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vos histoires de caisse (21)

29 Septembre 2008, 23:00pm

Publié par Miss pas touche

(extrait d'une photo de V. Herlemont)

Le grand roman de la grande distribution continue avec toujours autant de rebondissements, d'histoires incroyables et de retournements de situation.

Mais pour bien démarrer ce nouveau billet, nous allons commencer par un passage à la caisse d'un péage sur l'autoroute. Un haut lieu de rencontres et d'histoires surprenantes... Mais lisez plutôt !

Valérie

Je travaille depuis 15 ans à la caisse d'un grand péage lyonnais. 900 personnes par jour en moyenne, ça laisse le temps d'analyser la nature humaine! Je passe sur les gens qui m'assurent qu'ils ne sont pas sur l'autoroute, ceux qui m'affirment qu'ils ne sont pas passés devant les bornes qui distribuent des tickets! (16 bornes qui disparaissent quand-même!), ceux qui arrivent en me disant "où j'vais?" ou "j'suis où là?", bref, tous les jours, une bagarre quotidienne pour rester zen, très zen...
Heureusement parfois, on arrive a aggrémenter nos journées de bons moments comme celui-ci: pour la cinquantième fois de la journée une cliente me tend le ticket en découvrant qu'elle est a deux mètres de ma caisse:
- Oups je suis un peu loin!
D'humeur badine je lui réponds :
- Oh, ce n'est pas grave madame. Vous savez depuis le temps que je travaille ici j'ai le bras gauche qui a rallongé de 15cm!
Stupéfaite, elle me regarde les yeux ronds et me dit :
- Ben dites- donc ma pauvre dame, ca doit pas etre pratique !!!
J'ai souvent eu l'occasion d'etre très étonnée par la cupidité des mes clients mais celle-là restera un de mes meilleurs souvenirs!


Alexya

Un soir peu avant la fermeture du magasin, un couple de personnes d'une cinquantaine d'années passe à ma caisse avec leurs articles. La dame passe devant les portiques d'antivols qui se mettent à sonner. La cliente me regarde d'un air assez hautain en me disant qu'elle n'a rien volé. Je lui demande donc de repasser devant les portiques et ceux-ci sonnent à nouveau. La cliente se jette alors à plat ventre sur le sol et je remarque dans le miroir (nous disposons d'un miroir aux passages des caisses afin de voir le caddie) que cette femme sort quelque chose de la poche de sa veste et le jette sous ma caisse...
Puis elle se relève, repasse fièrement devant les portiques et me dit
- Vous voyez je ne sonne plus, vos portiques ne fonctionnent pas, ils sonnent vraiment pour rien..!


Guillaume

Je travaille en caisse en grande surface et c'était un jour de deuxième démarque des soldes. Un couple de clients arrive avec des vêtements soldés. Je scanne le premier et la cliente me demande aussitôt :
- vous avez bien fait les 50%?"
Je regarde alors l'article et m'aperçois qu'il n'y a pas de prix initial mais simplement une étiquette - 20% puis une autre - 50%.
Moi : Je ne sais pas du tout puisque sans avoir le prix de base il m'est impossible de dire si une remise a été effectuée.
la cliente : Bah pourtant c'était marqué moins 50% !
Moi : Mais écoutez madame, si ça se trouve, la remise a été faite si à la base le prix était supérieur à celui qui s'affiche ici. Avez vous vu un prix en rayon ?
La cliente : Non mais il y avait marqué – 50% !
Là je me suis demandé comment j'allais pouvoir m'en sortir. Quand un client ne comprend pas ce principe c'est très difficile de lui expliquer et surtout de lui faire comprendre comment fonctionnent les remises. Mais à ce moment là son mari intervient et Ô joie ! me dit de laisser tomber, que ce n'était pas grave et qu on n'allait pas s'éterniser là-dessus. Je passe l'article suivant (également un vêtement) et rebelote! La client me demande si les 50% ont été déduits!
Au final, les clients sont allés voir les collègues de l'accueil pour exiger une remise supplémentaire puis une personne du rayon puisqu'ils n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient ; en vain. J'ai appris par la suite que la cliente était coutumière de ce genre de chose et que c'est elle qui enlève les étiquettes avec le prix pour essayer de grapiller quelques euros.


Nadine

J'ai été caissière 2 mois pendant mes vacances universitaires, expérience courte mais édifiante !
Chaque jour, un couple de personnes très âgées venait faire ses courses : une petite dame toute menue, d'une élégance surannée et son mari, un béret éternellement vissé sur la tête. Ils passaient leur temps à se disputer (mais étaient charmants avec les autres !). Le contenu de leur panier était toujours le même et leur ressemblait : un lait entier et un écrémé, deux bouteilles d'eau minérale de 2 marques différentes et deux tranches de viande différentes aussi. Parfois un paquet de gâteaux complétait le tout et la dame disait, d'un air excédé, en montrant son mari :
- Il ne pense qu'aux gâteaux !
Quelques semaines après avoir terminé ce travail, je les rencontrai dans la rue et leur annonçai mon mariage prochain : la dame prit un air épouvanté et me dit :
- Ne faites surtout pas ça ! Je vous en prie, dites non !
(naturellement, je n'ai pas suivi son conseil ...)
Ils étaient touchants, ces gens-là et 20 ans plus tard, je pense souvent à eux, bien qu'ils nous aient quittés depuis sans doute bien longtemps.


Virginie

Caissière en grande surface, pendant la période des fêtes, une petite fille s'approche avec un ballon gonflé à l'hélium. je lui dis gentiment de faire attention qu'il ne s'envole pas... Son père me répond avec mépris que ce ballon ne peut pas s'envoler (sachant que le plafond est tapissé de ce genre de ballons...) puis s'adresse à sa fille en lui disant:
- Tu vois, si tu ne travailles pas à l'école, tu seras bête comme la dame.
Sentant mon sang bouillir, je lui réponds :
- On en reparlera quand elle aua une licence d'anglais en poche. Je suis étudiante monsieur et j'exerce ce métier pour financer mes études!
Il me dit alors, toujours sur ce ton méprisant et si énervant:
- Peut-être, mais c'est pas écrit sur votre front...
Touchée dans mon amour-propre, je n'ai pû m'empêcher de rétorquer:
- C'est vrai, mais votre bêtise ne se lit pas sur le vôtre.
Fière de ma répartie, je lui ai souhaité une excellente journée et offert mon plus beau sourire!!!


Aurélia

Je ne suis pas totalement caissière, je suis vendeuse. Mais j'ai quand même des anecdotes de caisse... Un jour, une cliente arrive en caisse avec un vêtement et me demande
- Vous croyez que je devrai rester avec Miguel ?
J'avoue que sur le coup je n'ai pas compris. Je me dis que peut-être elle a voulu dire "Il fallait que je prenne taille L". Dans le doute je lui demande de répéter. Et elle me sort la même chose. Autant dire que je suis un peu gênée... Je lui dis que je ne sais pas. Mais sans ma réponse elle ne sortira pas du magasin... Je lui dis que tout dépend si ce "Miguel" est gentil avec elle. Elle me répond :
- De toute façon, c'est le seul qui veuille bien coucher avec moi.
Sentant que la conversation déviait dangeureusement, je lui ai demandé son moyen de paiement, elle a réglé, et je suis vite partie chercher une autre activité...


Morgane

En tant que jeune caissière, il nous arrive parfois d'avoir les clients râleurs, ceux de mauvaise humeur! Il y a aussi le bon côté de ce métier. C'était un samedi en fin de journée, quand tu as hâte de finir la semaine et d'être enfin en week-end! Une maman fait ses courses avec son petit de 8 ans à peine. Le petit s 'approche de moi et me dit:
- Je sais que je sui trop petit pour être ton amoureux mais je pourrais attendre d'avoir ton âge parce que moi je t'aime beaucoup.
Et il m a offert une joli fleur que je garde toujours en souvenir! Ah si tous les jours pouvaient ressembler à ce moment la! Ça ferait vraiment plaisir.


Sandrine

C'était il y a 7 ans. J'étais enceinte mais ça ne se voyait pas beaucoup avec mon pull ample. J'étais mince avec un "petit bidon". Je faisais quelques courses pendant mon heure de déjeuner pour m'avancer. Il n'y avait pas trop de monde mais comme je devais reprendre mon service, je me présente aux caisses "femmes enceintes-handicapés" avec le sourire aux lèvres d'une future maman. La caissière sans me dire bonjour avec un air peu aimable me détaille et me demande ma carte. Je lui dis gentiment que je suis désolée mais que la CAF ne me l'avait toujours pas envoyée. Je lui confirme que je suis enceinte et que c'est le début ! Elle se penche vers moi et me dit,
Je ne vous crois pas vous n'êtes pas grosse.
Stupéfaite je perds mon sourire et je lui dis qu'avant de devenir grosse il faut laisser le temps au bébé de grandir ! Elle ne me laisse toujours pas passer. je lui rétorque alors sèchement,
Vous voulez que je vous montre mon échographie pour que vous me croyiez? Appelez moi un responsable,
Elle se rassoit en grognant et jette brutalement chaque article sur le tapis. Je lui demande de se calmer car sinon ça allait mal finir. J'ai pris mes achats et suis partie sans lui dire au revoir. Moi qui était gaie au départ , je suis retournée travailler stressée et vexée. J'avais envie de pleurer par la colère car j'étais de bonne foi et polie.


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Puisque c'est écrit...

22 Septembre 2008, 10:14am

Publié par Miss pas touche

Il n'est pas dit que toutes les caissières sont des anges et savent manifestement avoir l'esprit commercial. Comme chez les clients, la caissière peut aussi avoir parfois quelques réactions plutôt surprenantes.
Il arrive même qu'elle soit carrément désagréable. Après tout, nous sommes tous humains et nous avons des jours « avec » et des jours « sans »... Certains ont la fibre commerciale et d'autres pas. Et là, on doit se dire qu'être hôtesse de caisse, c'est un métier, un vrai.

Un petit exemple pour étayer ces propos ?
C'était pendant la période de fête de fin d'année. Un peu avant Noël, l'ambiance en magasin est toujours un petit peu différente, les petits mots sympas, les sourires sont plus nombreux et les clients sont parfois même plus enclins à blaguer un instant avec la caissière.
L'esprit de Noël existe encore.

La scène : en caisse, on doit être à une semaine de Noël, il y a du monde mais c'est gérable.
Deux personnages :
la caissière (elle a oublié de mettre un sourire) – un client (qui lui a mis un charmant sourire)

- Bonjour mademoiselle.
- Bonjour.

Scannage des articles (oufff... elle est rapide la caissière ! Les articles défilent à grande vitesse et s'entassent vite au bout de la caisse)

- vous avez la carte de fidélité ?
- Oui, voici.
- Vous pouvez taper votre code.
- Ça vous fera 23,30€
Le client tend un billet, l'hôtesse lui rend sa monnaie.

... (les échanges verbaux sont réduits au minimum)

- Merci mademoiselle, au revoir et joyeux Noël.
- Mh, au revoir.
- (surpris) vous ne me souhaitez pas de bonnes fêtes ?
- Pourquoi faire ? C'est écrit sur votre ticket de caisse.

ticket de caisse

Le SBAM+ ne passera pas...

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Petite minute culturelle :
Qu'est-ce que le SBAM ?
SBAM : Sourire - Bonjour - Au revoir - Merci
Certaines enseignes mettent en application ce service clientèle. Et dans les enseignes qui ne l'utilisent pas officiellement, c'est une consigne implicite que la grande majorité des employés de caisse appliquent.
Le vice va d'ailleurs jusqu'au : SBAM + ou le "+" inclue la formule de politesse qui fait la différence (Bonne journée, Joyeuses fêtes, bon week-end...)
Tous ces échanges sont en fin de compte bien codifiés...

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ticket de caisse bis :
je traîne pour les résultats du concours... oui, c'est honteux...

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Caisses automatiques : relançons le débat

16 Septembre 2008, 17:57pm

Publié par Miss pas touche



Bonjour à tous,

Un article un peu particulier aujourd'hui.
Je souhaite vous faire part d'une étude qui a été publiée ce matin et à laquelle j'ai été invitée à participer.
Le but était d'avoir un retour réel sur l'utilisation des caisses automatiques en grandes surfaces.

Je vous joins le communiqué (en son entier) qui a été préparé pour rendre compte des résultats de cette enquête.

Pour cet article, je serais vraiment intéressée d'avoir votre retour  dans les commentaires (en précisant si vous travaillez comme hôte ou hôtesse de caisse ou si c'est un point de vue côté client).
Je précise aussi que j'ai accepté de m'associer à cette étude parce que pour une fois, le point de vue des employés de caisse a été mis au même niveau que celui des patrons.

Les caisses automatiques améliorent
les conditions de travail des hôtesses de caisse


Résultats de deux enquêtes croisées menées par Anna Sam auprès d’hôtesses de caisse et par Wincor Nixdorf  (leur site) auprès de décideurs de la grande distribution



91% des décideurs de la grande distribution placent l’amélioration des conditions de travail en tête de leurs préoccupations pour l’évolution du métier d’hôtesse de caisse lorsqu’ils mènent un projet de transformation du magasin.
44% des hôtesses de caisse n’ayant jamais utilisé de caisses automatiques pensent qu’il y a un risque de suppression d’emploi…
Alors que 81% de celles qui travaillent dans un magasin équipé de ces systèmes sont positives et mettent en avant l’amélioration de leurs conditions de travail !



Aujourd’hui les technologies comme les caisses automatiques en grandes surfaces se déploient progressivement mais sont entourées de nombreuses fausses idées chez les consommateurs comme, et c’est plus sensible, chez les personnels qui auront à les utiliser.
Qui sait par exemple que les caisses automatiques que nous commençons à voir dans nos supermarchés ne sont pas conçues pour remplacer les caisses « charriot » mais uniquement les caisses « panier » qui ne représentent qu’un faible pourcentage des transactions d’un magasin. Ce premier élément, ajouté aux résultats des enquêtes ici présentés devrait enfin permettre de ne plus opposer caisse automatique, liberté de choix du consommateur et conditions de travail des hôtesses de caisse, bien au contraire…

Wincor Nixdorf, fournisseur majeur de solutions dédiées au marché de la distribution, a interrogé plus de 800 décideurs du secteur de la distribution sur l’importance de la fonction encaissement dans les projets de transformation des magasins (enquête en ligne auprès de responsables d’enseignes, directeurs et responsables de magasins, responsables informatiques et projets – juin et juillet 2008).

De son côté, Anna Sam, ex-caissière, auteur du blog http://caissierenofutur.over-blog.com et du best-seller « Les tribulations d’une caissière » a interviewé un échantillon d’une centaine de caissières d’enseignes et de régions différentes (entretiens face à face - août et septembre 2008) pour recueillir leurs sentiments et attentes sur l’introduction des caisses automatiques. Certaines travaillent dans des magasins équipés de ces systèmes alors que d’autres n’en ont qu’entendu parler.



Confrontation de points de vue :
91% des décideurs de la grande distribution placent l’amélioration des conditions de travail en tête de leurs préoccupations pour l’évolution du métier d’hôtesse de caisse lorsqu’ils mènent un projet de transformation du magasin.

Lorsque l’on interroge les décideurs de la grande distribution sur leurs projets de transformation du passage en caisse, ils sont très clairs. Ceux-ci sont menés pour 2 raisons principales : avoir un personnel plus disponible et réduire l’attente des clients.

Ces projets ont bien entendu des incidences sur l’évolution du métier d’hôtesse de caisse et là encore leurs objectifs prioritaires sont sans équivoque : amélioration des conditions de travail à 91 %, suivi par l’amélioration de la productivité et la revalorisation des fonctions.

Même si la quasi-totalité des décideurs interrogés reconnaissent que l’hôtesse de caisse est essentielle au bon fonctionnement de l’enseigne, 61% d’entre eux reconnaissent que le stress est un problème et qu’il faut améliorer cette situation.

Enfin, pour ceux d’entre eux qui ont mis en place des solutions d’encaissement libre-service (soit la moitié des répondants), Wincor Nixdorf a souhaité en savoir plus sur les impacts :
# 80 % ont enregistré une réduction de l’attente en caisse,
# 42 % ont constaté une revalorisation du poste d’hôtesses de caisse,
# 38 % ont observé une amélioration des plannings pour les hôtesses,
# 35 % considèrent que la mise en place de ces solutions à permis une réduction du stress.

Les solutions d’encaissement libre-service inquiètent les hôtesses de caisse qui ne les ont jamais utilisées mais satisfont celles qui travaillent avec…

Sur les préoccupations majeures pour l’amélioration du passage en caisse, les hôtesses se montrent toutes en phase avec les décideurs : avoir un personnel plus disponible et réduire l’attente des clients.

Ceci étant, lorsqu’Anna Sam a mené ses entretiens auprès d’hôtesses de caisses sur l’introduction des systèmes libre-service, elle a tout de suite noté deux types de réactions selon si elles travaillaient dans un magasin utilisant de tels systèmes ou non.

44 % des hôtesses qui n'ont jamais utilisé de caisses automatiques pensent que cela risque de supprimer des emplois et 33% ont peur d’une perte de relation avec la clientèle.

En revanche, 81% de celles qui travaillent dans un magasin utilisant des solutions d’encaissement libre-service se déclarent en faveur de ces systèmes et mettent en avant de nombreux bénéfices :
# 56% affirment « mon travail évolue et mes responsabilités également »,
# 50% « le client est plus autonome » ou « attend moins »,
# 44% reconnaissent « j’ai plus de disponibilité pour mes clients »,
# 38% jugent leur travail « moins stressant » qu’auparavant,
# et pour 31% « mon planning est optimisé ».


Je précise tout de même une petite chose, ce n'est pas une étude réalisée par un institut de sondage officiel, mais les résultats qui se dégagent sont tout de même parlants.

Je serais également bien incapable de dire comment le métier d'hôtesse de caisse va évoluer à long terme, mais  ce que l'on peut voir c'est qu'un réel effort au niveau social (le mieux vivre au travail en somme) est un argument mis en avant par les décideurs et une réelle attente des hôtesses de caisse.

A noter aussi qu'il n'est pas ici question de voir les caisses automatiques comme ce qui a été fait dans une grande surface à Rennes (40 caisses automatiques - 8 caisses traditionnelles) qui n'est pas, à mon humble avis, la solution que les consommateurs attendent (plus d'infos ici).
Nous parlons ici de magasins qui mettent en place des ilôts de quelques caisses automatiques mis à disposition des clients à la place des caisses express / caisses moins de 10 articles.


Et vous ? Les caisses automatiques : Pour ou contre ? Et surtout pourquoi ?


Chronique passée sur Europe 1 le 16/09 :

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vos histoires de caisse (20)

15 Septembre 2008, 14:27pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


En cette période de rentrée littéraire, je pourrais bien vous parler de certaines nouveautés qui valent le détour, qui sont autant de romans à découvrir, à apprécier, autant de textes qui sont là pour s'interroger sur nous-mêmes. Il y en a quelques-uns que je vais aller découvrir avec un véritable intérêt (comme Lacrimosa de Régis Jauffret qui m'intrigue beaucoup! - cf article du Monde) mais pour le moment, je vous laisse la place avec vos nouvelles histoires en grande surface.

Marianne

Toutes les semaines, un couple d'une cinquantaine d'années vient faire son "plein". Qu'il y ait une deux ou trois caisses d'ouvertes, ce charmant monsieur et sa femme choisissent tout le temps la caisse de ma collègue. Prenant leur mal en patience, ils attendent leur tour patiemment...
- Monsieur, madame bonjour.
Grand sourire de ma collègue, petits échanges sur le temps, les prix qui augmentent... Rien de particulier à ça me direz-vous... Toutes les semaines, le même scénario.
Jusqu'à ce fameux jour.
- Monsieur, madame bonjour.
Les formules d'usage... Et le hic...
Le monsieur :
- Dites moi, ça vous dirait de se connaitre un peu plus?
Silence
- Excusez moi, je n'ai pas compris.
- Ne dites pas ça, ma femme ne vous plait pas ?
Alors là, silence complet de la part de ma collègue dont le rouge monte aux joues mais qui continue tant bien que mal son travail
- Vous êtes très aimable depuis des semaines et la façon dont vous nous regardiez, nous pensions que...
- Excusez moi, mais là je pense qu'il y a un léger souci...
Et le client franchement sans se démonter et surtout sans discrétion
- Et ben nous pensions que vous étiez interéssée par une partie à trois !!!
- Euh non...Vraiment pas.
- Vous êtes sûre?
 Au cas où ma collègue aurait des doutes...
Tétanisée par la honte et pas l'incroyable de la situation:
- 98,20€ s'il vous plait. Encaissement, formule d'usage
- Bonne journée monsieur, dame.
Le client derrière mort de rire, ma collègue rouge écarlate.
Fermeture de la caisse et pause obligée.
Comme quoi, quand les hotesses de caisse sont trop gentilles, voilà où ça mène!

PS:Nous n'avons plus revu ce charmant couple qui a dû aller "chasser" ailleurs...


Marie

Certains magasins semblent conçus pour rendre le client (moi en l'occurence) un peu dingue : les rayons sont complètement mélangés, avec les conserves à côté des couches-culottes par exemple. Résultat des courses : les clients qui n'ont pas l'intention d'acheter tout le magasin, mais seulement ce dont ils ont besoin, arrivent en caisse bien énervés... et la caissière a des chances de s'en prendre plein la tête.
De plus, dans le supermarché en question, les caisses sont réparties aux deux extrêmités du magasin. Si elles sont suremcombrées à l'une des sorties, il faut repartir dans le labyrinthe des rayons dans l'espoir que les files soient moins longues à l'autre bout.
Ce soir-là l'inverse se produit : du côté où je me présente, il ne reste qu'une seule hôtesse de caisse qui est justement en train de fermer. Le vigile me fait signe, donc, d'aller vers l'autre sortie mais l'hôtesse de caisse m'a vue. Elle me demande en souriant combien j'ai d'articles, voit que je n'en ai que quelques-uns. Et, toujours souriante, rouvre le passage devant sa caisse qui était déjà fermé, et me fait passer.
Cela ne vous semble peut-être pas si incongru que ça. Pour ma part, j'ai été surprise de la voir réagir en vraie commerçante, prête à faire un effort pour le client dans la mesure de ses possibilités.
J'aurais très bien compris qu'elle soit juste pressée de fermer. Et ça ne m'aurait pas tué de prendre le temps de retraverser ces f... rayons.
Mais je profite de cette anecdote pour dire Bravo et merci aux hôtesses de caisse qui savent prouver ainsi qu'elles font un vrai métier, qui ne les transforme pas forcément en machines - quelle que soit la pression que leur mettent patrons et clients.


Marie-Ange

J'étais en caisse. Un client arrive, il portait autour de son cou un écriteau avec écrit dessus :
client Marc (souligné en rouge)
« Je ne possède pas la carte U et ne désire pas l'acquérir »

Après l'avoir lu, je me suis dit, autant ne rien demander. Au moment de lui annoncer le montant de ses achats, il me dit
- Vous ne me posez pas la question ?
Je lui reponds
- C'est écrit noir sur blanc alors pourquoi la poser ?
Il me dit :
- Posez-la quand même.
J'ai sorti mon plus beau sourire et :
- Avez-vous la carte U s'il vous plaît ?
il me répond froidement
- Vous ne savez pas lire ou quoi ?
je lui repond gentillment
- Bien sûr que si.
sur ces mots, il me reèle le montant de ses achats et part sans même me dire au revoir.
Il y a vraiment des cas...


Christine

Je suis hôtesse de caisse depuis une bonne vingtaine d'années. Il y a quelques mois, une cliente me dit :
- Vous savez, je ne suis pas raciste envers les gens comme vous.
Je m'étonne de cette remarque car je suis comme elle, rien visiblement ne me différencie de cette dame...
- Pardon?
- C'est vrai, je ne suis pas raciste envers LES GENS COMME VOUS !!! ... J'ai une amie qui fait la même chose que vous et pourtant elle a un BAC + 4 !

Elle voulait dire les CAISSIERES ! Elle n'était pas raciste envers les CAISSIERES... Et elle ne pouvait visiblement même pas prononcer le nom CAISSIERE ou HOTESSE.
J'ai étouffé un fou rire et je lui ai répondu :

- Mais pas de problème madame, ne vous inquiétez pas. Nous sommes comme vous, nous savons parler, écrire et même compter !
Cette dame était vraiment persuadée que les Hôtesses de caisse étaient uniquement des potiches plus ou moins jolies que l'on posait derrière une caisse...
Je suis certaine qu'elle est encore fière de ce qu'elle m'a dit car nous devons lui faire pitié...


Aurélie

J'étais toute jeune, à peine 19 ans, et je travaillais dans un discount alimentaire... Le genre de magasin où les clients viennent faire leurs courses parce que ce n'est pas cher... Et où il faut bien économiser quelques part, sur les employés par exemple.
J'ai été embauchée en tant que caissière réassortisseuse, c'est-à-dire que j'étais en caisse et quand il y avait des temps morts, je mettais en rayon et je faisais le ménage. Bien sûr, les caisses n'avaient pas de tapis roulant... et il fallait donc récupérer les articles, rares sont les clients qui nous aidaient : ils paient donc ils estiment qu'ils n'ont pas à vous aider... C'est ce que m'a dit un client!
Comme j'étais la plus jeune et peut-être la plus patiente, on m'envoyait toujours certains clients, un couple de sourds-muets, très gentils, auxquels j'avais écrit sur des petits papiers le fameux « bonjour », « vous réglez comment », « votre pièce d'identité s'il-vous plaît », « merci »....
Ils passaient exprès à ma caisse pour que je leur "parle".
Je devais aussi parler plusieurs langues: anglais et roumain (la fac, ça aide!!)...
Bref, le discount alimentaire est un drôle de monde dans lequel les salariés sont souvent traités comme des machines avec l'habituel :
- Ah bon, tu t'en vas maintenant ? Y'a du monde, tu restes encore un peu.
et bien sûr, le "peu" n'était pas payé! J'ai changé de boulot depuis, et je peux dire que là où je suis je suis mieux considérée! Quant aux caissières, je suis toujours aimables avec elle, je n'oublierai jamais que j'en étais une moi aussi!


Gulwen

Le client est-il roi? Tout dépend de la façon de demander...

Un jeune homme peu aimable passe à ma caisse à un moment calme de la journée. Après l'avoir encaissé, je regarde devant mon tapis : il allait partir en laissant son chariot à paniers (ces trucs métalliques à roulettes sur lesquels on peut poser deux paniers) en plein milieu de mon allée. Moi qui ne me démonte jamais et qui garde toujours un grand sourire dans toutes les situations, je lui dis :
- Monsieur, veuillez remettre le chariot où vous l'avez trouvé s'il-vous-plaît.
- Non, c'est pas mon boulot, puis j'ai pas le temps.
- S'il-vous-plaît, il ne va pas rester en plein milieu, les gens ne pourront plus passer, veuillez le remettre où vous l'avez trouvé. De plus, vous passez devant c'est à côté de la sortie..
- Et puis quoi encore ? C'est votre boulot non ? Vous ètes payée pour ça. Ou demandez à un vigile, il n'a rien à faire lui !
- Non monsieur, je suis caissière et il n'y a personne de payé pour ranger les chariots, c'est à vous de le faire.
- Mais des fois y'en a à la caisse qui trainent !
- Oui, ils ont dû etre laissés par des personnes pas malignes, car c'est au client de les ranger.
- Quoi? Vous m'avez dit quoi? Je suis client moi!

Sur ces mots, il part en laissant le chariot en plan. Vu qu'il n'y avait personne après lui, je ferme ma caisse et vais le ranger, et lui me regarde à travers la baie vitrée en rangeant ses courses dans sa voiture. Pendant ce temps, une collègue compatissante me fait part de son avis, comme quoi c'est inadmissible de se comporter comme ça. Je retourne à ma caisse

Quelques instants plus tard, le type revient en trombe pour m'insulter, me dire que c'est "pas à lui de ranger ces merdes", qu'il ne vient pas passer le balai chez moi etc... Il a fallu que le vigile puis le directeur viennent pour le calmer et le faire partir. Meme si j'ai gardé ma cordialité et mon sourire tout le long, j'en tremblais encore de rage 1h après.


Autre scène.

Une petite dame toute frêle, qui peine à ranger ses courses et qui a du mal à avancer discute un peu avec moi. (j'adore les mamies, la plupart sont très enjouées et drôles, pour peu que l'on prenne le temps de papoter avec elles!). Puis elle me demande d'une petite voix :
- Dites moi mademoiselle, je ne me souviens plus où j'ai pris mon chariot, vous pourriez me dire de quel côté je dois le ranger?
Personne après elle, je regarde si personne ne s'avance à ma caisse.
- Ne vous embêtez pas, madame, je vais le faire, et passez une bonne journée.
- Oh! mais vous ètes bien aimable ! Merci ! Merci beaucoup! Et bonne journée à vous! merci! Au revoir!


Comme quoi, lorsque c'est demandé poliment, une caissière peut bien faire une bonne action hors contrat!


Nathalie

Je suis caissière dans un hypermarché et tous les jours nous recevons beaucoup de bons de réduction. Ainsi, dans les barquettes de margarine le bon de réduction se trouve à l'intérieur, donc quand vous le sortez, il est plein de margarine....
Et donc, une cliente achète sa margarine et me donne un bon de réduction plié en deux. Quelle ne fut pas ma surprise en le dépliant de découvrir qu'il était encore barbouillé de margarine, Logiquement, j'en ai eu plein les doigts, la cliente faisait comme si de rien n'était et me voilà en train de m'essuyer avec entrain car j'en avais évidemment mis partout, les doigts, les rouleaux et le dessus de ma caisse.
Ma cliente est partie sans me dire au revoir car elle a dû attendre que je lui rende sa monnaie après avoir nettoyé un peu, mais le fait d'avoir laissé la margarine ne l'avait par contre pas gêné du tout.
Cela fait 20 ans que je suis caissière, mais "ça" c'est la première fois que ça m'arrive. Comme quoi...


Coralie

J'ai travaillé cet été dans un magasin de chaussures (en libre service). Comme le magasin est petit, nous n'avions qu'une seule poubelle (je parle des gros conteneur) et la patronne m'avait donc mise en garde sur le fait que beaucoup de clients ne veulent pas garder les boîtes de chaussures mais que malheureusement, je ne pouvais pas les accepter vu le manque de place.
Un jour, pendant les soldes, un client arrive avec environ 4 paires de chaussures en me disant :
- Sympa les boites. (enfin, c'est ce que j'avais compris)
Et j'ai répondu :
- oui oui, avec un sourire.
Lorsque j'ai commencé à mettre les boîtes contenant les chaussures dans le sac, le monsieur s'énerve en me disant :
- Mais, vous comprenez rien, j'ai dit : sympa les boîtes.
À ce moment là, je le regarde en ne comprenant pas ce qu'il veut dire, un tour d'horizon sur les clients suivants qui ont l'air aussi surpris que moi... Bref je finis par comprendre qu'en fait il ne veut pas des boîtes. Je lui dis que je ne peux pas les garder. À ce moment précis, j'ai bien failli me prendre une claque! Je tente d'expliquer au monsieur que, lorsqu'il va dans une grande surface acheter un kilo de sucre, il emmène le carton d'emballage et qu'ici c'est pareil... En vain.
Le client repart sans les boîtes qu'il m'a jeté à la figure. Dans l'après-midi, je le vois revenir. Il fait son tour dans le magasin et revient à la caisse avec 4 nouvelles paires de chaussures... Je décide de m'excuser pour ce qui s'était passé le matin et là, il me lance :
- C'est pas grave, on peut pas en vouloir aux gens qui comprennent rien.

??? et si les clients apprennaient à s'exprimer correctement ???


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Ticket de caisse bis :
Les résultats du concours se font attendre, mais je vais devoir vous demander encore un peu de patience...

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Inventaire, inventaire. J'ai l'air d'un inventaire ?

9 Septembre 2008, 16:18pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


Un des grands moments dans l'année et dans votre vie de caissière est la splendide journée de l'inventaire. Quand vous travaillez dans une grande surface, il est bien difficile de se soustraire à cette grand-messe de la consommation.
Chaque année, à la même période, vous aurez le privilège d'investir TOUT le magasin pour compter et recompter, placer et déplacer, soulever et poser, pousser et tirer & même dépoussiérer...
Vous avez vaincu les chaînes qui vous reliaient à votre caisse ? Non... Vous avez été choisie pour participer à l'inventaire...
En un mot comme en mille, vous aurez le privilège incroyable de tripoter avec vos petites mimines, vous et vos collègues tous (oui, oui! Tous !) les articles en vente dans le magasin. Une expérience inoubliable que vous renouvèlerez au moins une fois par an. D'ailleurs, à cette occasion, vous allez pouvoir expérimenter la zen-attitude.

Tout commence déjà plusieurs jours avant, c'est le branle-bas de combat dans les réserves. Il devient urgent de tout ranger et de compter ce qui se trouve à l'abri du regard des clients. Les employés libre-service effectuent ce travail de fourmi avec force conviction. Généralement, tout est répertorié avant le jour J et vous découvrez avec plaisir (ou pas...) que les rayons ont été remplis jusqu'au bord de l'asphyxie. C'est la grande orgie qui débute...


Vous avez quand même de la chance car aujourd'hui c'est samedi et il y a du monde à faire ses courses. Les rayons se vident sensiblement. Parfois, c'est la crise car certaines références ne sont plus disponibles. Et là, c'est la catastrophe car si la rupture de stock peut être innocemment évoquée au client, ce dernier sera rarement content de devoir se rabattre sur un autre produit. S'il y a un employé dans les rayons, celui-ci sera très content de récupérer la hargne du dit-client, mais rassurez-vous, s'il n'y a personne, le client déversera son mécontentement sur vous lors de son passage en caisse... Petite veinarde !

Bon gré, mal gré, la journée avance et vous parvenez à contenir le flux de clients à coups de « bonjour » et de « vous avez la carte de fidélité? ».
Zen-attitude.

Une petite subtilité cependant. Aujourd'hui, le magasin va exceptionnellement fermer ses portes un peu plus tôt pour avoir plus de temps pour effectuer l'inventaire. A grand renfort d'affiches criardes scotchées aux quatre coins du magasin depuis plusieurs jours, d'annonces dans les hauts-parleurs passés bien avant la fermeture afin de prévenir au mieux les clients, la plupart de ceux-ci ne se rendent pas compte que le magasin va vraiment fermer une heure plus tôt.
Quelle horreur ! Le caddie n'est pas encore plein et les grilles du magasin se baissent pour inciter les clients à se diriger vers les caisses.
À un moment ou à un autre, il va bien falloir désengorger toute cette foule avide de consommer encore un peu... Les agents de sécurité les invitent à rejoindre les caisses. Il y a bien quelques récalcitrants qui tentent de s'échapper dans les rayons mais ils finissent tout de même par rejoindre la sortie, régler leurs achats et filer ranger leurs commissions dans le coffre de leur voiture.
Comme tous les ans, la fermeture annoncée à 20 heures, aura en réalité été plus proche de 20h30...
D'ailleurs, comme d'habitude, vous avez commencé le travail de comptage alors qu'il y avait encore des clients dans le magasin.
Et comme d'habitude, ils viennent prendre des articles dans le rayon que vous venez de compter et vous êtes quitte pour recommencer une fois le client parti.
Zen-attitude.


Pendant ce temps-là, l'armée d'intérimaires est arrivée dans le magasin. Ça papote, ça rigole aussi. Un responsable passe et calme aussi sec leurs ardeurs : « Le travail d'inventaire c'est sérieux, ce n'est pas le moment de rigoler ! »
« Rabat-joie » chuchote l'un des intérimaires.
Et chacun se voit attribuer un rayon.
Des fiches sont distribuées pour expliquer comment s'effectue un inventaire. On nous y explique comment compter (si, si !), où noter le nombre d'articles identiques trouvés (ce soir, ce sera la fête du post-it) et comment se servir du Telxon (réservé à l'élite des volontaires... ou pas).

Ce soir, vous avez été affectée au rayon liquide. Vous riez sous cape en pensant que vous allez compter des dizaines de litres de pastis, de whisky et autres bouteilles de Malibu. Rassurez-vous, vous ne devriez que compter, Dans un inventaire, on ne goûte pas à tous les produits. Les risques de finir bourré avant la fin de la soirée sont  donc très limitées... Mais vous n'êtes pas à l'abri de découvrir caché au fond du rayon une bouteille vide d'alcool fort (un client particulièrement assoiffé sans doute...).
Zen-attitude.

Vous suivez la procédure à la lettre. Vous démarrez tout en haut du rayon à gauche, vous comptez tous les articles identiques et vous collez un post-it à côté du code barre du premier article de la rangée (code-barre du produit positionné face à vous).
En 10 secondes, vous avez assimilé votre tâche pour la soirée. Avouez que vous vous trouvez super performante!
Allez, passez à l'étage en-dessous, puis celui encore en-dessous...
Au bout de dix minutes, vous découvrez que vos mains sont déjà pleines de crasse (ça promet pour le reste de la soirée) et vous n'êtes pas au bout de vos peines.
Tout au fond du rayon, vous découvrez une bouteille visiblement collée à l'étagère, on dirait que du liquide a séché et a collé l'objet à la structure métallique. En plus, la bouteille est toute collante. Ça donne envie ! Vous évitez de trop la toucher et la comptabilisez avec les autres bouteilles.
Vous post-itez le tout et vous changez d'étagère.
Entre deux comptages, vous échangez quelques mots avec votre collègue de boisson pour ce soir.
Un responsable vous entend papoter :
- Hé ! Vous deux, un peu de silence. Vous allez faire des erreurs !
Vive l'ambiance du samedi soir... Vous soupirez intérieurement et vous changez de nouveau d'étagère.
Zen-attitude.

Il est 23h et ça fait déjà 3 heures que vous comptez. Vous n'aurez pas le droit de telxoner ce soir, c'est un autre du rayon qui a récupéré l'appareil (c'est pas juste ! Parce que vous adorez ce petit appareil digne d'un TJ Laser...)
Vous continuez donc votre tâche et à 23h15, ravie, vous découvrez avec bonheur que le rayon liquide est terminé (du pack de bière au Citror, chaque produit est compté et étiqueté).
Mais... Mais alors, vous allez pouvoir rentrer un peu plus tôt que prévu ? Au lieu de finir à minuit, vous allez gagner ¾ d'heure ? Ce ne serait pas de refus, surtout que vous avez commencé votre journée à 9h ce matin... et vos 9h de caisse commencent à bien se faire sentir à cette heure avancée de la soirée.
Un chef passe et vous voit inactive.
- Ah ! Vous là, allez donner un coup de main au rayon textile, il sont  à la bourre !
- Ah, heu... oui (vous pensez tout bas : et meeeerde)

Et pendant près de 45 minutes, vous vous retrouvez à compter des fringues qui sont presque toutes différentes. Le rayon ressemble au final plus à un champ de bataille qu'à un linéaire de supermarché. Heureusement, vous êtes avec votre collègue de boisson du soir et le temps passe assez vite. Les habits défilent, les références des articles se multiplient. Au final, vous êtes obligée d'étaler par terre une partie des habits pour permettre à ceux qui vont comptabiliser avec le Telxon de pas oublier une partie du stock.
Minuit moins 5, vous avez carburé et vous avez même terminé. Vous parvenez enfin à vous approcher de la sortie et à quitter le magasin. Vos mains sont noires et vos ongles ont gagné un tout nouveau genre de vernis.
Vous avez passé une sacrée soirée et ne rêvez que de deux choses: une douche et votre lit...
Le magasin se vide. Tout le monde (employés et intérimaires) se dirige vers la sortie d'un pas nettement moins actif qu'en début de soirée.
Et si vous tirez le rideau pour votre participation à l'inventaire, lundi matin dès 5 heures, d'autres viendront terminer, il reste parfois des articles à comptabiliser avec le fameux telxon et surtout il va falloir remettre de l'ordre pour qu'à l'heure d'ouverture, le magasin soit nickel.
Bon courage car la valse du post-it est loin d'être achevée...


Et dans certains magasins, l'inventaire général a lieu deux fois par an... ou tous les mois... (doublement bon courage à eux !)


La chanson de circonstance pour ce genre de boulot.... Zen ;o)

Découvrez Zazie!

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Le Telxon, c'est ça :

cet appareil sert à lire les codes-barres et à comptabiliser le nombre d'articles.
D'ailleurs, on voit régulièrement des employés utiliser ces engins dans les supermarchés.



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Ticket de caisse bis :
On est toujours en délibération pour le concours, le choix est assez difficile, vos participations sont vraiment chouettes !

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Vos histoires de caisse (19)

1 Septembre 2008, 22:00pm

Publié par Miss pas touche

levée de rideau
Qu'est-ce que le théâtre ?
Monsieur le petit Robert m'indique que c'est un "art visant à représenter devant un public, selon des conventions qui ont varié avec les époques et les civilisations, une suite d'événements où sont engagés des êtres humains agissant et parlant"
(vous remarquerez qu'il est noté agissant, pas vagissant, merci !)

Et la comédie dans tout ça ?
Monsieur le Petit Robert, décidément bien instruit, m'informe que c'est une "pièce de théâtre ayant pour but de divertir en représentant les travers, les ridicules des caractères et des moeurs d'une société".

De là à se dire que la vie en supermarché est une comédie grandeur nature, on n'en est pas si loin.
Il n'y a qu'à lire les scènes ci-dessous :


Michelle

mon anecdote préférée: un Môssieur distingué boulottait des cerises en tête de gondole et crachait les noyaux dans les bacs pleins de cerises toutes brillantes. Me voyant passer à côté il me toise et me dit
- Avouez que ça vous emmerde, hein?
- ...
- Vous répondez pas? Pourquoi vous souriez??
J'ai jubilé en disant pour une fois le fond de ma pensée
- Je souris Monsieur, parce que je pensais à tous les noyaux qui ont pu être crachés sur celle que vous êtes en train d'avaler...


Marion

Dernier jour de mon premier été à la caisse, je suis euphorique, heureuse que ça se termine. Ce n'était pas l'enfer mais quand même ça fait du bien quand ça s'arrête. J'ai décidé qu'en cette belle journée, je n'allais pas me laisser marcher sur les pieds. Une cliente genre bobo arrive avec sa fille.
Moi : Bonjour !
Pas de réponse, elles passent.
Je ne bouge pas mais je répète :
- Bonjour ! Un peu plus fort, toujours avec le sourire !
Elles se retournent les deux l'air surpris et la chère maman me lance :
- Vous n'en avez pas assez de sourire comme une idiote toute la journée.
J'ai été tellement clouée que je n'ai pas su quoi répondre. J'ai fait mon travail, sans sourire, et la mère et la fille sont reparties, l'air ravi.

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Un homme pose ses bouteilles de vin, bien à la verticale, près du rebord, elles vacillent.
Moi, gentiment : Pourriez-vous coucher vos bouteilles Monsieur, elles risquent de tomber ?
Lui : Non !
Moi : Monsieur, s'il-vous-plaît, on a régulièrement de la casse...
Lui, furieux : Cela fait plus de 10 ans que je viens faire mes courses ici et je n'ai jamais couché mes bouteilles. Je ne vais pas commencer aujourd'hui !
J'ai la réputation d'être toujours aimable avec le client mais là, je ne sais pas quel regard je lui ai lancé, mais toujours est-il qu'il n'est jamais revenu à ma caisse et a toujours évité de recroiser mon chemin ! Piètre victoire.

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Un dimanche matin, en juillet, dans un supermarché de zone touristique. Je n'avais jamais vu une journée aussi chargée. Les gens arrivaient à ma caisse en me disant que cela faisait plus d'une heure qu'ils étaient dans la queue et sincèrement, je compatissais. C'est forcément le jour qu'a choisi un pack de bière-limonade pour venir se fracasser sur le sol, juste à ma caisse. Argh !
Appeler le service nettoyage ? Non, car le service-nettoyage ici, c'est nous, les caissières. Les femmes de ménage ne sont là qu'avant l'ouverture. J'ai donc dit ce que l'on doit dire dans ces cas là
- Je suis désolée mais il va falloir que vous passiez à une autre caisse.
La plupart des gens sont partis en ronchonnant mais deux caddies sont restés, poussés par des personnes agées qui hurlaient :
- Ah mais non, ça fait une heure qu'on est là, ce n'est pas notre problème, ça va passer se passer comme ça.
Et de patauger de plus belle dans le liquide collant et sucré en faisant de belles traces tout du long.
Là, j'ai commencé à me renfrogner, et eux de crier de plus belle :
- Mais enfin mademoiselle, dites leur de venir nettoyer.
Moi : Il n'y a pas de femme de ménage, c'est nous qui devons faire le nettoyage. C'est pour ça que je vous avait demandé d'aller ailleurs.
Et eux de prendre hypocritement mon parti :
- Oh mais c'est une honte, vous ne devriez pas faire ça, tout en pataugeant de plus belle dans le sucre et les morceaux de verre.
Les deux caddies ont finalement réglés, sont partis, et j'ai passé une demi-heure hilarante à quatre pattes au milieu de leurs trainées. Il y a des jours où je deviens gérontophobe...


Lucas

On me demande souvent, non pas « Vous êtes ouvert ? »
mais plutôt :
- Est-ce que je peux payer ça là ?
De temps en temps j'ai envie de répondre :
- Non malheureusement vous ne pouvez payer ici que le verre, pour le tee shirt ca sera a la caisse la bas...
Mais je rétorque généralement à cette question :
- Pourquoi vous ne pouriez pas payer ici ?
Et généralement les gens ne savent pas que répondre.
 
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Sinon une anecdote croustillante (le genre de situation qui fait tourner bourrique un peu tous les clients).
Un jour de très forte affluence, nous étions deux à un bloc de caisse. Ma collègue avais son lecteur de carte bancaire en panne. Et bien sûr comme par miracle dans ce cas-là, c'est moi qui recevait presque tout le temps les gens qui payaient en espèces, et elle que ceux qui payaient en carte.
(c'est comme lorsqu'on est client qu'on se dit : Mais pourquoi ça tombe TOUJOURS sur moi, la caisse la plus lente !)
Heureusement, notre boutique nouvellement équipée de caisses à écran tactile possèdent une fonction très très intéressante : suspendre l'additon. Donc à chaque fois qu'un client se présentait pour payer en carte, ma collègue suspendait l'adition, et moi je la reprenais sur ma caisse pour faire régler. Quand j'etais moi-même occupé avec un autre client, on swippait. D'ailleurs, les gens ne comprenaient pas tout notre petit manège, ni pourquoi on les faisait échanger de caissier au moment de l'encaissement final. En tout cas ce jour la on c'est bien amusé, pour une fois, on maitrisait une manipulation que les clients ne pouvaient pas suivre.
Un brin jouissif comme situation, non ?
 
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Un jour une cliente me rapporte une paire de gants. Il n'y a pas de code barre. Je vais donc en rayon essayer de trouver le prix du dit-objet. Manque de pot, plus aucun n'a de code barre. Je reviens faire patienter la cliente et repars en réserve voir le stock, bien entendu il n'y a plus rien. Je demande le classeur où on a toutes les reference. Je cherche désespérement sans rien trouver. J'interroge la chef de section accessoires si elle connait le prix. Bien entendu non...

Je commence a sentir monter la pression... Enfin quelqu'un me propose une solution alternative. Appeler une autre boutique. J'appelle et je tombe sur quelqu'un que je connais qui commence a se moquer de moi. Le temps apres d'aller chercher l'article et de me donner le prix et ainsi que la reference, je retourne en caisse. Heureusement les clientes (des anglaises) etaient très patientes et compatissantes. Il m'aura fallu quasiment vingt minutes pour trouver ce sacré prix. Pour finir les anglaises m'ont dit
- You will never forget the price of these gloves. (Vous n'oublierez jamais le prix de ces gants)
En effet 20 min pour trouver que ceux-ci coûtent 12€90, ca relevait du parcours du combattant.
(Lucas, j'espère pour toi que le prix de cette paire de gants n'a pas augmenté depuis hi hi)


Delphine
 
Je vais souvent encaisser dans notre centre Auto. Un jour un client vient me demande de l'huile pour sa voiture:
- Oui, monsieur combien de kilomètres a votre véhicule?
- 122000 km.
- Très bien, vous devriez mettre de la 10W40.
- Ah bon mais j'ai toujours mis de la 15W40.
- Qui vous a conseillé cette huile?
- Personne, je la prends car elle n'est pas très chère.
- Pour la santé de votre voiture, je vous conseille d'en changer.
- Ah bon. Mais trève de plaisanterie, vous n'avez pas un vendeur masculin qui pourrait me conseiller ?
J'aissaie de garder bonne figure et appelle un de mes collègues qui lui dit exactement la même chose que moi.
Le client de dirige vers ma caisse avec son huile 10W40 et fait mine de téléphoner avec son portable afin d'éviter toute conversation avec moi.
Pour couronner le tout il me donne un billet de 500€ pour un montant de 22.84€.

Parfois, c'est dur d'être caissièrE!!!


Caroline

Je travaille au rayon des fruits et légumes d'un Hyper.... C'est un très bon endroit pour faire des rencontres....
Un jour je vois un charmant jeune homme faire le tour de mon rayon en me jetant quelques coups d'oeil... Il finit par me prendre une banane .... et continue son petit manège "d'oeillade"!
Au bout de 15 minutes il finit par venir me voir et me demande ce que je fais en débauchant... Nous nous sommes echangés nos numéros de téléphone et aujourd'hui nous sommes ensemble...
Le comble de cette histoire : il n'aime pas les bananes!


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Ticket de caisse bis :

Le concours que j'avais mis en place cet été s'est achevé.
Il va nous falloir un peu de temps pour départager les gagnants.
Les résultats seront publiés sur le blog courant du mois.
Merci d'avoir joué le jeu et d'avoir participé avec autant d'enthousiasme !
J'ai hâte de vous faire découvrir tout ça !
Je sens que la délibération va être difficile. Pour m'aider, j'ai fait appel à une personne totalement extérieure au blog, comme ça, elle aura un avis plus impartial que moi ;o)


Au passage, bon courage à celles et ceux qui effectuent leur rentrée ces jours-ci !

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