Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

365 jours - 52 semaines - 12 mois... quelle année !

30 Avril 2008, 16:29pm

Publié par Miss pas touche

(J'adore cette illustration de NoTTo, on se croirait dans une pub de propagande ^_^)


Un an de blog.
Un an d'écriture sur ce métier de caissière.
Un an et un changement de vie.

29/04/07 : ouverture du blog, un soir un peu par hasard. Sur un coup de tête, je crée « caissière no futur », je trouve le terme amusant, un brin punk, un peu provocateur.
Je commence à écrire quelques articles sur les notions du métier et j'ouvre très vite la rubrique anecdotes au fil des caisses.
Je me fixe une ligne éditoriale dès le départ : raconter avec humour le quotidien, réhumaniser un métier trop souvent mal perçu, faire rire les lecteurs pour mieux faire réagir. Des textes sans prétention, juste du vécu.

Les semaines passent et un intérêt naît pour ces histoires de caisse. Je découvre avec ravissement qu'il suffit d'expliquer certaines petites choses pour redonner un regard plus bienveillant sur mon métier.
Moi qui m'étais dit que si je parvenais à faire changer le regard de quelques personnes sur les caissières, je voyais que je pourrais atteindre mon but. Mais j'étais loin d'imaginer que tout cela irait bien plus loin.

Les mois filent, les mails de bien des collègues sont autant de petits trésors. On se reconnaît tous à travers ces histoires, on vit la même chose. On parvient à rire de certaines mésaventures et à prendre de la distance. C'est un exutoire, un bon moyen de se sentir mieux à son travail au quotidien.
En même temps, en tant que client, on s'amuse aussi de ces instants de vie, parfois on croit lire des caricatures, mais non, c'est simplement une description. On se reconnaît aussi avec certains petits défauts, on en sourit.

Septembre
De mon côté, mes recherches d'emploi n'aboutissent pas. Une lassitude de mon boulot. L'envie aussi de trouver un poste qui mobiliserait un peu mes connaissances acquises au fil de mes études.
Une décision s'impose, je veux démissionner. Mon mari me soutient dans cette démarche. Je partirai début janvier, avec mon 13e mois et mon solde tout compte, ça nous permettra à la maison de garder l'équivalent de mon salaire de caissière quelques mois si je ne trouve pas un boulot rapidement.

Décembre
Et tout bascule. Un journaliste (du Télégramme) me contacte. Il trouve la démarche de ce blog intéressante, différente. Il voudrait écrire un article sur mon histoire, sur mon blog. On discute un moment, j'accepte à condition de garder l'anonymat. L'article est publié quelques jours plus tard. Mais, je n'avais pas pensé à une chose, des « Anna, 28 ans, DEA de Littérature française, caissière à Rennes » il n'y en pas beaucoup... Du coup, à mon boulot, on devine que c'est moi. Et surprise de taille, à l'hypermarché, on apprécie mon blog.
Journaux et magazines, radios et télés s'enchâinent les semaines suivantes.
Plusieurs éditeurs entrent en contact avec moi et s'intéressent à ce projet.

Bon, il y en a quand même un qui m'a tenu des propos qui m'ont un peu estomaquée... Depuis l'ouverture du blog, je défends le fait que la caissière n'est pas idiote et qu'elle est dans la vie bien plus qu'un automate. Et cet éditeur me balance : « Bon, vous comprenez. Pour votre livre, les caissières ne seront pas vos lecteurs. Elles ne lisent pas beaucoup. »
... gros blanc...
Je crois que celui-là n'a rien compris et n'avait même pas pris la peine de lire quelques articles du blog.
Un autre éditeur aurait bien aimé tirer de ce blog une satire sociale, une critique acerbe envers la grande distribution.
Une fois encore, ce n'était pas mon but.

Je rencontre alors un éditeur de Stock, le courant passe de suite, on a une vision similaire du texte à venir : l'envie d'écrire un livre qui garderait le même ton léger du blog, le format chroniques, sortes d'instantanés de la vie quotidienne de supermarché.
Et puis, c'est une maison d'édition dont j'apprécie énormément les livres qui y paraissent. Le rêve de voir mon nom en haut d'un livre de cette maison !

Aujourd'hui, le livre est terminé, les dernières corrections ont été apportées.
Il sort en librairie dans un peu plus d'un mois (le 4 juin).
Le temps me paraît s'étirer... Et j'attends avec une impatience grandissante le jour où je verrais l'objet en face de moi.

Un an, un bilan au-delà de toutes mes espérances.
Une évolution que je n'aurais jamais imaginé.
Une belle aventure qui ne fait que commencer...


Je profite de cette note pour préciser une chose qui a souvent été comprise de travers.
Je n'ai pas démissionné suite à la médiatisation du blog.
Je n'ai pas démissionné pour reprendre mes études.
Je n'ai pas démissionné suite à une proposition de maison d'édition.
Je n'ai pas démissionné suite à une pression quelconque de la part de mon patron.
Ma démission n'a rien à voir avec ce blog. Je croyais plutôt galérer des mois en interim...

Le hasard a voulu que mon départ de cette entreprise se passe juste au bon moment. L'explosion médiatique a réellement démarré la semaine qui a suivi ma démission. Tout s'est enchaîné merveilleusement bien pour moi.
Le hasard fait parfois bien les choses.

Voir les commentaires

vos histoires de caisse (11)

27 Avril 2008, 08:02am

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


La joie des courses le dimanche, un détour par le monde féérique de Mickey, savoir rendre service, un petit cadeau qui fait plaisir...

Rayms

Côté caisse

Dimanche midi, le magasin a fermé ses portes et comme d'habitude des clients profitent de la sortie des derniers clients pour s'infiltrer incognito par les portes de sortie.
Incognito??? Pour cette cliente ça ne veut sûrement rien dire, elle rentre dans le magasin comme une furie en hurlant :
- C'EST IMPORTANT ! C'EST URGENT.
Et elle passe devant moi en courant. Je n'ai que deux solutions pssibles: soit je la plaque au sol comme au rugby, soit je la laisse passer et je l'encaisse quand elle revient. D'après l'urgence, je me dis qu'elle a un nouveau né qui n'a plus de lait maternisé (comme ça arrive souvent). Alors je l'attends et elle ne tarde pas à revenir toujours en courant, une boite de preservatifs à la main. Un  peu essouflée, elle me dit :
- Vous savez je connais un petit jeune qui a rencontré une petite jeune fille hier soir et il faut qu'ils se protègent.

J'avoue que j'ai eu très envie de rire sur le coup, en me mordant très fort l'interieur de la joue, je suis parvenue à n'esquisser qu'un petit sourire.
J'espère juste pour le petit couple qu'ils n'attendaient pas depuis la veille au soir.

On a beau entendre toutes sortes de choses, il y a toujours une nouvelle remarque qui suprend un peu plus que les précédentes...


Irène

Côté caisse

C'était un mercredi, peu de temps avant les fêtes de fin d'année.
Un monsieur passe à ma caisse. Et là, il me présente son paquet de chocolat que je venais de scanner :
- Vous en voulez un?
Un peu gênée sur le coup j'ai refusé, je lui ai répondu que j'étais sur mon temps de travail et que je n'avais pas le droit.
Après avoir payé, il m'en repropose un. Le voyant insister et visiblement déçu par mon refus la  première fois, je n'ai pas pu lui dire non la seconde fois. Il était tout content qand il est parti et moi ravie de son geste.

La semaine suivante, il repasse à ma caisse et il me dit :
- Je n'ai pas de chocolat cette fois-ci !
Je me suis mise à rire, les clients se demandaient pourquoi, mais ça m'a mis du baume au coeur.


Julie

Côté caisse

A croire que les caissières n’ont pas de vie :
En tant que « caissière du dimanche » je travaille de 9h à 12h mais on ne ferme jamais avant au moins 12h15 le temps que les derniers clients soient partis. Un jour, j’entends une cliente qui dit à ma collègue :
- Ha ben au moins ici vous êtes mieux que chez **** (magasin concurrent ouvrant également le dimanche matin), parce que là-bas midi c’est midi. Les caissières à midi elles comptent déjà leurs caisses.

Si nous on ferme pas c’est qu’on n’a pas le droit, c'est tout. Certains clients doivent simplement oublier qu'on a aussi une vie après le supermarché.



Christèle

Côté caisse

L'autre jour, une petite mamie d'environ 80 ans, arrive à ma caisse. Elle déballe son caddie tant bien que mal. Arrivée au fond du chariot, elle soulève difficilement ses 2 bouteilles de Champomy. Elle m'explique qu'elle a mal à une épaule. Je lui propose de l'aider à sortir ses articles lourds et puis il n'y avait personne derrière elle. La dame refuse poliment en me disant qu'elle avait presque fini. Je passe ses articles et je lui dis :
- Laissez, je vais ranger vos courses dans votre caddie.
Cette petite mamie a été très agréablement surprise que je sorte de ma caisse pour l'aider et m'a remercié comme jamais on ne l'avait fait. Elle en avait les larmes aux yeux et ce visage restera à jamais gravé dans ma mémoire.

Il y a des gestes qui touchent. Dans un monde où tout tourne autour du « toujours plus vite », savoir encore prendre le temps d'aider son prochain apparaît comme un geste précieux.

Christine

Côté clients

Je me souviens d'une aventure qui nous est arrivée un samedi alors que nous faisions nos courses à Auchan Val d'Europe près de Disney où nous avions passé la journée avec nos jumelles de 4 ans à l'époque....
Nous étions mon mari et moi accompagnés de nos fillettes et de nos frères, soeurs et amis pour l'occasion. On faisait quelques courses avant de rentrer à la maison pour terminer cette belle journée.... L'une de mes fillettes regarde le caissier et lui dit tout sourire :
- Bonjour Mongol.
Nous pensions avoir mal entendu, nous demandons à notre fille de répéter ce qu'elle venait de dire. Mon beau-frère au passage intervient pour sauver sa petite nièce d'une belle réprimande :
- Elle vient de dire « Bonjour mon gars ! ». (ce qui soit dit en passant n'est pas mieux et ne correspond pas à l'éducation que nous leur donnons).
Bref, notre petite fille répète tout haut :
- J'ai dit « bonjour Mongol ! »
Nous la sermonnons :
- Ça ne va pas ? pourquoi tu dis une chose pareille ???
La petite, surprise, regarde le caissier et renchérit
- Mulan, la légende, les mongols envahissent la chine...
C'était le titre du spectacle qu'elle venait de voir à Eurodisney et le caissier était de type asiatique, comme dans le spectacle... C'était somme toute bien innocent et nous en avions fait notre interprétation...
Le caissier lui répond alors :
- Eh oui, je suis un ancien mongol qui s'est bien intégré !!!

Nous en avons tous ri.

Comme quoi, on interprète ce qu'on entend différemment...
Les enfants n'ont pas autant de sous-entendus que les adultes.
De mon côté, j'ai aussi entendu bien des petites réflexions innocentes de la part d'enfants (j'en avais noté quelques-unes ici) qui, interprétées avec un oeil adulte auraient pu froisser plus d'une oreille

Voir les commentaires

Petite leçon de galanterie

22 Avril 2008, 17:21pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo)


La grande surface : lieu de tous les échanges, de tous les regards et de toutes les complicités possibles...
c'est aussi un lieu sujet à tous les types d'ignorance, de transparence et d'anti-savoir vivre.
Bref, en un mot c'est la société dans toute sa grandeur (hauteur, largeur et profondeur incluses).

Petit Zoom vers la station service du magasin et approchons nous d'une voiture, la bleue là qui vient de s'engager dans la station. Monsieur est au volant, l'air un brin renfrogné. Madame est à sa droite, à la place passager. Il y a quelques voitures, l'attente ne sera pas longue. C'est bientôt au tour du couple de passer à la pompe. Il n'y a plus qu'un véhicule devant. Monsieur tapote sur son volant, l'air toujours renfrogné.
La voiture qui les précède démarre.
Madame sort prestement de la voiture et s'avance vers la pompe pendant que Monsieur dirige le véhicule jusqu'à la hauteur de Madame qui a déjà dégainé le pistolet (non, pas le TJ Laser, mais celui du gazole).
Monsieur coupe le moteur et se met à fouiller dans ses poches pour en retirer son paquet de cigarettes (les fenêtres sont à peine ouvertes – le panneau « interdiction de fumer » est bien visible mais bon... passons...). Il en grille une et attend.
Pendant ce temps là, Madame s'affaire. Elle a tout pris en charge et remplit consciencieusement le réservoir du véhicule. Une fois son travail effectué, elle referme la trappe à essence et se dirige... Non, pas à la portière de la voiture mais vers la caisse une vingtaine de mètres plus loin.

Monsieur démarre, accélère, dépasse Madame (elle n'a pas encore parcouru les 20 mètres), passe devant la caisse de la station, ralentit à peine et file sur le parking quelques mètres plus loin.
Il se gare.

Madame arrive à la caisse, se plie en deux (ha oui... l'ouverture pour passer le moyen de paiement est à hauteur de la fenêtre de la voiture, pas à hauteur d'homme – ou de femme en l'occurence) et règle à l'hôtesse de caisse.

Madame repart en trottinant vers la voiture. Elle monte à la place passager et Monsieur démarre. Ils quittent la grande surface (on aurait pu croire qu'ils voulaient gagner du temps pour aller dans le magasin ensuite, on aurait même presque pu imaginer que monsieur serait aller garer la voiture et serait aller chercher un chariot... on aurait pu croire, mais non...)

Tiens, il la récupère... Il faut dire que « ça » fait aussi la cuisine, le ménage, le repassage... Une femme à la maison, c'est quand même utile ;o)


Ce jour-là, je n'étais certes pas à la caisse, ce n'était certes pas à mon ancien boulot (là-bas, il y a une barrière qui empêche le véhicule de partir avant d'avoir payé), mais j'étais à la pompe avec mon mari et on a suivi ce petit manège mi-amusé, mi-étonné.
- Hé ! La prochaine fois qu'on fait le plein, on fera pareil, me lance-t-il le regard rempli de malice.
- Même pas en rêve...


Prochaine anecdote : « On dit bonjour d'abord »


EDIT : Mag demande en commentaire comment se passe la période de grossesse en caisse.

"
Je souhaiterai bien travailler jusqu'a mon congé maternité mais jusqu'à maintenant je n'ai encore jamais vu de caissière avec un gros bidon ! À combien de mois de grossesse vous êtes-vous arretées ?
Merci pour vos conseils ! "

Dans l'hyper où je bossais, j'ai croisé beaucoup des collègues enceintes. Elles tiennent tant qu'elles peuvent si je puis dire. Pas mal sont allées jusqu'à leur congé mater.
S'il y a des caissières qui ont vécu leur grossesse en caisse, merci d'aiguiller Mag car pour le coup, je ne suis pas experte en la matière et je pense que cette question intéressera d'autres caissières...

Voir les commentaires

vos histoires de caisse (10)

17 Avril 2008, 20:10pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo : son site)

Gaffe, blackjack, préservatifs, bons de réduction, lumière allumée et PS3 soldée... Voilà vos dernières aventures.
La parole est à vous.


Marie-Hélène

Cöté caisse

Gaffeuse,moi?
Un monsieur âgé arrive à ma caisse et commence à déposer ses achats. II me salue poliment, moi aussi puis il me dit :
- J'ai perdu ma femme.
Ce à quoi je lui réponds rassurante :
- Je vais la faire appeler par l'accueil...
Sauf qu'en fait elle était décédée, il avait juste envie de parler....
Bien sûr, je ne pouvais pas le savoir, cependant je ne me souviens pas avoir été aussi mal à l'aise de toute ma vie!


Quitterie

Côté client

Fin d'une journée d'été splendide à Biarritz. Mon copain et moi devons faire deux courses: des chewing-gum et ... des préservatifs. Il est presque 20h, le supermarché est blindé (il y a beaucoup de monde qui revient de la plage). Aux caisses la queue est très longue. Mon copain est très, très gêné. Je n'en mène pas large non plus. Devant nous un groupe de jeunes qui s'apprête à faire la fête: alcool à gogo sur le tapis. On pose nos achats au dernier moment sur le tapis mais un des jeunes les voit et lance :
- Tiens on dirait qu' y'en a qui vont s'amuser ce soir !
Air complice et bon enfant mais bon... très embarassant pour nous... Les autres regardent nos articles sur le tapis et éclatent de rire.
Moi :
- Apparemment on ne sera pas les seuls à s'amuser !
Eux :
- Oui, mais c'est pas tout à fait le même genre de divertissement...
Il va sans dire que la caissière, les clients suivants, ceux des caisses d'à côté nous regardaient en se marrant!
Et nous qui voulions passer inaperçus!


Asha

Cöté caisse

Un soir alors que le magasin allait bientôt fermer, deux jeunes hommes passent à ma caisse. Un des deux me demande :
- madame, on peut vous payer en blackjack?
Puis il dit à son ami:
- Ah ouais j'aimerais bien gagner 10 000 ou 20 000 euros je m'acheterai une maison sur la côte et aussi un cerveau pour ma femme...


Samy

Côté client

Alors que j'allais au rugby, je me rends compte que je n'ai pas de goûter. Je m'arrête dans un supermarché pour m'acheter un paquet de gateau.
Je trouve, non sans mal, le rayon gâteaux / confiseries, prends mon paquet et retourne payer à la caisse (la seule ouverte, c'est une heure « creuse »). Il n'y a une personne devant moi. C'est à mon tour mais tout à coup, une cliente débarque et vient « retarder » la caissiere sous prétexte d'une promotion non encaissée. Elles débattent pendant bien 10 mn puis, la caissière, faute de personnel pour lui donner un coup de main, doit reverser le montant de la réduction : 4 euros et quelques centimes.
Ravie d'avoir eu le dernier mot, la cliente s'en va sans prêter attention ni à la caissière, ni aux clients qui attendaient derrière depuis un certain temps sans s'énerver, eux...


Johanna

Côté caisse

Beaucoup de clients lorsqu'ils arrivent à ma caisse me disent des phrases ou j'ai juste envie de leur répondre un peu sur les nerfs.... Une de celles qui m'agace le plus c'est lorsque ma lumière indiquant que la caisse est ouverte est allumée et que j'attends un client. Lorsqu'il y en a un qui arrive en me demandant :
- Vous êtes ouverte ?
Si j'attends en caisse avec la lumière allumée, c'est que oui ma caisse est ouverte, mais j'ai souvent envie de répondre :
- Non je suis là pour une exposition jusqu'à ce soir.

Audrey

Côté caisse

Cela s'est passé au mois de décembre.
Une jeune cliente s'installe à ma caisse (pas d'autres clients derrière, alors elle prend son temps) et je la vois poser quelques articles et une Playstation 3. Je me dis intérieurement :
- Tiens j'en ai pas encore passé, des Nintendo DS et des Wii oui, mais pas celle-là.
Donc je salue la cliente, le tapis avance, je passe les quelques courses et voici la console.
Je la prends pour la scanner quand je me rends compte qu'une étiquette blanche (noté : article soldé) se trouve sur le dessus de la boîte avec marqué (tenez-vous bien) 47€ (!!).
Sur le coup je me dis :
- Elle se fout de moi !! (et je me dis qu'avant d'appeler la sécu je vais tester sa réaction) donc comme si de rien n'était je décolle l'étiquette (collé sur le BON gencod bien sûr), je scanne et là, réaction de la cliente:
- Ah c'est à ce prix là?
- Ah oui madame c'est à ce prix, une etiquette a dû être recollée par-dessus
- Ah d'accord et bah c'est pas grave je la prends quand même.
Insertion de la carte bancaire et oh surprise paiement refusé.
- Ah c'est bizarre bon je vais pas prendre la console alors.

Console annulée, paiement accepté, la cliente s'en va.
Après son départ, curieuse, je teste la petite étiquette blanche et oh surprise cela correspondait à un article de cuisine...
Je vois mal l'étiquette voler du rayon vaisselle jusqu'à la console dans l'allée centrale et se poser delicatement sur le gencod de la boite... C'est le grand mystère de l'étiquette fantôme... :-)

Voir les commentaires

Oh mon panier, tu es le plus beau des paniers

13 Avril 2008, 10:43am

Publié par Miss pas touche

Les paniers mis à disposition des clients sont l'objet de bien des convoitises.
En plastique ou en métal, ils sont généralement gris, bleu, rouge, vert ou jaune.
Ils ont une poignée, parfois deux.
Certains ont même des roulettes et se transforment en mini-caddie.
Tous les clients les prennent au moins de temps en temps pour effectuer quelques menus achats.
Quand ils arrivent dans la grande surface, ils les trouvent généralement du premier coup d'oeil, mis à disposition juste à côté de l'entrée. Les paniers attendent nonchalamment qu'un client prenne celui qui est en haut de la pile.
D'un oeil distrait, le client apercevra parfois un(e) employé(e) pousser un tas de ces paniers vers l'entrée.

- Poussez madame. Poussez ! Ça vient, je vois le bout !
Oui, le bout de l'allée n'est plus qu'à quelques mètres, il est temps car le tas de paniers a dépassé les 2m50 de haut et la tour commence à tanguer dangeureusement.
Les derniers pas et les 50 (ou 60, 70...) paniers atteignent tant bien que mal leur place pour être ensuite délicatement (ou sauvagement, c'est selon) récupérés par les clients venus faire leurs courses en s'engageant sur le parcours du combattant spécial commissions.


Vous avez été désignée pour faire le tour de paniers ce samedi après-midi ? Vous sautez de joie ? On dirait que c'est la première fois qu'on vous donne cette tâche à accomplir... Oui ? Je m'en doutais.
Savez-vous ce qui vous attend ? Non, pas vraiment ? Alors laissez-moi vous expliquer.

Vous êtes dans un petit magasin ? Il n'y a que quelques caisses, alors, ça va, les paniers qui s'empilent en bout de caisse ne sont pas très nombreux et cela ira vite pour les ramasser et les ramener à côté de l'accueil. En contrepartie, vous serez tenue de faire le tour très souvent car les paniers n'étant pas nombreux, ils se retrouveront presque tout le temps au bout des caisses...

Vous êtes dans une grande surface ? Il y a : 30, 40 ou 50 caisses ? Alors, bon courage ! Vous allez vite comprendre pourquoi.
Au début, vous trouvez ça rigolo de vous promener au bout des caisses et de récupérer tous ces paniers multicolores (ho, c'est beau!) qui attendent impatiemment qu'on les ramène à l'entrée pour qu'ils puissent de nouveau servir de contenant pour toutes ces marchandises, qui elles aussi, attendent impatiemment dans les rayons pour aller se promener dans les paniers / caddies puis  découvrir le vaste monde jusqu'au placard ou le frigo du client.
Vous jetez un oeil sur la ligne de caisse. Vous découvrez qu'il y a des tas de paniers qui s'empilent. Joie, la partie va commencer et vous aller pouvoir jouer votre rôle de ramasseuse de balles, pardon de paniers. Vous récupérez au passage un petit chariot à roulettes (quand il y en a un et que vous parvenez à le trouver) qui vous permettra d'empiler un maximum de paniers lors de votre tour au bout des caisses.
Ravie de vous dégourdir les jambes vous parcourez toute la longueur du magasin pour atterrir à la caisse 1 et commencer à ramasser les paniers. Aux premières caisses, il ne sont pas nombreux, vous arrivez rapidement à la caisse 10 (déjà le quart de la ligne parcourue! Vous vous dites que ça va super vite). Tiens, on dirait que les tas de paniers qui s'entassent sont de plus en plus hauts.
Ha, la vision d'horreur ! La caisse moins de 10 articles ! Là, ce n'est pas un tas de paniers qui vous attend mais un champ de bataille. Les paniers s'éparpillent un peu partout : devant, dessous, derrière et à côté de la caisse. À vous de vous débrouiller pour tout récupérer au plus vite sans gêner les clients qui se bousculent (on est samedi après-midi, ne l'oubliez pas!) et qui hésitent à vous laisser passer (ils risqueraient bien de perdre leur tour...). Mais vous êtes un ange de patience et à coups de « pardon », « excusez-moi », « s'il-vous-plaît », « merci », vous parvenez à récupérer toutes ces petites victimes de la caisse – de 10 tout en gardant votre sourire pour chaque client qui maugrée lorsque vous lui demandez de se pousser.
Vous continuez d'avancer et votre pile de paniers commence à atteindre des sommets.
Caissse 13, seulement 3 paniers à récupérer. Oui, mais voilà, votre tour a déjà atteint 2 mètres (vous ne mesurez qu'1 m 60 ? Aïe...) et vous avez du mal à atteindre le haut ? Allez, on ajoute encore ces 3 petits paniers et on file à l'entrée du magasin pour les remettre à disposition des clients.
En vous mettant sur la pointe de pieds, vous parvenez, non sans mal, à les ajouter. Vous êtes fière de vous. Puis, vous avancez d'un bon pas car vous vous rendez compte que vous devrez faire encore plusieurs tours avant de parvenir à accomplir votre tâche.
La tour est haute et vous ne voyez pas très bien où vous avancez. Vous apercevez un caddie qui stationne quelques mètres devant, vous parvenez à faire prendre un virage serré à votre tour de paniers, malheureusement, vous avez mal négocié la tangente et votre pile penche dangeureusement. Vous tentez de rattraper le coup en virant à droite puis à gauche puis encore à droite. Peine perdue, c'est encore pire. La chute est inévitable.

Un grand patatras plus tard.

Vous êtes rouge de honte de vous être laissée berner par un tas de paniers. Les clients vous regardent, interloqués, quelques collègues qui passent par là sont hilares...
Vous vouliez faire un excès de zèle en construisant une tour de Babel trop haute pour vous ? Au moins, vous ne vous ferez pas avoir deux fois. Une caissière vient fous filer un coup de main pour vous aider à récupérer les victimes éparpillées sur plusieurs mètres. Elle vous dit en se marrant que tout le monde se fait avoir au moins une fois. Eh oui, on se croit toujours plus malin que les autres et on pense qu'on pourra gérer une pile plus ou moins en équilibre de 2 mètres de haut sans aucun souci... Mais on oublie trop souvent que la ligne de caisse n'est pas une grande ligne droite, mais au contraire, qu'elle est semée d'embûches.
Vous reconstruisez votre pile, en enlevant quelques paniers histoire de ne pas vous retrouver avec un tas peu maniable.

Et lorsque tant bien que mal vous êtes parvenue à bon port, sans cogner contre un seul chariot, ni écraser de pieds ou pousser une mamie... Vous vous sentez enfin maîtresse de la tour de paniers et vous vous gonflez de fierté ?
C'est toujours à ce moment là qu'un client vous saute dessus et vous arrache un panier en maugréant :
- C'est toujours pareil, y a jamais de paniers ici.
Merci ? Pardon ? S'il vous plaît ? Ha faut pas pousser ! C'est déjà assez dur de devoir attendre que la caissière ait apporté des paniers à l'entrée du magasin.
Une solution à ce passage à vide ? Peut-être...

Le client arrache le panier de la pile ? Retenez l'objet du délit et regardez le client droit dans les yeux. Celui-ci devrait soutenir votre regard (le sien sera noir forcément).
Et avec un sourire, dites :
- Qu'est ce qu'on dit ?
Avec beaucoup de chance il vous dira merci... Il risque surtout de vous envoyer balader... Mais ça vaudrait le coup d'essayer non ?

Caissière, un métier qui permet de refaire l'éducation du consommateur.

À suivre...
(ce n'était qu'un premier aperçu, vous allez découvrir qu'il y a plein d'histoires charmantes que l'on se raconte au coin du feu les soirs de veillées, tout cela grâce aux paniers!)


Prochaine anecdote : leçon de galanterie à la station service

Voir les commentaires

Livre - Et pourtant je me suis levée tôt (Elsa Fayner)

8 Avril 2008, 17:50pm

Publié par Miss pas touche

Une fois n'est pas coutume, je souhaite vous parler d'un livre que j'ai lu il y a peu et qui, je l'espère, fera réfléchir et réagir un peu les gens.

Un mot sur l'auteur :
Elsa Fayner est journaliste et a souhaité effectuer un travail d'investigation sur les emplois précaires. Elle se recrée un CV « sans relief » (bac +3 en sciences humaines et quelques petits boulots d'étudiants), un CV identique à celui de bien nombreux jeunes diplômés en recherche d'un premier emploi. Et elle part en quête d'un travail pour voir comment ça se passe en Interim et via l'ANPE.
L'enquête se déroule début 2007 et durera 3 mois.


Et pourtant je me suis levée tôt...
Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires

Région lilloise.
Entre candidatures spontanées et boîtes d'interim, en trois mois, Elsa Fayner aura effectué plusieurs petits boulots : femme de ménage dans un hôtel 4 étoiles, employée à la caféteria d'Ikea, télévendeuse pour Télé 2.
Et « caissière ? Dans tes rêves! » (titre du premier chapitre)
Car oui, vous avez bien lu, il n'est pas si facile de devenir caissière.
Lorsqu'elle a effectué ses recherches pour décrocher un emploi en caisse, voici ce qu'on lui a répondu :
« Ici, la moyenne, c'est bac + 3 ou 4. mais nous donnons notre chance à tout le monde. Sachez cependant que nous recevons 150 CV par jour, nous ne pouvons répondre à chacun. » (p26)
ça laisse comme un goût amer dans la bouche d'entendre ce genre de réponse... Comme si désormais, il fallait avoir fait des hautes études y compris pour trouver un boulot dit sans qualification.

Je ne vous ferai pas le récit de ses différentes expériences, mais j'en retiens quelques points essentiels : le problème de reconnaissance au travail, les temps partiels qui se généralisent, la quasi-impossibilité de trouver deux emplois lorsqu'on travaille à temps partiel, les salaires modestes, la peur chronique du salarié de perdre son emploi fut-il difficile et ingrat.


Je vous livre quelques extraits :

"Si l'activité professionnelle ne donne pas satisfaction [...] c'est parce qu'elle implique des souffrances physiques – lorsque les conditions de travail sont pénibles – ou morales – quand l'ambiance dans l'entreprise est tendue, les relations avec les supérieurs et les collègues mauvaises. Les nouvelles organisations du travail, censées apporter plus de motifs de satisfaction aux travailleurs, en raison notamment de l'autonomie plus grande qui leur est conférée, mènent parfois au résultat opposé."
(p122)

Si l'on travaille dans des conditions où les tâches que l'on effectuent sont mal reconnues, ou vues comme sans intérêt de la part des supérieurs / collègues / clients, il est difficile de trouver sa place et de vivre sereinement son travail qui de toute façon est rabaissé par ceux qui nous entourent.

"Dans un bureau, au moins, il est toujours possible de répondre de temps en temps à un mail personnel, de se balader quelques minutes sur le Net pour se détendre, de passer un appel privé, voire de discuter, bref de maîtriser un minimum son emploi du temps, en fonction de son rythme."
(p126)

Maintenant, pensez à tous ces boulots où le temps est minuté, où il y a un contact permanent avec la clientèle ou un travail à la chaîne, il n'y a plus de temps pour soi.
Ceux qui travaillent dans les bureaux ne connaissent pas forcément la chance qu'ils ont de pouvoir, ne serait-ce qu'aller aux toilettes quand ils le veulent. Ça vous semble futile ? Et pourtant...

"Le travail dit « non qualifié » nécessite lui aussi des compétences en termes d'organisation, de sociabilité, de rapidité d'exécution, de gestion des contraintes et d'adaptation qui ne s'acquièrent pas immédiatement. Mais, en ces temps de chômage de masse, pas question de reconnaître ces qualifications, de les rémunérer, encore moins de les valider et risquer de fournir des possibilités d'ascension dans le métier."
(p165)

En transposant cette réflexion à ma propre expérience, lorsque je me suis rendue à l'ANPE afin de faire un « constat » sur ma recherche d'emploi, la ligne des qualifications que j'avais pu acquérir en caisse est restée vierge (à part le fourre-tout : accueil clientèle, il n'y avait pour ainsi dire rien...)


Travailler plus pour gagner plus, un slogan qui a été souvent scandé pendant les élections présidentielles en 2007. Pas facile à suivre ce genre de précepte quand on a des petits boulots. Alors que faire quand on galère déjà pour décrocher un emploi à temps partiel ?


À la fin de ma lecture, je me suis tout de même surprise à me dire que si je devais retourner travailler dans le commerce, je tenterai ma chance dans une enseigne Ikea pour une raison qu'Elsa Fayner explique dans son livre : chaque employé (qu'on soit chef ou magasinier) est tenu d'avoir du respect envers les autres employés et sincèrement, c'est ce qui manque trop souvent dans les entreprises. Je crois que si chacun se sentait un minimum valorisé dans son travail (même si cette valorisation est quelque peu surfaite), il vivrait plus sereinement son quotidien professionnel et prendrait même un plaisir certain à travailler même si les conditions ne sont pas les meilleures ou que ce n'est pas un emploi de rêve.
Se sentir reconnu pour ce qu'on fait et ce qu'on est, c'est essentiel non ?

-----
Titre : Et pourtant je me suis levée tôt
Auteur : Elsa Fayner
Editions : Panama
Prix : 15€

-----

Et si vous avez le temps, écoutez l'émission passée sur RFI le 22 mars (lien ici) : "les prolétaires du tertiaire" à laquelle l'auteur a participé. Il y a également (et surtout) le témoignage d'employés de caisse qui expliquent leur quotidien.

Voir les commentaires

vos histoires de caisse (9)

5 Avril 2008, 16:35pm

Publié par Miss pas touche

(illustration de NoTTo : son site)

Voilà la nouvelle tournée de vos histoires.
Aujourd'hui, vous ferez un détour entre le problème de chaine de froid, le non-bonjour, histoire d'amour, problèmes de tiroir-caisse et jambe qui tremble.
Bonne lecture.

Karine

côté caisse

c' est une anecdote qui m'est arivée il y a une dizaine d'année. Cela ne m'a pas découragé puisque je suis toujours hôtesse de caisse.
J'avais eu un accident dans le magasin qui m'employait à l'époque. Ça m'a valu plusieurs mois d'arrêt et deux opérations .
J'ai repris mon travail en portant une genouillère et pour détendre mon genou, je secouais un peu ma jambe régulièrement. Arrive un client agé qui me voit faire ma petite gymnastique. Il me dit :
- Ma fille a le même probléme que vous.
Dans ma tête, j'imagine qu'elle aussi avait du subir une opération.
Sur un ton de confidence, il chuchote :
- Elle est incontinente et ce n'est pas facile.
Imaginez ma tête et lui est reparti tranquillement avec ses yaourts.


Cat

côté caisse

j'étais vendeuse dans un magasin de décoration d'intérieur. Les employés portaient des gilets sans manche. Je suis un « petit gabarit » et il n'y avait pas ma taille. J'ai hérité d'un gilet 2 fois trop grand.
Journée en caisse.
J'enchaîne les clients : « bonjour – bip bip – merci – au revoir » et là, en refermant mon tiroir caisse, je coince mon gilet dedans. MINCE! je tire un peu dessus, ça ne vient pas... Le client suivant (que je connais de vue car en bon passionné de folk, il a toujours un grand chapeau sur la tête) attend que je passe ses articles. J'essaie d'abord d'extraire mon gilet (discrètement) mais c'est bien coincé. Je commence à avoir le sourire et je remarque que le client a vu mon problème et a le sourire aussi qui se dessine sur son visage. Je me dis, je vais passer ses articles et en validant la caisse, le tiroir s'ouvrira, et ben non, perdu ! C'est toujours coincé... On commence vraiment à rigoler pour de bon.
À la une à la deux et à la trois, je tire sur le gilet de toutes mes forces de tout mon poids. Je suis enfin libérée et le tiroir caisse s'ouvre !!
Un bon fou rire entre le client en moi :
- Merci monsieur au revoir et bonne journée. Ah ah ah


Sylvie

côté client

L'affaire se passe dans une grande librairie Lilloise du centre ville, j'y vais pour acheter un CD dont je ne me rappelle pas trop du nom de l'artiste et décide de faire appel à un vendeur:
La cliente (c'est moi !) : Bonjour monsieur.
Le vendeur : ... (regard vers moi, muet).
La cliente : Bonjour monsieur (fort et articulé, regard droit dans les yeux).
Le vendeur : Oui c'est pourquoi ?
La cliente (estomaquée) : Ben... Bonjour monsieur.
Le vendeur : Je vous écoute.
La cliente : Ben vous ne dites pas bonjour ?.
Le vendeur : Non, j'en ai assez de dire bonjour des centaines de fois par jour
La cliente : Dire bonjour c'est le minimum, je suis médecin et je dis bonjour à longueur de journée aussi et ça ne me dérange pas.
Le vendeur : ... (no comment)
La cliente (lasse) : Je cherche le CD de tel artiste.
Le vendeur : Il est à tel endroit (il m'y emmène et me donne le disque). Voilà madame.
La Cliente : Oui c'est bien ça, merci monsieur, au revoir monsieur.
Le vendeur : ... (la carpe)


Magalie

côté caisse

Petit boulot d'été, l'année de mes 18 ans : hôtesse de caisse !
Le cuisinier de la cafétéria passe plusieurs fois par jour en caisse et très souvent à MA caisse. On discute un peu, sans plus...
Un jour, en plaisantant, je lui lance:
- J'ai une mauvaise nouvelle pour vous, vous allez devoir me supporter 3 semaines de plus, ils ont prolongé mon contrat.
Lui me répond :
- J' ai une mauvaise nouvelle pour vous aussi : Je crois que je suis amoureux !
Résultat : aujourd'hui, 9 ans plus tard, nous sommes mariés et nous avons 2 adorables filles .


Maryline

côté client

L'histoire s'est passée en août 2004, il règne une chaleur étouffante sur la région parisienne. Je parviens malgré tout avec mon gros ventre de femme enceinte à me motiver pour aller chercher mon repas du week-end au supermarché.
En 6 mois de grossesse, j'aurais rencontré toutes sortes de phénomènes à la caisse pretextant tout et n'importe quoi pour pas me laisser passer mais là...

Je me dirige vers la caisse prioritaire. Je suis derrière 4 clients. le caissier se penche et constate mon état. Il n'hésite pas une seconde et demande à sa prochaine cliente de me faire passer et là, c'est le drame.

- Non mais monsieur, vous rendez vous compte ? Je patiente ici depuis déja 15 min.
- Oui mais cette dame est prioritaire, vous voyez bien qu'elle est enceinte.
- Ha mais je suis pas daccord !

Elle commence à piquer un petit scandale en caisse et un argument (imparable doit-elle penser) lui vient à l'esprit :
- Mais monsieur, moi j'ai des surgelés !
- Et alors ? ajoute le caissier un peu surpris.
- Et la chaine du froid vous connaissez ? C'est scandaleux ! je vais de ce pas reposer mes frites. À  cause de vous, je risque l'intoxication alimentaire car vous avez rompu la chaine du froid en faisant passer cette dame devant moi...

Je ne vous raconte pas les fous rires des gens qui ont entendu l'altercation...


Voir les commentaires

Annonce officielle

1 Avril 2008, 23:01pm

Publié par Miss pas touche

J'ai reçu ça en courrier express hier soir !
Je suis impressionnée par la rapidité de la justice !



Voilà qui clôt donc l'épisode Mag-Drive

Bon, vous aurez tous compris que ce fut un poisson d'avril... J'avoue, j'ai bien ri hier !
Merci d'avoir joué le jeu ! ;o)


juste pour info : le poisson à 3 yeux est bien connu des fans des Simpson ;o)

Voir les commentaires

Les hypers de demain : le Mag-drive ?

31 Mars 2008, 23:46pm

Publié par Miss pas touche

Il y a quelques temps j'avais écrit un article sur l'évolution du métier de caissière (ici), une sorte de petite rétrospective. Je me suis rendue compte que j'étais loin de la vérité et que l'avenir qui se prépare est à mille lieues de tout ce que j'ai pu imaginer...
On a tous entendu parler de la livraison à domicile, de la possibilité de faire ses achats sur le net et d'aller chercher ses provisions au magasin, un employé venant apporter directement les courses dans le coffre de la voiture. Mais il y a encore mieux !

J'ai reçu un mail il y a une quinzaine de jours : un grand groupe m'invitait à découvrir un hypermarché-test. Je m'y suis rendue la semaine dernière et ce que j'y ai découvert m'a quelque peu laissée béate, pas forcément d'admiration, mais en tout cas de surprise ! Il faut dire que ce genre d'expérience est assez inattendu et je n'aurais jamais cru ce genre d'innovation possible et encore moins réalisable !
Je vous invite à faire la visite avec moi (il n'y aura pas de photos malheureusement, elles y sont interdites).

Le magasin est au bord d'une voie express. Une première chose frappe : le bâtiment est immense ! J'ai l'impression de parcourir plusieurs centaines de mètres avant de voir le bout de l'édifice.
Deuxième surprise : le parking. Mais peut-on appeler cela un parking ? En réalité, j'avais plutôt l'impression de me retrouver sur l'embarcadère de ferry où toutes les voitures sont alignées les unes derrières les autres et attendent le feu vert pour rentrer leur véhicule à bord du bateau. Très étrange comme impression.
Alors que je m'apprête à descendre de ma voiture, la personne qui m'avait invité à découvrir ce nouveau lieu de consommation vient à ma rencontre. Il a un sourire jusqu'aux oreilles. Il est fier de son chef d'oeuvre !
- Bonjour, je vais être votre guide pour aujourd'hui. Non non, ne quittez pas votre voiture. Vous allez voir! C'est assez innovant.
- Bonjour, ha ? En tout cas, ça fait une drôle d'impression votre parking et la démesure du magasin me laisse sans voix...
- Ha ha ! Et attendez, vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! Je peux monter dans votre voiture ?
- Euh, oui si vous voulez.

Nous discutons quelques instants.
Tiens, la longue file de voitures déjà sur place se met à bouger. Une grille (elle est immense!!!) se lève et laisse apparaître... d'incroyables rayonnages ! Mon hôte m'invite à suivre la file des voitures. Je m'exécute, interloquée.
Nous nous engouffrons dans le batiment. À ma grande surprise, le bruit des moteurs est plutôt ténu et l'on peut entendre une voix émanant des hauts parleurs du magasin nous souhaiter la bienvenue.
Quelques règles affichées à l'entrée :
        - vitesse maximum : 30 km / heure
        - interdiction de doubler dans les rayons
            (il faut se servir des aires de dépassement)
        - interdiction de sortir de la voiture
        - ne pas prendre d'auto-stoppeurs
Il y a également un plan mis à disposition des clients juste à côté.

À l'accueil, une hôtesse nous sourit et se tourne pour renseigner un client qui lui parle de la fenêtre de sa voiture.

Mon hôte me fait avancer dans les divers rayons. Il m'explique comment tout ce système a pu être mis au point, les moyens qui ont été développés pour créer ce magasin de toutes pièces mais aussi ce qui a dû être inventé pour que les gens qui restent dans leur voiture soient attirés par des produits qui défilent à grande vitesse sous leurs yeux. Et c'est vrai que les paquets ont l'air plus gros, plus flashy.
Étonnant !
Je roule à 20 km / h à peine. Et déjà un client-automobilste cherche à me doubler. Heureusement, il y a une zone dépassement à quelques mètres. Dans un beau bras d'honneur, il me double et pile 30 mètres plus loin pour attraper un paquet de farine. Il repart aussi sec.
Me voilà rassurée, les clients sont toujours aussi patients...

Je commence à piger le système ! En fait, on fait ses courses comme d'habitude, mais au lieu de pousser son caddie, il suffit d'ouvrir sa fenêtre et de prendre l'article que l'on souhaite acheter. Il suffit de le poser sur le siège et de continuer son tour.
Surprenant !

Je me prête au jeu et sors ma liste de courses (il faut être prévoyant...)

Bon, il faut bien se dire que le magasin a été pensé de manière à avoir envie de faire le tour de tous les rayons, comme dans un magasin traditionnel... Et les produits alimentaires, si j'en crois le plan que j'ai pris à l'entrée, se trouve à 1 km de l'accueil ! Ah oui, quand même !
Pour cette première, mon hôte me propose d'aller voir le rayon hi-fi. Les vendeurs qui renseignent les clients sont sur des scooters. Cela leur permet de circuler rapidement entre les véhicules.
Nous continuons la visite, le rayon jardinage est bien garni. En même temps, nous arrivons au printemps et la plupart des personnes qui ont un petit coin de terre ou un balcon ont envie d'y mettre des fleurs. Tout est mis à disposition ici pour satisfaire toutes les demandes : du bulbe de tulipe à la tonçonneuse, du pot en terre cuite à la tondeuse à gazon, tout est étalé sous nos yeux. (Oui, vous pensez peut-être comme moi qu'il est assez incongru de venir faire ses courses pour le jardin en voiture... certes...)
Nous passons rapidement devant le rayons textile, bricolage, parfumerie... et nous arrivons devant le rayon liquide. Les packs d'eau et de jus de fruits s'alignent à perte de vue ! Et tout est à portée de la main. C'est assez fascinant.
Je suis pressée de voir le rayon fruits et légumes. Je me demande comment a pu être pensé ce coin du magasin. Quand on arrive à côté, je ne peux m'empêcher d'être un peu déçue. Les cageots de bananes, de mangues et d'ananas sont rangés en ligne. Aucune fantaisie ici. Dommage... Mais c'est plus pratique comme ça, au moins, quand vous tendez le bras par la fenêtre, vous ne risquez pas de faire s'effondrer une pyramide de pommes. Il faut que tout puisse aller vite.
Et pour faire peser ? Vous avez un vendeur en tricycle avec sa balance sur le porte bagage, il fait le tour des véhicules pour proposer ses services... Je fais peser mon lot de tomates. À peine l'employé m'a-t-il tendu mon sachet étiqueté qu'il a déjà filé vers une voiture garée à une dizaine de mètres.
Il me reste à prendre de la viande et j'aurais terminé mes courses.
Mon guide jubile ! Il est extrêmement satisfait de la création de ce magasin. Il me dit que le chiffre d'affaire est exceptionnel ! Si dans les grandes surfaces traditionnelles, faire 8000 caddies (comprenez, 8000 clients qui passent en caisse), c'est très honorable, dans ce magasin du futur, on dénombre plus de 15000 véhicules par jour (c'est encore plus le week-end) ! Et les gens se prennent vraiment au jeu, et leur voiture étant plus grande qu'un chariot, ils ont tendance à dépenser plus...

Nous arrivons en caisse. Le flux de voiture est, c'est vrai, très impressionnant. Il y a 30 caisses. Toutes ne sont pas ouvertes, mon guide me dit que c'est normal car nous sommes en début de journée. Par contre, le samedi, tout est grand ouvert et les clients n'attendent jamais longtemps.
Je suis curieuse de savoir comment cela se passe en caisse. Je me demande comment les caissières peuvent scanner tous les articles qu'il y a dans un véhicule. Et s'il y a des resquilleurs ? Peut-on cacher des produits facilement ?
Je découvre qu'il n'y a pas de tapis de caisse. Les clients ne sortent pas du véhicule, la caissière passe juste une sorte de super douchette par la fenêtre de la voiture. Un rayon rouge scanne l'ensemble du véhicule en quelques secondes et le montant total s'affiche déjà sur la caisse.
Le client n'a plus qu'à régler.
Et hop, client suivant !
Je demande à mon hôte :
- Et il n'y a pas d'erreurs avec votre système ?
- Pensez-vous ! Ces nouveaux systèmes de scannage sont ultra performants. Il n'y a aucune chance pour qu'un article soit oublié ou passé en double. C'est l'avenir !!!

C'est mon tour de passer. L'hôtesse avance sa douchette, la passe par la fenêtre de la voiture et le temps de me demander si j'ai la carte de fidélité et mon moyen de paiement que déjà le total des courses apparaît sur l'écran installé à côté de la vitre conducteur. Le détail des courses est également visible.
Je règle mes achats et nous quittons le magasin.

L'expérience aura été troublante. À 1000 lieues de tout ce que j'aurais pu imaginer.
Je demande tout de même à mon interlocuteur :
- Vous avez bien des agents de sécurité ? Comment font-ils pour se déplacer ?
- Ha oui, bien sûr qu'il y a des vigiles, ce sont d'ailleurs les seuls à pouvoir circuler à moto dans le magasin. Ainsi, ils peuvent se rendre sur n'importe quel lieu de la surface de vente en quelques instants.
- Et c'est adapté à tous types de véhicules le magasin ?
- Oui, enfin, presque tous... Hormis l'interdiction de venir avec un deux roues, le seul souci qui reste encore c'est que les rayons ont été pensé pour être à une hauteur précise pour que lorsque vous faites vos courses, vous n'ayez pas d'efforts à fournir pour attraper vos articles. Cependant, les clients ayant des véhicules comme les 4x4 ne sont pas admis à rentrer à cause de la hauteur de l'habitacle. Nous avons également quelques soucis pour les possesseurs de petits véhicules comme les Mini, eux sont trop bas... Mais, ces véhicules représentent un tout petit pourcentage de nos clients potentiels. Donc on ne s'en inquiète pas trop. Et puis, nous développons un moyen de transports en commun. Dernier point, on reste vigilant sur les voitures qui entrent. Certains ont installé des pares-buffles à la place de leur pare-choc, mais rien de bien méchant...

Mon guide me quitte. Il semble y croire à son concept. Et moi ? Heu... un peu moins, mais je suis peut-être trop traditionnelle.
Alors que j'allais quitter cette grande surface, je me rends compte que je suis presque à sec, j'ai besoin de faire le plein de carburant... Et je ne suis pas la seule ! Et devinez quoi : c'est le seul endroit où il faut descendre du véhicule pour remplir le réservoir...

Vous en aviez rêvé (ou peut-être pas) de pouvoir faire vos courses sans quitter votre voiture ? Caissière & Corp © l'a réalisé pour vous !

EDIT : toute la vérité sur cette "sombre histoire" dans l'article "annonce officielle"

Voir les commentaires