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N'en faites pas tout un fromage

26 Octobre 2008, 22:30pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de Marjolaine Roller - son blog)

Monique est à l'accueil du magasin. Toujours joviale, elle aime être disponible et plaisanter avec les clients. Des années qu'elle travaille ici Monique. Elle commence à bien connaître les comportements des clients et ne s'étonne plus de grand chose. Et comme elle aime le répéter, elle est là pour rendre service aux gens. Alors, qu'ils soient grognons, timides, indifférents ou aimables, elle répond à leurs demandes avec son sourire : « Vous savez, mon sourire, il est gratuit » qu'elle répond, mutine, aux clients désagréables.
Mais, parfois il arrive qu'un client laisse une empreinte dans sa journée, celui qui, par un geste ou une parole, va marquer durablement Monique.
Et des clients étranges autant que désagréables, elle en rencontre pourtant assez régulièrement Monique. Mais ce jour-là, ce client a franchi une nouvelle limite. Il est arrivé en hurlant ce client. Il a commencé à vociférer contre le magasin, le patron et tous les employés. Monique lui a demandé avec son sourire accroché aux lèvres si elle pouvait l'aider à résoudre son problème.
Il lui a crié dessus le client, sans arrêter de gesticuler ses bras et son sac plastique. Il s'estimait lésé par son achat qui se ballottait dans tous les sens. Il criait tellement fort le client que Monique ne comprenait pas très bien ce qu'il disait.
Elle garde toujous son sourire Monique et elle continue d'essayer de rendre service à ce client, visiblement très en colère.
Au bout de quelques minutes, elle finit par comprendre Monique que ce client avait acheté un fromage qui n'était pas bon. Son camembert qui se balançait dans son sac n'avait pas tenu ses promesses et il venait pour se le faire rembourser.
Monique toujours avec son sourire demande au client ce qui ne lui convenait pas. Le client, ulcéré, répond que son fromage était bien trop coulant. Et pour appuyer ses dires, le client sort l'objet, source de cette crise aiguë, du sac. Il le déballe, le montre à Monique et l'écrase avec force sur le comptoir de l'accueil. Le client l'étale et apparemment enfin satisfait de son coup d'éclat s'en va, triomphant.
Oubliant le remboursement, les cris, l'attroupement des clients curieux de comprendre l'origine des éclats de voix, le client sort. Il a le sourire aux lèvres.
Et Monique, elle, elle l'a perdu son sourire en découvrant son comptoir maculé de fromage coulant et odorant à souhait. Monique commence le nettoyage avec de l'essuie-tout et découvre qu'au lieu d'enlever le camembert, elle l'étale de plus belle...
Monique a perdu son sourire : le spectacle de son comptoir, l'odeur qui embaume l'accueil, les yeux ronds des gens font qu'une larme perle aux bouts de ses cils. Elle ne sourit plus Monique, elle rit aux éclats, des larmes de fou rire aux coins des yeux.
Et entre deux hoquets de rires, Monique prend son micro et annonce :
- Le service nettoyage est demandé de toute urgence à l'accueil. Le service nettoyage. Merci

Monique, son sourire elle l'offre à tous les clients et certains tentent de le lui voler, sans succès, car des sourires, Monique en a plein ses poches...

---
A relire la fable : Le Corbeau et le Renard de La Fontaine, c'est de circonstance...

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute."
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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De kassiere - Mijn leven achter de kassa

19 Octobre 2008, 08:00am

Publié par Miss pas touche

Voilà un titre d'article un peu étrange et pour les non néerlandophones, je dirai même un titre assez obscur.

Voilà déjà près de 5 mois que "les tribulations d'une caissière" est sorti en librairie.
Depuis juin, ce livre a suivi un parcours assez fou et continue encore sur sa lancée.

Il fallait quand même que je vous annonce deux-trois petites nouvelles :

1,6 km
Mon livre a dépassé les 100 000 exemplaires ! Un sacré exploit... Et jamais je n'aurais cru à un tel succès. Il a fait partie des livres que l'on a emporté en vacances, lu dans le train et sur la plage (l'image du lecteur sur sa serviette de plage en train de bronzer me plaît bien).
Minute inutile : si on mettait ces 100 000 livres sur un linéaire dos à dos, on arriverait à 1,6 km de Tribulations... (oui, c'est un calcul absurde, je vous l'accorde)


De kassière
Il va également être traduit, notamment en néerlandais (d'où le titre de l'article...).
Il va sortir aux Pays-Bas début novembre (dans moins de 3 semaines... le traducteur a bossé super vite!). A cet effet, les éditions Artemis & co ont ouvert un site dédié : dekassierevanhetjaar.nl
Ils y ont lancé un concours où les clients élisent leur caissière préférée et il faut proposer leur candidature via le site. Je trouve l'idée assez marrante.

Il est également prévu que "les tribulations" sorte en allemand, italien et espagnol.
Et cerise sur le gâteau : en taïwanais, j'avoue que j'attends avec impatience la découverte de ce livre dans une langue où l'écriture ressemble à des dessins.



Et plus encore
Au-delà du succès en librairie, dans de nombreuses grandes surfaces, ce livre interroge les directions sur les conditions de travail. On se demande comment avancer dans le bon sens pour améliorer le quotidien des employés.
En tout cas, ce livre et ce blog deviennent aujourd'hui un point de départ pour une réflexion plus poussée sur l'amélioration des conditions de travail des employés de caisse. De vraies questions se posent et des solutions concrètes existent, il faut maintenant réussir à les mettre en place.


La minute critique

Effectivement, ce livre n'est pas parfait, il a ses défauts et ses lacunes. Après tout, je n'avais pas la prétention d'en faire un "cas d'école" ou une étude poussée sur nos moeurs. Je voulais seulement décrire un peu le quotidien de l'autre côté de la barrière de la caisse.
On a le droit de ne pas être d'accord, de trouver qu'il est écrit avec des mots trop simples, ou qu'il n'est pas assez littéraire.
On peut aussi lui reprocher de ne donner que le point de vue de la caissière et qu'il ne met pas assez en avant les aspects positifs du métier.

Mais au moins, il aura eu le mérite de faire interroger sur un quotidien souvent transparent, souvent mal perçu, souvent mal vécu.
Et ce serait à refaire, je n'en changerai pas un mot.



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ticket de caisse bis (1) :
Au passage, je vous conseille vivement la lecture de ce blog : Trains et pissenlits
Si vous prenez souvent le train, ces histoires d'une chef de gare devraient vous faire découvrir un envers de décor assez surprenant...

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ticket de caisse bis (2) :
Je suis à Bruxelles mardi 21 (à partir de 20h) pour participer à une soirée discussion / débat autour du thème : "Vous bloguez ? eh bien, débattez maintenant !"
ça se passe à La maison du livre (24-28 rue de Rome -Bruxelles)

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vos histoires de caisse (22)

17 Octobre 2008, 22:10pm

Publié par Miss pas touche


(extrait de la bande dessinée  Les Gendarmes)

22 v'là le nouvel épisode de vos histoires de caisse (et de magasin).


Calpurnia

Côté client
C'était encore l'époque des F. Je fais les courses avec les filles 15 et 12 ans. La grande se maquille, pas la cadette (scandale !).
Je lui prends donc son mascara habituel, sans regarder le prix, et nous voici à la caisse.
Panique de l'hôtesse : le mascara passe à 250 F tout rond. Elle annule, repasse : 250 F s'affiche. Elle fait le code barre à la main : 250 F encore.
Elle appelle un chef qui part scanner ou je ne sais quoi, le code barre à l'endroit ad hoc. Fille ainée file vérifier : pas de prix mentionné pour son mascara préféré.
En théorie, si c'est pour moi, je laisse tomber. Mais là, fille aînée sans mascara ce n'est pas possible, je suis bonne pour une poussée d'urticaire et vétupérations dans la voiture.
On appelle un autre chef. C'est toujours 250 F.
J'ose l'ironie, ça dure depuis 15 minutes, et ça s'impatiente derrière.
"C'est gratuit alors". Je sais que c'est entendu régulièrement, mais là, il doit y avoir un vrai problème et le chef du chef scrute une liste de prix en tirant la tronche.
"Ben oui" finit-il par me dire, "c'est gratuit."
Et là fille aînée ne se démonte pas sous l'oeil consterné de tout le monde (dont moi)
"Puisque c'est comme ça, je vais en prendre un deuxième".
Ce qu'elle a fait. Deux mascaras pour le non prix d'un... Aventure sans doute rare... Nous n'avons perdu que du temps...
Celui de ranger les courses dans la voiture.
Curiosité oblige, je reviens un peu plus tard sur les lieux du forfait. Tous les mascaras sans prix avaient disparu...
J'adore la réaction de la fille aînée ! Il fallait y penser...


Stéphanie

Je suis caissière. Voilà une histoire qui m'est arrivé avec un client il y a quelque temps. Un homme passe à ma caisse, je scanne ses articles. Il avait un sandwich, de l'eau et 2 crèmes au chocolat. (je précise qu'elles se vendent par 4, et non à l'unité)


- Monsieur, vous avez trouvé les yaourts comme ça en rayon ? (Je pensais qu'elles avaient été cassées et qu'il les avaient pris comme ça).
- Non, c'est moi qui les ai cassé, car j'en ai besoin que de 2.
- Je ne peux pas vous les vendre par 2 puisqu'elles se vendent par 4, il faut prendre les 2 autres.
- Non, j'en ai besoin de 2 j'en prends que 2. Allez, donnez-les moi, insiste t'il.
- Non je ne peux pas vous les laisser par 2
 Je les mets de côté et lui annonce la somme qu'il doit.
- Je ne partirai pas sans mes yaourts.
- Je ne peux pas en prendre la responsabilité, je vais vous appeler la responsable de l'accueil, et vous allez vous expliquer avec elle.
Ma chef, lui explique la même chose que moi, mais notre homme n'en démord pas en nous disant qu'il est dans son droit.
Vue son insistance, ma chef retourne en rayon avec lui, pour lui montrer que l'on vend des yaourts à l'unité, qu'il peut choisir ceux là éventuellement, mais lui refuse tout net en insistant sur le fait qu'il connait les lois, et qu'il ne veut que 2 yaourts de cette marque et rien d'autre.
Je crois que ma chef à bout de nerfs préfère céder à sa demande en lui précisant que heureusement tous les clients ne faisaient pas comme lui car ce serait ingérable !!!!
Une petite précision suite à cette histoire. C'est généralement rentré dans les moeurs le fait d'acheter par lot les articles proposés en magasin. Mais légalement, vous avez le droit de ne prendre qu'un article du lot, que ce soit piles ou rouleau de papier toilette même si en pratique, c'est difficilement gérable pour un magasin.

(un sketch de Pierre Desproges qui traite de ce sujet)

Quelques remarques intéressantes en commentaires que je remets ici :
Anath :
La vente par lot est liée au conditionnement.
Elle ne concerne pas la plupart des yaourts (vendu par 2, 4, 6, 8, 16 etc) qui ne sont vendus que sous cette forme. Pour dire qu'il y a vente par lot, il faut que le produit soit proposable à la vente individuelle.

Par contre, quand il s'agit de sur-emballage évident il s'agit de vente liée (Les petites briques de crème liquides vendues par lots de 3, tout comme les conserves de mais)

Frédéric :
Il n'est pas possible d'acheter deux yaourts dans un paquet (article L. 420-2 du Code de commerce donc exception les produits composant le lot sont identiques ou différents mais que le lot peut être considéré par les usages du commerce comme un produit autonome ne pouvant être scindé.
Exemple. : vente d'œufs à la douzaine, vente de yaourts, de bière, lot de casseroles de taille différentes…)

Et je rajouterai que pour les bières, dans le magasin où je bossais, on les vend aussi à l'unité (une exception de l'exception ?)

Gwenaelle

un jour que je me trouvais mon poste au SAV, les vigiles arrêtent un homme un brin éméché et pas très frais. Le local d'interpellation se trouvant proche de ma boutique, l'agent vient me demander de lui donner le prix de l'article volé par l'individu. Il s'agit d'un paquet de crêpes (eh oui on est en Bretagne !!) et vu qu'il est tout plié, je n'arrive pas à scanner le code barre...
J'insiste en passant bien la main sur le paquet pour l'aplatir. le vigile me regarde avec un petit sourire. le prix s'affiche enfin sur la caisse et en récupérant le fameux paquet de crêpes, il me lance : - Devine où il l'avait caché? Dans son pantalon.
Et là, c'est un grand moment de solitude et une étrange sensation au bout des doigts...



Marina

*Dans un magasin de chaussures*
Je suis assez bordélique, mais j'aime bien quand les produits sont posés droits (une sorte de TOC, je crois que je suis légèrement toquée). Donc je me balade dans l'allée du magasin quand je vois une chaussure posée en plein milieu.
Je me dirige vers elle, je la prends et je cherche la boîte sur laquelle elle est censée être posée. Dans ma recherche visuelle (en plus je suis myope, alors je devais avoir l'air très fin avec la chaussure à la main), j'entends un
- Hé ! C'est ma chaussure.
Une cliente était assise, elle essayait une paire de chaussures et avait enlevé un de ses souliers pour faire l'essayage. La honte... Je lui ai rendu sa chaussure, bredouillé un pardon et vite déguerpi du magasin, en ayant viré rouge écrevisse. N'empêche que pendant 10 minutes, je me marrais toute seule dans la galerie en repensant à ça !

*Dans une librairie*
On retourne quelques mois en arrière : c'est le premier avril. Il est un peu plus de 18h, et avec ma meilleure amie, on décide d'aller à la Librairie pour regarder un peu ce qu'il y a. On achète quelques bricoles, et c'est à mon tour de payer.
La caissière : ça vous fera 6,50 euros
Moi: *cherche cherche* heuuu.... j'ai oublié mon porte-monnaie...
La caissière: ah... comment on fait ?!
Moi, n'en pouvant plus: ... mpfffrrr... POISSON D'AVRIIIIIIL (et je lui donne un billet de 20 euros)
La caissière, surprise: ... *rires* et finalement votre BD est passée à 20 euros !!
Moi: poisson d'avriiiil hi hi hi

Je pense qu'elle a dû avoir quelque chose à raconter à ses collègues ou le soir chez elle. Et ma meilleure amie, qui savait que j'allais faire ce coup-là, a préféré m'attendre dehors pour ne pas avoir honte pour moi...



Clémentine

Il y a quelques temps, j'étais allée acheter deux ou trois bricoles dans un petit supermarché de ville. Il y avait peu de monde. Après avoir pris ce que je voulais, je regarde un rayon tout en me dirigeant vers la caisse. Alors que je ne suis plus qu'à quelques mètres de la caisse, une forte odeur de vieille urine me saute aux narines et je me dis par réflexe "Mais, y a quelqu'un qui a pissé là, il est dégueulasse ce magasin !", j'étais persuadée que ça venait du rayon devant lequel je me tenais. Je bouge vers la caisse et l'odeur devient insoutenable, à tel point que je suis obligée de m'éloigner de la caisse pour pouvoir respirer... Je finis par comprendre que cela vient d'un client qui était à la caisse. Je ne peux que compatir pour la caissière qui était juste en face de lui, à 50 cm, et qui devait faire comme si elle ne sentait rien... alors que moi-même, j'étais obligée de me tenir bien à l'écart tout en sentant quand même l'odeur... Ce fut très long, le monsieur mettant un temps infini à ranger son unique article dans un sac, à nouer les anses, à les passer autour de son poignet, à s'assurer que le sac tenait bien à sa main... Une fois qu'il fut enfin sorti du magasin, la caissière était presque à l'agonie et s'est dépêchée d'aérer autant qu'elle pouvait et de vaporiser du déodorant partout. Les regards qu'on s'est échangés quand je suis passée à la caisse en disaient long... c'est la première fois que j'ai eu de la sympathie pour une caissière et que j'ai vraiment réalisé ce qu'elles devaient parfois endurer...

Et vous voulez savoir ce qu'avait acheté le client ? De l'eau de Cologne !



Patricia

Un soir , juste avant la fermeture du magasin, un client se pointe à la caisse pour se faire rembourser un saucisson soi-disant pas bon du tout.
Je lui dis "
- Ah il n'est pas bon ? donnez-moi le reste du saucisson et le ticket de caisse
Ce qu'il fit sans hésiter, mais lorsqu'il me tend le fameux saucisson, je le regarde d'un air surpris,
- Mais il ne reste que 7 cm environ, ça va pas être possible monsieur, qu'avez-vous fait des 43cm manquant.
et la tout peinard, il me sort sur un ton un peu surpris :
- Mais on l'a mangé.
je pensais en moi qu'il ne devait pas être aussi mauvais que ça pour en avoir mangé plus des 3/4 du saucisson.
"Je lui ai donc répondu, qu'il m'était impossible de le rembourser, qu'il aurait dû au moins me rapporter les 3/4 du saucisson si celui-ci était à ce point immangeable.
Il est reparti sans faire d'histoire mais cela nous avait bien fait rire après coup.


Certains d'entre vous m'ont demandé comment participer à cette rubrique.
Rien de plus simple, un mail avec pour titre : "anecdote de caisse" à envoyer à l'adresse indiquée sur la colonne de gauche du blog.
Il faut être un peu patient par contre, car la publication des histoires est décalée dans le temps...

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Mon amie l'Égoïste

11 Octobre 2008, 08:28am

Publié par Miss pas touche

égoiste

La caisse, lieu de toutes les incivilités, lieu où l'égoïsme de chacun ressort comme si tout à coup notre vie dépendait de ces trois minutes d'attente.
Que celui  ou celle qui croit encore en la gentillesse, l'amabilité et la sincérité désintéressée du client suivant me jette le premier ticket de caisse car ici il n'existe plus qu'un seul mot d'ordre : « moi d'abord, les autres ensuite ».
Ce blog regorge d'histoires qui vont dans ce sens. Oui, il y a en a aussi qui prouvent le contraire (vous pouvez arrêter le jet de tickets de caisse bouchonnés) et heureusement. Il existe encore des bulles de bonheur qui nous offrent quelque répit et cette lueur d'humanité qu'on cherche souvent avec tant d'espérance se distille entre deux grincheux...

Un constat néanmoins. La plupart du temps, on oublie qu'un mot, un geste ou une maladresse peut avoir de lourdes conséquences sur son prochain. Il paraît que l'homme est son plus grand prédateur. À croire qu'il aime chercher à s'autodétruire (la crise financière mondiale de ces derniers jours serait un exemple en la matière ?).
Cette grande amie l'Égoïste se pointe partout, à tous les étages et à n'importe quel moment. Elle vous saute au cou en oubliant toute retenue et s'empare de vous en laissant tomber celles et ceux qui vous entoure.

  • Votre amie l'Égoïste vous pousse à prendre votre téléphone portable et à parler très fort dans la file d'attente, histoire que tout le monde profite de votre conversation.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous, au moins, vous savez partager votre intimité avec vos voisins de caisse.
  • Votre amie l'Égoïste vous propose un chewing-gum et vous l'acceptez avec un plaisir non feint. Vous commencez à mastiquer consciencieusement, la bouche grande ouverte.

  • On vous traite d'égoïste et de malpropre ? Répondez que vous, au moins, vous partagez vos amygdales avec tout le monde parce que cette partie de votre anatomie, en réalité très sexy, est trop rarement mise en avant.
  • Votre amie l'Égoïste revient à la charge en vous poussant à ne pas dire bonjour, encore moins merci et au revoir.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous permettez aux gens de faire l'économie de mots qui écorchent trop facilement la bouche.
  • Votre amie l'Égoïste vous invite à insulter les clients et employés sous couvert de n'importe quel prétexte : un regard de travers, un article passé devant le scanner de manière indélicate, une proposition de carte de fidélité ou l'odieuse demande de pièce d'identité. Vous avez alors la possibilité et la chance d'utiliser des noms d'oiseaux qu'on n'entend que trop rarement dans la vie courante. La joie de pouvoir traiter l'autre de (censure) est un moment unique en son genre.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que vous mettez en application ce que vous lisez dans le dictionnaire et offrez leur donc quelques mots supplémentaires. Mettez bien l'accent sur le partage de la langue française (si vous en avez la possibilité, vous pouvez d'ailleurs élargir aux langues étrangères, les insultes en chinois ou en indien seront très appréciées).
  • Votre amie l'Égoïste vous propose de laisser tous vos papiers gras, sales, vos fonds de poche au bout de la caisse ? N'hésitez plus. Faites même un peu zèle et ajoutez le fond de votre sac qui doit bien contenir quelques morceaux d'emballages de chewing-gum, bonbons ou cigarettes.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que grâce à votre geste, vous permettez à la caissière de réviser ses cours sur le recyclage...
  • Votre amie l'Égoïste vous tend une cigarette alors que vous faites encore la queue en caisse ? Prenez la tout de même et dès que vous avez passé les portiques anti-vol, allumez-la avec un vrai plaisir. Envoyez donc quelques bouffées à vos voisins immédiats.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez qu'au contraire, vous au moins, vous partagez tout, même le cancer.
  • Votre amie l'Égoïste vous propose de laisser quelques articles dont vous n'avez plus envie au bout d'un rayon ? Posez de préférence des surgelés, de la viande ou des fleurs coupées (un autre article périssable fera tout aussi bien l'affaire). Grâce à votre geste, vous créez un nouveau challenge aux employés qui verront alors le magasin comme un grand jeu de piste avec des articles à trouver dans un temps imparti très court.

  • On vous traite d'égoïste ? Répondez que grâce à vous, les employés vont pouvoir se promener dans tous les rayons au lieu de rester bêtement dans les réserves ou assis derrière leur caisse.


(liste non exhaustive)


Égoïste ? Vous ? N'avez-vous pas plutôt un grand coeur et la volonté de tout partager ?



Et rien que pour le plaisir :


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Petites définitions
:

- Egoïste : Qui rapporte tout à soi.

- Ironie : Moquerie particulière par laquelle on dit le contraire de ce que l'on veut faire entendre.


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Ticket de caisse bis : dimanche 12, je suis au salon du livre du Mans, stand de la librairie Thuard.
(plus d'infos ici)

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Concours - résultats, suite & fin

3 Octobre 2008, 17:40pm

Publié par Miss pas touche


J'espère que vous avez eu le temps de découvrir les premiers textes. Voici les cinq autres gagnants du concours.
Au final, nous avons décidé de ne pas mettre d'ordre de préférence.

Bonne lecture !


Je suis désolée pour ceux qui ne se trouvent pas parmi les gagnants, il y avait d'autres très bonnes histoires.
Merci encore à tous d'avoir si bien joué le jeu.
Ce fut un vrai plaisir de découvrir toutes vos histoires.



Rappel du thème du concours :
Imaginez que les supermarchés soient une invention aussi vieille que votre imagination vous guide (époque au choix : au temps des dinosaures, des chevaliers ou de l'an 3000...) et décrivez le quotidien d'une caissière.



Anne HD

Du bonheur en petites doses

Dans le haut-parleur, la voix mécanique du droide-vendeur annone « Une promotion est actuellement en cours sur la « bonne humeur du matin ». Pour la « bonne humeur du matin », une injection de 2 jours achetée, une offerte. Venez en profiter à au rayon « bonheur », allée 18. Et n’oubliez pas : une injection bien choisie est une journée réussie»

Laurence C4 soupire en consultant l’écran digital de sa caisse. Encore 8 heures de travail. Elle essaie de souffler calmement. Son injection de « Stakhanovisme concentré » la drogue qui fait fureur chez les travailleurs manuels, est récente, pourtant elle se sent déjà fatiguée.




Frédérique

Une journée dans la vie d' Ysande


Le jour se lève et l'air est déjà chaud. Ysande avance à grands pas en direction du pont-levis. Un bref signe de tête à l'adresse du poste de guet et la voici à l'intérieur de la forteresse.
Ce 18 juillet 1498, c'est jour d'exécution publique. La foule est dense, attirée de loin, parfois bien au-delà des limites des terres de Monsieur le Baron.
Ysande joue des coudes pour remonter la rue poussiéreuse jusqu'à la place publique. C'est là que se trouve le Grand-Marché, propriété de Monsieur le Baron.
L'exécuteur est arrivé hier et ses valets ont installé avec diligence le bûcher, à quelques pas seulement de l'entrée du magasin.




Martine

La rentrée

Elle scrute le bataillon derrière les grilles, comme si elle était en pleine jungle, et qu'elle venait d'apercevoir l'oeil du tigre en face d'elle ; à bonne distance mais...
Hier, c'était le baptême du feu de la petite Suzy, et pour son premier jour chez Schmilblick, elle a été gâtée. À un certain moment, même, elle a eu peur ! Elle n'osait plus rien dire à sa cliente; la dame était tellement énervée ! Elle a cru qu'elle allait recevoir une gifle.
Il est vrai, que chez Schmilblick, le client est roi. On lui a assez dit quand elle s'est présentée. Oui, mais elle n'a pas fait psy, Suzy, avant !



Nicolas (son blog)

La caissière préhistorique


Allocution de Mr. Francis Pomme, historien amateur, à l’occasion du colloque sur « La caissière à travers les âges » :

« Avant de commencer, je tiens à dire que ce discours a été réalisé sous contrôle scientifique rigoureux et que six éminents spécialistes de la préhistoire ont donné leur feu vert à cette intervention. Trois d’entre eux sont d’ailleurs des maîtres de conférences certifiés, Pierre Kiroul, Namass Pamouss et Bernard Spéculos. 



Adrien (son blog)

Les caissières de supermarché






SI VOUS NE PARVENEZ PAS A LIRE LES FICHIERS PDF, VOUS POUVEZ LIRE LES TEXTES DANS LEUR INTEGRALITE ICI !

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Concours - premiers résultats

2 Octobre 2008, 21:50pm

Publié par Miss pas touche

Bonjour à tous,

Souvenez-vous. Cet été, j'avais lancé un concours sur ce blog.

Le thème était :

Imaginez que les supermarchés soient une invention aussi vieille que votre imagination vous guide (époque au choix : au temps des dinosaures, des chevaliers ou de l'an 3000...) et décrivez le quotidien d'une caissière.


Déjà, bravo à tous pour vos nombreuses participations et pour votre imagination. Vous allez voir, vous allez voyager un peu à toutes les époques. J'ai adoré ces escapades à travers le temps et l'espace.
Ensuite, merci pour votre patience, car le concours s'est terminé il y a déjà un mois et les résultats se sont fait attendre...

Forcément, ce choix est subjectif, nous avons été plusieurs à lire toutes vos contributions et voici donc les dix finalistes.

Dans ce premier post, je vous propose de découvrir 5 premiers gagnants. Pour une meilleure lisibilité, je n'ai mis que les premiers paragraphes de chaque texte, pour lire la suite, il suffit de cliquer sur... "lire la suite" (qui va vous ouvrir un fichier pdf pour un meilleur confort de lecture).
- si vous ne pouvez pas lire les fichier pdf, téléchargez Adobe Reader)

Si le choix s'est avéré difficile, il y a un texte qui a tout de même fait l'unanimité, c'est celui d'Arzhel.


Arzhel

Alpha 3

Je me présente, je m'appelle Alpha 3. Je suis un androïde alpha, la troisième édition des robots-caissières. Je travaille au Méga-Marché 10 dans la zone B-Sud. Cela fait huit ans que mon programme a été activé.

Chaque matin, je commence le travail à 5h. En arrivant, je me rends en caisse centrale pour charger l'intégralité des codes-produits du magasin, ce qui me permet de connaître instantanément le libellé exact de chaque produit, son poids, sa taille, son prix, et les éventuelles promotions qui lui sont appliquées. Je connecte mon scanner, mon lecteur de carte bancaire et de carte fidélité, et à 8h, je me place à la caisse que m'indique mon logiciel pour être opérationnel à l'ouverture fixée à 8h30.

Notre clientèle est très variée. J'aime bien voir arriver les différentes tranches de la population au fil de la journée. Les premiers, ce sont les robots domestiques, et les mères humaines. Les robots domestiques sont capables d'effectuer toutes les taches du quotidien, mais ce sont des produits encore couteux que seules les familles relativement aisées peuvent s'offrir.




Stéphane (son blog)

La caissière de Tolkien

Bienvenue dans la plus grande superéchoppe de la Terre du milieu ! Ici vous trouverez l’herbe à pipe la plus fine de la comté, les chevaux les plus robustes du Rohan, la dentelle la plus douce de Bree, les vins les plus épicés du Gondor et bien d’autres articles encore !

  Je m’engouffre sous l’enluminure du portique, direction les vestiaires. Je slalome entre les paquets de foule s’attardant devant les lettres « les plus magnifiquement calligraphiées de la contrée », selon Bilbon Sacquet, le grand patron. En chemin je croise, Galagilel, une elfe de Fondcombe qui n’a jamais trouvé de travail dans le tissage de la soie, et qui a dû provisoirement prendre une place ici. Elle vient de finir son service.

  — Méfie-toi, me lance-t-elle de sa voix claire. Il y a beaucoup de touristes aujourd’hui, ils sont particulièrement difficiles...





Isabelle (son blog)

Un métier physique


Il y a bien longtemps, le monde comme nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. Il n’y avait pas la Terre, le soleil et les planètes, il n’y avait même pas la voie lactée pleine d’étoiles.
Il y avait le vide, et dans un coin du vide, un point. Un point tellement minuscule qu’il
n’existait presque pas.
Dans un coin du point, il y avait le magasin.
Quand j’ai commencé, les rayons étaient plutôt limités. Il n’y avait qu’une caisse et qu’une
caissière. C’est qu’il n’y avait pas beaucoup de place dans le point minuscule. Je ne vendais que des électrons, des neutrons et des protons. Je les rangeais par genre. Les neutrons étaient lourds et amorphes. Les protons, tout aussi lourds, étaient un peu plus positifs. Les électrons, quand à eux, étaient du genre surexcités et incontrôlables, ils ne faisaient que des bêtises.





Nadia

Futuroshop

« Fini le temps où la caissière devait payer de sa personne à la caisse, aujourd’hui c’est le client qui paie l’addition. Depuis qu’on a été racheté par Flingomaniac, spécialiste du scanner automatique à distance, j’en ai dressé des clients et pas que des faciles : radins, dépressifs, branleurs, aguicheurs, aristos, bobos ou mémère à chien-chien, je fais pas dans la dentelle, moi…j’irradie ! Être debout à la sortie du magasin avec ce scanner géant, rechargeable instantanément avec une portée de dix mètres, ça me rassure totalement. Je me sens presque virile et pourtant je suis pas encore ménopausée. Dès le matin, je m’échauffe avec quelques étirements basiques et je m’entraîne en scannant le chien du gardien pour voir si le matériel fonctionne bien et si j’ai encore des réflexes.





Marie-Laure (son blog)

Le Nazar’ Marketh


Mon ventre me pèse. Le bébé ne devrait pas tarder. Joseph voudrait qu’on parte ce soir, juste après la fermeture du magasin. Mais les clients sont encore si nombreux que je ne vois pas arriver la fin de la journée.

Depuis que Monsieur Kharoufh a eu l’idée de créer le Nazar’ Marketh, le magasin ne désemplit pas. Au début certains commerçants avaient crié à la mort du petit commerce. « Comment voulez-vous qu’un seul magasin puisse rassembler tous les étals de viandes, de fruits, de légumes et d’artisanat sous un même toit ? Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? » Mais monsieur Kharoufh a su les convaincre :

-  Croyez-moi, ça fonctionnera comme un marché traditionnel, mais en mieux. Ce sera un genre de Super Marché. Vous ne serez plus obligés de passer toute la journée bloqués devant vos étals pour vendre vos produits.





EDIT  : SI VOUS NE PARVENEZ PAS A LIRE LES FICHIERS PDF, VOUS POUVEZ LIRE LES TEXTES DANS LEUR INTEGRALITE ICI !


Et demain, j'aurai le plaisir de vous faire découvrir les 5 autres gagnants du concours.

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