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Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière.

notions du métier

Dimanche 10 mai 2009 7 10 05 2009 10:30
Vous faites peut-être partie de cette catégorie de travailleurs (par contre, si vous êtes étudiants, chômeurs, femme au foyer ou retraité, vous ne faites pas partie du panel comme une partie des travailleurs eux-mêmes en fait...) qui recevez chaque mois des tickets restaurant financés en partie par votre employeur. Tickets créés pour permettre aux employés ne pouvant pas rentrer chez eux de pouvoir manger le midi à moindre frais. Une participation plus ou moins importante de la part de l'entreprise offre des tickets de 2 à une trentaine d'euros. Pour les plus bas prix, un sandwich (jambon et sans beurre... sinon ça dépasse le budget), pour les gros budget : un bon restaurant (vin compris). Si les plus élevés sont assez rares (je ne pense pas qu'il y ait de limite de prix dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs), entre les deux extrêmes vous avez une infinité de tarifs : 3€, 2,57€, 4,50€ ou 6,79€... Bref, vous pouvez faire tous les centimes si ça vous amuse.

S'il y a quelques années, les tickets restaurant servaient pour aller manger le midi... au restaurant (ou cantine ou self), cela a pas mal évolué. Il faut dire que lorsque le ticket est assez faible, bon nombre de travailleurs se tournent vers les sandwicheries et si possible vers les grandes surfaces vendant aussi ces sandwichs à plus bas prix, permettant aux gens le luxe d'ajouter une boisson (33cl faut quand même pas exagérer... ou un dessert).

Mais là où ça devient drôle (et digne d'un des 12 travaux d'Astérix) c'est de comprendre comment chaque magasin fonctionne, qui accepte quoi, quand et pourquoi...

Petit exercice pratique :

Début de mois, vous faites partie de cette catégorie de travailleurs qui avez reçu vos carnets de tickets restaurant pour le mois (un ticket par jour travaillé). Vous avez pris l'habitude depuis longtemps de vous cuisiner votre gamelle pour le midi (au bout de quelques mois, les pizzas, sandwichs et autre paninis vous sont définitivement devenus immangeables), du coup, vos tickets restaurant vous ne vous en servez plus comme indiqué précédemment.
Certes, vous allez au restaurant deux ou trois fois dans le mois avec votre conjoint et enfants si vous en avez. C'est bien sympa, ça fait plaisir à tout le monde mais idéalement, vous préféreriez aller un peu moins au restau et récupérer une partie de cette somme pour faire vos courses. Comment faire ?

Une règle d'or à connaître : on ne rend jamais la monnaie sur un ticket restaurant.
Enfin, il paraît... après, il existe des exceptions, même aux règles d'or et du coup, certains magasins acceptent de rendre 50 centimes maximum sur un ticket ou jusqu'à 20% du prix : pratique pour un ticket de 6,27€... ou sans limite...
Bref, pour la règle d'or, on repassera...

Revenons à nos moutons.
À l'entrée de certaines grandes surfaces vous voyez un autocollant de collé sur les portes vitrées coulissantes ou à côté de l'accueil (ou nul part parfois) où il est indiqué : « ici on prend les tickets restaurant » ou « tickets restaurant bienvenue », etc...
Quand vous avez repéré un magasin offrant ces possibilités de paiement, vous êtes généralement contents (et si en plus ils prenaient les chèques vacances...). Vous savez que vous allez pouvoir payer vos courses avec ces tickets.
Mais comment ça marche ? Qui prend quoi ?

En caisse, ça pourra donner un peu tout ça (et plus encore...)

Possibilité 1 :
Ticket restaurant ? On prend pas. Non du tout.

Possibilité 2 :
Alors pour les tickets restaurant, on peut prendre pour uniquement ce que vous achetez dans le rayon traiteur à la coupe.

Possibilité 2bis :
La même que la 2 mais avec une contrainte horaire : le midi.

Possibilité 3 :
Oui, on prend les tickets restaurant mais uniquement au rayon traiteur à la coupe ou rayon traiteur en libre service.

Possibilité 4 :
Bien sûr qu'on prend les tickets restaurant. Ça fonctionne pour tout ce qui est alimentaire dans la limite de 40% (ou autre pourcentage) du montant total de vos courses alimentaires.

Possibilité 5 :
Oui, vos tickets restaurant fonctionnent pour vos achats alimentaire dans la limite de 10 (ou autre nombre) tickets restaurant par ticket de caisse (quel que soit le montant du ticket restaurant bien sûr).

Possibilité 6 :
Alors, les tickets restaurant, on les prend pour tout ce qui est courses alimentaire, boissons (hors alcool)... Des limites ? Non, aucune.

Possibilité 7 :
Oui, on prend vos tickets restaurant. Des rayons particuliers ? Euh.... non, j'crois pas. Bah, donnez, ça ira bien.

Etc...
Et vous allez très certainement me dire que dans votre magasin, c'est encore différent... Et je ne pourrai que vous croire.

Côté caisse, ça donne un peu ça aussi :

Possibilité 1 :
note interne : on ne prend pas les tickets restaurant

Possibilité 2 :
Nouvelle note interne : on prend les tickets restau mais pour un montant maximum de 15€ d'achat alimentaire

Possibilité 3 :

Nouvelle nouvelle note interne : dorénavant on prend les tickets restaurant pour tout achat dans le rayon traiteur.

Possibilité 4 :
Nouvelle nouvelle nouvelle note interne : les tickets restaurant sont acceptés pour tout achat alimentaire (hors alcool) sans limite.

Possibilité 5 :

Nouvelle.... note interne : Dorénavant, nous ne prenons plus les tickets restaurant


Et puis, il y a aussi quelques dialogues sympathiques en caisse autour de ce petit papier...

Client prévoyant :
J'ai mis toutes mes courses alimentaire en premier pour que je les paye avec mes tickets restaurant

Client pressé (toutes les courses sont passées) :
Au fait, j'ai des tickets restaurant, mais je dois avoir que de l'alimentaire.
(la caissière regarde le ticket et note : bière, DVD, lessive...)

Caissière avec client prévoyant :

Parfait, je fais un sous-total à la fin de vos courses alimentaire, comme ça, je pourrai vous dire quel montant vous pouvez régler avec vos tickets restau.

Caissière avec client pressé : (comment ça, elle exagère ? Elle ne fait que son boulot... mais elle a quand même le droit de sourire intérieurement)
Ah, il va falloir vérifier tout votre ticket de caisse. Je vais devoir tout compter
(certaines vont faire de tête et à peu près pour ne pas faire trop perdre de temps, d'autres vont prendre une calculette et tout compter scrupuleusement au centime près)


Et le vice va parfois jusqu'à :
Note à l'usage de notre aimable clientèle :
Dans ce magasin, tickets restaurant acceptés pour tout ce qui est alimentaire.

Un client passe en caisse avec un caddie bien plein, un rangement plutôt anarchique sur le tapis de caisse (comprenez mélange : alimentaire et non-alimentaire). Au moment de payer, le client sort ses tickets restaurant (un carnet plein) et dit qu'il paye avec (on s'en serait douté d'ailleurs). La caissière lui explique alors que ça ne marche que pour l'alimentaire et qu'elle doit calculer pour voir le montant maximum qu'elle pourra prendre avec ce mode d'achat.
Au bout de 5 bonnes minutes (oui, le caddie était vraiment bien rempli), la caissière (assez contente d'avoir tout calculé) annonce :
- Sur l'ensemble de vos courses dont le montant total est de 148,90€, je peux vous prendre jusqu'à 97,70 € en tickets restaurant.
(elle est même fière de donner un montant aussi juste)

Le client :
- Bah de toute façon, avec mes 10 tickets à 3,25€, je ne risque pas de dépasser le montant...


D'une cruelle simplicité... non ? Non, définitivement pas...

Et pour les chèques vacances ? Euh... Renseignez-vous à l'accueil de votre magasin, merci.


Copyright : "Ticket restaurant" © est une marque déposée
Par Miss pas touche
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 09 2008 17:18
(illustration de NoTTo)


Un des grands moments dans l'année et dans votre vie de caissière est la splendide journée de l'inventaire. Quand vous travaillez dans une grande surface, il est bien difficile de se soustraire à cette grand-messe de la consommation.
Chaque année, à la même période, vous aurez le privilège d'investir TOUT le magasin pour compter et recompter, placer et déplacer, soulever et poser, pousser et tirer & même dépoussiérer...
Vous avez vaincu les chaînes qui vous reliaient à votre caisse ? Non... Vous avez été choisie pour participer à l'inventaire...
En un mot comme en mille, vous aurez le privilège incroyable de tripoter avec vos petites mimines, vous et vos collègues tous (oui, oui! Tous !) les articles en vente dans le magasin. Une expérience inoubliable que vous renouvèlerez au moins une fois par an. D'ailleurs, à cette occasion, vous allez pouvoir expérimenter la zen-attitude.

Tout commence déjà plusieurs jours avant, c'est le branle-bas de combat dans les réserves. Il devient urgent de tout ranger et de compter ce qui se trouve à l'abri du regard des clients. Les employés libre-service effectuent ce travail de fourmi avec force conviction. Généralement, tout est répertorié avant le jour J et vous découvrez avec plaisir (ou pas...) que les rayons ont été remplis jusqu'au bord de l'asphyxie. C'est la grande orgie qui débute...


Vous avez quand même de la chance car aujourd'hui c'est samedi et il y a du monde à faire ses courses. Les rayons se vident sensiblement. Parfois, c'est la crise car certaines références ne sont plus disponibles. Et là, c'est la catastrophe car si la rupture de stock peut être innocemment évoquée au client, ce dernier sera rarement content de devoir se rabattre sur un autre produit. S'il y a un employé dans les rayons, celui-ci sera très content de récupérer la hargne du dit-client, mais rassurez-vous, s'il n'y a personne, le client déversera son mécontentement sur vous lors de son passage en caisse... Petite veinarde !

Bon gré, mal gré, la journée avance et vous parvenez à contenir le flux de clients à coups de « bonjour » et de « vous avez la carte de fidélité? ».
Zen-attitude.

Une petite subtilité cependant. Aujourd'hui, le magasin va exceptionnellement fermer ses portes un peu plus tôt pour avoir plus de temps pour effectuer l'inventaire. A grand renfort d'affiches criardes scotchées aux quatre coins du magasin depuis plusieurs jours, d'annonces dans les hauts-parleurs passés bien avant la fermeture afin de prévenir au mieux les clients, la plupart de ceux-ci ne se rendent pas compte que le magasin va vraiment fermer une heure plus tôt.
Quelle horreur ! Le caddie n'est pas encore plein et les grilles du magasin se baissent pour inciter les clients à se diriger vers les caisses.
À un moment ou à un autre, il va bien falloir désengorger toute cette foule avide de consommer encore un peu... Les agents de sécurité les invitent à rejoindre les caisses. Il y a bien quelques récalcitrants qui tentent de s'échapper dans les rayons mais ils finissent tout de même par rejoindre la sortie, régler leurs achats et filer ranger leurs commissions dans le coffre de leur voiture.
Comme tous les ans, la fermeture annoncée à 20 heures, aura en réalité été plus proche de 20h30...
D'ailleurs, comme d'habitude, vous avez commencé le travail de comptage alors qu'il y avait encore des clients dans le magasin.
Et comme d'habitude, ils viennent prendre des articles dans le rayon que vous venez de compter et vous êtes quitte pour recommencer une fois le client parti.
Zen-attitude.


Pendant ce temps-là, l'armée d'intérimaires est arrivée dans le magasin. Ça papote, ça rigole aussi. Un responsable passe et calme aussi sec leurs ardeurs : « Le travail d'inventaire c'est sérieux, ce n'est pas le moment de rigoler ! »
« Rabat-joie » chuchote l'un des intérimaires.
Et chacun se voit attribuer un rayon.
Des fiches sont distribuées pour expliquer comment s'effectue un inventaire. On nous y explique comment compter (si, si !), où noter le nombre d'articles identiques trouvés (ce soir, ce sera la fête du post-it) et comment se servir du Telxon (réservé à l'élite des volontaires... ou pas).

Ce soir, vous avez été affectée au rayon liquide. Vous riez sous cape en pensant que vous allez compter des dizaines de litres de pastis, de whisky et autres bouteilles de Malibu. Rassurez-vous, vous ne devriez que compter, Dans un inventaire, on ne goûte pas à tous les produits. Les risques de finir bourré avant la fin de la soirée sont  donc très limitées... Mais vous n'êtes pas à l'abri de découvrir caché au fond du rayon une bouteille vide d'alcool fort (un client particulièrement assoiffé sans doute...).
Zen-attitude.

Vous suivez la procédure à la lettre. Vous démarrez tout en haut du rayon à gauche, vous comptez tous les articles identiques et vous collez un post-it à côté du code barre du premier article de la rangée (code-barre du produit positionné face à vous).
En 10 secondes, vous avez assimilé votre tâche pour la soirée. Avouez que vous vous trouvez super performante!
Allez, passez à l'étage en-dessous, puis celui encore en-dessous...
Au bout de dix minutes, vous découvrez que vos mains sont déjà pleines de crasse (ça promet pour le reste de la soirée) et vous n'êtes pas au bout de vos peines.
Tout au fond du rayon, vous découvrez une bouteille visiblement collée à l'étagère, on dirait que du liquide a séché et a collé l'objet à la structure métallique. En plus, la bouteille est toute collante. Ça donne envie ! Vous évitez de trop la toucher et la comptabilisez avec les autres bouteilles.
Vous post-itez le tout et vous changez d'étagère.
Entre deux comptages, vous échangez quelques mots avec votre collègue de boisson pour ce soir.
Un responsable vous entend papoter :
- Hé ! Vous deux, un peu de silence. Vous allez faire des erreurs !
Vive l'ambiance du samedi soir... Vous soupirez intérieurement et vous changez de nouveau d'étagère.
Zen-attitude.

Il est 23h et ça fait déjà 3 heures que vous comptez. Vous n'aurez pas le droit de telxoner ce soir, c'est un autre du rayon qui a récupéré l'appareil (c'est pas juste ! Parce que vous adorez ce petit appareil digne d'un TJ Laser...)
Vous continuez donc votre tâche et à 23h15, ravie, vous découvrez avec bonheur que le rayon liquide est terminé (du pack de bière au Citror, chaque produit est compté et étiqueté).
Mais... Mais alors, vous allez pouvoir rentrer un peu plus tôt que prévu ? Au lieu de finir à minuit, vous allez gagner ¾ d'heure ? Ce ne serait pas de refus, surtout que vous avez commencé votre journée à 9h ce matin... et vos 9h de caisse commencent à bien se faire sentir à cette heure avancée de la soirée.
Un chef passe et vous voit inactive.
- Ah ! Vous là, allez donner un coup de main au rayon textile, il sont  à la bourre !
- Ah, heu... oui (vous pensez tout bas : et meeeerde)

Et pendant près de 45 minutes, vous vous retrouvez à compter des fringues qui sont presque toutes différentes. Le rayon ressemble au final plus à un champ de bataille qu'à un linéaire de supermarché. Heureusement, vous êtes avec votre collègue de boisson du soir et le temps passe assez vite. Les habits défilent, les références des articles se multiplient. Au final, vous êtes obligée d'étaler par terre une partie des habits pour permettre à ceux qui vont comptabiliser avec le Telxon de pas oublier une partie du stock.
Minuit moins 5, vous avez carburé et vous avez même terminé. Vous parvenez enfin à vous approcher de la sortie et à quitter le magasin. Vos mains sont noires et vos ongles ont gagné un tout nouveau genre de vernis.
Vous avez passé une sacrée soirée et ne rêvez que de deux choses: une douche et votre lit...
Le magasin se vide. Tout le monde (employés et intérimaires) se dirige vers la sortie d'un pas nettement moins actif qu'en début de soirée.
Et si vous tirez le rideau pour votre participation à l'inventaire, lundi matin dès 5 heures, d'autres viendront terminer, il reste parfois des articles à comptabiliser avec le fameux telxon et surtout il va falloir remettre de l'ordre pour qu'à l'heure d'ouverture, le magasin soit nickel.
Bon courage car la valse du post-it est loin d'être achevée...


Et dans certains magasins, l'inventaire général a lieu deux fois par an... ou tous les mois... (doublement bon courage à eux !)


La chanson de circonstance pour ce genre de boulot.... Zen ;o)

Découvrez Zazie!

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Le Telxon, c'est ça :

cet appareil sert à lire les codes-barres et à comptabiliser le nombre d'articles.
D'ailleurs, on voit régulièrement des employés utiliser ces engins dans les supermarchés.



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Ticket de caisse bis :
On est toujours en délibération pour le concours, le choix est assez difficile, vos participations sont vraiment chouettes !
Par Miss pas touche
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