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Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation.
Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché
à travers les yeux d'une caissière.
Mardi 30 juin 2009
(illustration de Èm - son blog)

Il est certains mots, certaines actions, certains principes derrière lesquels nous courons tous plus ou moins. Il en est un (parmi d'autres) auquel je tiens particulièrement. Lorsque je rencontre une personne et que nous sommes amenés à avoir un échange verbal bref ou long, j'entame toujours par un "bonjour" (ou "bonsoir" ou "salut" selon la circonstance et l'interlocuteur...).
Comment ? Vous dites ? Cela n'a rien d'extraordinaire ? C'est même complètement banal ? Mais vous avez parfaitement raison ! Cependant, pour un certain nombre (voir un nombre certain) de nos contemporains, ce doit être un concept tellement abstrait, tellement éloigné de leur vie que ce terme semble juste absent de leur dictionnaire (un peu comme le "merci" et le "s'il vous plaît" d'ailleurs...)

Il y a déjà quelques mois, je vous avais relaté cette histoire : on dit bonjour d'abord.
A l'époque, forte de ce principe et de ces illusions, j'espérais sans doute apporter un peu d'humanité et de chaleur (oui, je suis très utopique, mais sans rêve, j'ai l'impression de manquer quelque chose d'essentiel dans ma vie) lors de mes rencontres avec mes clients.

Seulement, on ne sait jamais qui on rencontre... Et ce jour là, il eut certainement mieux valu que j'observe avant de parler...


Une cliente avec une poussette arrive à ma caisse. Tout sourire, je lui lance un bonjour (comme c'est original...). Au même moment, la jeune femme s'était penchée vers la poucette et s'occupait du petit qui était à l'intérieur. Elle était donc dos à moi et sur le coup, j'ai pensé qu'elle ne m'avait pas entendu.
Je réitère :
- Bonjour

pas de réponse

Un peu plus fort :
- Bonjour

Toujours rien

Je persévère encore :
- Bonjour

silence

Le manège dure comme ça pendant environ 30 secondes. La cliente était toujours penchée sur la poussette. Je lance encore quelques "bonjour". Oui, on pourrait prendre cela pour de l'acharnement mais autant d'indifférence m'agaçait...

Puis, quand la cliente se tourne enfin vers moi, j'ai perdu tout sourire et suis à la limite d'être carrément désagréable...
Sans grande conviction, je tente un dernier "bonjour" et la cliente, elle tout sourire, me fait un geste de la main et me dit bonjour en langage des signes.


Vous savez quoi ? Ce jour-là, c'est moi qui ai reçu une leçon de vie et pas des moindres...
On ne sait jamais qui est face à nous. Juger est tellement facile quand on ne sait rien de l'autre !


----
ticket de caisse bis :
J'ai envoyé une newsletter dimanche soir. L'objet de ce mail était de vous demander de répondre à un petit sondage sur les préoccupations principales des caissières et caissiers.
Exclusivement réservé aux employées et employés de caisse.
Si vous n'êtes pas inscrits à cette newsletter mais que vous souhaitez participer (plus nous serons nombreux à répondre, plus le résultat aura de poids), vous avez toutes les infos sur le forum : ICI
Vous pouvez répondre en commentaire à la fin de cet article ou m'envoyer vos réponses par mail (contact)
Merci beaucoup à toutes celles et ceux qui ont déjà répondu et surtout n'hésitez pas à faire passer ce sondage auprès de vos collègues.
Par Miss pas touche - Publié dans : anecdotes au fil des caisses - Communauté : Si mon travail t'était "conté"
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Jeudi 18 juin 2009
En écoutant le dernier album d'Olivia Ruiz, (Miss Météores) j'entends la "chanson cachée" à la fin et ça m'a donné envie d'en faire ce qui suit... Ce n'est qu'un exercice de style sans prétention, un simple amusement :-)



La version originale (à partir de 2mn30) :
"6 mètres" est après la chanson en anglais, très agréable à écouter aussi au passage




6 minutes
Plus que 6 minutes pour parvenir à la pointeuse, s'affaler enfin dans le métro, la victoire amère de la fin de journée.
6 minutes, rien que 6 minutes
Le corps mutilé des charges lourdes portées, des sacs soulevés, casser les reins pour son salaire et son sourire aux enchères.

6 minutes
Juste 6 minutes
caisse fermée et caisse immaculée, brandissant le produit nettoyant accompagné du rouleau d'essuie-tout avec la rage du nettoyage express.

5 minutes
les plus longues
5 minutes écumant et se pressant sur la ligne de caisse, vaciller au dernier mètre par un client rêvant vous voir ouvrir seulement pour lui.

2 minutes et puis la dernière et soudain l'envie de plus rien ou juste de fermer le magasin, l'envie de dépasser toutes les limites de l'interdit et rire d'une overdose de silence.

Déserter à 20 secondes.
À 20 secondes de la sortie.
Être prostré et regarder s'écouler les autres secondes qui passent, les autres caissières se pressent devant, les envier jusqu'à la dernière, refuser de vous laisser abattre et servir votre nouveau dernier client.

Et puis 6 minutes, si minutes pour tous.
Ni Dieu devant, ni chiens aux trousses.
6 minutes, si minutes pour tous et plus de maîtres, que le désir d'être et renaître, se redresser, lever le bras, être ensemble, vainqueur tous ensembles, des millions de « c'est fermé » ex aequo. Millions de champions illégaux.

Ensemble, escalader les marches, tous ensemble passer la pointeuse.
6 minutes, plus qu'à 6 minutes, plus qu'à 6 minutes.
Par Miss pas touche - Publié dans : anecdotes au fil des caisses
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