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Vous êtes 46 en caisse (et en caddies, ça fait combien?)
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livre
Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation. Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière.
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anna_samAnna SAM - 28 ans -
ex-hôtesse de caisse
en recherche d'emploi

mail2.jpg


Les textes présents sur ce blog ne sont pas libres de droit et si vous souhaitez utiliser des extraits, merci de m'en faire la demande au préalable.

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clients

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Jeudi 8 mai 2008
Vous avez toujours rêvé de porter une tenue hors du commun, un habit haute couture serti de diamants et signé par un des plus grands designers du monde la mode ?
Vous rêvez de vous démarquer et d'être envié(e) par tous les clients et caissières (qui, elles, portent un tout autre style de tenue) que vous croiserez lorsque vous effectuerez vos courses le samedi matin (fonctionne aussi les autres jours de la semaine) ?
Vous voulez être la ou le plus chic quand vous poussez votre caddie entre le rayon saucisse de Strasbourg et le rayon papier toilette ?
Alors, j'ai LA solution !

Ce tee-shirt que vous pouvez admirer juste en dessous est à gagner.
Petits veinards...
Un lot unique, un seul gagnant (du moins pour cette fois-ci).

Bref, je trouvais ça rigolo - et plutôt que de garder égoïstement ce splendide bijou haute-couture pour moi toute seule - et plus amusant de l'envoyer à l'un ou l'une d'entre vous.

Aucune question, ce sera le hasard qui désignera le gagnant.


(par contre, à cause des frais de port, le concours est réservé aux habitants de la France métropolitaine ou d'un pays limitrophe... désolée pour les lecteurs du bout du monde...)


Merci de ne participer qu'une fois ;o)


Le tirage au sort est automatique et c'est la main pure et innocente de l'ordinateur (oui oui, les ordinateurs ont des mains pures et innoncentes...) de Kyranthia (la gentille demoiselle qui a créé le module juste au-dessus) qui tirera l'heureux ou l'heureuse gagnant(e).


Le concours est ouvert jusqu'à la fin du mois.

Bonne chance !

Edit : un petit bug empêche d'utiliser les caractères "@" ou "."  sous certains navigateurs internet.
Néanmoins Le concours fonctionne correctement avec Internet Explorer.
Sinon, cliquez ici (ouverture d'une nouvelle fenêtre).

par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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Mercredi 30 avril 2008
(J'adore cette illustration de NoTTo, on se croirait dans une pub de propagande ^_^)


Un an de blog.
Un an d'écriture sur ce métier de caissière.
Un an et un changement de vie.

29/04/07 : ouverture du blog, un soir un peu par hasard. Sur un coup de tête, je crée « caissière no futur », je trouve le terme amusant, un brin punk, un peu provocateur.
Je commence à écrire quelques articles sur les notions du métier et j'ouvre très vite la rubrique anecdotes au fil des caisses.
Je me fixe une ligne éditoriale dès le départ : raconter avec humour le quotidien, réhumaniser un métier trop souvent mal perçu, faire rire les lecteurs pour mieux faire réagir. Des textes sans prétention, juste du vécu.

Les semaines passent et un intérêt naît pour ces histoires de caisse. Je découvre avec ravissement qu'il suffit d'expliquer certaines petites choses pour redonner un regard plus bienveillant sur mon métier.
Moi qui m'étais dit que si je parvenais à faire changer le regard de quelques personnes sur les caissières, je voyais que je pourrais atteindre mon but. Mais j'étais loin d'imaginer que tout cela irait bien plus loin.

Les mois filent, les mails de bien des collègues sont autant de petits trésors. On se reconnaît tous à travers ces histoires, on vit la même chose. On parvient à rire de certaines mésaventures et à prendre de la distance. C'est un exutoire, un bon moyen de se sentir mieux à son travail au quotidien.
En même temps, en tant que client, on s'amuse aussi de ces instants de vie, parfois on croit lire des caricatures, mais non, c'est simplement une description. On se reconnaît aussi avec certains petits défauts, on en sourit.

Septembre
De mon côté, mes recherches d'emploi n'aboutissent pas. Une lassitude de mon boulot. L'envie aussi de trouver un poste qui mobiliserait un peu mes connaissances acquises au fil de mes études.
Une décision s'impose, je veux démissionner. Mon mari me soutient dans cette démarche. Je partirai début janvier, avec mon 13e mois et mon solde tout compte, ça nous permettra à la maison de garder l'équivalent de mon salaire de caissière quelques mois si je ne trouve pas un boulot rapidement.

Décembre
Et tout bascule. Un journaliste (du Télégramme) me contacte. Il trouve la démarche de ce blog intéressante, différente. Il voudrait écrire un article sur mon histoire, sur mon blog. On discute un moment, j'accepte à condition de garder l'anonymat. L'article est publié quelques jours plus tard. Mais, je n'avais pas pensé à une chose, des « Anna, 28 ans, DEA de Littérature française, caissière à Rennes » il n'y en pas beaucoup... Du coup, à mon boulot, on devine que c'est moi. Et surprise de taille, à l'hypermarché, on apprécie mon blog.
Journaux et magazines, radios et télés s'enchâinent les semaines suivantes.
Plusieurs éditeurs entrent en contact avec moi et s'intéressent à ce projet.

Bon, il y en a quand même un qui m'a tenu des propos qui m'ont un peu estomaquée... Depuis l'ouverture du blog, je défends le fait que la caissière n'est pas idiote et qu'elle est dans la vie bien plus qu'un automate. Et cet éditeur me balance : « Bon, vous comprenez. Pour votre livre, les caissières ne seront pas vos lecteurs. Elles ne lisent pas beaucoup. »
... gros blanc...
Je crois que celui-là n'a rien compris et n'avait même pas pris la peine de lire quelques articles du blog.
Un autre éditeur aurait bien aimé tirer de ce blog une satire sociale, une critique acerbe envers la grande distribution.
Une fois encore, ce n'était pas mon but.

Je rencontre alors un éditeur de Stock, le courant passe de suite, on a une vision similaire du texte à venir : l'envie d'écrire un livre qui garderait le même ton léger du blog, le format chroniques, sortes d'instantanés de la vie quotidienne de supermarché.
Et puis, c'est une maison d'édition dont j'apprécie énormément les livres qui y paraissent. Le rêve de voir mon nom en haut d'un livre de cette maison !

Aujourd'hui, le livre est terminé, les dernières corrections ont été apportées.
Il sort en librairie dans un peu plus d'un mois (le 4 juin).
Le temps me paraît s'étirer... Et j'attends avec une impatience grandissante le jour où je verrais l'objet en face de moi.

Un an, un bilan au-delà de toutes mes espérances.
Une évolution que je n'aurais jamais imaginé.
Une belle aventure qui ne fait que commencer...


Je profite de cette note pour préciser une chose qui a souvent été comprise de travers.
Je n'ai pas démissionné suite à la médiatisation du blog.
Je n'ai pas démissionné pour reprendre mes études.
Je n'ai pas démissionné suite à une proposition de maison d'édition.
Je n'ai pas démissionné suite à une pression quelconque de la part de mon patron.
Ma démission n'a rien à voir avec ce blog. Je croyais plutôt galérer des mois en interim...

Le hasard a voulu que mon départ de cette entreprise se passe juste au bon moment. L'explosion médiatique a réellement démarré la semaine qui a suivi ma démission. Tout s'est enchaîné merveilleusement bien pour moi.
Le hasard fait parfois bien les choses.
par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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Mardi 8 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, je souhaite vous parler d'un livre que j'ai lu il y a peu et qui, je l'espère, fera réfléchir et réagir un peu les gens.

Un mot sur l'auteur :
Elsa Fayner est journaliste et a souhaité effectuer un travail d'investigation sur les emplois précaires. Elle se recrée un CV « sans relief » (bac +3 en sciences humaines et quelques petits boulots d'étudiants), un CV identique à celui de bien nombreux jeunes diplômés en recherche d'un premier emploi. Et elle part en quête d'un travail pour voir comment ça se passe en Interim et via l'ANPE.
L'enquête se déroule début 2007 et durera 3 mois.


Et pourtant je me suis levée tôt...
Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires


Région lilloise.
Entre candidatures spontanées et boîtes d'interim, en trois mois, Elsa Fayner aura effectué plusieurs petits boulots : femme de ménage dans un hôtel 4 étoiles, employée à la caféteria d'Ikea, télévendeuse pour Télé 2.
Et « caissière ? Dans tes rêves! » (titre du premier chapitre)
Car oui, vous avez bien lu, il n'est pas si facile de devenir caissière.
Lorsqu'elle a effectué ses recherches pour décrocher un emploi en caisse, voici ce qu'on lui a répondu :
« Ici, la moyenne, c'est bac + 3 ou 4. mais nous donnons notre chance à tout le monde. Sachez cependant que nous recevons 150 CV par jour, nous ne pouvons répondre à chacun. » (p26)
ça laisse comme un goût amer dans la bouche d'entendre ce genre de réponse... Comme si désormais, il fallait avoir fait des hautes études y compris pour trouver un boulot dit sans qualification.

Je ne vous ferai pas le récit de ses différentes expériences, mais j'en retiens quelques points essentiels : le problème de reconnaissance au travail, les temps partiels qui se généralisent, la quasi-impossibilité de trouver deux emplois lorsqu'on travaille à temps partiel, les salaires modestes, la peur chronique du salarié de perdre son emploi fut-il difficile et ingrat.


Je vous livre quelques extraits :

"Si l'activité professionnelle ne donne pas satisfaction [...] c'est parce qu'elle implique des souffrances physiques – lorsque les conditions de travail sont pénibles – ou morales – quand l'ambiance dans l'entreprise est tendue, les relations avec les supérieurs et les collègues mauvaises. Les nouvelles organisations du travail, censées apporter plus de motifs de satisfaction aux travailleurs, en raison notamment de l'autonomie plus grande qui leur est conférée, mènent parfois au résultat opposé."
(p122)

Si l'on travaille dans des conditions où les tâches que l'on effectuent sont mal reconnues, ou vues comme sans intérêt de la part des supérieurs / collègues / clients, il est difficile de trouver sa place et de vivre sereinement son travail qui de toute façon est rabaissé par ceux qui nous entourent.

"Dans un bureau, au moins, il est toujours possible de répondre de temps en temps à un mail personnel, de se balader quelques minutes sur le Net pour se détendre, de passer un appel privé, voire de discuter, bref de maîtriser un minimum son emploi du temps, en fonction de son rythme."
(p126)

Maintenant, pensez à tous ces boulots où le temps est minuté, où il y a un contact permanent avec la clientèle ou un travail à la chaîne, il n'y a plus de temps pour soi.
Ceux qui travaillent dans les bureaux ne connaissent pas forcément la chance qu'ils ont de pouvoir, ne serait-ce qu'aller aux toilettes quand ils le veulent. Ça vous semble futile ? Et pourtant...

"Le travail dit « non qualifié » nécessite lui aussi des compétences en termes d'organisation, de sociabilité, de rapidité d'exécution, de gestion des contraintes et d'adaptation qui ne s'acquièrent pas immédiatement. Mais, en ces temps de chômage de masse, pas question de reconnaître ces qualifications, de les rémunérer, encore moins de les valider et risquer de fournir des possibilités d'ascension dans le métier."
(p165)

En transposant cette réflexion à ma propre expérience, lorsque je me suis rendue à l'ANPE afin de faire un « constat » sur ma recherche d'emploi, la ligne des qualifications que j'avais pu acquérir en caisse est restée vierge (à part le fourre-tout : accueil clientèle, il n'y avait pour ainsi dire rien...)


Travailler plus pour gagner plus, un slogan qui a été souvent scandé pendant les élections présidentielles en 2007. Pas facile à suivre ce genre de précepte quand on a des petits boulots. Alors que faire quand on galère déjà pour décrocher un emploi à temps partiel ?


À la fin de ma lecture, je me suis tout de même surprise à me dire que si je devais retourner travailler dans le commerce, je tenterai ma chance dans une enseigne Ikea pour une raison qu'Elsa Fayner explique dans son livre : chaque employé (qu'on soit chef ou magasinier) est tenu d'avoir du respect envers les autres employés et sincèrement, c'est ce qui manque trop souvent dans les entreprises. Je crois que si chacun se sentait un minimum valorisé dans son travail (même si cette valorisation est quelque peu surfaite), il vivrait plus sereinement son quotidien professionnel et prendrait même un plaisir certain à travailler même si les conditions ne sont pas les meilleures ou que ce n'est pas un emploi de rêve.
Se sentir reconnu pour ce qu'on fait et ce qu'on est, c'est essentiel non ?

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Titre : Et pourtant je me suis levée tôt
Auteur : Elsa Fayner
Editions : Panama
Prix : 15€

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Et si vous avez le temps, écoutez l'émission passée sur RFI le 22 mars (lien ici) : "les prolétaires du tertiaire" à laquelle l'auteur a participé. Il y a également (et surtout) le témoignage d'employés de caisse qui expliquent leur quotidien.
par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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