à peine 30 ans, dans la plupart des supermarchés, les prix étaient encore indiqués par de petites étiquettes collées sur les produits. Lors du passage en caisse, la caissière devait saisir tous les montants et cela demandait une bonne dose de patience. Les lecteurs optiques étaient loin d'être généralisés et les codes barres n'existaient pas depuis 10 ans (créés par George Laurer dans les années 1970).
Puis la généralisation du code barre (EAN) devient un standard mondial et va radicalement changer le travail. Du « tapage » du prix on passe au scannage du code barre. La cadence s'accélère alors en caisse où le temps de passage par client se réduit comme une peau de chagrin.
A cela s'ajoute une taille des magasins de plus en plus imposante, une augmentation impressionnante du nombre de références d'articles (déclinés en multiples marques et sous-marques), une fréquentation accrue de la clientèle qui engendre aussi une augmentation du personnel du magasin.
Tout cela contribue à faire évoluer les statuts de chacun. Et d'un emploi où il était nécessaire de tout connaître du magasin, on arrive à un poste en caisse complètement dirigé où l'employé ne représente plus quelqu'un qui aide mais comme le bout de la chaîne.
L'arrivée du code barre est un des signes de cette évolution car il est l'élément déclencheur d'une plus grande rapidité d'exécution de la tâche incombée à la caissière.

On constate aussi que les caisses sont de plus en plus perfectionnées. Nous sommes loin dorénavant des premières caisses enregistreuses (immenses avec leurs gros boutons poussoirs) qui en leur temps ont aussi contribué à changer le rapport de l'échange d'argent. Les caisses deviennent électroniques, calculent le rendu monnaie, permettent de faire des modifications de prix en temps réel sur le ticket de caisse ou encore de communiquer avec un responsable par simple pression d'un bouton sur l'écran. Et tout ceci n'a pas fini de changer. Les caisses modernes à écran tactile finiront pas être dépassées par de nouveaux systèmes encore plus performants.

Les moyens de paiement de la part des clients montrent aussi une grande évolution dans la mentalité des gens. Alors qu'avant lorsqu'il fallait régler un achat, on sortait pièces et billets, les chèques se sont généralisés pour aujourd'hui laisser une large place aux paiements par carte bancaire. Tout ceci facilite le paiement et diminue les sources d'erreurs. En même temps, on constate que souvent les gens perdent la notion de l'argent qu'ils dépensent. Tout cela devient bien plus abstrait.

Et depuis quelques années (à peine d'ailleurs...) sont apparues les caisses automatiques où le client joue le rôle de la caissière et cette dernière joue plus le rôle d'agent de sécurité veillant de loin à ce que les articles soient bien tous payés. D'autres systèmes arrivent aussi pour réduire ce temps d'attente en caisse comme ces « scan express » où le client scanne ses articles au fur et à mesure qu'il les ajoute dans son caddie. On voit aussi apparaître certains magasins qui proposent aux gens de faire leur commande sur le net et de venir retirer leur marchandise toute préparée et rangée directement dans leur coffre de voiture quand ils ne livrent directement pas au domicile du client. L'hôtesse de caisse perd donc peu à peu sa fonction de caissière au profit de quoi ? Hôtesse d'accueil ? Vigile ? Agent de renseignement ? Un peu tout ça à la fois sans doute...

Un constat cependant.
L'employé passe de moins en moins de temps avec chaque client et on lui demande un accueil ultra positif dans un temps de plus en plus limité.
Plus de clients par heure, plus d'articles par minute, plus d'argent échangé... et une considération de plus en plus difficile à acquérir...

Alors dans ce monde actuel où l'on veut tout, tout de suite, service et accueil compris en trois minutes chronos, chers clients osez un bonjour et un sourire à la caissière. Cela redonnera un côté humain à votre passage en caisse.
Et vous chère caissière, qui dans ce monde du travail où tout doit aller vite, toujours plus vite, prenez un instant pour regarder le client qu'il y a face à vous, osez aussi un bonjour et un sourire. Cela redonnera un côté humain à son passage en caisse et à votre travail.


Et demain ? E-commerce ou hypermarchés de plus en plus grands ? Et si l'on revenait vers les commerces de détail ?


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Merci NoTTo ;o)
son site

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vos histoires de caisse (6)

22 Février 2008, 10:04am

Publié par Miss pas touche

Une caisse capricieuse, une femme caisse, une conversation privée/publique, le client-roi, les promos et leurs subtilités, chauffe Marcel...
Côté caisse comme côté client les courses sont de grandes aventures.
La parole est à vous :

Valérie
côté caisse

Il y a quelques semaines le magasin faisait une promotion sur de la farine à pain : 10 kilos pour 7 € (une bonne affaire en somme) mais il faut que je vous précise que la promo ne fonctionne que si vous prenez le même type de farine (par exemple 10 kg de farine pour pain blanc, 10 kg pour pain aux céréales....). Un grand classique pour les achats promotionnels.

Une cliente arrive à ma caisse et me tend la page du catalogue qui parle de ce produit. Elle me dit qu'elle a pris 10 kilos de farines différentes. Je lui réponds que pour pouvoir profiter de la promotion ce sont des lots de farine et non des paquets à l'unité. Elle me montre la photo et je lui rétorque encore une fois que ce sont des lots. Elle insiste et moi aussi.

Donc pour couper court à cette discussion qui ne nous mettrait pas d'accord, j'appelle un roller (ceux qui vont chercher les prix en quatrième vitesse) qui me confirme ce que j'étais en train d'expliquer à ma cliente. Intriguée, elle va quand même vérifier dans le rayon.
Elle revient quelques minutes plus tard avec plusieurs paquets de farines identiques et me dit :
- C'est vous qui aviez raison.

Moralité : quand une caissière dit quelque chose, le client n'approuvera pas si on le contredit et préfèrera faire déplacer du personnel puis ira quand même vérifier par lui-même...
Les employés connaissent la promo en question ? C'est noté noir sur blanc sur le prospectus ? Oui, mais sait-on jamais ?

Armelle
Côté client

C'était un jeune hôte de caisse qui était dos à dos avec un autre jeune hôte de caisse, son pote sans aucun doute ! Déjà dans la file, j'avais repéré qu'il avait la tête plus tournée vers son collègue que vers les clients. Puis je commence à entendre des bribes de la conversation:
- J'ai acheté un nouveau portable.
- Ah oui, lequel?
- Un Nokia XXX, je te le ferai voir tout à l'heure.
- Ouais cool, je connais pas. Tu l'as acheté où?
- ... (et la conversation continue)
Au moment de mon arrivée, je ne reçois pas de bonjour en réponse au mien, je range mes achats pendant que le jeune homme essaye tant bien que mal de situer ledit magasin de GSM à son collègue.
Puis au moment où c'est fini, il reste là sans rien dire. Alors, petite vengeance personnelle, je dis bien haut:
- Je vous dois combien s'il vous plaît?
Et là, plaisir des yeux, le jeune homme tout paniqué regarde son écran en se disant d'abord, "mince ma caisse ne fonctionne plus ou quoi?", puis certainement, "elle sait pas lire la conne?" et enfin il m'annonce le prix.
Je paye avec ma carte bancaire puis m'en vais, sans dire au revoir; il ne l'a pas mérité celui-là!
 
C'est vrai que ça n'arrive pas souvent mais il faut aussi en parler, de ces moments où la situation s'inverse. Ceci dit, je peux comprendre tout à fait qu'on devienne aigri ou qu'on n'aime plus ce boulot après des années. Mais là, de la part d'un jeune caissier, j'ai pris ça pour de l'impolitesse.

Marie-Hélène
côté caisse

C'est un soir d'été. Un client étranger arrive juste avant la fermeture du magasin et pose ses articles sur le tapis tout en continuant de discuter en anglais au téléphone... Il me regarde (j'attendais juste un "bonsoir" de sa part) et me demande, en bon français, si je peux lui mettre ses affaires dans les sacs plastiques. Sans attendre de réponse, il file derrière la batterie des caisses et s'asseoit sur un banc... toujours pendu à son téléphone.

J'ai jeté un regard interrogatif à mes supérieures. Elles ont haussé les épaules et m'ont dit :
- Tu n'as qu'à le faire, après lui, on ferme et ça ira plus vite.
Je me suis exécutée, en rongeant mon frein.

Une fois le tout emballé, le client s'est ensuite levé (le téléphone toujour collé à l'oreille) pour me payer par CB et me signer le reçu bancaire.
Un remerciement? Un hochement de tête et le client était déjà parti continuant sa conversation téléphonique...

Je me demande ce qu'ils diraient, nos chers clients, si nous aussi on téléphonait sur notre poste de travail !!!

Claire
côté caisse

Pour ma part, l'anecdote qui en ce moment se répète de plus en plus fréquemment, c'est lorsque les clients cherchent LA caisse de libre, et vous lancent la phrase qui tue :
- Vous êtes une caisse???
Qu'est ce que j aimerais leur répondre :
- Non, je suis une femme.

Mr Marcel
côté client

Je vais faire mes courses un samedi d'été, il n'y a pas trop de monde en caisse, j'ai l'embarras du choix. J'en prends une au hasard. Il se trouve que j'ai choisi la caisse dont le matériel semble capricieux.
Cependant, la caissière a de l'humour, elle parle et à sa caisse et à sa collègue avec qui elle plaisante (je trouve ça bien, surtout qu'elle partage ce moment avec les clients) :
La caissière (à sa caisse) :
- Allez chauffe !!!
Sa collègue :
- Tu demandes à Marcel de chauffer ? Chauffe Marcel !!! hahahaha
La caissière :
- Ouiii ! Chauffe Marcel !!!
Et ainsi de suite. La bonne humeur est communicative...

Vient mon tour et le "Chauffe Marcel" est toujours là, pas de problème, je vis très bien mon nom, mais j'aime m'amuser aussi...
L'hôtesse passe mes articles et m'annonce la somme totale. Et là j'ai le choix, je réfléchis vite, je peux payer par CB, ou alors payer par... chèque (et dans ce cas, je montre ma carte d'identité). J'opte pour le chèqueet je lui tends ma carte d'identité (en souriant, toujours, surtout avec quelqu'un qui a de l'humour). En prenant ma carte, elle baisse le regard (mince !). Elle rougit.
On se dit au revoir et bonne journée.

Je fais quelques pas et je me retourne, elle s'était jetée sur la caisse de sa collègue, et j'imagine qu'elle lui disait
- Le client qui part là... il s'appelait Marcel...

Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.

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opération à risque (vol 4)

18 Février 2008, 07:00am

Publié par Miss pas touche

Il y a certains exercices qui s'avèrent difficiles à pratiquer et à réussir jusqu'au bout de la manoeuvre. Ceux qui volent à la tire le savent parfaitement. Parfois on gagne, parfois on perd...
Et malgré un entrainement acharné, il peut arriver qu'un petit grain de sable compromette toute une opération minutieusement préparée.
Pour preuve, voilà ce qu'une collègue d'un autre magasin m'avait raconté il y a un certain temps déjà.
C'était un jeune homme qui paraissait visiblement pressé. Il repartait du magasin par la sortie sans achat et les portiques ont sonné lorsqu'il les a traversé. L'agent de sécurité qui était posté à côté (au fameux pointeau) s'avance vers le client. Celui-ci s'excite instantanément en criant au scandale et que bien évidemment il n'avait rien dans ses poches. Au passage, remarquez la manoeuvre pour détourner l'attention.

Avant que le vigile n'ait eu seulement le temps de répondre à cela, le gars prend la poudre d'escampette. Il file à toute allure et traverse la galerie (grande dans cet hyper) au pas de course. L'agent se laisse à peine surprendre et part en courant derrière le client indélicat.
La traque est lancée.
Les caddies sont évités de justesse, les personnes qui se baladent doivent bien se demander ce qui se passe. Pour un peu, on pourrait croire à une course-poursuite comme à la télé.

Seulement voilà, le client prend de la distance et arrive presqu'à la sortie du magasin. S'il parvient à atteindre le parking, cela va compliquer l'affaire et le vigile aura plus de mal à le rattraper. Le jeune homme doit jubiler car quel que soit son larcin, il sait pertinemment que s'il dépasse ces portes vitrées, il est quasiment tiré d'affaire. Le vigile accélère aussi derrière.
Le jeune voleur est prêt des portes automatiques, celles-ci viennent juste de se refermer après avoir laissé passer une personne avec son caddie. Le voleur n'a malheureusement pas le temps de se rendre compte que son pass pour la liberté est clos et que les portes coulissantes n'auront pas le temps de se rouvrir vue sa vitesse d'arrivée.

Dans un élan qu'il n'aurait de toute façon pas pu freiner au dernier moment, le jeune homme arrive à la hauteur des portes et au lieu de les traverser comme tout client, les portes restent closes.
Le voleur s'étale comme une crèpe.
Lamentablement.
Pour un peu, on aurait mis la scène à tourner au ralenti pour percevoir en l'espace d'un instant le changement total dans l'expression du jeune homme qui passe de l'état jubilatoire au désarroi le plus total.
Au lieu d'être un fugitif en puissance, c'est un gars sonné et à terre que le vigile récupère sur le carrelage...

Alors si maintenant même les portes automatiques deviennent intelligentes... :-)


A noter : une page dédiée aux artistes qui parlent du métier de caissière. Rendez-vous ici (le lien est également visible en haut de la colonne de droite)


prochaine anecdote : j'ai "presque" assez de sous

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vos histoires de caisse (5)

14 Février 2008, 17:29pm

Publié par Miss pas touche

Voici la suite des anecdotes que vous avez souhaité partager.
Qui va gagner entre les caisses prioritaires, les pruneaux d'Agen et les caisses automatiques ? Le combat est lancé...

Maggy
Je vais vous raconter une anecdote aberrante qui m'est arrivée il y a 2 ans, alors que j'attendais mon tour à la caisse d'un supermarché. Mon mari m'accompagnait. J'étais enceinte de 7 mois.
Après environ une heure passée dans le magasin pour faire les courses, mon ventre se faisait lourd et j'avais hâte de pouvoir m'asseoir. Un mouvement de grève des hôtesses de caisse fit en sorte que ce jour, les 3/4 des caissières quittèrent soudainement leur poste, laissant en plan les clients. Je décide donc de changer de file et de me diriger vers une caisse réservée aux personnes handicapées et femmes enceintes. Mon caddie étant plein et n'en pouvant plus d'être debout, je pensais, vu mon état, que je n'aurai pas eu de mal à faire valoir mon droit de priorité.
Alors que je demande gentiment aux clients de me laisser passer (environ 6 caddies en attente), les gens se mettent à discuter entre eux. Je sentais leur hostilité, et cela me contrariait beaucoup. L'ambiance était lourde.
Et puis le coup de grâce.

Une dame me dit:
- Si vous êtes pressée d'aller vous asseoir, vous n'avez qu'à rejoindre votre voiture. Votre mari, lui n'est pas prioritaire que je sache, il peut tout à fait attendre. Moi, je ne vous laisse pas passer.

Ainsi, les gens, un à un, se mirent à me barrer le passage et je me suis peu à peu retrouvée en dehors de la file, ne sachant plus derrière qui aller. Je m'approche de la caissière et lui demande :
- Madame, je suis enceinte...
À mon grand désarroi, elle me répond:
- Vous devez vous débrouiller avec les gens, le directeur ne veut plus que l'on s'en mêle, à chaque fois ça fait des histoires.
Je commence à trembler de partout tellement le stress m'avait envahi et mon mari me propose de laisser le caddie et de partir. Le problème c'est que je n'aurai pas été capable de retourner faire les courses sans lui. Je refuse et vais attendre sur un banc plusieurs mètres derrière les caisses.

Mais la folie des gens ne s'arrête pas là : ils demandèrent à mon mari de repasser derrière eux sous prétexte que n'étant plus à ses côtés, il n'était plus prioritaire! Je n'en revenais pas!
Après environ 1 heure d'attente au total, notre tour arrive, j'étais exténuée et très très stressée.
Au moment du règlement, un pompier arrive vers nous, il s'adresse à l'employée:
- C'est ici que s'est présentée une femme enceinte qui n'a pas réussi à obtenir priorité?
En effet, nous en avions vu quelques-unes découragées, pour la plupart non accompagnées, abandonner leur caddie pour les mêmes raisons que nous avions failli le faire nous même.

L'une d'entre elle avait fait un malaise en sortant du magasin et était tombée. La caissière répond au pompier sans s'arrêter de passer ses articles, celui-ci prend son nom et repart. Sur la route du retour, mon état se dégradait, mon ventre me faisait mal. Nous passons par l'hôpital. Le stress et la fatigue avaient provoqué d'intenses contractions qui se sont heureusement arrêtées grâce à des médicaments. Plusieurs jours plus tard, j'ai écrit au directeur de ce magasin qui m'a envoyé ses excuses.
Cela fait deux ans et j'y pense encore!


Laumey
Je travaille au rayon fruits et légumes d'un supermarché et je croise parfois les clients. J'entends aussi leurs conversations dans les rayons. Mes collègues qui sont à la poissonnerie ont une patience folle quand tous les jours on leur demande :
- Vous êtes sûr que votre poisson est frais? À ce prix là ça m'étonne!

Bref... Il y a quelques jours je mettais les paquets de pruneaux en rayon quand une dame âgée me demande de la conseiller. Je commence à lui expliquer que certains sont dénoyautés, d'autres non... Et d'une toute petite voix elle me dit :
- Je veux juste des pruneaux pour aller à la selle pas pour les présenter chez moi à mes amis.
Je n'ai pas su quoi lui répondre, je lui ai conseillé le milieu de prix et elle est partie ravie.

Aurélie
Cela se passe aux caisses automatiques. C'est un endroit où il y a une hôtesse pour quatre caisses. Je croise un jour une petite dame qui passe à une de ces caisses. La machine demande avec sa voix quelque peu synthétique :
- Avez-vous un sac cabat?
La cliente prend alors la douchette (qui sert à scanner les articles) et parle dedans comme si c'était un micro et dit :
- Non je n'ai pas de sacs cabat.
Rien ne bouge. La caisse lui repose la même question. La cliente reprend la douchette et dit une nouvelle fois en articulant bien :
- Non je n'ai pas de sac cabat.
Voyant que la caisse ne prenait toujours pas sa réponse en compte, la dame commence à s'enerver et se met à crier dans la douchette. Heureusement l'hôtesse voyant l'énervement de la cliente est venue l'aider. La caissière lui explique qu'il fallait juste appuyer sur la touche "non" qui apparaissait à l'écran.



Je profite de ce post pour vous dire qu'en ce moment, j'ai moins le temps de rédiger des articles pour le blog. Mais qu'à cela ne tienne, en attendant, la parole est à vous.

Et pour ceux qui voudraient connaître un autre grand penchant dans ma vie, je vous invite à aller faire un tour ici (la face cachée d'Anna Sam sans aucun doute ^_^)


Vous pouvez toujours m'envoyer vos anecdotes par mail.

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vos histoires de caisse (4)

10 Février 2008, 09:34am

Publié par Miss pas touche

Un chariot suspect, des articles qu'on n'attendait pas, des pois cassés, un permis de conduire...
Vous aussi, vous vivez de sacrées histoires en caisse.

Cathy
Ça s'est passé il y a environ 10 ans. Un soir vers 20h30, une jeune maman passe a ma caisse. Elle commecet à déballer tous ses articles sur le tapis et se rend compte qu'elle n'a pas pris ses boîtes de petits pots. Je lui dis que c'est fréquent que les gens oublient dans les rayons. Elle faisait vraiment une drôle de tête car plus elle regardait les articles qu'elle déposait et moins elle les reconnaissait.
En fait, rien du caddie n'était a elle. Tout à coup elle se retourne et là horreur même le bébé dans le cosy n'était pas le sien. Elle s'était trompée de caddie dans le dernier rayon qu'elle avait traversé et où elle avait pris du soda.Elle repart à toute vitesse avec le chariot et le bébé dans les rayons. Elle y retrouve son caddie, son bébé et à côté une maman qui commençait à s'affoler.
Tout cela a fini entre les 2 mamans et moi par un gros fou rire.


Océane
Là où je travaille, il est de rigueur d'aller en rayon aider nos collègues en pèriode "creuse"... Ce jour là, un client cherchait les pois cassés. Ma collègue lui indique l'emplacement et revient. Le client la rejoint 2 minutes plus tard, jette un coup d'oeil à gauche, un coup d'oeil à droite pour voir si personne d'autre n'entendra ce qu'il a à lui demander, se penche vers elle, s'approche de son oreille et lui demande:
- Dites-moi ils sont tous cassés les pois cassés dans la boîte ?
Ohohohohoh on en rigole encore et je vois toujours la tête de ma collègue dépitée...



Gaëlle
J'ai formé une caissière extrêmement timide. C'est son premier jour seule à sa caisse (au bout de sa caisse il y a un panneau annonçant son statut de débutante), une dame m'aperçoit debout derrière elle et d'autres nouvelles. Elle comprend que je suis leur formatrice. Après son passage en caisse, elle me prend par l'avant-bras et croyant sans doute que je devais avoir un quelconque pouvoir de décision se met à descendre la petite nouvelle rouge de gêne : elle est lente, incapable, tremblante, retarde tout le monde, bref, à ne pas garder parmi les employés!!!
Alors j'ai simplement demandé à la cliente :
- Vous avez un permis de conduire ?
- Oui, me répond-elle.
- Et bien voilà, vous avez été un jour comme ma nouvelle recrue. A votre première heure de conduite, vous n'avez pas dépassé la seconde et vous avez retardé tout le monde derrière vous!
Et j'ai rajouté que je ne doutais pas qu'aujourd'hui elle était une excellente conductrice!!!


Lucie
Une de mes amies caissière m'a raconté qu'il y avait un petit rigolo qui s'était amusé à glisser subrepticement des paquets de préservatifs dans les caddies des clients. Le premier client-victime que mon amie passe avoue sans peur qu'il n'a pas mis cette boîte dans son caddie et mon amie la reprend et la met de côté à sa caisse.
Les victimes suivantes arrivent : c'est un couple. La femme voit la boîte dans le caddie et paraît gênée. Mon amie comprend qu'ils ont été victime du plaisantin mais n'ose rien dire, elle ne veut pas faire la fille qui se mêle de ce qui ne la regarde pas! La femme ne dit rien et laisse passer la boîte sur le tapis. De l'autre côté, l'homme la réceptionne et, regardant d'abord la boîte avec une air dubitatif, finit pas hausser les épaules en souriant et met la boîte dans le sac de course.
Comme quoi, ce petit rigolo des préservatifs aura peut être rendu un couple plus heureux!

Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.

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vos histoires de caisse (3)

5 Février 2008, 18:14pm

Publié par Miss pas touche

Vous êtes formidables. Vous m'avez envoyé beaucoup d'anecdotes de caisse (et côté clients également). Je suis contente de voir que vous avez envie de partager votre quotidien, alors profitez de cette tribune, cette catégorie est à vous.
Voici une nouvelle sélection (soyez patients si la vôtre n'est pas encore publiée).
(accès à la catégorie)

Valérie
Nous étions en fin d'année et je venais de signer mon premier CDD. Il y avait pas mal de monde à encaisser. Soudain, un vigile s'approche et me demande si j'ai encaissé cette personne pour des piles (une jeune femme qui n'est pas passée en caisse mais qui m'avait désignée comme preuve d'encaissement ). Je réponds:
- Non, je m'en souviendrais.
Il repart avec elle pour constat de vol, elle feint de le suivre au bureau puis s'enfuit en courant, jurant de me "faire la peau".
Ni une, ni deux, quelques dix minutes plus tard, ma collègue de derrière (qui a suivi l'affaire du coin de l'oeil) me prévient subitement en disant :
-Valérie, Valérie, elle revient !
L'air méchant et décidé à me "démonter" la figure, je la vois revenir comme un taureau dans l'arène.
Juste le temps d'appuyer sur le gros bouton rouge (bouton d'appel d'urgence qui, à l'époque, permettait d'alerter la hiérarchie et les surveillants), je m'excuse auprès de la cliente du moment et me sauve aussi vite que possible devant les yeux ébahis des clients en attente. Me voilà montée à l'étage aussi tremblottante qu'effrayée ...
Une fois, la voleuse maîtrisée, moi calmée, je redescends en caisse, remerciant ma supérieure de m'avoir relayée quelques instants.
Que d'émotion, ce jour-là !!! Ha, la caissière est la cause de tous les maux... et est celle qui est bien souvent prise à partie à tord.
En tout cas, je n'en aurais certainement pas menée large non plus.

Audrey
Un jour, alors qu'une dame était en train de payer ses achats, un autre monsieur qui était déjà passé à ma caisse quelques minutes auparavant, revient me voir et me dit :
- Vous n'avez pas fait passer mes surgelés.
Il me tend un sac plein. J'étais vraiment étonnée de son honnêteté tout comme les cliens de derrière surtout qu'il m'a dit avoir préféré ne pas aller à la caisse centrale de peur que je me fasse disputer.
Voilà une personne plus qu'honnête comme on en trouve rarement, surtout que dans son sac de surgelés, il y en avait pour plus de 30euros!!!
Comme quoi, des gens honnêtes, on en rencontre encore.

Sab
Une famille se présente à ma caisse. Personne n’attend derrière. Les parents commencent à poser leurs articles sur le tapis. Là, la femme se rend compte qu’elle a oublié un article : les chocapic pour son fils.
Etant donné qu’il n’y a pas de clients en vue, je l’invite donc à aller chercher ce fameux article. Elle part avec son fils pendant que son mari finit de mettre les produits sur le tapis. Je commence tranquillement mon travail. Quelques clients arrivent à ma caisse et toujours aucune trace de la mère.
À présent, j’ai totalement fini de passer les articles de cette famille. Le mari range les produits dans ses sacs.
Dèjà plus de 5 minutes que la femme est parti avec son fils, les clients qui attendent commencent à s’impatienter. Le mari me confie qu’il n’a aucun moyen de payer. Nous sommes donc bien obligés d’attendre le retour de sa femme… Enfin j’aperçois la dame qui arrive, sans trop se presser malgré l’invitation de son mari d’activer le pas. Elle me donne donc non pas un mais deux articles dont la fameuse boîte de céréales. Et là elle justifie sa longue absence à son mari en lui expliquant que le fils cherchait le bon paquet et termine par :
- Mais enfin chéri, y avait pas le bon cadeau à l’intérieur.
J'imagine bien la recherche fébrile du petit garçon devant tous les paquets de Chocapic et essayant de trouver le paquet qui contient encore les cadeaux qu'il cherche...
Et allez donc lui expliquer qu'il faut qu'il se dépêche parce que tout le monde l'attend. Pas facile ;o)


Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.

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mère et fils

2 Février 2008, 22:23pm

Publié par Miss pas touche

undefined(illustration de Abe : son site)

Certains articles sont difficiles à acheter devant les autres, on se dit que c'est un peu « honteux » et on préfère les mettre en catimini sous le manteau, histoire de passer complètement inaperçu en rayon jusqu'à l'arrivée en caisse. C'est un comportement humain, à un moment ou à un autre, on s'y retrouve tous confronté (souvenez-vous de cet article).
Ainsi, la première fois qu'on achète des préservatifs, on a l'impression que l'univers entier nous regarde et que tous les yeux sont braqués sur ce petit paquet. Même si, en réalité, tout le monde s'en fiche un peu...
Ceci dit, parfois, on découvre des situations plutôt étonnantes, voire cocasses.

L'autre jour, une mère et son fils (il a une vingtaine d'années) passent en caisse. La mère a un DVD dans les mains. Ils patientent un peu car il y a du monde en caisse. Ils échangent quelques mots :
- C'est celui-là que tu veux ? T'es sûr ? Demande la mère en montrant l'article à son fils.
- (petite voix) Oui, maman.


De nouveau l'attente.
Le jeune homme est discret, il paraît gêné et n'a pas l'air très à l'aise. La mère, quant à elle, est naturelle.
Lorsque leur tour arrive enfin, l'hôtesse de caisse a à peine le temps de scanner le DVD que le garçon s'empresse déjà de cacher l'article au fond de sa poche.
La mère sort tranquillement sa carte bancaire de son sac et avant de la mettre dans la machine, elle demande :
- Je vous donne ma carte de fidélité ? Est-ce que ça rapporte des points les DVD X ?
Si le fiston avait pu se fondre dans le décor, il n'aurait pas hésité une seconde...

Moi qui croyais que pour ce genre d'achat, les ados avaient fortement tendance à les prendre loin du regard des parents. Les mentalités changent...

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prochaine anecdote : le vol, une opération risquée...

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Journée de mobilisation

1 Février 2008, 14:28pm

Publié par Miss pas touche

Bonjour à tous,

Sur ce blog, je ne souhaite pas faire d'autre commentaire sur ce mouvement de grève et de revendication car je n'ai pas la prétention d'être une tribune syndicale. Mon opinion personnelle n'entrera donc pas en compte sur ce blog qui gardera le ton léger qu'il a toujours eu.

Si vous suivez un peu les actualités, vous avez très certainement entendu parler du mouvement de grève dans la grande distribution aujourd'hui 1 février. C'est une grande première de voir une mobilisation de cet ordre dans les grandes surfaces.

La revalorisation des salaires, le repos dominical, la négociation sur les temps partiels sont les revendications de la part des employés.

Ce que je retiens principalement, c'est le fait que les employés font enfin entendre leur voix ! Et le mouvement a l'air plutôt suivi aujourd'hui.
C'est un grand jour car c'est un fait sans précédent.

Les trois plus gros syndicats présents dans la grande distribution sont à l'initiative de ce mouvement.

De nombreux articles de presse relaient l'information :
- dépêche de l'AFP
- 20 minutes
- Journal du Dimanche
- Le Monde

Merci de votre compréhension.

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