Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Leçon de vie

30 Juin 2009, 11:00am

Publié par Miss pas touche

(illustration de Èm - son blog)

Il est certains mots, certaines actions, certains principes derrière lesquels nous courons tous plus ou moins. Il en est un (parmi d'autres) auquel je tiens particulièrement. Lorsque je rencontre une personne et que nous sommes amenés à avoir un échange verbal bref ou long, j'entame toujours par un "bonjour" (ou "bonsoir" ou "salut" selon la circonstance et l'interlocuteur...).
Comment ? Vous dites ? Cela n'a rien d'extraordinaire ? C'est même complètement banal ? Mais vous avez parfaitement raison ! Cependant, pour un certain nombre (voir un nombre certain) de nos contemporains, ce doit être un concept tellement abstrait, tellement éloigné de leur vie que ce terme semble juste absent de leur dictionnaire (un peu comme le "merci" et le "s'il vous plaît" d'ailleurs...)

Il y a déjà quelques mois, je vous avais relaté cette histoire : on dit bonjour d'abord.
A l'époque, forte de ce principe et de ces illusions, j'espérais sans doute apporter un peu d'humanité et de chaleur (oui, je suis très utopique, mais sans rêve, j'ai l'impression de manquer quelque chose d'essentiel dans ma vie) lors de mes rencontres avec mes clients.

Seulement, on ne sait jamais qui on rencontre... Et ce jour là, il eut certainement mieux valu que j'observe avant de parler...


Une cliente avec une poussette arrive à ma caisse. Tout sourire, je lui lance un bonjour (comme c'est original...). Au même moment, la jeune femme s'était penchée vers la poucette et s'occupait du petit qui était à l'intérieur. Elle était donc dos à moi et sur le coup, j'ai pensé qu'elle ne m'avait pas entendu.
Je réitère :
- Bonjour

pas de réponse

Un peu plus fort :
- Bonjour

Toujours rien

Je persévère encore :
- Bonjour

silence

Le manège dure comme ça pendant environ 30 secondes. La cliente était toujours penchée sur la poussette. Je lance encore quelques "bonjour". Oui, on pourrait prendre cela pour de l'acharnement mais autant d'indifférence m'agaçait...

Puis, quand la cliente se tourne enfin vers moi, j'ai perdu tout sourire et suis à la limite d'être carrément désagréable...
Sans grande conviction, je tente un dernier "bonjour" et la cliente, elle tout sourire, me fait un geste de la main et me dit bonjour en langage des signes.


Vous savez quoi ? Ce jour-là, c'est moi qui ai reçu une leçon de vie et pas des moindres...
On ne sait jamais qui est face à nous. Juger est tellement facile quand on ne sait rien de l'autre !


----
ticket de caisse bis :
J'ai envoyé une newsletter dimanche soir. L'objet de ce mail était de vous demander de répondre à un petit sondage sur les préoccupations principales des caissières et caissiers.
Exclusivement réservé aux employées et employés de caisse.
Si vous n'êtes pas inscrits à cette newsletter mais que vous souhaitez participer (plus nous serons nombreux à répondre, plus le résultat aura de poids), vous avez toutes les infos sur le forum : ICI
Vous pouvez répondre en commentaire à la fin de cet article ou m'envoyer vos réponses par mail (contact)
Merci beaucoup à toutes celles et ceux qui ont déjà répondu et surtout n'hésitez pas à faire passer ce sondage auprès de vos collègues.

Voir les commentaires

Et le théâtre sera...

26 Juin 2009, 15:30pm

Publié par Miss pas touche



Les projets avancent, certains aboutissent, d'autres plus difficilement ou sont encore en gestation... En réalité, rien ne se fait en claquant des doigts et demande toujours du travail... mais il y a des projets qui avancent et qui sont bien près d'aboutir.

Il y a quelques temps déjà, j'ai fait allusion à une pièce de théâtre adaptée des "tribulations", celle-ci est en excellente voie. J'ai d'ailleurs eu la chance d'assister le mois dernier à la première lecture de la pièce (cela veut tout simplement dire que les acteurs qui joueront la pièce l'ont lue auprès d'un public de professionnels, le tout sans décor mais avec un minimum de jeu de scène).
Et je dois bien avouer que j'ai beaucoup ri, le ton du livre reste présent, les messages aussi mais le fait d'être joué, adapté plus ou moins librement permet une nouvelle  vision sur le monde des caisses.
C'est aussi extrêmement touchant de découvrir ses textes avec un regard extérieur, de voir qu'on peut leur donner une autre intonation que celle imaginée depuis le début de l'écriture...
C'est un moment rare, un moment unique.

La pièce :
Des caddies qui dansent, des caissières qui chantent, des clients qui râlent, des animateurs qui pulsent, "les tribulations d'une caissière" une comédie qui "bip" dans un décor de bande dessinée sur fond de jingles. Une comédie tout aussi cruelle qu'hilarante.


Voilà le tout premier extrait de la pièce (car oui, la pièce est aussi en partie chantée !) :
 


Pour en voir plus et pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog dédié (géré par la compagnie de théâtre) :
lestribulationsdunecaissiere.blogspot.com

Sur ce site, vous aurez aussi l'occasion de voir comment naît un projet, comment il se construit et les différentes étapes (nombreuses et cahotiques) qui existent avant de parvenir à aboutir à un spectacle en bonne et dûe forme.
Mais c'est aussi passionnant de voir comment tout se crée, tout se monte.


Adaptation de Jacky George Canal
Juste Cause Compagnie
Casting :  Gabrielle Bonacini, Emmanuelle Balas, Rochelle Grégorie, Jacky George Canal

Voir les commentaires

6 minutes

18 Juin 2009, 11:00am

Publié par Miss pas touche

En écoutant le dernier album d'Olivia Ruiz, (Miss Météores) j'entends la "chanson cachée" à la fin et ça m'a donné envie d'en faire ce qui suit... Ce n'est qu'un exercice de style sans prétention, un simple amusement :-)



La version originale (à partir de 2mn30) :
"6 mètres" est après la chanson en anglais, très agréable à écouter aussi au passage




6 minutes
Plus que 6 minutes pour parvenir à la pointeuse, s'affaler enfin dans le métro, la victoire amère de la fin de journée.
6 minutes, rien que 6 minutes
Le corps mutilé des charges lourdes portées, des sacs soulevés, casser les reins pour son salaire et son sourire aux enchères.

6 minutes
Juste 6 minutes
caisse fermée et caisse immaculée, brandissant le produit nettoyant accompagné du rouleau d'essuie-tout avec la rage du nettoyage express.

5 minutes
les plus longues
5 minutes écumant et se pressant sur la ligne de caisse, vaciller au dernier mètre par un client rêvant vous voir ouvrir seulement pour lui.

2 minutes et puis la dernière et soudain l'envie de plus rien ou juste de fermer le magasin, l'envie de dépasser toutes les limites de l'interdit et rire d'une overdose de silence.

Déserter à 20 secondes.
À 20 secondes de la sortie.
Être prostré et regarder s'écouler les autres secondes qui passent, les autres caissières se pressent devant, les envier jusqu'à la dernière, refuser de vous laisser abattre et servir votre nouveau dernier client.

Et puis 6 minutes, si minutes pour tous.
Ni Dieu devant, ni chiens aux trousses.
6 minutes, si minutes pour tous et plus de maîtres, que le désir d'être et renaître, se redresser, lever le bras, être ensemble, vainqueur tous ensembles, des millions de « c'est fermé » ex aequo. Millions de champions illégaux.

Ensemble, escalader les marches, tous ensemble passer la pointeuse.
6 minutes, plus qu'à 6 minutes, plus qu'à 6 minutes.

Voir les commentaires

Conseils d'amie à la clientèle - extrait

2 Juin 2009, 11:10am

Publié par Miss pas touche

Bonjour à toutes et à tous,

Le grand jour arrive très bientôt... Conseils d'amie à la clientèle sort en librairie le 10 juin prochain.
Hier, j'ai pu admirer mon tout nouvel ouvrage chez Stock.
J'adore ce genre de pile, ça donne un aperçu assez étrange de son travail.


Mon nouveau bouquin est 100% inédit et si le thème est toujours centré sur le commerce, ce ne sont pas les textes du blog et ce sera donc une découverte de lecture pour tous.


Alors, de quoi il parle ce livre ?
Déjà, soyons clairs. Ce n'est pas une suite des Tribulations. Disons que c'est une autre vision du monde du commerce et de la grande distribution. Cette fois, j'ai pris le point de vu du consommateur et j'ai mis en avant un certain nombre de situations étonnantes, désobligeantes, surprenantes, décalées... le tout avec humour.

Je vous livre ici le premier chapitre pour vous donner, j'espère, envie de lire la suite...
Vous remarquerez rapidement que le ton est le même que pour les "tribulations".

 Chaptire 1 de Conseils d'amie à la clientèle - Anna Sam - éditions Stock

Portes ouvertes
17 janvier




   15 h 30.
   Tiens, un bruit bizarre du côté des boîtes aux lettres ?! Étrange, le facteur est passé ce matin. Vous avez reçu votre lot de factures habituelles : gaz, eau, électricité, téléphone, crédit à la consommation… Les bonnes nouvelles quotidiennes sont déjà tombées.
   Curieuse, vous allez tout de même jeter un œil pour voir ce qu’on a pu déposer à la place du courrier. La clé dans une main, vous ouvrez votre boîte aux lettres sans grand enthousiasme. À peine avez-vous entrouvert la porte que de nombreux prospectus dégueulent de la bouche béante de cette boîte de Pandore moderne. Des papiers multicolores de toutes tailles vous tombent sur les pieds.
 
   Un cri vous échappe. Un « cadeau » vous a lâchement broyé le pied : un carreau de carrelage – un échantillon gratuit ? Ils ne reculent devant rien ! – a glissé parmi tous ces journaux encombrants.
   En boitillant, vous ramassez tous ces papiers et vous retournez dans votre cuisine. Vous posez la pile sur la table et y jetez un œil distrait tout en massant votre pied endolori.
   Machinalement, vous dénombrez pas moins de douze dépliants vantant les mérites de notre belle société de consommation.
Trois pour le prix de deux – sur certains articles très particuliers – harangue le premier papier comme si vous étiez sur la place du marché.
Remises exceptionnelles : économisez 50 % sur des milliers de produits scande le second – signalés en magasin par une pastille rouge, la verte équivaut à 5 %.
   Vous préférez une télé géante à écran plasma rien que pour vous, à un prix défiant toute concurrence ? C’est par ici – le crédit proposé défie quant à lui toute logique, mais les précisions figurent en si petits caractères que vous ne les voyez même pas.
   Et gagner un tour du monde en moins de 80 jours – plus exactement en 7 jours, 6 nuits, demi-pension, prévoir un supplément pour l’avion –, ça vous fait rêver ? Venez participer à notre semaine spéciale couleurs où tout article bleu vous donne une chance de participer au tirage au sort – un lot sur l’ensemble des magasins participants.
   Et ressembler à Claudia Schiffer, ça vous branche ? Le prospectus suivant met en avant les produits de beauté que les plus grands mannequins utilisent, – incroyable, les agences de mannequins se fournissent dans votre supermarché préféré !
   Vous préférez sans doute vous mettre l’eau à la bouche avec des produits du terroir, du « fait maison » artisanal proposé dans pas moins de cent cinquante grandes surfaces sur tout le territoire – vous voulez connaître la taille de la marmite servant à la cuisson de ce bœuf ? Reportez-vous au guide des records !
   Et cela continue sur toutes les pages, chaque produit vous donnant envie de le faire atterrir dans votre panier (ou mieux encore, dans votre caddie, beaucoup plus grand…) lorsque vous irez faire vos courses demain matin. Heureusement, vous n’êtes pas dupe, vous savez bien que tous ces produits, aussi beaux et peu chers soient-ils, ne pourront jamais être tous à vous, votre carte bleue ne vous autorise pas de découvert de plus de 500 €. Et quand bien même tout cela vous ferait envie, vous n’avez pas besoin de tout ce fatras…
   Vous êtes une consommatrice avertie, nuance…

   Vous ouvrez quelques prospectus au hasard, regardant même d’un peu plus près celui de votre magasin habituel. Après tout, avec un peu de chance, vous allez trouver des produits que vous achetez régulièrement. Vous tournez les pages sans réelle conviction : les téléviseurs sont trop chers et le vôtre fonctionne parfaitement (même si… un écran plat et la haute définition vous plairaient bien), la page alimentaire vous attire un peu plus. Vous n’êtes pas grande cuisinière et vous avez malgré tout envie de proposer à votre famille de bons petits plats « faits comme à la maison ». Vous en notez quelques-uns qui ont l’air appétissant et vous tournez la page. Vous tombez sur les DVD. Tiens, le dernier Harry Potter sort la semaine prochaine ? Si vous le réservez cette semaine (avec des arrhes de 10 €), vous bénéficierez d’une réduction de 5 € sur le jeu vidéo qui sort dans moins de deux mois (mieux vaut ne pas perdre le coupon de réduction !). Votre aîné est fan de ce personnage ? Depuis six mois il vous harcèle pour avoir le DVD à la sortie… Et si vous lui offriez le jeu vidéo pour Noël ? Finalement, ça pourrait être une bonne affaire…
   Afin de ne rien oublier, vous commencez à noter vos courses sur un morceau de papier et ajoutez le DVD sur la liste.
   Au bout d’une petite demi-heure, vous avez inspecté tous les prospectus, épluché chaque page et découvert un tas de produits dont vous avez besoin (en promotion dans trois magasins différents). Tout bien réfléchi, vous n’allez certainement pas courir dans différents supermarchés pour faire le plein de votre caddie. Mais qu’importe. Sur le coup, vous êtes satisfaite de voir toutes les économies potentielles. Qu’il est bon de pouvoir déjouer le système grossier des grandes surfaces en profitant de leurs fameux produits d’appels et de se focaliser plutôt sur ceux-là que sur les produits plus communs.
   Que faire de la pile de prospectus, une fois ceux-ci bien étudiés ? La jeter sur la voie publique ? Non, mais dans la poubelle réservée aux papiers, oui ! Impossible, elle est déjà pleine… La semaine a été bien « chargée » en publicités qui s’empilent maintenant dans le coin de la cave. Il est temps que la journée ramassage des ordures recyclables arrive.
   Vous punaisez la liste des courses sur le tableau dans la cuisine, prête à servir dès demain.




Je profite aussi de cette mise à jour du blog (de plus en plus rare en ce moment...) pour vous annoncer un concours organisé ces jours-ci sur le site de Bulle d'Encre, vous pouvez gagner un album BD des Tribulations d'une caissière (date limite : 14 juin).
POUR JOUER, CLIQUEZ ICI


Un lien vers une chanson (CLIQUEZ ICI), un teaser pour un livre qui sort très bientôt : SMS, Sa Majesté Sarkozy de Frédéric Mazé et Laurent Lèguevaque (éditions Gingko, sortie le 18 juin prochain).
Résumé : Pendant une année voici les sms que nous aurions envoyés au Président Sarkozy si nous avions eu son numéro. Avant tout ce livre est une renaissance des aphorismes qui à défaut de coordonnées présidentielles utilise le plus ancien objet culturel, le livre, pour véhiculer le plus moderne des messages, le sms.

Humour décalé à souhait... ;o)

Voir les commentaires

être ou ne plus être à la mode

24 Mai 2009, 10:15am

Publié par Miss pas touche

Il y a des souvenirs qui marquent, qui vous arrachent un sourire à chaque fois qu'ils vous reviennent en mémoire. Celui-là en fait partie.
À une époque, j'ai porté comme tenue vestimentaire derrière ma caisse un tailleur pantalon + t-shirt ou chemisier selon les jours de la semaine.
Je me souviens plus particulièrement d'un des t-shirts qu'on devait porter : à larges rayures horizontales, un peu à la mode maritime.
Vous savez, la belle image d'Épinal que nous avons du marin-pêcheur : épuisette à la main portant un pull rayé bleu marine et blanc et son bonnet sur la tête, un magnifique ciré jaune et ses bottes en plastique aux pieds.
Vous visualisez ? Ne gardez que le pull (oui, on n'avait pas la tenue complète quand même !), modulez les couleurs pour que cela devienne un peu plus terne, mettez des manches courtes et un large col ni rond, ni en V mais plutôt en carré (original n'est-il pas ?).
Cela a fait partie de ma panoplie de caissière (certes pas la plus belle, pas la plus moche non plus, mais sujette à quelques boutades de temps à autre).

Au bout de quelques mois, la direction du magasin nous avait apporté de nouvelles tenues et nous avions rangé dans le placard nos déguisements de marins. Une tenue parmi d'autres, une de plus à rajouter au palmarès des habits que peut porter une employé de caisse (vous pouvez rire les gars, mais quand vous deviez porter une chemise blanche immaculée presque transparente et une cravate avec le logo de l'enseigne... vous faisiez moins les fiers... hé hé)
Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que les magasins, pour habiller leur personnel, ont souvent un immense stock de vêtements afin de pouvoir vêtir tout son monde et histoire que les nouveaux employés puissent avoir des vêtements neufs et à leur taille dès leurs premiers pas dans l'entreprise.

Cette année-là, les stocks de ces t-shirts devaient être très importants (je suppose du moins) car lors d'une période de soldes quelques mois après nos changements de tenues, quelle ne fut ma surprise de découvrir... une cliente acheter ce splendide vêtement (neuf hein...) que j'avais eu sur le dos... Si cela faisait partie de ma tenue imposée, la cliente, elle, était juste ravie de sa trouvaille (le prix très bas de l'article n'y était sans doute pas pour rien non plus).
Quelques jours plus tard, je revois cette cliente dans la galerie du magasin arborer fièrement son nouvel habit.
Je me suis retenue pour ne pas lui demander si elle travaillait avec nous... Le sourire complice des collègues m'a montré que je n'étais pas la seule à me faire cette réflexion.

Caissière : toujours une mode d'avance !

Voir les commentaires

La valse à quatre temps du ticket restaurant

10 Mai 2009, 09:30am

Publié par Miss pas touche

Vous faites peut-être partie de cette catégorie de travailleurs (par contre, si vous êtes étudiants, chômeurs, femme au foyer ou retraité, vous ne faites pas partie du panel comme une partie des travailleurs eux-mêmes en fait...) qui recevez chaque mois des tickets restaurant financés en partie par votre employeur. Tickets créés pour permettre aux employés ne pouvant pas rentrer chez eux de pouvoir manger le midi à moindre frais. Une participation plus ou moins importante de la part de l'entreprise offre des tickets de 2 à une trentaine d'euros. Pour les plus bas prix, un sandwich (jambon et sans beurre... sinon ça dépasse le budget), pour les gros budget : un bon restaurant (vin compris). Si les plus élevés sont assez rares (je ne pense pas qu'il y ait de limite de prix dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs), entre les deux extrêmes vous avez une infinité de tarifs : 3€, 2,57€, 4,50€ ou 6,79€... Bref, vous pouvez faire tous les centimes si ça vous amuse.

S'il y a quelques années, les tickets restaurant servaient pour aller manger le midi... au restaurant (ou cantine ou self), cela a pas mal évolué. Il faut dire que lorsque le ticket est assez faible, bon nombre de travailleurs se tournent vers les sandwicheries et si possible vers les grandes surfaces vendant aussi ces sandwichs à plus bas prix, permettant aux gens le luxe d'ajouter une boisson (33cl faut quand même pas exagérer... ou un dessert).

Mais là où ça devient drôle (et digne d'un des 12 travaux d'Astérix) c'est de comprendre comment chaque magasin fonctionne, qui accepte quoi, quand et pourquoi...

Petit exercice pratique :

Début de mois, vous faites partie de cette catégorie de travailleurs qui avez reçu vos carnets de tickets restaurant pour le mois (un ticket par jour travaillé). Vous avez pris l'habitude depuis longtemps de vous cuisiner votre gamelle pour le midi (au bout de quelques mois, les pizzas, sandwichs et autre paninis vous sont définitivement devenus immangeables), du coup, vos tickets restaurant vous ne vous en servez plus comme indiqué précédemment.
Certes, vous allez au restaurant deux ou trois fois dans le mois avec votre conjoint et enfants si vous en avez. C'est bien sympa, ça fait plaisir à tout le monde mais idéalement, vous préféreriez aller un peu moins au restau et récupérer une partie de cette somme pour faire vos courses. Comment faire ?

Une règle d'or à connaître : on ne rend jamais la monnaie sur un ticket restaurant.
Enfin, il paraît... après, il existe des exceptions, même aux règles d'or et du coup, certains magasins acceptent de rendre 50 centimes maximum sur un ticket ou jusqu'à 20% du prix : pratique pour un ticket de 6,27€... ou sans limite...
Bref, pour la règle d'or, on repassera...

Revenons à nos moutons.
À l'entrée de certaines grandes surfaces vous voyez un autocollant de collé sur les portes vitrées coulissantes ou à côté de l'accueil (ou nul part parfois) où il est indiqué : « ici on prend les tickets restaurant » ou « tickets restaurant bienvenue », etc...
Quand vous avez repéré un magasin offrant ces possibilités de paiement, vous êtes généralement contents (et si en plus ils prenaient les chèques vacances...). Vous savez que vous allez pouvoir payer vos courses avec ces tickets.
Mais comment ça marche ? Qui prend quoi ?

En caisse, ça pourra donner un peu tout ça (et plus encore...)

Possibilité 1 :
Ticket restaurant ? On prend pas. Non du tout.

Possibilité 2 :
Alors pour les tickets restaurant, on peut prendre pour uniquement ce que vous achetez dans le rayon traiteur à la coupe.

Possibilité 2bis :
La même que la 2 mais avec une contrainte horaire : le midi.

Possibilité 3 :
Oui, on prend les tickets restaurant mais uniquement au rayon traiteur à la coupe ou rayon traiteur en libre service.

Possibilité 4 :
Bien sûr qu'on prend les tickets restaurant. Ça fonctionne pour tout ce qui est alimentaire dans la limite de 40% (ou autre pourcentage) du montant total de vos courses alimentaires.

Possibilité 5 :
Oui, vos tickets restaurant fonctionnent pour vos achats alimentaire dans la limite de 10 (ou autre nombre) tickets restaurant par ticket de caisse (quel que soit le montant du ticket restaurant bien sûr).

Possibilité 6 :
Alors, les tickets restaurant, on les prend pour tout ce qui est courses alimentaire, boissons (hors alcool)... Des limites ? Non, aucune.

Possibilité 7 :
Oui, on prend vos tickets restaurant. Des rayons particuliers ? Euh.... non, j'crois pas. Bah, donnez, ça ira bien.

Etc...
Et vous allez très certainement me dire que dans votre magasin, c'est encore différent... Et je ne pourrai que vous croire.

Côté caisse, ça donne un peu ça aussi :

Possibilité 1 :
note interne : on ne prend pas les tickets restaurant

Possibilité 2 :
Nouvelle note interne : on prend les tickets restau mais pour un montant maximum de 15€ d'achat alimentaire

Possibilité 3 :

Nouvelle nouvelle note interne : dorénavant on prend les tickets restaurant pour tout achat dans le rayon traiteur.

Possibilité 4 :
Nouvelle nouvelle nouvelle note interne : les tickets restaurant sont acceptés pour tout achat alimentaire (hors alcool) sans limite.

Possibilité 5 :

Nouvelle.... note interne : Dorénavant, nous ne prenons plus les tickets restaurant


Et puis, il y a aussi quelques dialogues sympathiques en caisse autour de ce petit papier...

Client prévoyant :
J'ai mis toutes mes courses alimentaire en premier pour que je les paye avec mes tickets restaurant

Client pressé (toutes les courses sont passées) :
Au fait, j'ai des tickets restaurant, mais je dois avoir que de l'alimentaire.
(la caissière regarde le ticket et note : bière, DVD, lessive...)

Caissière avec client prévoyant :

Parfait, je fais un sous-total à la fin de vos courses alimentaire, comme ça, je pourrai vous dire quel montant vous pouvez régler avec vos tickets restau.

Caissière avec client pressé : (comment ça, elle exagère ? Elle ne fait que son boulot... mais elle a quand même le droit de sourire intérieurement)
Ah, il va falloir vérifier tout votre ticket de caisse. Je vais devoir tout compter
(certaines vont faire de tête et à peu près pour ne pas faire trop perdre de temps, d'autres vont prendre une calculette et tout compter scrupuleusement au centime près)


Et le vice va parfois jusqu'à :
Note à l'usage de notre aimable clientèle :
Dans ce magasin, tickets restaurant acceptés pour tout ce qui est alimentaire.

Un client passe en caisse avec un caddie bien plein, un rangement plutôt anarchique sur le tapis de caisse (comprenez mélange : alimentaire et non-alimentaire). Au moment de payer, le client sort ses tickets restaurant (un carnet plein) et dit qu'il paye avec (on s'en serait douté d'ailleurs). La caissière lui explique alors que ça ne marche que pour l'alimentaire et qu'elle doit calculer pour voir le montant maximum qu'elle pourra prendre avec ce mode d'achat.
Au bout de 5 bonnes minutes (oui, le caddie était vraiment bien rempli), la caissière (assez contente d'avoir tout calculé) annonce :
- Sur l'ensemble de vos courses dont le montant total est de 148,90€, je peux vous prendre jusqu'à 97,70 € en tickets restaurant.
(elle est même fière de donner un montant aussi juste)

Le client :
- Bah de toute façon, avec mes 10 tickets à 3,25€, je ne risque pas de dépasser le montant...


D'une cruelle simplicité... non ? Non, définitivement pas...

Et pour les chèques vacances ? Euh... Renseignez-vous à l'accueil de votre magasin, merci.


Copyright : "Ticket restaurant" © est une marque déposée

Voir les commentaires

Spéciale librairie

1 Mai 2009, 08:15am

Publié par Miss pas touche

illustration de NoTTo - son blog

Raconter ses rencontres improbables, fortuites, récurrentes, hallucinantes, délirantes avec certains clients, tous ceux qui travaillent dans le commerce et en relation clientèle le font, que ce soit au conjoint, aux amis, à la famille, sur le net... On raconte.
L'envie de partager déjà, de communiquer sur les relations qu'on entretient avec les gens ensuite. Et quelque part, par nos descriptions, on contribue à changer, à faire évoluer nos vies et celles des autres. Proposer un autre regard sur notre société de consommation, essayer de décrypter certains comportements, mettre en avant des détails que seul celui qui le vit (et parfois subit) peut voir. Ça pourrait presque faire un début d'étude sociologique...

Au cours de mes rencontres avec les lecteurs ces derniers mois, plusieurs personnes m'ont dit qu'elles notaient aussi leurs histoires, leurs rencontres clientèles. Certaines le notent sur des carnets, d'autres sur des feuilles volantes, des cahiers ou encore des bouts de tickets de caisse. Tout support papier est bon à prendre. Quand je bossais encore derrière la caisse, j'avais toujours un petit carnet sur moi pour y jeter dessus, parfois sur le vif, quelques mots sur une situation que je venais de vivre, histoire de ne pas oublier.

Et lors d'une dédicace à Lyon, j'ai rencontré deux jeunes filles, Marion & Chloé (hôtesses de caisse évidemment... dans une grande librairie) qui avaient compilé toutes les histoires que les employés se racontent en salle de pause, d'abord sur un cahier puis sur fichier informatique.

Cela fait déjà plusieurs mois qu'elles m'ont offert leurs histoires, et il est temps que je vous propose de découvrir un petit best of de leurs « insolites » écrit par la joyeuse équipe de caisse de la librairie.

Et tout commence par :

La phrase qui a lancé les Insolites :
Je me suis dit « Celle-là, il faut que je l'écrive ! »

L'histoire en question ? C'est celle-ci

Une cliente :
- Vous me donnez bien le ticket de caisse parce que je travaille dans la fonction publique et je voudrais pas avoir de problèmes. Les gens sont tellement barjos dans ce monde...



Allez, petit best of du best of...
Et parce que les caissières le valent bien !



En toute objectivité

Un homme passe à ma caisse avec un programme télé.
- Mon fils m'a dit que c'était un très bon magazine, il a même pris un abonnement. Et vous pouvez me croire, il est objectif : il n'a pas la télé !



Un petit goût de déjà vu

Je suis à ma caisse, ma loupiotte est allumée, je suis en train de servir un client.
Un monsieur arrive et demande :
- Votre caisse est ouverte ?


Running gag ?

Quelques jours plus tard.
Je suis toujours à ma caisse, ma loupiotte est de nouveau allumée, je suis également en train de servir un client.
Une dame arrive, passe allègrement devant le client et me demande :
- Vous êtes ouverte ?
- Euh... oui.
Elle me tend ses articles.
- Madame, je suis en train de servir ce monsieur.
- Oh ! Pardon, je vous avais pas vu.


Vous êtes dans une librairie

- Bonjour, vous vendez des mouchoirs en papier ?


Je vous rappelle que vous êtes dans une librairie

- Vous vendez du papier à cigarette ?
(je me doute de la réflexion de ces clients : librairie = livre = papier... la prochaine fois, il faudra proposer du papier toilette... ça pourrait aussi être utile)


Vous avez dit multifonctions ?

Une femme achète une calculatrice multifonctions. Elle demande :
- Ça fait bien calculatrice ?
(C'est bien comme le téléphone portable avec tellement de fonctions multimédias qu'on en vient à espérer pouvoir téléphoner avec...)



Vous rencontrerez aussi de grands humoristes :

- Bonjour, ça ne vous dérange pas si je vous donne des pièces asiatiques ?
- …
- Des pièces jaunes. Ah ah ah


Les humoristes ont plein d'autres histoires drôles à raconter... si si !

- Vous savez pourquoi les pigeons tendent le cou comme ça quand ils marchent ?
- …
- Parce que sinon, ce serait pas des pigeons !


Les cartes de fidélité : comment tenter de gagner plus sans dépenser plus... Vous pouvez toujours essayer cette méthode :

Un homme passe à ma caisse et me demande à combien de points de fidélité il en est.
- 345 points, monsieur.
- Et ça sert à quoi ?
- Le prochain palier est à 400 points et vous aurez le renouvellement de la carte offert pour 3 ans supplémentaire.
- C'est nul, là je suis quand même client platinium ! Et vous n'avez que ça à m'offrir ?
- Je suis désolée, ce n'est pas moi qui m'occupe des cadeaux de la carte de la librairie.
- Oui mais regardez comme je suis sympathique, non ?
- … (Ah le boulet)
- Ah, je vois dans vos yeux, vous commencez à craquer, je les sens ces choses-là !
- … (mais oui bien sûr... et la marmotte, elle...)
(je ne suis pas vraiment convaincue par l'efficacité...)


Caissière, un poste multitâche ? Bien plus encore...

Un client d'au moins 70 ans qui vient souvent à ma caisse.
- Je peux vous poser une question ?
- Oui bien sûr.
- Est-ce que, en dehors de votre travail ici, vous faites de la prostitution ?
- ??? Ah non, pas du tout, non !
- Non, parce que j'ai vu un reportage qui disait que beaucoup d'étudiantes le faisaient pour arrondir leurs fins de mois.
- Peut-être mais je vous rassure, ce n'est pas mon cas.
- Ah non, au contraire, ça m'aurait arrangé...
(et c'est à cause de certains reportages télés que les gens se font parfois une opinion complètement faussée sur leurs contemporains...)



Le Père Noël fait des heures supplémentaires

- Une mère avec ses enfants (ça se passe en janvier) :
- Vous avez des pochettes cadeaux, s'il-vous-plaît ?
- Oui, elles sont juste là.
Je lui montre les pochettes (bleues avec le logo du magasin), le petit garçon regarde et s'écrie :
- Oh ! Regarde maman, c'est le même papier cadeau que celui du Père Noël !


J'arrête là pour aujourd'hui mais je vous remettrai quelques histoires un de ces jours. Franchement, il y a de ces perles...
Merci les filles d'avoir pris le temps de réécrire toutes ces histoires ! J'attends votre best of 2009 avec impatience!!!

Voir les commentaires

Il y a des jours avec et des jours sans...

24 Avril 2009, 13:30pm

Publié par Miss pas touche

... Manifestement, aujourd'hui est un jour avec.

Il y a des jours qui commencent bien et qui vous donnent la patate pour au moins la semaine (si ce n'est le mois)


Pensez donc.

Ce matin, quelqu'un sonne à ma porte. C'est un livreur Chronopost, il a un paquet pour moi. Un paquet que j'attendais avec grande impatience, ce sont les épreuves pour mon prochain bouquin.
Il ne me reste plus qu'à relire mes textes et apporter les ultimes corrections. Puis, direction : impression.
Date de sortie : 10 juin.
Titre : Conseils d'amie à la clientèle
Sujet : ... hé hé ... à votre avis ?


les différentes étapes de travail d'écriture résumées en un cliché


Un peu plus tard, la sonnette retentit (encore).
Cette fois, c'est le facteur (il paraît qu'il sonne toujours deux fois... j'ai oublié de compter ses coups de sonnette). Il a un colis à mon intention...
Il vient de ma maison d'édition. À l'ouverture, je sais déjà ce qu'il contient mais cela ne m'empêche pas de déchirer le paquet (oui comme les gosses...) : ce sont « les tribulations » en poche. Le livre sort le 29 avril (la semaine prochaine donc).
C'est la petite soeur de mon bouquin, elle mesure 18 cm et pèse 110g (oui, ce sont des chiffres fascinants... ou pas...), le livre coûte 5,5€.
Il contient un petit plus par rapport à l'édition grand format : une postface intitulée « Conte de caisse » et  en bonus quelques mots de lecteurs (un grand merci à eux !).

Ci-dessous :
Des notes prises sur le vif en caisse, puis sur un cahier puis écrits pour le blog. Arrive le livre paru l'été dernier et le poche qui paraît dans quelques jours.
Mine de rien, cette photo résume à elle seule : 8 ans de caisse / 2 ans de blog / des milliers d'heures d'écriture, de mots couchés sur papier et sur écran...


Tout à la fin (sur la couverture intérieure) apparaît ça :

À suivre le 10 juin donc...

L'actu va être chargée ces prochaines semaines. Entre le poche, la BD et mon prochain bouquin...

Et pour finir, un coup de fil d'une journaliste : je vais participer à un débat sur BFM TV le 2 mai prochain dans l'émission Partageons nos idées (de 19 à 20h) sur le thème : la valeur du travail à l'heure actuelle (on en reparle sur le forum si vous voulez - clic ici -).

C'est marrant, je n'ai pas encore fait ce genre d'interview : par webcam et en direct (ce ne sera pas de chez moi, mon débit n'est pas assez important, du coup, j'irai squatter chez une copine... caissière... évidemment)
Et ça promet de donner quelques points de vue très divergents.

La journée n'est pas encore terminée... mais je crois que niveau bonnes nouvelles, ça ira pour aujourd'hui ;)

Voir les commentaires

Casse-toi pauv' oeuf *

19 Avril 2009, 11:00am

Publié par Miss pas touche

Illustration de Èm (son blog)   
Savez-vous où finissent les invendus ? Les invendables ? Les laissés-pour-compte ?
Savez-vous où se clôt la carrière des produits qui ne finiront pas dans votre caddie, votre panier ou votre cabas ?
Vous avez déjà sans doute entendu parler de « la casse », un mot qui sonne comme un couperet, un nom d'une syllabe qui ne laisse pas la place à quelque imagination que ce soit. Un mot cassant, coupant, écrasant...
Un nom qui représente le cercueil devant l'éternel de notre si grande société de consommation.
Mais savez-vous à quoi ressemble ce lieu où devrai-je dire ce non-lieu ?
Vous pensez à votre sac poubelle de 30 litres que vous avez glissé dans une petite poubelle sous l'évier ? Vous êtes loin de la réalité.
Vous imaginez que c'est comme votre poubelle à roulettes que vous déposez une fois par semaine sur le trottoir pour la collecte des ordures ?
Un indice, c'est encore plus grand, plus gros, disons moins particulier et plus industriel.
Vous pensez peut-être aux conteneurs à roulettes qu'on trouve dans les locaux à poubelle en bas des immeubles ? Ah, pas mal comme idée, mais non... Toujours pas.
Vous séchez ?

Alors, effectivement, c'est un conteneur, mais bon... un peu logique, il faut bien quelque chose pour contenir ce qui va être déversé dedans. C'est grand, logique aussi vu que vont y transiter quelques tonnes de déchets... (et cerise sur le gâteau, souvent ça pue, ben oui... c'est comme une poubelle)
Mais il vous faudra visualiser un très gros conteneur avec un accès plus ou moins grand par le côté au-dessus, certains sont fermés par des portes (que vous devez ouvrir avant usage et refermer après), certains aussi ont l'option compactage. Et c'est un grand jeu de balancer (car oui, il faut mieux lancer les objets dont vous venez vous délestez, comme ça, vous faites du sport en même temps) vos articles dans la poubelle puis d'appuyer sur le gros bouton (rouge si mes souvenirs sont bons, à moins qu'il n'était vert si ma mémoire commence à défaillir) et de voir en contrebas une énorme mâchoire venir broyer tout ce qui se trouve dans la benne. Vous auriez voulu voir comment se passait le compactage d'une voiture dans une casse ? C'est le même principe dans une grande surface (même si les cartons, les les sacs poubelle et les catalogues usagés sont moins gros qu'un véhicule je vous l'accorde).

Si vous avez la chance de travailler dans une grande surface, vous avez déjà visité ces lieux d'échanges et vous n'apprendrez rien de plus ici. Pour celles et ceux qui n'ont pas encore eu l'honneur de découvrir un des points névralgiques du supermarché, laissez-moi vous faire une petite visite guidée.


Pour bien comprendre le mécanisme de la casse, nous allons suivre un employé pris au hasard, un jour au hasard, une heure au hasard...

Disons... une caissière (ha mais si, c'est le hasard qui a décidé !) à son poste de travail, un vendredi soir vers 20H. Le magasin est bondé mais chance pour la jeune femme, elle a fini son service.

En rangeant son matériel et son poste de travail, elle découvre au bout de sa caisse une boîte d'oeufs légèrement écrasée (ça coule mais juste un peu...), un paquet de pâtes éventré (ça déborde mais à peine en fait) et un morceau d'emballage abandonné (un gros carton).
Déjà, c'est le hasard qui l'a choisie pour la démonstration mais en plus, elle n'a vraiment pas de bol la caissière. Mais bon, admettons...

Vous imaginez bien que l'employée râle un peu parce que ça fait désordre tout ce bazar et c'est autant de bazar à emporter en plus avec elle pour retourner en caisse centrale (le caisson, son produit pour laver le tapis, son sac poubelle, une boîte de conserve laissée par un client parce qu'il n'en voulait plus, les cintres des habits et en plus il faut rajouter ce qu'elle vient de trouver).
La pile est un peu bancale et manque bien de dégringoler une fois ou deux entre sa caisse et la caisse centrale. Heureusement, rien ne tombe (oui, elle n'a pas de bol la caissière mais on ne va pas non plus s'acharner sur son sort). Une fois parvenue à destination, elle rend son caisson (qu'elle a compté bien sûr), range à leur place les cintres, boîtes de conserve, produit de lavage... mais au moment où elle va pour mettre les produits cassés dans le coin prévu à cet effet (à une époque pas si lointaine, c'était un caddie cassé : à trois roues qui réceptionnait ces articles... Eh ! Entre esquintés on essaie de se rendre encore service), elle entend une voix dans son dos, une voix venue d'un autre âge qui lui ordonne :
« Tu ne laisseras point de produits frais, cassés ou non, en caisse centrale. Tu rangeras en rayon frais les articles propres à la consommation. Tu déposeras à la casse ceux qui y sont destinés. »
Vous venez d'entendre votre conscience professionnelle vous réciter un des commandements de la caissière.

20H10... Zut, déjà ! Mais vous obéissez aux commandements, vous vous exécutez et filez à l'autre bout du magasin (oui, c'est beaucoup plus drôle quand la casse est à l'opposé). Vous avez donc vos quelques articles défectueux entre les mains et en passant près des caisses, vous récupérez au passage quelques autres articles bons à balancer (oui, c'est la suite de ce commandement : « Tu seras serviable envers tes collègues et si à la casse tu vas, tu proposeras de délester tes collègues de leur fardeau ». Je vous l'accorde, certains abusent de ce commandement et le rappellent un peu trop à celle ou celui qui a déjà les bras remplis).
Ce sont donc les bras chargés de denrées multiples et (a)variées (le jeu de mot est un peu facile...) que vous arrivez devant une des portes de la réserve. Une de ces portes en caoutchouc qui s'ouvrent quand on tire sur une chevillette (enfin plutôt une cordelette), le tout servi avec un bruit de moteur semblable à une grosse mouche.
Vous tirez comme vous pouvez sur la cordelette tout en prenant garde de ne pas faire tomber vos articles (oui, vous auriez pu, vous auriez même dû prendre un panier... mais vous n'y songez que maintenant).

La porte s'ouvre.
Une gueule béante, noire, apparaît.
Et pour les 60 prochaines secondes vous accélérez ostensiblement le pas. Il fait sombre, la lumière est plus que tamisée, vous avancez d'un bon pas pour contourner les racks (j'ai pas dit rat!), tire-pale, palettes et autres tours pleines à craquer qui seront mises en rayon dans les prochains jours (minute spéciale gourmands : une palette remplie de pots de Nutella fait toujours son petit effet).
Au bout de l'allée, vous arrivez près de portes métalliques. Vous en comptez deux : une pour le carton, une pour les déchets ménagers. À côté, vous voyez un grand caddie où vous déposez (en vrac, c'est aussi autorisé) vos articles défectueux (et oui, ce n'est pas parce qu'ils sont bons à être jeté qu'il ne faut pas qu'ils soient comptabilisés avant de prendre la direction définitive de la poubelle. Histoire de garder à jour l'état des stocks, opération effectuée par des responsables de rayon si je ne me trompe pas).
Votre mission est remplie, vous pouvez ressortir de la réserve et retourner sur la surface de vente. Vous ne vous faites pas prier et vous pressez le pas, vite... très vite. Pourquoi ? La raison est pourtant simple... En général, une poubelle ne sent que très rarement la rose. Le magasin ne fait pas exception à la règle. Ici aussi ça pue et votre nez déjà bien sollicité au fil des jours derrière la caisse voudrait bien se reposer.
Si vous n'êtes pas bon en apnée, n'ayez crainte, vous allez vite apprendre et battre tous les records.


* vous noterez que le titre est une subtile adaptation d'une célèbre citation....

Voir les commentaires

version 2.0 - version interactive ?

17 Avril 2009, 11:00am

Publié par Miss pas touche

Ne nous méprenons pas, je ne vais pas parler d'une pseudo version de caissière 2.0 ou d'une mise à jour de logiciel de caisse enregistreuse (où enfin apparaîtrait par exemple la touche diviser de la calculette mise à disposition des employés sur ces superbes caisses - Ah, on me dit que cette touche existe déjà... mais est parfois retirée pour éviter de faire des erreurs de calcul... - no comment !).
Je ne vais pas non plus vous faire part d'avancées technologiques où l'interaction avec les caisses automatiques serait grandie. Imaginez : et si vous pouviez appuyer sur une touche pour changer la voix de la machine (voix féminine sensuelle, voix grave masculine à la Barry White...) ou pouvoir parler de la pluie et du beau temps, mieux encore : proposer une extension disponible pour les clients ayant des enfants et ainsi pouvoir parler de leur parcours scolaire ou de la bêtise du petit dernier (zut, ça aurait pu faire l'objet d'un bon poisson d'avril).

Remarquez, ça aurait de quoi faire sourire pas mal de monde...

Non, cette mise à jour, cette version 2.0 correspond tout simplement à la nouvelle garde-robe du blog : nouvelles couleurs, nouvelle bannière, nouveaux liens...
Bref, bienvenue dans cette nouvelle version du blog aux couleurs de la BD (pour celui qui ne suit pas là-bas au fond de la file d'attente : plus d'infos ici), le dessin est signé des frères Akita (et en guest star, la caissière de l'album accompagnée de son outil de travail préféré bien évidemment...)

Vous avez aussi tout en haut du blog (faites tourner la molette de votre souris jusqu'en haut...), les liens vers quelques nouvelles rubriques :


Du côté des liens pros, vous y trouverez des experts qui donnent leur point de vue critique et constructif , partial ou impartial sur le commerce (ça va du marketing au management en passant par le design) et l'autre partie amenée à être aussi beaucoup développée par la suite ce sont les travailleurs qui racontent leur métier. Nous sommes de plus en plus nombreux à raconter l'envers du décor de nos emplois respectifs et il est intéressant de découvrir avec un autre regard tous ces métiers dont on ne voit que rarement le sens global.
J'ajouterai prochainement dans cette rubrique des livres qui traitent du sujet du commerce et de la grande distribution.

Du côté du forum, cela fait bien longtemps qu'il m'était réclamé de la part de lecteurs (et surtout de la part de lectrices). C'est chose enfin faite, il est créé et il ne vivra que si vous le faites vivre bien évidemment.
J'ai mis quelques rubriques en place mais je suis bien sûr ouverte à toute proposition et il évoluera en fonction de vos demandes, de vos envies et de vos désirs. Il va permettre de discuter de manière plus pratique que par commentaires et il laisse la possibilité de lancer bien des débats.

Et enfin, la rubrique "Publications" avec les livres et adaptations parus et à paraître.


Ce sera tout pour cette version 2.0

Ah si pour rire un peu... le web 2.0 c'est quoi ? Frédéric Lefebvre répond (enfin essaie...) - CLIC pour découvrir sa réponse et bien plus encore.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>