
Les enfants sont de petits êtres fort curieux. Après une phase (plus ou moins longue) d'observation, arrive la grande période du « pourquoi », « comment ça se fait que... ». Et une grande surface est un lieu d'étonnement pour nos chers chérubins. Les questions qu'ils posent sont toujours le fruit d'une réflexion qui leur est propre. Quand ils passent en caisse avec leurs parents, il m'arrive d'entendre et de voir certaines curieuses réactions.
Une maman passe avec son jeune garçon. Elle règle ses quelques achats en monnaie. Elle me tend un billet et je lui rends quelques pièces. Le petit garçon, très intrigué par notre échange d'argent, observe avec beaucoup d'intérêt ma caisse et comment se passe l'échange d'argent. Alors que je rangeai le billet dans mon caisson, l'enfant tend sa petite main et me demande :
- Moi aussi je peux avoir des sous, s'il-te-plaît ?
Après tout, quoi de plus logique ? Je donne des pièces à sa mère, pourquoi lui n'y aurait pas droit ?
La dame et moi nous regardons et sourions. J'aime ces petits moments où la naïveté de l'enfant met en évidence des banalités (aux yeux d'adultes) qui sont pourtant le fruit d'une longue évolution de notre civilisation.
Un autre jour.
Une mère passe avec son fils (il a 5 ou 6 ans peut-être). Celui-ci observe avec un intérêt grandissant la caisse, le tapis qui avance tout seul et la place qu'il y a derrière moi. Il a l'air de juger mon lieu de travail. Il me demande alors :
- Il est où ton lit ?
Du même style de questionnement.
J'étais à une caisse un peu particulière, cela ressemble à une sorte de box (moi, je l'appelle la cage à poules...). Une petite fille avait regardé avec attention cet étrange boîte et l'air un brin effrayé, elle m'a demandé :
- Tu vis ici ? Tu ne peux jamais sortir ?
Cette question m'avait bien fait rire, il faut dire que de l'extérieur, la caisse avait l'air bien fermé et l'on ne voyait pas la porte...
C'est assez amusant de voir que l'enfant ne fait pas la distinction entre la personne, le métier et le lieu de travail. La caissière est généralisée et est souvent interprétée par les jeunes enfants comme une « autorité » de caisse. Ah bon ? Les caissières ne vivent pas à leur caisse ?
Une autre anecdote que la plupart des caissières ont entendu au moins une fois dans leur vie.
Un parent passe avec son enfant. Pour une raison ou pour une autre, l'enfant ne doit pas bien travailler à l'école et le parent, ne sachant plus toujours comment faire pour motiver l'enfant lui dira en passant en caisse :
- Tu vois chéri(e), si tu ne travailles pas bien à l'école, tu deviendras caissière comme la dame.
Voilà une belle ânerie... Si on faisait une étude statistique du niveau d'études des caissières, je suis persuadée qu'il serait supérieur au niveau bac...
D'ailleurs, à ce propos, une collègue avait eu le droit à cette belle remarque. Elle avait répondu à la mère (pas à l'enfant bien sûr car lui n'y est pour rien) :
- Bien sûr madame, quand il aura eu son bac + 5, on en reparlera.
Certes, c'était une étudiante, mais caissière, c'est un métier comme un autre... Ce n'est pas une tare ;o)
Prochaine anecdote : Parfois, on se croirait dans un jeu vidéo...
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