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Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation.
Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché
à travers les yeux d'une caissière.
Vendredi 24 avril 2009
... Manifestement, aujourd'hui est un jour avec.

Il y a des jours qui commencent bien et qui vous donnent la patate pour au moins la semaine (si ce n'est le mois)


Pensez donc.

Ce matin, quelqu'un sonne à ma porte. C'est un livreur Chronopost, il a un paquet pour moi. Un paquet que j'attendais avec grande impatience, ce sont les épreuves pour mon prochain bouquin.
Il ne me reste plus qu'à relire mes textes et apporter les ultimes corrections. Puis, direction : impression.
Date de sortie : 10 juin.
Titre : Conseils d'amie à la clientèle
Sujet : ... hé hé ... à votre avis ?


les différentes étapes de travail d'écriture résumées en un cliché


Un peu plus tard, la sonnette retentit (encore).
Cette fois, c'est le facteur (il paraît qu'il sonne toujours deux fois... j'ai oublié de compter ses coups de sonnette). Il a un colis à mon intention...
Il vient de ma maison d'édition. À l'ouverture, je sais déjà ce qu'il contient mais cela ne m'empêche pas de déchirer le paquet (oui comme les gosses...) : ce sont « les tribulations » en poche. Le livre sort le 29 avril (la semaine prochaine donc).
C'est la petite soeur de mon bouquin, elle mesure 18 cm et pèse 110g (oui, ce sont des chiffres fascinants... ou pas...), le livre coûte 5,5€.
Il contient un petit plus par rapport à l'édition grand format : une postface intitulée « Conte de caisse » et  en bonus quelques mots de lecteurs (un grand merci à eux !).

Ci-dessous :
Des notes prises sur le vif en caisse, puis sur un cahier puis écrits pour le blog. Arrive le livre paru l'été dernier et le poche qui paraît dans quelques jours.
Mine de rien, cette photo résume à elle seule : 8 ans de caisse / 2 ans de blog / des milliers d'heures d'écriture, de mots couchés sur papier et sur écran...


Tout à la fin (sur la couverture intérieure) apparaît ça :

À suivre le 10 juin donc...

L'actu va être chargée ces prochaines semaines. Entre le poche, la BD et mon prochain bouquin...

Et pour finir, un coup de fil d'une journaliste : je vais participer à un débat sur BFM TV le 2 mai prochain dans l'émission Partageons nos idées (de 19 à 20h) sur le thème : la valeur du travail à l'heure actuelle (on en reparle sur le forum si vous voulez - clic ici -).

C'est marrant, je n'ai pas encore fait ce genre d'interview : par webcam et en direct (ce ne sera pas de chez moi, mon débit n'est pas assez important, du coup, j'irai squatter chez une copine... caissière... évidemment)
Et ça promet de donner quelques points de vue très divergents.

La journée n'est pas encore terminée... mais je crois que niveau bonnes nouvelles, ça ira pour aujourd'hui ;)
Par Miss pas touche - Publié dans : autour du livre
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Dimanche 19 avril 2009
Illustration de Èm (son blog)   
Savez-vous où finissent les invendus ? Les invendables ? Les laissés-pour-compte ?
Savez-vous où se clôt la carrière des produits qui ne finiront pas dans votre caddie, votre panier ou votre cabas ?
Vous avez déjà sans doute entendu parler de « la casse », un mot qui sonne comme un couperet, un nom d'une syllabe qui ne laisse pas la place à quelque imagination que ce soit. Un mot cassant, coupant, écrasant...
Un nom qui représente le cercueil devant l'éternel de notre si grande société de consommation.
Mais savez-vous à quoi ressemble ce lieu où devrai-je dire ce non-lieu ?
Vous pensez à votre sac poubelle de 30 litres que vous avez glissé dans une petite poubelle sous l'évier ? Vous êtes loin de la réalité.
Vous imaginez que c'est comme votre poubelle à roulettes que vous déposez une fois par semaine sur le trottoir pour la collecte des ordures ?
Un indice, c'est encore plus grand, plus gros, disons moins particulier et plus industriel.
Vous pensez peut-être aux conteneurs à roulettes qu'on trouve dans les locaux à poubelle en bas des immeubles ? Ah, pas mal comme idée, mais non... Toujours pas.
Vous séchez ?

Alors, effectivement, c'est un conteneur, mais bon... un peu logique, il faut bien quelque chose pour contenir ce qui va être déversé dedans. C'est grand, logique aussi vu que vont y transiter quelques tonnes de déchets... (et cerise sur le gâteau, souvent ça pue, ben oui... c'est comme une poubelle)
Mais il vous faudra visualiser un très gros conteneur avec un accès plus ou moins grand par le côté au-dessus, certains sont fermés par des portes (que vous devez ouvrir avant usage et refermer après), certains aussi ont l'option compactage. Et c'est un grand jeu de balancer (car oui, il faut mieux lancer les objets dont vous venez vous délestez, comme ça, vous faites du sport en même temps) vos articles dans la poubelle puis d'appuyer sur le gros bouton (rouge si mes souvenirs sont bons, à moins qu'il n'était vert si ma mémoire commence à défaillir) et de voir en contrebas une énorme mâchoire venir broyer tout ce qui se trouve dans la benne. Vous auriez voulu voir comment se passait le compactage d'une voiture dans une casse ? C'est le même principe dans une grande surface (même si les cartons, les les sacs poubelle et les catalogues usagés sont moins gros qu'un véhicule je vous l'accorde).

Si vous avez la chance de travailler dans une grande surface, vous avez déjà visité ces lieux d'échanges et vous n'apprendrez rien de plus ici. Pour celles et ceux qui n'ont pas encore eu l'honneur de découvrir un des points névralgiques du supermarché, laissez-moi vous faire une petite visite guidée.


Pour bien comprendre le mécanisme de la casse, nous allons suivre un employé pris au hasard, un jour au hasard, une heure au hasard...

Disons... une caissière (ha mais si, c'est le hasard qui a décidé !) à son poste de travail, un vendredi soir vers 20H. Le magasin est bondé mais chance pour la jeune femme, elle a fini son service.

En rangeant son matériel et son poste de travail, elle découvre au bout de sa caisse une boîte d'oeufs légèrement écrasée (ça coule mais juste un peu...), un paquet de pâtes éventré (ça déborde mais à peine en fait) et un morceau d'emballage abandonné (un gros carton).
Déjà, c'est le hasard qui l'a choisie pour la démonstration mais en plus, elle n'a vraiment pas de bol la caissière. Mais bon, admettons...

Vous imaginez bien que l'employée râle un peu parce que ça fait désordre tout ce bazar et c'est autant de bazar à emporter en plus avec elle pour retourner en caisse centrale (le caisson, son produit pour laver le tapis, son sac poubelle, une boîte de conserve laissée par un client parce qu'il n'en voulait plus, les cintres des habits et en plus il faut rajouter ce qu'elle vient de trouver).
La pile est un peu bancale et manque bien de dégringoler une fois ou deux entre sa caisse et la caisse centrale. Heureusement, rien ne tombe (oui, elle n'a pas de bol la caissière mais on ne va pas non plus s'acharner sur son sort). Une fois parvenue à destination, elle rend son caisson (qu'elle a compté bien sûr), range à leur place les cintres, boîtes de conserve, produit de lavage... mais au moment où elle va pour mettre les produits cassés dans le coin prévu à cet effet (à une époque pas si lointaine, c'était un caddie cassé : à trois roues qui réceptionnait ces articles... Eh ! Entre esquintés on essaie de se rendre encore service), elle entend une voix dans son dos, une voix venue d'un autre âge qui lui ordonne :
« Tu ne laisseras point de produits frais, cassés ou non, en caisse centrale. Tu rangeras en rayon frais les articles propres à la consommation. Tu déposeras à la casse ceux qui y sont destinés. »
Vous venez d'entendre votre conscience professionnelle vous réciter un des commandements de la caissière.

20H10... Zut, déjà ! Mais vous obéissez aux commandements, vous vous exécutez et filez à l'autre bout du magasin (oui, c'est beaucoup plus drôle quand la casse est à l'opposé). Vous avez donc vos quelques articles défectueux entre les mains et en passant près des caisses, vous récupérez au passage quelques autres articles bons à balancer (oui, c'est la suite de ce commandement : « Tu seras serviable envers tes collègues et si à la casse tu vas, tu proposeras de délester tes collègues de leur fardeau ». Je vous l'accorde, certains abusent de ce commandement et le rappellent un peu trop à celle ou celui qui a déjà les bras remplis).
Ce sont donc les bras chargés de denrées multiples et (a)variées (le jeu de mot est un peu facile...) que vous arrivez devant une des portes de la réserve. Une de ces portes en caoutchouc qui s'ouvrent quand on tire sur une chevillette (enfin plutôt une cordelette), le tout servi avec un bruit de moteur semblable à une grosse mouche.
Vous tirez comme vous pouvez sur la cordelette tout en prenant garde de ne pas faire tomber vos articles (oui, vous auriez pu, vous auriez même dû prendre un panier... mais vous n'y songez que maintenant).

La porte s'ouvre.
Une gueule béante, noire, apparaît.
Et pour les 60 prochaines secondes vous accélérez ostensiblement le pas. Il fait sombre, la lumière est plus que tamisée, vous avancez d'un bon pas pour contourner les racks (j'ai pas dit rat!), tire-pale, palettes et autres tours pleines à craquer qui seront mises en rayon dans les prochains jours (minute spéciale gourmands : une palette remplie de pots de Nutella fait toujours son petit effet).
Au bout de l'allée, vous arrivez près de portes métalliques. Vous en comptez deux : une pour le carton, une pour les déchets ménagers. À côté, vous voyez un grand caddie où vous déposez (en vrac, c'est aussi autorisé) vos articles défectueux (et oui, ce n'est pas parce qu'ils sont bons à être jeté qu'il ne faut pas qu'ils soient comptabilisés avant de prendre la direction définitive de la poubelle. Histoire de garder à jour l'état des stocks, opération effectuée par des responsables de rayon si je ne me trompe pas).
Votre mission est remplie, vous pouvez ressortir de la réserve et retourner sur la surface de vente. Vous ne vous faites pas prier et vous pressez le pas, vite... très vite. Pourquoi ? La raison est pourtant simple... En général, une poubelle ne sent que très rarement la rose. Le magasin ne fait pas exception à la règle. Ici aussi ça pue et votre nez déjà bien sollicité au fil des jours derrière la caisse voudrait bien se reposer.
Si vous n'êtes pas bon en apnée, n'ayez crainte, vous allez vite apprendre et battre tous les records.


* vous noterez que le titre est une subtile adaptation d'une célèbre citation....
Par Miss pas touche - Publié dans : anecdotes au fil des caisses - Communauté : Si mon travail t'était "conté"
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