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vos histoires de caisse (2)

31 Janvier 2008, 15:24pm

Publié par Miss pas touche

Des histoires en caisse, on en vit tous.
Voilà la suite des vôtres.

Julien
Un jour une cliente est venue avec plusieurs ouvrages dont un livre qui a pour titre « Paris à 0€" »(c'est un livre avec tous les bons plans gratuits de Paris). Une fois les articles passés en caisse, je lui annonce le montant total.
Très étonnée de la somme, elle me demande (sans aucune gêne évidement et surtout sans rire) :
- Ha bon ? autant? Mais le livre là il est gratuit. Il y a marqué 0€ sur la couverture.
Je réponds :
- Heu... madame ce livre regroupe tous les bons plans et sorties dans Paris qui vous coûteront 0€ mais le livre en lui-même, regardez (je lui montre le prix sur l'étiquette), il coûte 12€.
La dame visiblement choquée est repartie sans prendre ses articles.
- Non non je ne vais pas payer un livre où il est marqué 0€ en gros sur la couverture !!
Les client suivants ont attrapé un bon fou rire et moi aussi !

Dur dur d'expliquer que le titre n'est pas le prix... c'est comme le livre de Beigbeder : 99 francs ! Ha, mais on parle en euros maintenant ;o)


Otende
cet été, alors qu'une vieille dame (qui devait avoir plus de 75 ans) veut entrer dans le magasin par une sortie, je lui signale qu'elle doit passer par l'entrée qui est située un peu plus loin.
La personne ne s'arrête pas et sans se retourner me fait un beau doigt d'honneur!!!

Comme quoi, quel que soit l'âge, il y a des gestes qui marquent. J'aurais vu un ado faire ça, cela ne m'aurait qu'à moitié étonné, mais il paraît que les adultes sont plus sages... Sans doute pas tous.


Elyse
Un client un peu dragueur (mais pas lourd pour autant) passe une première fois à ma caisse. Quelques jours plus tard, le revoilà à ma caisse. Il est toujours aussi charmeur.
Je lui vends un sac et quand je griffonne la preuve d'achat sur le code barre, il me demande, tout sourire :
- Vous pouvez me dessiner une petite fleur ?
On ne me l'avait jamais faite celle-là ! Mais avec un grand sourire je me suis exécutée !
Il est reparti en riant, et moi j'ai gardé le sourire un moment après ça !

Voilà une excellente idée ! au lieu de gribouiller les codes barres, si on y mettait des petits dessins ? C'est bien plus ludique.
Par contre, évitez quand même le "dessine moi un mouton", c'est déjà fait.

Delphine
C'est la fin de la semaine, on est vendredi soir.
Arrivée à la caisse il n'y a pas trop de monde à cette heure, je dépose mes articles, salue l'hôtesse (qui ne me répond pas) et passe de l'autre coté préparer mes sacs pour ranger les articles.
Rien ne se passe.
J'observe plus attentivement la caissière. Elle rumine un chewing-gum en ouvrant grand la bouche et discute avec une collègue, sans me prêter la moindre attention.
Je toussote, histoire de lui rappeler que je suis là. Elle me regarde et commence alors à "biper" mes articles.
Ouf on va y arriver! Ce n'est pas super rapide mais au moins ca avance un peu!
De son côté, elle continue de discuter:
- Ouais de toute façon je l'aime pas celle là, elle râle tout le temps...
Visiblement c'est l'une de leurs collègues qui en prend pour son compte mais je perds le fil de son histoire car je ne l'écoute plus vraiment. Je suis plus occupée à me battre avec mes sacs trop petits pour tout ce que j'ai !
Le dernier article est passé...
Rien.
Elle ne me dit rien.
Elle ne me demande rien.
Elle ne me voit toujours pas.
Je tends le bras pour tourner un peu l'écran qui affiche le montant total de mes courses, histoire de savoir combien je lui dois. Je remplis le talon de mon chéquier et signe directement le chèque avant même que l'hôtesse ne l'imprime. Je lui tends le chèque vierge qu'elle me prend des mains sans me regarder.
Critt critt...
Le montant est imprimé, elle me le tend (toujours sans me regarder) pour que je le signe.
Je le lui rends...
Et là enfin elle se tourne vers moi, cale son chewing gum entre ses dents et me dit:
- ...entité
- Je vous demande pardon ?
- Votre carte d'i-den-ti-té, me lance-t-elle d'un ton autoritaire et agacé!
Ironiquement je lui réponds :
- Mais bien sûr madame, tenez la voici, sur un ton un peu trop mielleux pour être aimable.
Elle note le numéro au dos du chèque et pour couronner ce moment, la caissière ne me rend pas la carte mais la fait glisser sur les rouleaux comme les autres articles.
Je suis crevée, excédée mais je lance quand même un « au revoir » qui restera, bien sûr, sans réponse.
Il était temps que les clients racontent aussi ! Vu que dans les articles publiés jusqu'ici, je n'ai parlé que du côté caisse...  et il est vrai que si certains clients sont parfois désagréables, certaines caissières le sont aussi.
L'histoire de Delphine en est l'exemple parfait. J'ose quand même espérer qu'il reste marginal.


Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.

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Vitales les conversations téléphoniques ?

28 Janvier 2008, 22:02pm

Publié par Miss pas touche

undefined(illustration de Abe : son site)

Cet après-midi, le magasin est bondé. Les clients se pressent les uns derrière les autres aux caisses. Les caddies s'agglutinent. Pas facile d'avancer dans cet imbroglio de métal et de plastique. Difficile de trouver la caisse la moins surchargée, de trouver  l'hôtesse qui travaille le plus vite. Il ne reste plus qu'à prendre son mal en patience et espérer que l'attente ne sera pas trop longue. Les clients font la queue et comptent les minutes qui défilent bien lentement.
Et certains, plus malins que d'autres ont pris l'habitude de dégainer leur téléphone portable et de profiter de cette interminable attente pour téléphoner à leur copain / copine qu'ils devaient joindre depuis des semaines.
Cette jeune femme aux cheveux longs doit utiliser cette technique depuis longtemps. Dès qu'elle a posé son panier au bout de la caisse, le portable est vissé à son oreille.
Driiing
- Allô
- Salut, c'est moi. Comment ça va ?
...

La conversation est engagée, les unités défilent (les opérateurs de téléphonie mobile devraient remercier les files d'attente en caisse). La jeune femme se lance dans une conversation passionnante et passionnée. Elle se laisse vite porter par son enthousiasme et finit par complètement oublier où elle se trouve.
Supermarché ?
Caisse ?
Caissière ?
Articles ?
Clients ?
La conversation avec sa copine est bien trop prenante pour se rendre compte que son tour arrive à la caisse.
- Bonjour
- ...
N'insistons pas. De toute façon, la cliente n'entend pas. Elle passe tout de même de l'autre côté de la caisse, continue de raconter ses misères à voix haute, bien haute d'ailleurs.
Son rire est aigu, un brin strident. La caissière commence à passer les articles de la jeune femme.
- Nan, mais tu te rends compte ! (bip) J'ai mal au ventre depuis des jours. (bip) J'ai fini par aller voir le toubib. Il m'a dit qu'il fallait pas rester comme ça. Il paraît même qu'il faudrait que j'aille aux urgences... (bip) Nan, mais j'ai pas le temps moi ! (bip) Et puis, j'ai pas si mal que ça. Enfin quand même, il faudra bien que j'aille faire caca un jour. (bip)
Et la cliente de continuer sa conversation téléphonique, de tenter de ranger ses articles dans son sac qu'elle ne parvient pas à ouvrir (avec une main accrochée au téléphone, l'autre a du mal à gérer l'ouverture...).
Machinalement, elle met sa carte bancaire, tape son code tout en continuant sa discussion.
Le passage en caisse est fini, la cliente suivante prend place pour commencer à récupérer ses articles.
La cliente pendue au téléphone, elle, termine sa conversation par :
- Allez, je te laisse, je suis à la caisse. Salut.

Une fois la cliente partie, les sourires en coin passent au fou rire général...


Et pour les curieux, je suis passée à Vivement dimanche le 27. L'interview a été un peu coupée lors de la diffusion, mais l'essentiel du message est là. ;o) (vidéo ici)

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prochaine anecdote : complicité entre mère et fils ?

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vos histoires de caisse (1)

26 Janvier 2008, 00:30am

Publié par Miss pas touche

J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique : Les collègues prennent la parole.
Certains d'entre vous avez souhaité partager des « tranches de vie » que vous avez pu rencontrer un jour en magasin.
Je vous livre ici les premiers passages.

Chantal
Une fois, j'ai surpris une jeune maman, plutôt gauche et peu organisée, tendre son bébé à une caissière pour une séance de baby sitting improvisée, devant l'hilarité générale et les sourires que ce geste a suscité.
C'est plutôt touchant ce geste, spontané et sans arrière-pensée, un joli contact humain...

Valérie
(Je travaillais dans une grande jardinerie-animalerie)
Une dame très snob est arrivée en caisse avec sur son caddie 2 petits transats d'été. Je scanne les objets, elle paie et au moment de ranger son porte-monnaie dans son sac, sans lever la tête, elle me dit:
- Ah oui chérie, sortez les transats des cartons sinon ca ne rentrera jamais dans ma voiture !!!!
Je n'en croyais pas mes oreilles, mais lors de ma formation le directeur a lourdement insisté sur le fait que le client est ROI. J'ai  donc obéi à la dame.
Tiens, celle-là, on ne me l'avait jamais faite ! J'ai aussi entendu que dans certains magasins, le patron demandait à ses employés d'être aux petits soins avec les clients. Dans un pays où la concurrence est rude et sans pitié, tout service en plus est bon à prendre pour attirer les gens. Mais de la à passer pour une « conchita »...

Léna
Un monsieur d'un certain âge passe à ma caisse avec un très beau bouquet de fleur. Je commence à discuter avec lui et il m'explique que ce bouquet est pour sa femme et leur cinquantième anniversaire de mariage.
- Félicitations, je suis sûre que votre femme appréciera le bouquet. Il est vraiment très beau et les femmes adorent les fleurs en général.
- Oui elle les adore et surtout les roses, mais elle ne les verra pas, me répond-il.
Il a du voir que je ne comprenais pas. Il m'explique que cela fait quelques mois que sa femme a la maladie d'Alzheimer et qu'elle ne le reconnait plus.
J'étais triste pour lui et il a dû le voir. Il a payé ses achats m'a fait un grand sourire et m'a remercié pour ma gentillesse. Du coup, jusqu'à la fin de mon contrat il passait toujours à ma caisse quand j'étais là pour avoir le plaisir, comme il disait, de parler un petit peu avec une charmante caissière. Quand il a appris que mon contrat se terminait, il est repassé a ma caisse avec un petit bouquet de fleurs et me l'a offert.
Il suffit parfois de quelques mots pour ensoleiller la journée de quelqu'un. Savoir montrer de l'intérêt pour une personne, être capable d'écouter et de comprendre l'autre, c'est ce qui fait la richesse humaine.



Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.ti_bug_fck

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Une caissière, ça sait lire ?

22 Janvier 2008, 09:57am

Publié par Miss pas touche

undefinedBonjour à toutes et à tous,

Il y a quelques jours, j'avais annoncé que j'aurais une bonne surprise à vous dire.
Il est temps que j'officialise ce qui a été dit et relayé de diverses manières sur blogs et autres médias.
Un rêve se concrétise pour moi aujourd'hui, moi qui depuis mon adolescence me disais, "Ha! Si jamais un jour j'écrivais un livre..."
Tout ceci n'était qu'un doux rêve, tout ceci n'était qu'une vague idée.
J'ai bien évidemment, comme beaucoup d'autres, essayé de me lancer dans l'aventure du roman, de trouver une idée captivante, mais écrire un roman de fiction est loin d'être aisé. Trouver l'Idée qui fera tenir en haleine le lecteur est un grand défi.
Les années ont passé, les études, le boulot, la vie de famille, les aléas divers que l'on connaît tous...
Et puis ce blog.
Travail d'écriture, recherches incessantes de nouvelles idées, envie de partager quelque chose.
Loin de moi l'idée au départ de transposer ces textes sur papier, le blog était une belle aventure, un bon moyen aussi pour moi de m'obliger à écrire régulièrement et essayer de faire passer mon message tout en gardant la pointe d'humour nécessaire car sourire de nos (més)aventures est un bon exutoire et permet de relativiser sur beaucoup d'autres choses.

C'est fait ! J'ai signé un contrat avec une maison d'édition et le travail de réécriture est en route. Bien sûr, les textes publiés sur ce blog sont et seront retravaillés afin d'atteindre, je l'espère, une meilleure qualité de lecture.
Les Tribulations d'une caissière sortira en juin aux éditions Stock.

Je suis très fière de vous l'annoncer et j'espère très sincèrement que ce livre vous plaira.
Il aura le même ton léger que ce blog, je ne souhaitais pas qu'il devienne un tract social ou une critique acerbe. Mon but était et restera : réhumaniser un peu ces hauts lieux de consommation où produits, employés et clients finissent par être tous formatés. Le fait de raconter des petits moments que nous vivons à nos caisses est un moyen comme un autre de quitter la transparence que nous avons trop souvent.

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Je tiens aussi à m'excuser pour tous les mails auxquels je n'ai pas répondu. Je les ai tous lus avec attention, j'ai été très touchée par nombre d'entres eux et je me rends compte que ce blog a une utilité pour beaucoup qui se reconnaissent dans leur travail et qui relativisent comme je l'ai fait.
Merci beaucoup pour tous vos messages.

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Autre information, j'ai envie d'ouvrir un peu ce blog aux autres caissiers et caissières.
Si vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en caisse, une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante. Si vous avez envie de la partager, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est : ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.
Vous avez déjà été plusieurs à m'envoyer quelques histoires, je vais faire un petit travail de recensement et ils apparaitront bientôt dans ces pages.

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Le grand rush de Noël (2)

17 Janvier 2008, 22:32pm

Publié par Miss pas touche

undefined(illustration de Abe : son site)

Les gens se pressent.
Les caddies sont pleins.
Toutes les caisses sont ouvertes.
Un amalgame de denrées et de cadeaux s'étalent sur les tapis de caisse. Les clients semblent souvent soucieux. Leurs regards restent fixés sur leurs courses.
C'est le grand rush de Noël !
Les « bonjour » sont discrets, les sourires à peine esquisés.
L'esprit de Noël est bien peu présent cette année. À croire que cette fête est devenue une véritable corvée et contrairement aux années précédentes, tout cela est vu comme un passage obligé où la joie de se retrouver aurait laissé place à une sorte d'obligation familiale ou de dépenses forcées. Le montant des courses est élevé, les tickets de caisse à trois chiffres sont nombreux.

Si l'alimentaire est évidemment très présent (c'est le 24 aujourd'hui, jour de fête), les achats pour les cadeaux sont extrêmement nombreux. Comme si tout le monde ou presque avait attendu la dernière minute pour prendre les présents. Pourtant les années précédentes, on constatait que les cadeaux étaient prévus à l'avance, réfléchis et choisis avec soin. Cette année, il y a eu comme une rupture. Cela se ressent tout particulièrement en caisse : plus d'agressivité, plus de stress, plus d'empressement.

Déjà, certains clients s'offusquent lorsqu'ils apprennent que le magasin ne sera pas ouvert le 25 (même pas le matin ? demandent certains). Comble de désespoir, ce soir, la grande surface ferme même deux heures plus tôt que d'habitude. Tout simplement inadmissible pour ceux qui sont arrivés trop tard pour faire leurs courses...

18h50
Les grilles sont baissées de moitié afin que les clients (encore très nombreux) dans les rayons se dirigent vers la sortie.
18h55, un agent de sécurité refuse l'accès à la surface de vente aux retardataires. Certains clients s'agacent ! Pour apporter un impact visuel à cet « interdit » de dernière minute, des cordons ont été tendus à l'entrée du magasin entre les portiques anti-vol. Qu'importe ! Une cliente, plus maligne que les autres, passe dessous et file dans les rayons.
- J'ai travaillé, moi ! lance-t-elle par-dessus son épaule.
...
Tiens, les employés de la grande surface ont certainement passé la journée à se tourner les pouces dans les réserves.

Ce soir, je suis en caisse à l'espace culturel du magasin. Pour inciter les clients à sortir du magasin, les grilles sont, ici aussi, baissées de moitié une dizaine de minutes avant la fermeture. Cela ne semble pas intriguer les gens outre mesure. Un seul mot d'ordre compte « Vite, les cadeaux ne sont pas achetés ! Il ne faut pas arriver les mains vides. »
Les bruits de pas sont précipités. Les mains des gens survolent les rayons, prennent la première chose qui leur passe sous les doigts. Même geste plusieurs fois d'affilée jusqu'à obtenir un « truc » pour chaque personne qui doit avoir un cadeau.
La file d'attente est longue pour passer en caisse. Les clients sont souvent chargés !
Et lorsque par malheur, il n'y a plus un livre, un jeu vidéo ou un DVD qu'ils voulaient absolument, le scandale n'est pas loin.
- Rupture de stock ? Je ne veux pas le savoir ! J'en ai besoin !

Achats compulsifs, souvent irréfléchis. On me demande presque tout le temps en caisse :
- Si ça ne convient pas, je peux rapporter l'article ?
Question anodine mais pourtant lourde de sens. On achète, on réfléchira après.

Autre grand moment de stress à l'heure de la fermeture, qui va emballer ces paquets destinés à être offerts dans ½ h ?
- Vous faites les paquets cadeaux ? Non ? Mais, je fais comment moi ?
Heureusement, on offre des pochettes cadeaux. Invention très pratique qui ne demande aucune compétence ès emballage... mais pour certains, c'est tout de même de trop.
- Vous ne faites pas mes paquets? s'offusquent-ils.
Il est 19h, il y a une dizaine d'articles à emballer et encore de nombreux clients derrière.
Surtout, rester calme, et expliquer gentiment au client que non, on ne fait pas les paquets mais que l'on donne des pochettes cadeaux et qu'il est très facile de glisser l'article dedans et d'ajouter un petit morceau de ruban adhésif.
Le client, comprenant que de toute façon, nous ne ferions pas ses paquets, grogne un peu pour le plaisir...
- Z'avez pas une autre couleur ? Elles sont moches celles-là !

Le centre culturel va enfin fermer, les lumières ont été éteintes. Il ne reste plus qu'un faible éclairage en caisse. Qu'importe ! Certains clients restent dans les rayons et tentent d'apercevoir dans la pénombre les livres et autres convoitises recherchés. La chasse aux cadeaux n'est pas encore terminée !
Tant bien que mal, on parvient à faire venir les derniers clients en caisse. L'ultime est passé. Les grilles se ferment. Soupir de contentement général, la journée a été rude, les clients se sont suivis à une vitesse effrénée.
Et soudain, on entend derrière les grilles closes :
- Laissez-moi entrer ! Il faut que j'achète un livre.
- C'est fermé madame,
lui répond un vendeur.
- Quoiii ? Mais, c'est pas possible, je peux pas arriver au repas les mains vides ce soir !
- C'est fermé madame.


Ah, si seulement les magasins ne fermaient jamais...

Heureusement qu'à côté de cette grande débandade, des clients venus faire leurs achats aujourd'hui avaient le sourire et nous souhaitaient un joyeux Noël, ces petites rencontres permettent de mieux affronter les gens maussades.
L'esprit de Noël est plus faible que jamais, il en reste encore une parcelle. Et nous, on a une seule hâte : rentrer chez nous pour retrouver nos familles et passer une soirée festive.

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prochaine anecdote : conversation téléphonique vitalek

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Le grand rush de Noël (1)

12 Janvier 2008, 19:28pm

Publié par Miss pas touche

(Retour en arrière de quelques jours)
Nous sommes le 24 décembre aujourd'hui. Ce soir, dans beaucoup d'habitations, la fête battra son plein, les petits plats seront déposés dans les grands, le salon déjà décoré et au pied du sapin, les paquets multicolores attendront sagement d'être frénétiquement déchirés par leurs heureux destinataires.
Noël est devenu aujourd'hui un moment privilégié où les familles se réunissent pour faire la fête (nous sommes bien loin de la fête religieuse chrétienne, mais là n'est pas l'objet du débat).

Afin de satisfaire au mieux cette clientèle pressée venant acheter les derniers ingrédients indispensables pour mener à bien ce grand marathon du 24 décembre, les grandes surfaces ouvrent leurs portes plus tôt que d'habitude. Il est vrai que la préparation du repas ce jour-là demande généralement plus de temps qu'à l'accoutumée.
Ce matin, la grande surface a donc ouvert ½ heure en avance. A 8h20, les caddies se massent à l'entrée du magasin, attendant avec impatience l'ouverture des grilles d'entrée. Leurs ventres vides n'attendent qu'un signe pour engouffrer goulûment tout un tas de produits.

8h30. Les grilles remontent dans un bruit de métal pour offrir au regard des clients des rayons bien remplis.
Le ballet peut commencer.
Les gens se précipitent à l'intérieur du magasin. Les pas sont pressés, certains marchent, d'autres accélèrent et courent jusqu'au lieu stratégique : la poissonnerie. L'étalage des huitres, des poissons et autres crustacés sont le but ultime pour la plupart des clients ce matin.

Courir dès l'entrée du magasin.
Devancer les autres clients qui s'y précipitent.
Dernier virage.
Passage express au rayon surgelés, fugace sensation de froid.
Rayon poisson enfin (à l'autre bout de l'entrée évidemment!).


Victoire ! Le premier arrivé au rayon peut prendre tranquillement son ticket (le n°1) et se faire servir par les employés. La valse des crevettes et bigornaux est lancée.

A peine ½ heure après l'ouverture, il y a déjà foule dans ce rayon. Ceux du traiteur, du boucher et du pâtissier font également « rayon comble ».
C'est l'effervescence générale et la journée ne fait que commencer.

A 11 heures, l'attente pour se faire servir son plateau de fruits de mer est longue. Il y a près de 100 personnes qui s'arment de patience. Les clients finissent par soupirer et commencent à se presser autour du grand étalage qui sent bon la marée.

BIP
- Au suivant : n°35 s'il vous plaît, lance d'une voix forte la poissonière.

Un client qui venait juste de prendre son ticket n'en revient pas. Alors que des dizaines de personnes sont amassées près des crustacés, c'est le numéro qu'il vient d'avoir qui est appelé.
Ni une, ni deux, sourire aux lèvres, il s'avance vers l'employée.

Coup de théâtre

Un autre client ayant le même numéro vient de lui souffler sa place.
Les sourires disparaissent aussitôt pour laisser place à l'agressivités et au doux noms d'oiseaux.
- Ça fait une heure que j'attends ! Et c'est mon tour, lance l'homme en agitant son ticket.
- Pas du tout, c'est mon numéro que la dame a appelé.
- Non, c'est le mien.

Ils comparent leur ticket et force est de constater que le n° 35 est indiqué sur les deux. Aïe!
Le ton monte, les deux clients s'engueulent carrément, chacun accusant l'autre. Evidemment. Les mains se crispent et forment des poings saillants. La loi du plus fort l'emporterait-elle sur la discussion ?
Avant que tout ne dégénère, l'explication est donnée par l'employée. Plus de 100 clients attendent, les numéros affichés indiquant le client suivant n'a que 2 chiffres. Lorsque la boucle est bouclée, on repart à zéro, c'est la cause de ce malencontreux incident.

Le soufflé retombe.
Certes le client qui venait d'arriver est déçu mais avec une explication claire et sans équivoque, il est plus facile d'admettre ses torts. La bagarre a été évitée de justesse.
La tension reste palpable mais les cris se sont tus. Des caisses, on a pu entendre quelques éclats de voix, puis le brouhaha habituel s'est réinstallé.


Les caisses... Parlons-en justement ! (suite au prochaine article)

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Si ces derniers jours, je n'ai pas pu poster d'articles, je m'en excuse, mais les médias s'étant pris de passion pour mon blog de caissière, j'ai été sollicitée un peu partout.
Une bonne surprise arrivera très bientôt également ;o)

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Dernier jour - dernières heures - derniers clients

5 Janvier 2008, 09:01am

Publié par Miss pas touche

Nous sommes le 3 janvier.
Ce sera ma dernière journée à travailler en caisse. Tous ces gestes quotidiens, machinaux ont un autre goût aujourd'hui.
J'arrive en caisse centrale et lance comme chaque jour mon « bonjour ». C'est la dernière fois que je vais regarder le tableau afin de connaître mon emplacement sur la ligne de caisse.
Caisse 12 jusqu'à 15h puis 13 jusqu'à 21h pour mon ultime prise de poste.
Comme d'habitude, je jette un oeil à mon caisson et regarde si j'ai assez de rouleaux pour la journée. Je demande des 1 et 2 € cette fois-ci encore. Je prends avec moi quelques feuilles de sopalin (histoire d'avoir toujours de quoi nettoyer sa caisse en cas de besoin), quelques pochettes de prélèvement (afin de ne jamais avoir trop de billets de banque à mon poste de travail) et quitte la caisse centrale.
Il ne me reste plus que quelques heures dans cette entreprise. Même les clients que je vais rencontrer aujourd'hui, ce ne sera plus pareil. Je me demande bien qui sera le dernier à passer à ma caisse avant que je ne rende définitivement mon tablier.
Il est midi. Le magasin est à une heure de pointe. J'ai à peine le temps de faire quelques pas que je sens juste derrière moi un bonhomme avec son caddie qui me suit de près. Quelle satisfaction pour lui, une caisse va ouvrir sous ses yeux, il n'aura pas besoin de patienter ces 3 ou 4 longues minutes à une caisse déjà occupée par quelques clients...
- Vous ouvrez ?
...

Les clients défilent les uns après les autres, il y a tellement de monde que j'oublie presque que c'est mon dernier jour. La force de l'habitude...
Les heures passent, la journée tire à sa fin. Quelques rencontres bien sympathiques avec des clients qui ont lu ce blog, ils me disent qu'ils ont trouvé l'idée formidable et m'avouent avoir même changé de comportement avec les caissières. Voilà un beau cadeau de départ pour moi.
20H45 – message de fermeture de l'hyper.
Le magasin se vide, les derniers clients arrivent en caisse. La soirée est calme.
20H55, mes derniers clients ! Un couple avec des enfants. On discute quelques instants. Voyant mes collègues me souhaiter bonne chance pour la suite, ils comprennent que c'est mon dernier jour.
Bip bip
- On est vos derniers clients alors ?
Bip bip
- Oui. Mes tous derniers. bip Très curieuse sensation d'ailleurs. Bip bip. Avez-vous la carte de fidélité ?
- Non.
- Ça  vous fera 62,55€ s'il vous plaît.
- Je paie par carte.
- Allez-y, vous pouvez mettre votre carte bancaire.
- Voilà vos tickets. Je vous souhaite une excellente soirée.

- Merci. Et bonne chance à vous pour la suite.
- Merci beaucoup. Au revoir.


Et voilà, mon tout dernier « bonsoir » et quelle chance de partir avec une ultime rencontre aussi agréable que celle-ci.

La journée est terminée. J'ai pris le temps de nettoyer une fois encore le tapis de caisse et mon environnement de travail. Tout ceci est pourtant si machinal qu'on en oublie presque la fonction. Ce soir, je sais consciemment que c'est pour que la collègue qui prendra la place demain ait un environnement correct pour démarrer sa journée. Je me demande d'ailleurs qui me remplacera demain matin ? Ça, je ne le saurai pas. C'est bien le genre de chose à laquelle on ne pense pas d'habitude.
Je ramasse dans les tiroirs les coupons de réduction, les chèques déjeuners et autres bons récupérés au cours de la journée que je devrai remettre en caisse centrale tout à l'heure.
Dernier coup d'oeil à ma caisse.
Dernier regard de ce côté là de la caisse.
Tout est en ordre, plus rien ne traîne.
J'ai enlevé la poubelle, récupéré les articles que les gens ont laissé traîner. Mon caisson sous le bras, je parcours une dernière fois la ligne pour me rendre en caisse centrale. Le carrelage blanc a l'air de fuir devant moi. Ses grandes lignes s'allongent indéfiniment. Mes pas prennent pourtant le même chemin que j'ai suivi ces dernières années quotidiennement ou presque. Difficile de me dire que la prochaine fois que je viendrai, ce ne sera plus qu'en « simple » cliente. Je ralentis un peu la cadence, je souhaite garder encore un peu mon esprit ici.
Les dernières grilles du magasin se ferment dans un bruit sourd de métal. Les lumières blanches un brin aveuglantes s'éteignent. Il ne reste plus qu'une lumière tamisée. Mes bruits de pas résonnent dans ce grand magasin vide. Un bip solitaire se fait encore entendre, comme un au revoir de ces caisses que j'ai utilisées toutes ces années. Il est temps de rejoindre la caisse centrale et d'effectuer mon ultime comptage. Le compte est bon ! Le maniement des pièces et des billets qui coulent dans mes mains reprennent le chemin de mon caisson noir que j'ai fermé une dernière fois. Remis à mes collègues en caisse centrale, l'étiquette avec mon nom sera enlevée bientôt et donné à une personne qui me remplacera.
Un nom, un numéro interchangeable. La caissière n'est souvent que de passage, les employés défilent et se ressemblent... ou pas.
- Bonne soirée les filles ! Bon courage pour la suite.
Je pointe une dernière fois. 21H15, je suis pile à l'heure. Ah, cette pointeuse capricieuse qui demande souvent à ce qu'on repasse notre carte magnétique car elle ne parvient pas toujours à lire la piste du premier coup... Cette fois, c'est moi qui t'ai eu ! Ma carte changera elle aussi de main demain ou un peu plus tard.
Les employés défilent et se ressemblent... ou pas.



Je crois que cette ligne de caisses de quelques dizaines de mètres me hantera encore longtemps. Les lumières, le fond sonore, les visages plus ou moins familiers de clients que j'ai croisé pendant ces  années, ceux avec qui j'ai échangé quelques mots, ceux avec qui une connivence s'installait le temps du passage en caisse. Tous et toutes les collègues que j'ai pu croiser au cours de ce travail, de vraies amitiés se sont liées, les hôtesses de caisse souvent soudées, peut-être l'impression d'être de la même famille. On sait ce que chacune vit et pas besoin de faire de longs discours pour se comprendre. Ça aura été une belle ambiance pour travailler.
Alors, merci à mes collègues avec qui j'ai passé de bons moments, de bonnes parties de rigolades où on a refait le monde bien des fois. La salle de pause aura été un grand auditorium où notre société aura été décortiqué des milliers de fois.

Merci aussi à vous chers clients qui avez pris le temps de papoter quelques instants avec nous, d'avoir échangé un sourire ou un regard, d'avoir souhaité une bonne journée et de l'avoir pensé. Merci aussi pour ces fous rires échangés, ces histoires qui parfois nous bouleversent, pour votre gentillesse, car certains mots nous touchent en plein coeur.

Tout cela se tait pour moi aujourd'hui. 8 ans de caisse derrière moi.
Je pars avec un grand sac de provision de souvenirs.

Et demain ? Une nouvelle aventure commence pour moi, les joies de l'interim.

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Non, ce blog ne va pas s'arrêter là. Des anecdotes, il m'en reste des tas dans mes carnets de caisse. Mais aujourd'hui est une journée un peu spéciale et j'avais envie de la partager avec vous. Car depuis jeudi soir, 21h15, je ne suis plus hôtesse de caisse. Je suis repassé de l'autre côté de la barrière et du miroir et suis redevenue une cliente parmi les autres.

Merci à vous chères lectrices et chers lecteurs car je sais que beaucoup d'entre vous avez appris à avoir un regard plus ouvert envers les caissières que vous rencontrez.

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Au fait : reportage de France 3 Ouest (passé mercredi 2 janvier - aux infos régionales) > vous pouvez le voir ici.  (environ 3 mn)

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2008 déjà

2 Janvier 2008, 07:02am

Publié par Miss pas touche

L'année 2008 est arrivée à toutes vapeurs.
L'année 2007 aura été synonyme de bien des changements, de bien des évolutions.
J'espère que ce blog qui se voulait bien modeste au début aura permis à beaucoup de gens de mieux comprendre le métier d'hôtesse de caisse. Un métier si basique et si répandu qu'on en a trop souvent oubié la personne qui est derrière.
Ce blog avait pour but de mettre en lumière mon métier non pas d'un point de vue négatif mais bien pour vous faire découvrir des personnes à part entière qui sont derrière leur caisse et qui savent encore apprécier ce travail.
Je pense y être parvenue.

Je me suis rendue compte que beaucoup de caissières (de supermarchés mais pas seulement, car toute personne amenée à rencontrer du public vit un peu la même chose) se sont retrouvées à travers ces divers articles. Nous vivons toutes la même chose.

J'espère que vous qui êtes tombé un jour sur ces "tribulations d'une caissière" avez découvert l'envers du décor, avez souri sur nos comportements à tous.
J'espère que cela vous aura permis de rouvrir les yeux et d'avoir repris l'habitude de dire bonjour. Un mot si simple et pourtant à la base de toute communication.

Et pour bien terminer l'année, j'ai été élue (à ma grande surprise) par les journalistes du Télégramme 4e bretonne de l'année 2007 (après le trio de tête : Jean Jouzel, Renan Luce et Yelle). Comme quoi, les caissières n'ont pas fini d'étonner... ;o)



Je vous souhaite à tous mes meilleurs voeux pour 2008.
J'espère qu'elle sera pleine de bonnes surprises pour chacun d'entre vous.
Bonne année à tous !

Anna



Je vous joins un poème que m'a envoyé un internaute.
C'est une magnifique ode à la caissière. Un texte écrit avec beaucoup de sensibilité.
Merci pour ce superbe texte.

La caissière
 
Et s’écoulent les heures, défilent les chalands,
Avalanche d’articles, sur le tapis roulant,
Pas le temps de rêver, elle travaille vite
Libère le client avant qu’il ne s’irrite.
 
Elle reste polie même quand l’acheteur
Ne daigne pas répondre à ses salutations
La toisant d’un regard qui se veut supérieur
Quand au téléphone il poursuit sa discussion.
 
Calmement elle explique aux clients avinés
Qu’il faut aussi payer la bouteille entamée
Ou réclame avec tact, l’article bien caché
Dans le fond du chariot ou le fond du panier.
 
Au quidam incivil, au client trop pressé
D’un coup d’œil vigilant elle fait respecter
Les ordres de passage et la priorité
Due aux vieilles personnes et aux handicapés.
 
Il est donc inutile de vous irriter
Si elle vous demande votre identité
Plutôt que de pousser, agacé,  un soupir
Pensez à lui laisser votre plus beau sourire.
 
Gérard Bujet


Ce texte n'est pas libre de droit et appartient à son auteur dans son intégralité.


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ps 1 : Avant de lancer de fausses rumeurs, non, ce n'est pas la fin du blog... juste la fin de l'année ;o)
ps 2 :J'ai un peu de retard au niveau de la publication d'articles en ce moment. Avec la joie des déménagements, j'attends avec impatience le retour de l'adsl chez moi.

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