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Vous êtes  35 en caisse (et en caddies, ça fait combien?)
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livre
Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation. Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière.
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anna_samAnna SAM - 28 ans -
ex-hôtesse de caisse
DEA de lettres modernes
en recherche d'emploi

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Les textes présents sur ce blog ne sont pas libres de droit et si vous souhaitez utiliser des extraits, merci de m'en faire la demande au préalable.

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Au fil des caisses   artistes  Revue de presse  Sommaire
Mardi 8 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, je souhaite vous parler d'un livre que j'ai lu il y a peu et qui, je l'espère, fera réfléchir et réagir un peu les gens.

Un mot sur l'auteur :
Elsa Fayner est journaliste et a souhaité effectuer un travail d'investigation sur les emplois précaires. Elle se recrée un CV « sans relief » (bac +3 en sciences humaines et quelques petits boulots d'étudiants), un CV identique à celui de bien nombreux jeunes diplômés en recherche d'un premier emploi. Et elle part en quête d'un travail pour voir comment ça se passe en Interim et via l'ANPE.
L'enquête se déroule début 2007 et durera 3 mois.


Et pourtant je me suis levée tôt...
Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires


Région lilloise.
Entre candidatures spontanées et boîtes d'interim, en trois mois, Elsa Fayner aura effectué plusieurs petits boulots : femme de ménage dans un hôtel 4 étoiles, employée à la caféteria d'Ikea, télévendeuse pour Télé 2.
Et « caissière ? Dans tes rêves! » (titre du premier chapitre)
Car oui, vous avez bien lu, il n'est pas si facile de devenir caissière.
Lorsqu'elle a effectué ses recherches pour décrocher un emploi en caisse, voici ce qu'on lui a répondu :
« Ici, la moyenne, c'est bac + 3 ou 4. mais nous donnons notre chance à tout le monde. Sachez cependant que nous recevons 150 CV par jour, nous ne pouvons répondre à chacun. » (p26)
ça laisse comme un goût amer dans la bouche d'entendre ce genre de réponse... Comme si désormais, il fallait avoir fait des hautes études y compris pour trouver un boulot dit sans qualification.

Je ne vous ferai pas le récit de ses différentes expériences, mais j'en retiens quelques points essentiels : le problème de reconnaissance au travail, les temps partiels qui se généralisent, la quasi-impossibilité de trouver deux emplois lorsqu'on travaille à temps partiel, les salaires modestes, la peur chronique du salarié de perdre son emploi fut-il difficile et ingrat.


Je vous livre quelques extraits :

"Si l'activité professionnelle ne donne pas satisfaction [...] c'est parce qu'elle implique des souffrances physiques – lorsque les conditions de travail sont pénibles – ou morales – quand l'ambiance dans l'entreprise est tendue, les relations avec les supérieurs et les collègues mauvaises. Les nouvelles organisations du travail, censées apporter plus de motifs de satisfaction aux travailleurs, en raison notamment de l'autonomie plus grande qui leur est conférée, mènent parfois au résultat opposé."
(p122)

Si l'on travaille dans des conditions où les tâches que l'on effectuent sont mal reconnues, ou vues comme sans intérêt de la part des supérieurs / collègues / clients, il est difficile de trouver sa place et de vivre sereinement son travail qui de toute façon est rabaissé par ceux qui nous entourent.

"Dans un bureau, au moins, il est toujours possible de répondre de temps en temps à un mail personnel, de se balader quelques minutes sur le Net pour se détendre, de passer un appel privé, voire de discuter, bref de maîtriser un minimum son emploi du temps, en fonction de son rythme."
(p126)

Maintenant, pensez à tous ces boulots où le temps est minuté, où il y a un contact permanent avec la clientèle ou un travail à la chaîne, il n'y a plus de temps pour soi.
Ceux qui travaillent dans les bureaux ne connaissent pas forcément la chance qu'ils ont de pouvoir, ne serait-ce qu'aller aux toilettes quand ils le veulent. Ça vous semble futile ? Et pourtant...

"Le travail dit « non qualifié » nécessite lui aussi des compétences en termes d'organisation, de sociabilité, de rapidité d'exécution, de gestion des contraintes et d'adaptation qui ne s'acquièrent pas immédiatement. Mais, en ces temps de chômage de masse, pas question de reconnaître ces qualifications, de les rémunérer, encore moins de les valider et risquer de fournir des possibilités d'ascension dans le métier."
(p165)

En transposant cette réflexion à ma propre expérience, lorsque je me suis rendue à l'ANPE afin de faire un « constat » sur ma recherche d'emploi, la ligne des qualifications que j'avais pu acquérir en caisse est restée vierge (à part le fourre-tout : accueil clientèle, il n'y avait pour ainsi dire rien...)


Travailler plus pour gagner plus, un slogan qui a été souvent scandé pendant les élections présidentielles en 2007. Pas facile à suivre ce genre de précepte quand on a des petits boulots. Alors que faire quand on galère déjà pour décrocher un emploi à temps partiel ?


À la fin de ma lecture, je me suis tout de même surprise à me dire que si je devais retourner travailler dans le commerce, je tenterai ma chance dans une enseigne Ikea pour une raison qu'Elsa Fayner explique dans son livre : chaque employé (qu'on soit chef ou magasinier) est tenu d'avoir du respect envers les autres employés et sincèrement, c'est ce qui manque trop souvent dans les entreprises. Je crois que si chacun se sentait un minimum valorisé dans son travail (même si cette valorisation est quelque peu surfaite), il vivrait plus sereinement son quotidien professionnel et prendrait même un plaisir certain à travailler même si les conditions ne sont pas les meilleures ou que ce n'est pas un emploi de rêve.
Se sentir reconnu pour ce qu'on fait et ce qu'on est, c'est essentiel non ?

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Titre : Et pourtant je me suis levée tôt
Auteur : Elsa Fayner
Editions : Panama
Prix : 15€

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Et si vous avez le temps, écoutez l'émission passée sur RFI le 22 mars (lien ici) : "les prolétaires du tertiaire" à laquelle l'auteur a participé. Il y a également (et surtout) le témoignage d'employés de caisse qui expliquent leur quotidien.
par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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Samedi 5 avril 2008
(illustration de NoTTo : son site)

Voilà la nouvelle tournée de vos histoires.
Aujourd'hui, vous ferez un détour entre le problème de chaine de froid, le non-bonjour, histoire d'amour, problèmes de tiroir-caisse et jambe qui tremble.
Bonne lecture.

Karine

côté caisse

c' est une anecdote qui m'est arivée il y a une dizaine d'année. Cela ne m'a pas découragé puisque je suis toujours hôtesse de caisse.
J'avais eu un accident dans le magasin qui m'employait à l'époque. Ça m'a valu plusieurs mois d'arrêt et deux opérations .
J'ai repris mon travail en portant une genouillère et pour détendre mon genou, je secouais un peu ma jambe régulièrement. Arrive un client agé qui me voit faire ma petite gymnastique. Il me dit :
- Ma fille a le même probléme que vous.
Dans ma tête, j'imagine qu'elle aussi avait du subir une opération.
Sur un ton de confidence, il chuchote :
- Elle est incontinente et ce n'est pas facile.
Imaginez ma tête et lui est reparti tranquillement avec ses yaourts.


Cat

côté caisse

j'étais vendeuse dans un magasin de décoration d'intérieur. Les employés portaient des gilets sans manche. Je suis un « petit gabarit » et il n'y avait pas ma taille. J'ai hérité d'un gilet 2 fois trop grand.
Journée en caisse.
J'enchaîne les clients : « bonjour – bip bip – merci – au revoir » et là, en refermant mon tiroir caisse, je coince mon gilet dedans. MINCE! je tire un peu dessus, ça ne vient pas... Le client suivant (que je connais de vue car en bon passionné de folk, il a toujours un grand chapeau sur la tête) attend que je passe ses articles. J'essaie d'abord d'extraire mon gilet (discrètement) mais c'est bien coincé. Je commence à avoir le sourire et je remarque que le client a vu mon problème et a le sourire aussi qui se dessine sur son visage. Je me dis, je vais passer ses articles et en validant la caisse, le tiroir s'ouvrira, et ben non, perdu ! C'est toujours coincé... On commence vraiment à rigoler pour de bon.
À la une à la deux et à la trois, je tire sur le gilet de toutes mes forces de tout mon poids. Je suis enfin libérée et le tiroir caisse s'ouvre !!
Un bon fou rire entre le client en moi :
- Merci monsieur au revoir et bonne journée. Ah ah ah


Sylvie

côté client

L'affaire se passe dans une grande librairie Lilloise du centre ville, j'y vais pour acheter un CD dont je ne me rappelle pas trop du nom de l'artiste et décide de faire appel à un vendeur:
La cliente (c'est moi !) : Bonjour monsieur.
Le vendeur : ... (regard vers moi, muet).
La cliente : Bonjour monsieur (fort et articulé, regard droit dans les yeux).
Le vendeur : Oui c'est pourquoi ?
La cliente (estomaquée) : Ben... Bonjour monsieur.
Le vendeur : Je vous écoute.
La cliente : Ben vous ne dites pas bonjour ?.
Le vendeur : Non, j'en ai assez de dire bonjour des centaines de fois par jour
La cliente : Dire bonjour c'est le minimum, je suis médecin et je dis bonjour à longueur de journée aussi et ça ne me dérange pas.
Le vendeur : ... (no comment)
La cliente (lasse) : Je cherche le CD de tel artiste.
Le vendeur : Il est à tel endroit (il m'y emmène et me donne le disque). Voilà madame.
La Cliente : Oui c'est bien ça, merci monsieur, au revoir monsieur.
Le vendeur : ... (la carpe)


Magalie

côté caisse

Petit boulot d'été, l'année de mes 18 ans : hôtesse de caisse !
Le cuisinier de la cafétéria passe plusieurs fois par jour en caisse et très souvent à MA caisse. On discute un peu, sans plus...
Un jour, en plaisantant, je lui lance:
- J'ai une mauvaise nouvelle pour vous, vous allez devoir me supporter 3 semaines de plus, ils ont prolongé mon contrat.
Lui me répond :
- J' ai une mauvaise nouvelle pour vous aussi : Je crois que je suis amoureux !
Résultat : aujourd'hui, 9 ans plus tard, nous sommes mariés et nous avons 2 adorables filles .


Maryline

côté client

L'histoire s'est passée en août 2004, il règne une chaleur étouffante sur la région parisienne. Je parviens malgré tout avec mon gros ventre de femme enceinte à me motiver pour aller chercher mon repas du week-end au supermarché.
En 6 mois de grossesse, j'aurais rencontré toutes sortes de phénomènes à la caisse pretextant tout et n'importe quoi pour pas me laisser passer mais là...

Je me dirige vers la caisse prioritaire. Je suis derrière 4 clients. le caissier se penche et constate mon état. Il n'hésite pas une seconde et demande à sa prochaine cliente de me faire passer et là, c'est le drame.

- Non mais monsieur, vous rendez vous compte ? Je patiente ici depuis déja 15 min.
- Oui mais cette dame est prioritaire, vous voyez bien qu'elle est enceinte.
- Ha mais je suis pas daccord !

Elle commence à piquer un petit scandale en caisse et un argument (imparable doit-elle penser) lui vient à l'esprit :
- Mais monsieur, moi j'ai des surgelés !
- Et alors ? ajoute le caissier un peu surpris.
- Et la chaine du froid vous connaissez ? C'est scandaleux ! je vais de ce pas reposer mes frites. À  cause de vous, je risque l'intoxication alimentaire car vous avez rompu la chaine du froid en faisant passer cette dame devant moi...

Je ne vous raconte pas les fous rires des gens qui ont entendu l'altercation...


par Miss pas touche publié dans : vos histoires de caisse
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Mercredi 2 avril 2008
J'ai reçu ça en courrier express hier soir !
Je suis impressionnée par la rapidité de la justice !



Voilà qui clôt donc l'épisode Mag-Drive

Bon, vous aurez tous compris que ce fut un poisson d'avril... J'avoue, j'ai bien ri hier !
Merci d'avoir joué le jeu ! ;o)


juste pour info : le poisson à 3 yeux est bien connu des fans des Simpson ;o)
par Miss pas touche publié dans : anecdotes au fil des caisses
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