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Vous êtes  35 en caisse (et en caddies, ça fait combien?)
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livre
Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation. Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière.
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anna_samAnna SAM - 28 ans -
ex-hôtesse de caisse
DEA de lettres modernes
en recherche d'emploi

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Les textes présents sur ce blog ne sont pas libres de droit et si vous souhaitez utiliser des extraits, merci de m'en faire la demande au préalable.

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Au fil des caisses   artistes  Revue de presse  Sommaire
Jeudi 20 mars 2008
undefined(illustration de NoTTo : son site)


Pas toujours facile de compter juste quand on fait ses courses.
Pas toujours simple de calculer à l'avance le montant de ses achats avant le passage en caisse.
Certains doivent certainement être fâchés avec les maths et un caddie rempli qui n'aurait pas dû dépasser 20 ou 30€ (c'est tout ce qu'ils ont pris comme monnaie) est parfois plus proche des 100€...
Et bien sûr, c'est de votre faute car c'est bien connu, la caissière est la responsable de tous les maux et de tous les prix (toujours trop chers) des articles du magasin. Le client mettra alors un point d'honneur à vous faire subir sa mauvaise humeur et sa mauvaise foi quand le montant total des courses sera affiché sur la caisse.

Le lot de situations est aussi varié que le nombre de clients passant à votre caisse. Les réactions sont parfois surprenantes.

Il existe tout de même de grands classiques
- Il me manque 1, 5, 10 centimes, vous allez bien m'en faire cadeau! (Certains tenteront même jusqu'à 1 ou 2 €...)
(Ben voyons et je vous laisse aussi votre billet ?)
- Je reviendrai vous payer demain.
(Il est loin le temps où l'on faisait crédit au client, surtout dans une grande surface...)
- Pour si peu, ça changera rien pour vous !
(Pour moi non, pour mon comptage ce soir, si, surtout que d'autres feront la même réflexion dans la journée)
- Vous vous êtes forcément trompée en passant les articles. C'est pas ce que j'avais compté.
(Ha, les erreurs de prix ça peut exister, mais de là à dire que c'est forcément de ma faute...)

Mais certaines histoires marquent plus que d'autres.

Pour quelques cacahuètes
J'ai le souvenir d'un jeune couple qui passait régulièrement au magasin acheter quelques articles de première nécessité, le tout en marque "premier prix". Avant de passer en caisse, ils notaient scrupuleusement le montant de chaque article pour calculer au plus juste.
Ce jour-là, d'après leurs notes griffonnées, il devait rester un peu de monnaie (à peine 5O centimes en réalité). Quand il ont vu le total affiché à ma caisse, conforme à leurs calculs, le jeune homme est reparti vite fait dans les rayons pour revenir quelques instants plus tard avec un paquet de cacahuètes premier prix.
- C'est vital, m'a-t-il l'ancé, le sourire aux lèvres.
Et le couple est parti ravi d'avoir pu s'offrir ce petit plaisir supplémentaire.


Quelques euros de plus
Un jeune homme arrive à ma caisse avec quelques bricoles (de la nourriture exclusivement). Venu le moment de régler les achats, panique à bord ! Il a beau compter et recompter sa monnaie et faire ses fonds de poche, il lui manque encore plus de 3€. Il y a foule dans le magasin. Les clients qui attendent derrière commencent à s'impatienter (soupirs et grommellements offrent un chouette concert live) et doivent craindre sans doute de devoir assister à une discussion interminable entre la caissière et le client.
Pour ne pas trop troubler le client, je lui demande discrètement :
- Vous avez combien sur vous ?
- 5€
- Il vous manque un peu plus de 3€. Voulez-vous que je vous donne le montant de chaque article (il n'y en a pas beaucoup) pour voir lesquels vous allez enlever ?
- Oui, je veux bien. Déjà, je vous redonne la boîte de conserve.
(Elle coûte 60 centimes)
Les soupirs se multiplient. Le client qui ne peut pas régler ses achats en totalité ne sait quoi enlever. Honnêtement, vu le contenu de ses courses, à sa place j'aurais eu aussi du mal à choisir quoi rendre.
Pris dans un dilemme intérieur, le jeune homme ne parvient pas à se décider. Et moi, je ne peux pas l'aider plus. Le client suivant se penche vers moi et me demande alors :
- Il lui manque combien ?
- (surprise) Un peu plus de 3€. Monsieur regarde quoi déduire de ses achats.
Il ouvre son porte-monnaie et me tend alors un billet de 5€ et dit au jeune :
- Et gardez la monnaie.

Un acte généreux, sans attente de retour d'aucune sorte. Si j'ai été surprise, le jeune homme l'a été bien plus. Il a timidement remercié et a filé.
Après son départ, je discute un peu avec le monsieur et je comprends que lui aussi a vécu la galère, les fins de mois difficiles, les achats minimalistes.

Un geste rare.
Un geste précieux.


Pour ma petite soeur
Ça me rappelle aussi une autre histoire, naïve celle-ci.
C'est un petit garçon (il doit avoir 9 ou 10 ans). Il passe à ma caisse et me tend deux jouets. Fier comme un coq, il m'explique avec un grand sourire :
- Tu vois, celui-là il est pour moi (il me montre une boîte de playmobil) et la poupée Barbie, c'est pour ma petite soeur. C'est un cadeau !
On sent toute la fierté dans son regard. Oui, mais voilà... quand j'annonce le montant total, il y en a pour près de 25€. Il me regarde avec des yeux ronds et me montre son porte-monnaie :
- J'ai que 15€.
Il me demande alors le prix de chaque article
- 12,35€ pour ton playmobil, 11,90€ pour la poupée.
Il réfléchit. Il calcule (il compte sur ses doigts). On sent son intense concentration.
Le client suivant qui vient d'arriver sourit en regardant la scène. Le jeune garçon me redemande encore le montant des deux articles, puis de chaque.
Cela dure quelques minutes.
Et ça y est, il se décide :
- Je vais prendre que mon Playmobil.

L'enfant paie son jouet et je lui rends sa monnaie. Il lui reste à peine 3€. Et sans doute dans un dernier espoir, il me demande :
- J'ai assez pour la poupée ?
- Non, mon grand, il te manque presque 10€.
- Ah, tant pis alors. Au revoir.

Il file avec son jouet visiblement très déçu. Allez savoir comment il a expliqué tout ça à sa petite soeur après...

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prochaine anecdote : histoires de centimes (la suite) – lieu : station service
par Miss pas touche publié dans : anecdotes au fil des caisses
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Lundi 17 mars 2008
Et voilà !  C'est fait !
La couverture a sa version définitive (ou presque). Je suis très fière de vous la présenter.
undefinedSortie : 4 juin 08

L'adresse du blog, c'est moi qui l'ai rajoutée (et n'apparaîtra pas sur le livre...) ;o)
Sobre, mais efficace. Après tout, y a-t-il besoin de plus pour expliquer de quoi parlera le livre ?
Il a été question un temps de mettre une photo de caisse, mais il paraît que ce n'est pas aussi photogénique que cet élégant et seyant caddie, qui est quand même le symbole par excellence de la grande surface...

J'aime beaucoup le résultat en tout cas. Et vous ?

(J'attends avec impatience le moment où je verrai passer un caddie dans un rayon avec le livre posé au fond... Quelle mise en abyme héhé)
par Miss pas touche publié dans : hors catégorie
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Jeudi 13 mars 2008
Petit tour uniquement du côté caisse aujourd'hui : langage de sourd, bras musclés, rencontre précieuse et conseils avisés.


Chantal

Je suis caissière dans le bricolage au Luxembourg.
Certains clients portent leur sac de 25 kg dans les bras. Épuisés, ils le balancent sur le tapis de caisse (c'est lourd !). Evidemment, le sac n'est pas non plus incassable et il arrive régulièrement qu'il se déchire. Un beau nuage de poussière s'échappe : plâtre, ciment, sable, joint de carrelage...
Il y a de quoi être ravi. on en a plein les cheveux et on a l'impression d'avoir mis une nouvelle couche de fond de teint.
- Oh excusez-moi, mais c'est lourd vous savez ! Vous disent ces clients.
- Oui monsieur bien sûr (répondez-vous avec le sourire, toujours avec le sourire!). Mais vous savez, il y a des caddies pour les objets lourds.
- Oui mais juste pour un sac...

Sarah

Le samedi, je travaille dans un grand magasin de meubles, où beaucoup de personnes viennent passer leurs longues heures de week-end.
Un jour de grande affluence, un monsieur d'une quarantaine d'années arrive à ma caisse. Contrairement aux autres clients qui ont l'air pressés de sortir de la foule, il avance lentement et considère d'un air dubitatif deux cartons qu'il tient dans ses mains. Je lui lance un "Bonjour" pour le sortir de sa réflexion (qui semble intense!).
- Bonjour mademoiselle... Dites-moi, je ne sais pas quelle lampe choisir... Vous pensez que c'est la verte ou la rouge qui irait mieux dans mon salon?
- Euh...
Je le regarde à mon tour avec un air dubitatif, me disant qu'il va se rendre compte rapidement du non-sens de sa question! Mais le monsieur attend une réponse... Devant la file de clients qui s'impatientent, je décide de ne pas prendre le temps de lui expliquer que je n'ai jamais vu son salon et lui lance aimablement:
- Ecoutez, je pense que la verte ira très bien...
- Oh, vous avez raison, ça ira bien mieux.
J'encaisse et le monsieur repart tout content de mon bon conseil. Ni moi, ni les clients suivants ne pouvons réprimer un sourire.

Jean-Christophe

Je travaille dans un petit supermarché. Je suis à la caisse principale (celle qui est toujours ouverte) et voilà qu'arrive le... comment dire... le gars débraillé, édenté avec des vêtements qui portent encore des taches du souper d'il y a 3 mois.
Soit. Nous ne sommes pas là pour juger et tout le monde doit manger.

Je scanne ses petits achats. Il y en a pour 4,08€.
- Voilà Monsieur, cela fait 4 euros et 8 cents.
- Achaché ?
Je ne le comprends pas et lui fais part de mon interrogation :
- Pardon ?
- Cambien ?
- Combien ? Et bien 4 euros et 8 cents...
- Ka euro ? Comment ?
- (Je perds un peu patience) 4 EUROS ET 8 CENTS...QUATRE !! (je lui montre avec mes doigts)  1-2-3-4...Quatre !
- Quachtre ? Quachtre auros ?... Comment ça ?
- 4 EUROS ! QUATRE !!! 1-2-3-4 (je lui montre toujours mes doigts)...
- Ah quatre euros ?...Chi ché 4 euros, faut pas dire quachtre...moi pas comprendre, vous devoir bien parler à moi.
-  ...
Il me tend quatre euros...
- Ok, on va s'en sortir... Bon, il y a encore les 8 cents aussi !
- (le client s'énerve) Oh comment cha...vous me dire 4 euros et maintenant des chents...comment cha des chents !!!!
- Ben oui, c'était 4 euros et 8 cents, vous m'avez donné les 4 euros et maintenant, il faut encore les cents.
Heureusement, il me donne les cents et part en râlant.
Et moi, je me dis :
« Ben heureusement que ça faisait pas cinquante-sept euros quatre-vingt sept cents ! »
Un mot sur cette histoire. Elle met deux choses en exergue :
- en caisse, on ne sait pas toujours comment réagir face à certains clients
- une incompréhension mutuelle finit par être source de conflit, de stress et renforce la distance entre les gens

A moi aussi, ça m'est arrivé de devoir réprimer mon envie de m'énerver contre des gens qui ne comprenaient pas les choses simples que je leur disais. Mais comment réagir face à des circonstances comme celle-ci quand on ne nous l'a jamais appris ? Hé bien, c'est le système D et la débrouille personnelle. Les premières fois sont délicates à gérer et au fur et à mesure du temps, on apprend à mieux appréhender ces situations.
Ceci dit, il y en aura toujours une qui saura nous déstabiliser...

Brigitte

un souvenir me reste de mes « années caissières » qui a longtemps mis un baume sur certains mauvais comportements de quelques clients.
Je me rappelle d'un SDF qui venait tous les matins acheter sa bouteille de vin et une pomme. Il plaisantait un peu avec moi et je souriais des histoires qu'il me racontait. Il avait pris l'habitude de m'offrir un bouquet de fleurs tous les vendredis. Juste, me disait-il, pour me remercier de mon sourire. C'est peu dire que ce geste me touchait...
Et puis... J'ai su un matin que les pompiers étaient venus le chercher.
Il s'appelait Gérard...


Vous aussi, vous avez envie de raconter une histoire qui vous est arrivée en magasin (côté caisse ou côté client), une situation incongrue, amusante, révoltante ou étonnante ? Si vous souhaitez la partager ici, n'hésitez pas à m'envoyer un mail (l'adresse est notée sur la colonne de gauche) avec pour objet : "anecdote de caisse".
La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas tourner en ridicule ou d'humilier employé, client ou patron, car là n'est pas le but de ce blog.
par Miss pas touche publié dans : vos histoires de caisse
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