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Au bout du rouleau

27 Janvier 2009, 00:27am

Publié par Miss pas touche

* second degré de rigueur*

Il est devenu tout vieux, vidé, usé par les deux bouts. De sa belle couleur dont il  avait hérité à sa naissance, il ne lui en reste guère que le nom. Il avait un brillant inimitable, une longueur à faire pâlir certains de ses pairs, il était beau, dimensionné comme pas un et toujours prêt à se rendre utile.
Il n'est plus que l'ombre de lui-même, écrasé, ratatiné, fendu, certains de ses semblables terminent même cassés ; broyés par leur âge avancé.
Il en a vu des mains défiler, de toutes les tailles, de tous les âges, de toutes les couleurs et des deux sexes, lui ne faisait aucune différence, du moment qu'il parvenait à accomplir sa tâche, il était tout à fait heureux. Passer de mains en mains, de doigts remplis de bagues à ceux déformés par l'arthrite, de mains de travailleurs à celles tout juste sorties de manucures, il se plaisait à observer la courbure des doigts qui le caressaient ou le serraient avec vigueur.
Et jamais, Ô grand jamais il n'a failli à sa tâche, accomplissant jour après jour sa besogne quotidienne. À peine visible et pourtant si indispensable. Il est là, secondant avec ferveur son propriétaire. Enfin je devrai plutôt dire sa propriétaire tellement celle qui le manipule est très majoritairement une femme.
Mais aujourd'hui sera sans doute une de ses dernières sorties avant de tirer définitivement sa révérence.
Aujourd'hui encore il va essayer de se tenir à la hauteur de ses engagements.
Aujourd'hui, pour le tour d'honneur il va vider ses ultimes gouttes qu'il va aller recueillir au plus profond de son corps.
Et pour cette dernière fois, il espère tel le chant du cygne si beau et si douloureux, annonçant la mort prochaine de ce noble animal, oui il espère effleurer le palais délicat d'une demoiselle avant de rejoindre sa dernière demeure.

Quelle extase ce serait. Une jeune femme vient justement de le prendre en main, elle semble surprise de découvrir un tel objet entre ses doigts, du genre usé et un brin fissuré. Elle soulève un sourcil et oublie bien vite sa vétusté. Les secondes passent, elle semble ailleurs cette jeune femme et elle a l'air d'avoir occulté le pourquoi de la présence de cet être venu d'un autre temps. Distraitement, elle le met en bouche, il y a comme un moment d'extase totale... jusqu'à ce que la caissière vienne tout gâcher :

- Euh... Vous ne devriez pas mettre ce stylo à la bouche ! Il est passé par je ne sais combien de mains avant les vôtres !

La cliente, visiblement dégoûtée recrache le stylo bic, sale et usé. Elle signe à la va-vite son chèque et jette le crayon sur le tapis de caisse. Elle s'essuie la bouche avec un mouchoir, surprise elle-même d'avoir osé mettre ce vieux bic entre ses lèvres, comme elle le fait habituellement avec ses propres stylos. Ça lui apprendra à avoir la tête ailleurs...


---
C'est de l'humour à prendre au second degré !

Et oui, même d'Italie, j'ai pu dégoter une connexion internet et poster...
À mon retour, je vous parlerai un peu de ce voyage assez particulier, rempli de chouettes rencontres, et de visites express entre Rome et Milan...

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vos histoires de caisse (25)

20 Janvier 2009, 08:00am

Publié par Miss pas touche

illustration d'Èm - son blog -

Il est temps de revenir à nos bonnes habitudes et de reprendre le chemin de la caisse.
Hé ! J'en vois une là-bas qui n'a pas le sourire... Besoin d'un petit fou rire ?
Lis donc les histoires qui suivent, il y en a bien une ou deux qui vont te changer les idées et il y en aura bien une qui te décrochera un petit rire ?

Pour accompagner votre lecture ces jours-ci, une chanson à découvrir d'un groupe qui déménage :

Groupe : Last Ground - chanson : Jassâsa l'espionne
                  Le site du groupe





Camille


Un jeune couple vient à ma caisse. Je passe leurs articles, ils paient. Je les vois regarder du côté de leurs petites jumelles (elles doivent avoir 6 ou 7 ans) qui se baladaient pas loin, puis je les entends les appeler
- Clara, Morgane, on rentre les enfants!

Autant dire que ne pas rire a été bien difficile...
Cette anecdote remporte haut la main la palme de ce début d'année ! Garder son calme dans ces moments là doit être bien difficile...
Pour ceux qui ne connaîtraient pas Clara Morgane, je vous laisse le soin de faire une recherche sur google...


Maryline


Je me suis rendue au supermarché pour prendre quelques compotes pour mon bébé, de la crème solaire et du pain.
Tout le long du magasin, je n'ai cessé d'être « poursuivie » par le vigile qui franchement, ne pouvait pas être plus indiscret. Il n'a cessé de reluquer ma poussette et d'aller inspecter ce que je venais de toucher, j'ai une tête de voleuse ou quoi ?
Ma petite fille de 3 ans et demi m'accompagne.

Au bout de 10 minutes, je me rends en caisse et là : DRIIIIIIIIING au moment de régler mes achats.
Il n'a pas eu grande distance à courir vu qu'il ne me quittait pas des yeux. J'ai alors vu un mélange de fierté dans son visage et un vent de panique du coté de la caissière qui était habituée à me voir régulièrement dans ce magasin.
On prend le temps de voir si c'est moi, ou la poussette ou ma fille qui fait sonner le portique.
La caissière était terriblement gênée pour moi. Et moi donc !
L'agent de sécurité a carrément fouillé la poussette et a commencé à me dire que depuis le début il trouvait mon comportement louche. Ha oui ? Tiens..;
Il reprend sa fouille, hésite une minute à accuser ma fille quand la caissière finit par lui dire d'arrêter, que visiblement je n'ai rien pris, que je suis une habituée et que c'est surement quelque chose d'autre qui fait sonner, soit mes chaussures, ou alors que le portique déconne.

Bref le vigile insiste.. Je finis par crier ma bonne foi, me sentant vraiment dévisagée par l'assemblée. Je lui montre mon sac pour qu'il comprenne que je n'ai RIEN pris qui ne soit pas payé.

Ça l'énerve de ne rien trouver quand la caissière finit par dire tout haut :
- Bon , ben c'est surement quelque chose d'autres qui fait sonner, peut être un truc sur vous.
Je reconnais, je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai sorti tout haut :
- Ha punaise ! Ces guignols m'ont laissé l'emballage avec le stérilet, ne cherchez plus, c'est mon stérilet.
Et là..... Fous rires absolus en caisse, les clients qui étaient vraiment gênés pour moi vu le comportement déplacé du vigile (qui n'a même pas pris la peine de régler l'affaire ailleurs qu'en caisse à la vue de tous) riaient aux éclats et le vigile, peu fier... s'est en allé (tout rouge) à l'entrée du magasin.

L'histoire s'est bien terminée, néanmoins la caissière m'a accompagnée à l'accueil afin que je puisse rapporter de ce comportement vraiment déplacé du vigile.



Luna


Je ne suis pas spécialement ronde, plutôt maigrichonne même mais quand je viens de manger, mon estomac gonfle un peu.
La semaine dernière, je formais un nouveau à la caisse. Un habitué me demande :
- Vous êtes enceinte ?

Pensant qu'il croyait à un départ prochain je lui réponds
- Non, on a recruté du personnel pour l'été c'est tout...

Le client désigne mon ventre de la main... et insiste
- Je pensais, parce qu'avec vos vêtements...

(j'aime m'habiller large, je lui réponds alors que non, je ne suis pas enceinte, vraiment pas !), il se confond en excuses
- J'ai déjà vu la même robe sur une femme enceinte alors je pensais que...

Je pense qu'il va falloir que je fasse un petit régime...



Asha


Un samedi. Je me trouvais en caisse et celle-ci était située à l'une des extrémités du magasin en face d'une entrée. Une cliente pensant certainement qu'une entrée égale une sortie arrive d'un pas pressé et bim! entre en collision avec les barrières qui bien sûr ne se sont pas ouvertes. Je lui lance donc de ma caisse:
- Madame ce n'est pas une sortie il faut aller de l'autre côté!

Marcher! Quelle horreur! D'un air agacé elle me montre ma caisse:
- Et par là?

Ce à quoi je réponds :
- Là non plus ce n'est pas une sortie.

Visiblement énervée elle fait demi-tour et prend la direction de l'entrée. Et là, le client dont je passais les articles me dit en souriant:
- De toute façon, elle n'aurait pas pu passer!

L'hôtesse assise à côté de moi se retourne alors et me dit :
- Je l'ai pensé mais j'ai pas osé le dire!

Bon, j'ai bien ri mais ce n'est pas mon genre de critiquer le physique des clients!


Manuela


Depuis quelques mois je suis serveuse dans un salon de thé où il y a beaucoup de clients, c'est vrai je dois dire qu'on n'arrive pas à les reconnaitre tous mais au fil des jours, on fixe quelques visages. C'était deux jours après la saint Valentin.
Quand j'arrive pour commencer ma journée, je découvre qu'il y a un emballage cadeau pour moi. Surprise, je l'ouvre et je trouve une boite de bonbons en forme de cœur avec  la photo d'un homme d'une quarantaine d'années (j'en ai 29), une petite carte qui disait qu'il avait aimé mon sourire et qu'il espérait que je le reconnaitrai, le tout accompagné d'une invitation pour aller boire un verre. À vrai dire, je ne l'ai pas reconnu du tout. J'ai pris les chocolats et je les ai mangés, j'ai jeté la boite (pour éviter des ennuis au cas ou mon mari la découvrirait, il est très jaloux).
Les jours passent et j'avais pris des congés. En retournant au travail, mes collègues me disent qu'un monsieur n'arrête pas d'appeler pour me parler. Moi je ne suis pas du tout intéressée par ces appels incessants et leur demande de dire que je suis pas là jusqu'au jour où il arrive devant moi et me dit:
- Bonjour,je suis .... vous avez reçu les bonbons?

Alors que je ne savais plus ou me mettre je lui ai expliqué je le remerciai pour les bonbons mais que j'étais mariée fidèle. Il a compris et est parti tout triste.
Il revient de temps en temps boire son café et demande à ce que ce soit moi qui le sert... et tous mes collègues se moquent de moi en disant qu'il y a mon amoureux dans la salle.



Ingrid


Ça fait plusieurs mois que j'achète, tous les midis, le même sandwich (oui, je suis fan de ce sandwich...) au coin boulangerie d'un supermarché et les caissières qui y travaillent ont pris le coup. Quand j'arrive, elles sortent tout de suite un "chèvre" et me le tendent en souriant. C'est idiot, mais ça fait chaud au cœur et mon sandwich est encore meilleur ! Cette petite connivence fait que pour rien au monde je n'achèterai mon sandwich ailleurs, ni ne changerai de sandwich.


Carole


j'aimerais pouvoir rapporter ici une anecdote qui me fait beaucoup rire.
J'arrive à la caisse d'un supermarché avec mon petit neveu de quelques mois dans sa poussette. Il est mignon à croquer et soulève une foule d'admirateurs. La caissière le voit et comme les autres s'extasie devant ses fossettes, son sourire... Elle me demande comment il s'appelle. Et là, le trou noir. Je l'ai toujours appelé « petit père » ou « bébé raf ». Je me voyais déjà appeler mon frère pour qu'il vienne me chercher au commissariat où j'aurais été placée en garde à vue pour rapt d'enfant. Heureusement la musique d'ascenseur m'a sauvée. La caissière a cru que je n'avais entendu la question et le temps qu'elle me la répète je me souvenais que mon neveu s'appelle Raphaël.

Trois secondes de doute et un gros film tourne dans la tête...
Rassure-toi Carole, on voit même des clients oublier le code de leur carte bancaire alors même qu'ils utilisent ce même code depuis des années...
Les trous de mémoire, ça arrive à tout le monde mais ce sont toujours de grands moments de solitudes.

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Mise au point et plus encore...

14 Janvier 2009, 14:30pm

Publié par Miss pas touche

Bonjour à tous,

Je vous invite assez rarement à lire / écouter / voir les articles concernant Les tribulations d'une caissière. Mais aujourd'hui, je voulais vous faire découvrir un reportage diffusé dimanche dernier (le 11 janvier) sur une chaîne de télé suisse, la TSR.
Une équipe de l'émission Mise au Point (un peu l'équivalent de 66 minutes sur M6), un magazine d'actualité est venue chez moi il y a quelques semaines. Le journaliste Bernard Heimo a monté ce reportage qui m'a beaucoup plu. Il faut dire que cela résume très bien ma vie depuis environ un an.
Alors pour une fois, je vous mets en ligne la vidéo.



Titre du reportage : "Le fabuleux destin d'une caissière"
Journaliste : Bernard Heimo
Passé sur TSR1 (TV suisse), émission Mise au Point le 11 janvier 09
Durée : 8 mn


(pour l'adaptation BD, je vous en reparle bientôt !)



Je profite aussi de ce post "hors catégorie" pour mettre en lien un reportage radiophonique réalisé par Stéphane Nadouce pour Radio Ile de Ré, une rétrospective et une vision plus engagée sur les Tribulations d'une caissière.
L'interview a eu lieu il y a un peu plus de 9 mois et mise à jour il y a quelques semaines pour coller au plus près à mon parcours.

Vous pouvez écouter l'émission ici : partie 1 - partie 2


Titre du reportage : Les tribulations d'une caissière
Journaliste : Stéphane Nadouce
Réalisation : Philippe Nadouce
Durée totale : 30 mn



Et dernière info du jour...
Je file en Italie à la fin de la semaine prochaine pour quelques jours. Mon livre sort  en librairie là-bas et j'y vais pour faire un petit tour de promo. Je vous montrerai quelques photos de ce voyage... histoire de vous embarquer un peu tous avec moi dans ma valise.

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Dessine-moi une caissière... (3)

12 Janvier 2009, 22:01pm

Publié par Miss pas touche

Voici les dernières dédicaces réalisées par des dessinateurs d'univers très divers mais toujours sur le même thème : la caisse.
Encore une fois, je suis bluffée par la qualité de leur travail... Il y a des gens qui ont beaucoup de talent...

Rassurez-vous, c'était le dernier post autour des dédicaces BD, j'ai fait le tour de celles que j'ai pu obtenir.



Carmilla
(blog de la dessinatrice)

Dessin signé Laurel, une blogueuse largement connue dans la blogosphère...
Elle a un sacré sens de l'observation et beaucoup d'humour.

Carmilla, c'est une série fraiche et drôle plutôt destinée aux jeunes filles.




J'adore ses p'tits chats... hé hé



Nocturnes rouges
(blog du dessinateur)

Dessin signé Looky. Il y a des gens qui énervent par leur talent... Et Looky, un tout jeune dessinateur (il a tout juste 20 ans) mais qui a un sacré coup de crayon!
Nocturnes Rouges : une série d'heroïc fantasy tout comme il faut.





La photo de la dédicace ne rend pas très bien. Et pourtant, elle est superbe...
Et oui, ce sont des gousses d'ail sur la caisse. Hé ! Nocturnes Rouges, c'est un monde de vampires !



Au centre du Nowhere


Dessins signés par le scénariste Cornette et le dessinateur Constant
Si vous avez envie de vous marrer et de lire un album quelque peu décalé, tentez l'expérience.
Des personnages un peu losers sur les bords mais attachants.
Les deux auteurs ne font pas beaucoup de bruit mais ils s'éclatent avec leur série...
Vous avez dit psychédélique ?




La course au caddie vous connaissez ?

J'adore ces vieilles caisses, pas mal hein !



Krän Univers
(blog du dessinateur)

Alors là, c'est du lourd ! Et c'est Loyvet qui s'y colle. Niveau humour, on n'est pas dans le subtile, mais si vous aimez les bonnes blagues un peu grasses, c'est fait pour vous.
Sacré Krän, c'est tout un poème ce barbare là...




Pour les adultes, il y a une version un peu différente ici.


Pour plus d'infos sur les BD, cliquez sur les couvertures.


Et une petite info à venir dès que j'aurais réussi à mettre une vidéo en ligne sur le net...

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Pour quelques billets de plus

4 Janvier 2009, 00:00am

Publié par Miss pas touche

C'est une fin de semaine comme les autres. Il y a beaucoup de monde ce midi. Il faut travailler vite pour éviter  d'allonger l'attente en caisse, toujours trop longue quand il y a foule. Pas le temps de s'attarder avec qui que ce soit. À peine le temps de reprendre son souffle entre deux "bonjour". Le SBAM se réduit comme peau de chagrin tellement la pression ambiante oblige à accélérer toujours un peu plus la cadence.
Tous les postes en contact direct avec la clientèle subissent le même état : caisse, accueil, SAV, billetterie, station service... C'est le coup de feu de la fin de semaine.

À la billetterie justement.
Il y a depuis ce matin un peu plus d'affluence que d'habitude. La cause ? La mise en vente de places supplémentaires pour un très gros concert au Stade de France. D'ailleurs, la plupart des personnes attendent pour acheter des billets pour cette manifestation. Autant dire que les places restantes diminuent très vite et qu'à chaque instant, la vente peut être clôturée. Les gens sont forcément très impatients...
Puis arrive une demande différente, un client souhaite des places pour une rencontre sportive. Il sait exactement ce qu'il veut et les billets sont vite imprimés. Alors qu'il s'apprête à sortir son portefeuille pour payer, il stoppe son geste et semble réfléchir. L'employée le regarde, vaguement inquiète. Le client lui fait signe, il veut passer un coup de fil. Il sort son téléphone portable de sa poche et compose un numéro. 30 secondes passent, elles s'égrainent comme autant d'instants d'éternités pour l'employée (le stress monte). D'autres personnes attendent leur tour et la patience n'est pas de mise aujourd'hui.
Le client raccroche et annonce une sentence lourde de conséquences (que ce dernier ne soupçonne pas et ne peut d'ailleurs pas imaginer).

- Tout compte fait, je ne prends pas les places. Ma femme les a déjà achetées ce matin. Au revoir.

Il ne laisse pas le temps à la jeune femme de répondre et file vers la sortie passant près du panneau : « les billets ne sont ni repris, ni échangés », sans doute a-t-il pensé à ce moment là qu'il avait bien fait de ne pas les acheter.

La caissière est restée interdite, les billets dans ses mains. Son visage s'est décomposé en quelques secondes. Elle n'a pas eu le temps de répondre quoi que ce soit, de faire un seul geste au client. Il est déjà parti et de toute façon, qu'aurait-elle pu lui dire ?
Elle a trois places dans ses mains, trois places vendues pour la billeterie mais non encore encaissées.
Trois places invendues. C'est la seule chose à laquelle elle pense.
Elle appelle sa collègue à la rescousse et lui explique la situation en quelques mots.

Cette dernière lui dit :
- Appelle le chef et vois avec lui comment faire.
Car ce que le client ne sait pas et ne pouvait pas savoir, c'est que lorsqu'une place de spectacle est imprimée, elle ne peut généralement pas être annulée (c'est encore plus vrai pour certains concerts, visites particulières ou rencontres sportives).
La caissière s'affole et d'une voix blanche répond :
- Non, non. Il va encore me passer un savon.
- T'as pas le choix. Tu sais bien que c'est avec lui qu'il faut voir pour les annulations.
- Je sais. Mais je ne supporte plus qu'il m'engueule. Même si je n'y suis pour rien, je sais qu'il va encore me mettre la pression.
- Qu'est-ce que tu veux faire alors ? Laisse moi voir les billets. Zut, ça a lieu demain, tu as bien peu de chance de les vendre d'ici là.
- Je sais bien (elle réfléchit à toute vitesse). Je vais les acheter. Je file chercher de l'argent et tu m'encaisses. OK ?

Complètement paniquée, elle demande sa pause et file chercher son chéquier. Elle revient quelques minutes plus tard en courant et paie ses places. Soulagée sur l'instant car elle a évité une explication douloureuse avec son responsable, comment résorbera-t-elle cette dépense imprévue de près de 150€ dans le budget familial ?

Tout tenter plutôt que de devoir affronter le responsable.
Tout essayer plutôt que de devoir subir des réflexions injustifiées.
Tout risquer plutôt que de devoir expliquer une erreur dont elle n'est pas la cause.


Dans un pays où l'on prône l'égalité, la dictature d'un petit chef remet parfois en question toute notre institution...


Note : Ceci n'est pas un cas général mais une tranche de vie rencontrée un jour de courses ordinaire. Ne faisons donc pas d'un cas particulier une généralité.

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