
Une journée de caisse un samedi équivaut à encaisser les articles d''environ 350-400 personnes (disons en environ 9 heures, une journée d'affluence normale - hors fêtes -).
Une journée classique en somme. Et après 8 ou 9 h de travail, l'hôtesse est bien contente de ranger son caisson et de rentrer chez elle.
Il est 20h30, la journée s'est relativement bien passée, peu de problèmes, des clients plutôt polis et sympathiques.
C'est le ballet du nettoyage de tapis qui débute. Produit + sopalin + frottage énergique pour nettoyer au mieux la caisse. Ca ne brille pas, c'est sûr, mais c'est relativement propre.
Il ne reste plus qu'à débarasser poubelle, sacs et prospectus, enlever le caisson et partir vers la caisse centrale.
En plus, coup de chance, ce soir, il n'y a pas grand monde dans le magasin. On ne lui demandera pas de faire de temps supplémentaire. Les caisses qui sont encore ouvertes ont peu de clients, 1 ou 2 maximum.
Elle s'apprêtait à partir quand deux hommes s'installent à sa caisse. (c'est classique, les gens ne voient pas, ou ne veulent pas voir, que la caisse est fermée)
- C'est fermé messieurs. Vous devrez passer à une caisse à côté. Vous en avez justement une de libre là (elle montre du doigt une caisse ouverte à quelques mètres).
- Allez, vous allez nous prendre. On n'a qu'une bouteille (d'alcool, bien sûr...)
- Désolée, c'est fermé.
(elle sent déjà la tension qui monte et évite donc de regarder les clients car certains prennent ça pour de la provocation)
- Je vais te donner 1 Euro. Tu vas prendre ma bouteille!
- Je ne veux pas de votre pourboire et de toute façon, c'est fermé. (s'impatiente un peu mais n'élève pas la voix, il est important de réussir à garder son calme dans ce genre de situation).
(la tension monte vite quand un langage de sourd commence comme celui-là. Et pire encore quand on se permet de se moquer si ouvertement de la caissière)
Notez au passage le tutoiement du client et le ton exclamatif qu'il commence à employer. C'est toujours mauvais signe!
- Mais de toute façon, mademoiselle, les caissières, c'est comme les putes! On les paye en plus pour avoir un service en plus.
...
Et le mec, content de sa tirade, rigole avec son copain. Est-ce que vous imaginez ce que peut ressentir une personne qui se fait insulter de la sorte?
C'est le genre d'attitude qui meurtrie et qui laisse des traces un long moment.
L'hôtesse tente de faire face comme elle peut. Mais Pas d'agent de sécurité à portée de voix, pas de caisse ouverte assez près pour demander de l'aide. Pas la force de prendre le téléphone pour appeler la sécurité.
Dans ce genre de situation, le temps paraît s'étirer et on a l'impression d'être complètement seul face à ce type de client.
Ceci est arrivé il y a peu de temps à une collègue.
Mais si le client (passablement éméché lors de son passage en caisse) se fiche des caissières, se permet d'insulter comme il le fait, l'inverse n'est pas possible. Et parfois c'est dur de ne pas répondre à ce genre de remarques désobligeantes et le temps d'appeler à l'aide dans ce genre de situation, le client a le temps de partir, voir de devenir violent.
Alors pour se préserver, l'hôtesse baisse les bras et passe le client.
Car mieux vaut prendre sur soi, passer les articles du client et ne pas le retrouver à la sortie (le parking est presque désert et le bus n'arrive pas avant un moment...)
Cette note est loin du message que je souhaite faire passer sur ce blog, mais certains comportement abusifs doivent être dénoncés.

Prochaine anecdote : "aaah, les fameux 100% remboursés!
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