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Vous êtes  35 en caisse (et en caddies, ça fait combien?)
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livre
Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation. Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière.
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anna_samAnna SAM - 28 ans -
ex-hôtesse de caisse
DEA de lettres modernes
en recherche d'emploi

mail2.jpg


Les textes présents sur ce blog ne sont pas libres de droit et si vous souhaitez utiliser des extraits, merci de m'en faire la demande au préalable.

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clients

Recherche

Mercredi 30 avril 2008
(J'adore cette illustration de NoTTo, on se croirait dans une pub de propagande ^_^)


Un an de blog.
Un an d'écriture sur ce métier de caissière.
Un an et un changement de vie.

29/04/07 : ouverture du blog, un soir un peu par hasard. Sur un coup de tête, je crée « caissière no futur », je trouve le terme amusant, un brin punk, un peu provocateur.
Je commence à écrire quelques articles sur les notions du métier et j'ouvre très vite la rubrique anecdotes au fil des caisses.
Je me fixe une ligne éditoriale dès le départ : raconter avec humour le quotidien, réhumaniser un métier trop souvent mal perçu, faire rire les lecteurs pour mieux faire réagir. Des textes sans prétention, juste du vécu.

Les semaines passent et un intérêt naît pour ces histoires de caisse. Je découvre avec ravissement qu'il suffit d'expliquer certaines petites choses pour redonner un regard plus bienveillant sur mon métier.
Moi qui m'étais dit que si je parvenais à faire changer le regard de quelques personnes sur les caissières, je voyais que je pourrais atteindre mon but. Mais j'étais loin d'imaginer que tout cela irait bien plus loin.

Les mois filent, les mails de bien des collègues sont autant de petits trésors. On se reconnaît tous à travers ces histoires, on vit la même chose. On parvient à rire de certaines mésaventures et à prendre de la distance. C'est un exutoire, un bon moyen de se sentir mieux à son travail au quotidien.
En même temps, en tant que client, on s'amuse aussi de ces instants de vie, parfois on croit lire des caricatures, mais non, c'est simplement une description. On se reconnaît aussi avec certains petits défauts, on en sourit.

Septembre
De mon côté, mes recherches d'emploi n'aboutissent pas. Une lassitude de mon boulot. L'envie aussi de trouver un poste qui mobiliserait un peu mes connaissances acquises au fil de mes études.
Une décision s'impose, je veux démissionner. Mon mari me soutient dans cette démarche. Je partirai début janvier, avec mon 13e mois et mon solde tout compte, ça nous permettra à la maison de garder l'équivalent de mon salaire de caissière quelques mois si je ne trouve pas un boulot rapidement.

Décembre
Et tout bascule. Un journaliste (du Télégramme) me contacte. Il trouve la démarche de ce blog intéressante, différente. Il voudrait écrire un article sur mon histoire, sur mon blog. On discute un moment, j'accepte à condition de garder l'anonymat. L'article est publié quelques jours plus tard. Mais, je n'avais pas pensé à une chose, des « Anna, 28 ans, DEA de Littérature française, caissière à Rennes » il n'y en pas beaucoup... Du coup, à mon boulot, on devine que c'est moi. Et surprise de taille, à l'hypermarché, on apprécie mon blog.
Journaux et magazines, radios et télés s'enchâinent les semaines suivantes.
Plusieurs éditeurs entrent en contact avec moi et s'intéressent à ce projet.

Bon, il y en a quand même un qui m'a tenu des propos qui m'ont un peu estomaquée... Depuis l'ouverture du blog, je défends le fait que la caissière n'est pas idiote et qu'elle est dans la vie bien plus qu'un automate. Et cet éditeur me balance : « Bon, vous comprenez. Pour votre livre, les caissières ne seront pas vos lecteurs. Elles ne lisent pas beaucoup. »
... gros blanc...
Je crois que celui-là n'a rien compris et n'avait même pas pris la peine de lire quelques articles du blog.
Un autre éditeur aurait bien aimé tirer de ce blog une satire sociale, une critique acerbe envers la grande distribution.
Une fois encore, ce n'était pas mon but.

Je rencontre alors un éditeur de Stock, le courant passe de suite, on a une vision similaire du texte à venir : l'envie d'écrire un livre qui garderait le même ton léger du blog, le format chroniques, sortes d'instantanés de la vie quotidienne de supermarché.
Et puis, c'est une maison d'édition dont j'apprécie énormément les livres qui y paraissent. Le rêve de voir mon nom en haut d'un livre de cette maison !

Aujourd'hui, le livre est terminé, les dernières corrections ont été apportées.
Il sort en librairie dans un peu plus d'un mois (le 4 juin).
Le temps me paraît s'étirer... Et j'attends avec une impatience grandissante le jour où je verrais l'objet en face de moi.

Un an, un bilan au-delà de toutes mes espérances.
Une évolution que je n'aurais jamais imaginé.
Une belle aventure qui ne fait que commencer...


Je profite de cette note pour préciser une chose qui a souvent été comprise de travers.
Je n'ai pas démissionné suite à la médiatisation du blog.
Je n'ai pas démissionné pour reprendre mes études.
Je n'ai pas démissionné suite à une proposition de maison d'édition.
Je n'ai pas démissionné suite à une pression quelconque de la part de mon patron.
Ma démission n'a rien à voir avec ce blog. Je croyais plutôt galérer des mois en interim...

Le hasard a voulu que mon départ de cette entreprise se passe juste au bon moment. L'explosion médiatique a réellement démarré la semaine qui a suivi ma démission. Tout s'est enchaîné merveilleusement bien pour moi.
Le hasard fait parfois bien les choses.
par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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Dimanche 27 avril 2008
(illustration de NoTTo)


La joie des courses le dimanche, un détour par le monde féérique de Mickey, savoir rendre service, un petit cadeau qui fait plaisir...

Rayms

Côté caisse

Dimanche midi, le magasin a fermé ses portes et comme d'habitude des clients profitent de la sortie des derniers clients pour s'infiltrer incognito par les portes de sortie.
Incognito??? Pour cette cliente ça ne veut sûrement rien dire, elle rentre dans le magasin comme une furie en hurlant :
- C'EST IMPORTANT ! C'EST URGENT.
Et elle passe devant moi en courant. Je n'ai que deux solutions pssibles: soit je la plaque au sol comme au rugby, soit je la laisse passer et je l'encaisse quand elle revient. D'après l'urgence, je me dis qu'elle a un nouveau né qui n'a plus de lait maternisé (comme ça arrive souvent). Alors je l'attends et elle ne tarde pas à revenir toujours en courant, une boite de preservatifs à la main. Un  peu essouflée, elle me dit :
- Vous savez je connais un petit jeune qui a rencontré une petite jeune fille hier soir et il faut qu'ils se protègent.

J'avoue que j'ai eu très envie de rire sur le coup, en me mordant très fort l'interieur de la joue, je suis parvenue à n'esquisser qu'un petit sourire.
J'espère juste pour le petit couple qu'ils n'attendaient pas depuis la veille au soir.

On a beau entendre toutes sortes de choses, il y a toujours une nouvelle remarque qui suprend un peu plus que les précédentes...


Irène

Côté caisse

C'était un mercredi, peu de temps avant les fêtes de fin d'année.
Un monsieur passe à ma caisse. Et là, il me présente son paquet de chocolat que je venais de scanner :
- Vous en voulez un?
Un peu gênée sur le coup j'ai refusé, je lui ai répondu que j'étais sur mon temps de travail et que je n'avais pas le droit.
Après avoir payé, il m'en repropose un. Le voyant insister et visiblement déçu par mon refus la  première fois, je n'ai pas pu lui dire non la seconde fois. Il était tout content qand il est parti et moi ravie de son geste.

La semaine suivante, il repasse à ma caisse et il me dit :
- Je n'ai pas de chocolat cette fois-ci !
Je me suis mise à rire, les clients se demandaient pourquoi, mais ça m'a mis du baume au coeur.


Julie

Côté caisse

A croire que les caissières n’ont pas de vie :
En tant que « caissière du dimanche » je travaille de 9h à 12h mais on ne ferme jamais avant au moins 12h15 le temps que les derniers clients soient partis. Un jour, j’entends une cliente qui dit à ma collègue :
- Ha ben au moins ici vous êtes mieux que chez **** (magasin concurrent ouvrant également le dimanche matin), parce que là-bas midi c’est midi. Les caissières à midi elles comptent déjà leurs caisses.

Si nous on ferme pas c’est qu’on n’a pas le droit, c'est tout. Certains clients doivent simplement oublier qu'on a aussi une vie après le supermarché.



Christèle

Côté caisse

L'autre jour, une petite mamie d'environ 80 ans, arrive à ma caisse. Elle déballe son caddie tant bien que mal. Arrivée au fond du chariot, elle soulève difficilement ses 2 bouteilles de Champomy. Elle m'explique qu'elle a mal à une épaule. Je lui propose de l'aider à sortir ses articles lourds et puis il n'y avait personne derrière elle. La dame refuse poliment en me disant qu'elle avait presque fini. Je passe ses articles et je lui dis :
- Laissez, je vais ranger vos courses dans votre caddie.
Cette petite mamie a été très agréablement surprise que je sorte de ma caisse pour l'aider et m'a remercié comme jamais on ne l'avait fait. Elle en avait les larmes aux yeux et ce visage restera à jamais gravé dans ma mémoire.

Il y a des gestes qui touchent. Dans un monde où tout tourne autour du « toujours plus vite », savoir encore prendre le temps d'aider son prochain apparaît comme un geste précieux.

Christine

Côté clients

Je me souviens d'une aventure qui nous est arrivée un samedi alors que nous faisions nos courses à Auchan Val d'Europe près de Disney où nous avions passé la journée avec nos jumelles de 4 ans à l'époque....
Nous étions mon mari et moi accompagnés de nos fillettes et de nos frères, soeurs et amis pour l'occasion. On faisait quelques courses avant de rentrer à la maison pour terminer cette belle journée.... L'une de mes fillettes regarde le caissier et lui dit tout sourire :
- Bonjour Mongol.
Nous pensions avoir mal entendu, nous demandons à notre fille de répéter ce qu'elle venait de dire. Mon beau-frère au passage intervient pour sauver sa petite nièce d'une belle réprimande :
- Elle vient de dire « Bonjour mon gars ! ». (ce qui soit dit en passant n'est pas mieux et ne correspond pas à l'éducation que nous leur donnons).
Bref, notre petite fille répète tout haut :
- J'ai dit « bonjour Mongol ! »
Nous la sermonnons :
- Ça ne va pas ? pourquoi tu dis une chose pareille ???
La petite, surprise, regarde le caissier et renchérit
- Mulan, la légende, les mongols envahissent la chine...
C'était le titre du spectacle qu'elle venait de voir à Eurodisney et le caissier était de type asiatique, comme dans le spectacle... C'était somme toute bien innocent et nous en avions fait notre interprétation...
Le caissier lui répond alors :
- Eh oui, je suis un ancien mongol qui s'est bien intégré !!!

Nous en avons tous ri.

Comme quoi, on interprète ce qu'on entend différemment...
Les enfants n'ont pas autant de sous-entendus que les adultes.
De mon côté, j'ai aussi entendu bien des petites réflexions innocentes de la part d'enfants (j'en avais noté quelques-unes ici) qui, interprétées avec un oeil adulte auraient pu froisser plus d'une oreille
par Miss pas touche publié dans : vos histoires de caisse
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Mardi 22 avril 2008
(illustration de NoTTo)


La grande surface : lieu de tous les échanges, de tous les regards et de toutes les complicités possibles...
c'est aussi un lieu sujet à tous les types d'ignorance, de transparence et d'anti-savoir vivre.
Bref, en un mot c'est la société dans toute sa grandeur (hauteur, largeur et profondeur incluses).

Petit Zoom vers la station service du magasin et approchons nous d'une voiture, la bleue là qui vient de s'engager dans la station. Monsieur est au volant, l'air un brin renfrogné. Madame est à sa droite, à la place passager. Il y a quelques voitures, l'attente ne sera pas longue. C'est bientôt au tour du couple de passer à la pompe. Il n'y a plus qu'un véhicule devant. Monsieur tapote sur son volant, l'air toujours renfrogné.
La voiture qui les précède démarre.
Madame sort prestement de la voiture et s'avance vers la pompe pendant que Monsieur dirige le véhicule jusqu'à la hauteur de Madame qui a déjà dégainé le pistolet (non, pas le TJ Laser, mais celui du gazole).
Monsieur coupe le moteur et se met à fouiller dans ses poches pour en retirer son paquet de cigarettes (les fenêtres sont à peine ouvertes – le panneau « interdiction de fumer » est bien visible mais bon... passons...). Il en grille une et attend.
Pendant ce temps là, Madame s'affaire. Elle a tout pris en charge et remplit consciencieusement le réservoir du véhicule. Une fois son travail effectué, elle referme la trappe à essence et se dirige... Non, pas à la portière de la voiture mais vers la caisse une vingtaine de mètres plus loin.

Monsieur démarre, accélère, dépasse Madame (elle n'a pas encore parcouru les 20 mètres), passe devant la caisse de la station, ralentit à peine et file sur le parking quelques mètres plus loin.
Il se gare.

Madame arrive à la caisse, se plie en deux (ha oui... l'ouverture pour passer le moyen de paiement est à hauteur de la fenêtre de la voiture, pas à hauteur d'homme – ou de femme en l'occurence) et règle à l'hôtesse de caisse.

Madame repart en trottinant vers la voiture. Elle monte à la place passager et Monsieur démarre. Ils quittent la grande surface (on aurait pu croire qu'ils voulaient gagner du temps pour aller dans le magasin ensuite, on aurait même presque pu imaginer que monsieur serait aller garer la voiture et serait aller chercher un chariot... on aurait pu croire, mais non...)

Tiens, il la récupère... Il faut dire que « ça » fait aussi la cuisine, le ménage, le repassage... Une femme à la maison, c'est quand même utile ;o)


Ce jour-là, je n'étais certes pas à la caisse, ce n'était certes pas à mon ancien boulot (là-bas, il y a une barrière qui empêche le véhicule de partir avant d'avoir payé), mais j'étais à la pompe avec mon mari et on a suivi ce petit manège mi-amusé, mi-étonné.
- Hé ! La prochaine fois qu'on fait le plein, on fera pareil, me lance-t-il le regard rempli de malice.
- Même pas en rêve...


Prochaine anecdote : « On dit bonjour d'abord »


EDIT : Mag demande en commentaire comment se passe la période de grossesse en caisse.

"
Je souhaiterai bien travailler jusqu'a mon congé maternité mais jusqu'à maintenant je n'ai encore jamais vu de caissière avec un gros bidon ! À combien de mois de grossesse vous êtes-vous arretées ?
Merci pour vos conseils ! "

Dans l'hyper où je bossais, j'ai croisé beaucoup des collègues enceintes. Elles tiennent tant qu'elles peuvent si je puis dire. Pas mal sont allées jusqu'à leur congé mater.
S'il y a des caissières qui ont vécu leur grossesse en caisse, merci d'aiguiller Mag car pour le coup, je ne suis pas experte en la matière et je pense que cette question intéressera d'autres caissières...
par Miss pas touche publié dans : anecdotes au fil des caisses
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