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Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation.
Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché
à travers les yeux d'une caissière.
Jeudi 27 mars 2008
Station service de grande surface

- Bonjour, vous étiez à quelle pompe s'il vous plait ?
- Euh, ch'ai pas.

(restez zen... et retrouvez où s'est servi le client. Usez de subterfuges et arborez votre plus beau sourire : demandez le montant qu'il a vu, quel carburant il a pris, à côté de quelle voiture il était... parlementez pour trouver le bon numéro de pompe. C'est bon? Vous l'avez ? Alors passez à l'étape suivante : le paiement)
- 20,01€ s'il vous plait
- J'ai mis que pour 20 Euros d'essence moi. De toute façon, j'ai pas de pièces.



Un certain nombre de personnes cherchent à mettre un compte rond dans leur réservoir : 10, 20 ou 30 €. C'est censé aller plus vite quand ils passent à la caisse ensuite (ou cela leur permet de mieux maitriser leur budget, ou pour tout un tas d'autres raisons que j'ignore aussi certainement).
Ils tendent leur billet correspondant au montant indiqué sur la pompe et filent dans un bruit de moteur digne d'un départ de formule 1.
Oui mais voilà ! C'est un sacré sport que de tomber pile et souvent, il faut être honnête, ça tombe à côté. Oh, de pas beaucoup, un ou deux centimes : 15,01 ou 20,02 mais beaucoup plus rarement 14,99 ou 19,98... Il est préférable que ce soit le magasin qui fasse don d'un centime plutôt que l'inverse, n'est-ce pas ?
Et le nombre de clients qui tentera de ne pas régler cette petite somme est assez impressionnant. C'est vrai qu'un centime peut paraître dérisoire mais sur une journée de travail, cela finit par représenter beaucoup et est source d'erreur de caisse lors du comptage (alors imaginez sur une semaine).
Il est toujours étonnant de voir la manière dont certains cherchent à ne pas payer ce montant supplémentaire (qui est pourtant dû). Entre ceux qui diront n'avoir rien d'autre que le billet qu'ils tendent (on dirait pourtant qu'il y a un tas de centimes à côté du siège conducteur), ceux qui s'excitent en criant que c'est de votre faute (ben voyons ! Vous avez le bras rudement long pour être et derrière votre caisse et servir à la pompe en même temps).

Petite subtilité complémentaire, vous avez bien sûr remarqué que le prix au litre va jusqu'au troisième chiffre après la virgule : 1,239 € ou 1,452€ - tout montant similaire à des prix réels n'est pas fortuite -.
(petite digression : le prix entre les différentes stations services varie généralement avec seulement ce dernier chiffre... ce qui en réalité, sur un plein de 40 litres ne fera même pas 40 centimes d'Euros de différence de prix pour 5 ou 10 kilomètres de détours parcourus avec sa voiture pour trouver la pompe la moins chère... mais passons...)
Et donc avec ce troisième chiffre après la virgule, cela veut dire que le prix est arrondi lors du passage en caisse (que vous payiez en liquide, par chèque ou par carte bancaire d'ailleurs). Du coup, il arrive parfois des drames ! Le client devant régler : 50,01 € selon la caissière alors que lui a vu à la pompe : 50,007€. Donc 50€, non ?
Et vous voilà parti dans les explications habituelles que pour l'arrondi du prix, c'est au plus proche de l'unité. Ce qui veut dire que si c'est 50,003 on passe à 50, si c'est 50,006 ce sera 50,01 ! (et pour 50,005 ? allez, on vous fera une fleur : 50) Et pour appuyer vos dires, vous devrez sortir la calculette, la facture et le ticket de caisse, le tout étayé avec un savant calcul pour bien montrer que non, vous ne cherchez pas à voler 1 centime au client, mais que oui, vous appliquez la procédure.

Alors, de guerre lasse, bien souvent les hôtesses laissent tomber car cela va facilement trop loin dans les paroles. Et je ne suis pas persuadée que l'on aime se faire insulter ni klaxonner par 10 voitures qui attendent impatiemment le moment de filer sur l'asphalte à toute vitesse.

Malgré tout, vous tentez de faire régler le centime au client ? (vous êtes courageuse... ou inconsciente)
Ça pourra vous donner ce genre de situation :
- Il manque un centime.
- M'en fou, je les ai pas et je vous les donnerai pas.
- (vous tentez donc le tout pour le tout) Je vais devoir appeler la sécurité.


Et là, soit le client (de mauvais poil) sort de sa poche une poignée de monnaie et balance le centime manquant, soit il vous rit au nez et vous lance :
- Allez-y, appelez-les vos cowboys !
Et soyons honnête, les agents de sécurité se déplaceront rarement pour si peu. Le coup de bluff n'aura été que de courte durée et votre tentative de récupérer la monnaie n'aura été que du vent...
Le client se fiche de vous, vous traite d'incapable au passage et file au volant de sa grosse BMW (car oui, ces clients là n'ont généralement pas de petites voitures).


Prochaine anecdote : Vive les paniers !
Par Miss pas touche - Publié dans : anecdotes au fil des caisses - Communauté : Si mon travail t'était "conté"
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Dimanche 23 mars 2008
(illustration de NoTTo : son site)

Entre bière, whisky, burger, informations confidentielles et braquage (non, faut pas pousser quand même...), c'est un grand festival quand on est dans les magasins.
Côté caisse ou côté client, il arrive que l'on se retrouve à effectuer un véritable parcours du combattant...
Antoine, Albéric, Hélène et Josette racontent.


Antoine
(promotion : deux histoires pour le prix d'une)

côté caisse

- fast food -

Une femme entre dans le restaurant et, se tenant à ma caisse, me demande un burger qui fait alors l'objet d'une promotion pour une durée limitée de 15 jours. Les murs de l'établissement sont couverts d'affiches vantant la bonne affaire et montrant, en gros plan, le burger en question, frappé d'une énorme inscription : "10 francs !". Je lui sers son produit et lui demande alors les 10 francs qu'elle me doit.

Décontenancée, elle me demande alors :
- Mais c'est vous qui devez me donner 10 francs si je prends ce burger ! C'est marqué sur les affiches...
Mes tentatives pour lui expliquer comment fonctionne le monde sont vaines et elle quitte le restaurant, sans le burger (évidemment) et en nous accusant de publicité mensongère...
 

- agence de voyage -

Un jeune homme accompagné de son amie se présente à mon comptoir. Il souhaite acheter un billet d'avion pour Londres. J'aime plaisanter avec les gens et, lorsque je le peux, avec les clients. Il est étudiant, moi aussi à l'époque. Il me semble assez sympathique et adopte un air décontracté. Après lui avoir demandé son nom, je retrouve dans le fichier informatique la trace d'un ancien achat de sa part dont il ne se souvient visiblement pas. Lui et son amie sont donc surpris quand j'avance son prénom :

- Ouah, trop fort ! Vous savez ça rien qu'en tapant mon nom sur votre ordinateur ?!

Voyant sa réaction, l'idée me vient de pousser le jeu et de tenter au hasard d'autres affirmations plus personnelles mais relativement probables :

- Oui, bien sûr... Je vois aussi que vous êtes fumeur et que vous avez moins de 26 ans.

(... Dans le mille !)
Lui, circonspect :

- Euh... Oui...
- Vous avez une voiture de catégorie 106/Clio/Fiesta et votre médecin est à deux pas d'ici, c'est bien ça ? (là aussi dans le mille)
 
Là, ils blanchissent et se montrent tout à coup très inquiets de voir que nous disposons d'une fiche de renseignements aussi personnels sur lui alors qu'il est persuadé (en plus) de ne jamais avoir eu affaire avec nous...
C'est alors que j'éclate de rire et lui avoue la supercherie... Il prennent bien la blague et la transaction s'est faite de manière très détendue.


Albéric

côté caisse

Un jour, une cliente passe à ma caisse, très aimable, gentille et souriante. Je passe ses articles en parlant un peu vu qu'elle avait engagé la conversation et qu'elle était aimable et marrante (ce qui est plutôt agréable dans une journée où une bonne partie des clients nous ignorent).
Au moment de payer, elle ouvre son sac pour prendre son portefeuille et au lieu de sortir sa carte bancaire, elle s'écrie :

- Ah ben j'ai l'air conne !  Ah les gamins je vous jure !
- Votre enfant vous a pris votre portefeuille madame ? Si vous voulez, je peux demander à faire mettre votre chariot de côté pour que vous reveniez et que vous n'ayez plus qu'à payer !
- Ah non, je l'ai ! C'est pas ça... Regardez ! (Elle me montre discrètement l'intérieur de son sac) C'est un faux hein, je vous montre discrètement pour ne pas avoir la sécurité à me tomber dessus. Mais regardez, je vous rassure c'est un faux !!

Il s'agissait en fait d'un pistolet à billes que l'un de ses enfants avait trouvé malin de mettre dans son sac ! Cette petite blague m'a bien amusé et la cliente avait l'air tellement gênée et amusée à la fois que ça m'a donné le sourire pour la journée.

Hélène

côté caisse


J'ai travaillé 2 ans en tant qu'hôtesse de caisse en supermarché de quartier, et toujours par périodes de CDD. Je revenais je repartais, et ainsi de suite à 7 ou 8 reprises.
J'avais mes habitués du quartier. Ils aimaient beaucoup passer avec moi, et quand j'allais rendre visite à mes collègues, ils me demandaient : "Ça y est vous avez repris?" ou alors : "Vous allez à quelle caisse?"
Même quand il y avait du monde à ma caisse, ils faisaient la queue quand même, et c'est là qu'on voit que "nos clients" nous apprécient vraiment.
Mon dernier CDD a recommencé en avril dernier. J'étais enceinte de 3 mois. Mes clients ont suivi ma grossesse avec moi, demandant sans arrêt des nouvelles du bébé. Ils étaient même presque plus pressés que moi de savoir le sexe. Une petite mamie m'a même offert des bavoirs et une autre une peluche pour ma puce.

Un jour du mois de septembre, quelques jours avant mon congé maternité, je travaille de 8h30 à 15h30. Je ferme ma caisse vers 15h15, le temps de la nettoyer et de la compter.
Là un client que je n'avais jamais vu commence à piquer sa crise car je ferme et que lui fait la queue pour juste une bière.
J'étais alors énorme (gros bébé...), j'avais mangé sur le pouce le midi, et j'ai failli me mettre à pleurer (les hormones !!!). Et là, plusieurs personnes ont pris ma défense, indiquant au client indélicat que peut-être il n'avait pas vu que la demoiselle est enceinte et lui demandent de changer de ton avec moi .
Le monsieur s'est calmé. Il leur a demandé s'il pouvait passer devant eux car il n'avait « qu'une bouteille »
- Hors de question ! Vous ferez la queue comme tout le monde.


Josette

côté client

Je suis à l'origine de cette anecdote bien que je n'ai pas été présente physiquement.
Soirée entre amis, du whisky est servi : qui le boit sec, qui met du coca, des glaçons ou un tas d'autres mélanges.
Nous étions 6 ou 7.
Première lampées, premiers cris : "Mais, c'est de l'alcool à brûler !"
Certains courageux allant jusqu'au bout de la dose pour s'en assurer.
Mon mari est diligenté pour rapporter l'objet entamé du délit au supermarché avec pour consigne de se faire ou rembourser ou échanger la-dite bouteille...
Voilà pour le contexte.

Accompagné de mon gendre, ces intrépides affrontent une caissière qui ne s'en laisse pas conter (évidemment, à sa place, j'aurais fait pareil !) et qui refuse tout d'abord l'histoire et doit croire à une blague. Elle finit par s'énerver (là, y faut pas...). Un des deux intrépides (le plus jeune) file vers le rayon informatique tandis que le plus vieux , la bouteille à la main ne cède pas un pouce de terrain.
L'hôtesse demande :
- Mais, il avait quel goût ce whisky ?
- Je ne sais pas, je ne bois pas, répond mon mari. (véridique, il ne boit pas!)
Dernier argument du plus hardi :
- Téléphonez à ma femme, elle vous racontera !
(Bon, l'hôtesse a dû penser que j'étais pochtronne)

A mon travail, le téléphone sonne, et je dois argumenter le plus silencieusement possible pour ne pas être entendue de mon entourage que oui, il avait un goût d'alcool à brûler, que non, on n'a pas reversé tous les apéros dans le flacon car il aurait été difficile de prouver l'horreur du produit et que la meilleure façon de le constater c'est qu'elle, elle en boive !
- Mais, il est quatre heures, ce n'est pas l'heure de l'apéritif (tiens donc, elle est pochtronne aussi ?)
- Appelez votre chef de rayon, il est là pour ça (lui aussi !)

De guerre lasse, elle autorise mon époux à prendre une autre bouteille de la même marque. Le soir venu, nous l'avons dégustée sans retrouver ce petit goût à l'origine de cette histoire.

Pour votre information, il faut savoir que si vous achetez une bouteille d'alcool et qu'elle s'avère imbuvable, vous êtes tout à fait dans votre droit de demander à l'échanger.
Pareil si votre vin a goût de bouchon, vous pouvez également vous la faire échanger dans votre magasin (à condition de ne pas avoir égaré son ticket de caisse et de ne pas l'avoir acheté dix ans plus tôt...)
Par expérience, je sais que beaucoup de clients ignorent cette information.
Par Miss pas touche - Publié dans : vos histoires de caisse
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