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vos histoires de caisse (7)

13 Mars 2008, 09:48am

Publié par Miss pas touche

Petit tour uniquement du côté caisse aujourd'hui : langage de sourd, bras musclés, rencontre précieuse et conseils avisés.


Chantal

Je suis caissière dans le bricolage au Luxembourg.
Certains clients portent leur sac de 25 kg dans les bras. Épuisés, ils le balancent sur le tapis de caisse (c'est lourd !). Evidemment, le sac n'est pas non plus incassable et il arrive régulièrement qu'il se déchire. Un beau nuage de poussière s'échappe : plâtre, ciment, sable, joint de carrelage...
Il y a de quoi être ravi. on en a plein les cheveux et on a l'impression d'avoir mis une nouvelle couche de fond de teint.
- Oh excusez-moi, mais c'est lourd vous savez ! Vous disent ces clients.
- Oui monsieur bien sûr (répondez-vous avec le sourire, toujours avec le sourire!). Mais vous savez, il y a des caddies pour les objets lourds.
- Oui mais juste pour un sac...

Sarah

Le samedi, je travaille dans un grand magasin de meubles, où beaucoup de personnes viennent passer leurs longues heures de week-end.
Un jour de grande affluence, un monsieur d'une quarantaine d'années arrive à ma caisse. Contrairement aux autres clients qui ont l'air pressés de sortir de la foule, il avance lentement et considère d'un air dubitatif deux cartons qu'il tient dans ses mains. Je lui lance un "Bonjour" pour le sortir de sa réflexion (qui semble intense!).
- Bonjour mademoiselle... Dites-moi, je ne sais pas quelle lampe choisir... Vous pensez que c'est la verte ou la rouge qui irait mieux dans mon salon?
- Euh...
Je le regarde à mon tour avec un air dubitatif, me disant qu'il va se rendre compte rapidement du non-sens de sa question! Mais le monsieur attend une réponse... Devant la file de clients qui s'impatientent, je décide de ne pas prendre le temps de lui expliquer que je n'ai jamais vu son salon et lui lance aimablement:
- Ecoutez, je pense que la verte ira très bien...
- Oh, vous avez raison, ça ira bien mieux.
J'encaisse et le monsieur repart tout content de mon bon conseil. Ni moi, ni les clients suivants ne pouvons réprimer un sourire.

Jean-Christophe

Je travaille dans un petit supermarché. Je suis à la caisse principale (celle qui est toujours ouverte) et voilà qu'arrive le... comment dire... le gars débraillé, édenté avec des vêtements qui portent encore des taches du souper d'il y a 3 mois.
Soit. Nous ne sommes pas là pour juger et tout le monde doit manger.

Je scanne ses petits achats. Il y en a pour 4,08€.
- Voilà Monsieur, cela fait 4 euros et 8 cents.
- Achaché ?
Je ne le comprends pas et lui fais part de mon interrogation :
- Pardon ?
- Cambien ?
- Combien ? Et bien 4 euros et 8 cents...
- Ka euro ? Comment ?
- (Je perds un peu patience) 4 EUROS ET 8 CENTS...QUATRE !! (je lui montre avec mes doigts)  1-2-3-4...Quatre !
- Quachtre ? Quachtre auros ?... Comment ça ?
- 4 EUROS ! QUATRE !!! 1-2-3-4 (je lui montre toujours mes doigts)...
- Ah quatre euros ?...Chi ché 4 euros, faut pas dire quachtre...moi pas comprendre, vous devoir bien parler à moi.
-  ...
Il me tend quatre euros...
- Ok, on va s'en sortir... Bon, il y a encore les 8 cents aussi !
- (le client s'énerve) Oh comment cha...vous me dire 4 euros et maintenant des chents...comment cha des chents !!!!
- Ben oui, c'était 4 euros et 8 cents, vous m'avez donné les 4 euros et maintenant, il faut encore les cents.
Heureusement, il me donne les cents et part en râlant.
Et moi, je me dis :
« Ben heureusement que ça faisait pas cinquante-sept euros quatre-vingt sept cents ! »
Un mot sur cette histoire. Elle met deux choses en exergue :
- en caisse, on ne sait pas toujours comment réagir face à certains clients
- une incompréhension mutuelle finit par être source de conflit, de stress et renforce la distance entre les gens

A moi aussi, ça m'est arrivé de devoir réprimer mon envie de m'énerver contre des gens qui ne comprenaient pas les choses simples que je leur disais. Mais comment réagir face à des circonstances comme celle-ci quand on ne nous l'a jamais appris ? Hé bien, c'est le système D et la débrouille personnelle. Les premières fois sont délicates à gérer et au fur et à mesure du temps, on apprend à mieux appréhender ces situations.
Ceci dit, il y en aura toujours une qui saura nous déstabiliser...

Brigitte

un souvenir me reste de mes « années caissières » qui a longtemps mis un baume sur certains mauvais comportements de quelques clients.
Je me rappelle d'un SDF qui venait tous les matins acheter sa bouteille de vin et une pomme. Il plaisantait un peu avec moi et je souriais des histoires qu'il me racontait. Il avait pris l'habitude de m'offrir un bouquet de fleurs tous les vendredis. Juste, me disait-il, pour me remercier de mon sourire. C'est peu dire que ce geste me touchait...
Et puis... J'ai su un matin que les pompiers étaient venus le chercher.
Il s'appelait Gérard...


Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin (côté caisse ou côté client), une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.

Commenter cet article

Pam 06/06/2008 21:46

woh.. la dernière anecdote me bouleverse... :'(

Mathilde 24/05/2008 12:59

La petite histoire de Brigitte m'a émue.

RA 07/05/2008 17:42

J’aurais tendance à penser que le client de Sarah voulait simplement parler avec elle…

Miss pas touche 07/05/2008 18:45


c'est bien possible, un moyen comme un autre d'engager une conversation ;o)


soal 29/04/2008 03:47

j'étais caissière en petite supérette de centre-ville au rayon boulangerie. Un jour, un jeune homme arrive avec un carton sous le bras. Il avait l'air gêné et soucieux. Je lui demande ce qu'il souhaite acheter. Il me répond qu'il a une requête à me faire sur un ton grave. Je l'écoute. "Est-ce que vous pouvez me donner des restes de pain ?" Je le regarde interloquée, il ne semble pas être affamé et miséreux. Je ne peux m'empêcher de lui demander des précisions. Et là, il me montre le carton. Il y avait un lapin à l'intérieur...
Je vide les miettes de la machine à trancher.
Ma collègue qui n'avait rien loupé de la scène, pliée, me fait remarquer qu'on a donné à ce lapin de la nourriture de luxe. C'était du pain de seigle à 10 euros 40 le kilo,j'en ris encore.

K. 20/04/2008 22:28

Y a vraiment de belles histoires parfois..